Michel Chevalier (homme politique)

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Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
Château de Montplaisir (d) (Lodève)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité

Michel Chevalier, né le à Limoges et mort le au château de Montplaisir, est un homme politique et économiste français.

Jeunesse et études

Michel Chevalier est le fils de Jean-Baptiste Chevalier, chef de bureau à la direction des contributions indirectes, et de Marie Gareaud[1]. Il est le frère d'Auguste Chevalier.

Élève de l'École polytechnique (X1823[2]), Chevalier en sort major[3].

Il entre à l'École des mines de Paris le comme ingénieur-élève, est mis hors de concours le et nommé ingénieur du corps des Mines le [4].

Parcours professionnel

1830-1833 : période Saint-simonienne

Le , il est ingénieur ordinaire de 2e classe[5].

Après la Révolution de juillet, il devient un adepte de la doctrine saint-simonienne[6] et éditeur du journal Le Globe[7], qui sera interdit en 1832 lorsque la « secte des Simoniens » est décrétée contraire à l'ordre public. En tant qu'éditeur, il est condamné à six mois de prison qu'il effectue à Sainte-Pélagie[2].

Fin 1833-1835 : période américaine

À sa libération, le ministre de l'intérieur Adolphe Thiers l'envoie en mission aux États-Unis et au Mexique, pour y observer l'état industriel et économique des Amériques. À Mexico, il rencontre Andrés Manuel del Río, l'un des plus grands minéralogistes de son temps.

Il voyage également aux États-Unis et transmet régulièrement des lettres sur ses observations pour publication dans le Journal des débats.

L'ensemble de ces lettres seront publiées en recueil en 1836 sous le titre : Lettres sur l'Amérique du Nord.

Il publiera aussi à ce sujet :

  • Lois européennes et américaines sur les chemins de fer, 1837
  • Histoire et description des voies de communication aux États-Unis et des ouvrages d'art qui en dépendent, 1840-1842, 2 volumes

1835-1851 : Essor professionnel

Il rentre en France courant 1835 et en 1837, il publie Des intérêts matériels en France, qui marque le véritable début de sa carrière[8]. Il est nommé cette année-là chevalier de la Légion d'honneur[9]. En 1838, il est conseiller d'État[8].

En 1840, il est réintégré dans le corps des mines avec le grade d'ingénieur en chef[10].

En 1841, il obtient la chaire d'économie politique au Collège de France[a] où il défend des thèses libérales et libre-échangistes.

Il est élu député de l'Aveyron à la Chambre le avec l'appui du gouvernement, dans le 1er collège électoral de l'Aveyron (Rodez) par 244 voix sur 385 votants, contre M. de Séguret, ancien député, 136 voix, « ...et ne le fut pas longtemps », indique plaisamment son biographe Jules Simon[8], puisqu'il perd son mandat dès le . Il siégea au centre, et ne prit la parole que dans les questions de sa compétence spéciale[12].

Il participe à la rédaction du Journal des débats en 1848.

Il devient, en 1851, membre de l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil du Dr Villermé[8].

1851-1870 : ralliement à l'Empire

Cette même année, après le coup d'État du , il se rallie à Napoléon III, dont il devient un conseiller économique très écouté[13].

En 1852, il est nommé président du conseil général de l'Hérault[14]et exerce cette tâche jusqu'au [15], remplacé ensuite à cette présidence par le préfet Eugène Lisbonne.

Malgré l'opposition des grands industriels et des Chambres, Chevalier tente d'imposer ses conceptions libre-échangistes à la politique commerciale de la France[16]. Avec Richard Cobden et John Bright, il est l'un des artisans  aidé par François Barthélemy Arlès-Dufour  du traité franco-britannique de libre-échange du 23 janvier 1860[2], surnommé « traité Cobden - Chevalier ».

Il est nommé sénateur le et le reste jusqu'au 4septembre 1870.

Il apporte en 1862 et 1863 son soutien affirmé à l'expédition du Mexique[17],[18].

En 1867, il est président du jury international à l'Exposition universelle après avoir participé aux précédentes expositions en tant que président de la Commission d'économie domestique à l'exposition de Paris en 1855[8] et chef de la délégation française à l'exposition de Londres de 1862.

En , il présida la Ligue internationale de la paix et de la liberté[12] et ainsi en 1870, seul de tout le Sénat, il vota contre la guerre à la Prusse.

1870-1879 : retraite

À la chute de l'Empire en 1870, s'étant retiré de la vie publique, il fonde une société d'études pour la réalisation d'un tunnel sous la Manche avec Thomé de Gamond[19]. La concession du tunnel sera obtenue en 1880, quelques mois après sa mort, mais les travaux seront vite abandonnés.

Elu en 1871 au canton de Lunas (arrondissement de Lodève, département de l'Hérault), il siège au comme conseiller[20] jusqu'en 1877.

Il décède le dans son château de Montplaisir près de Lodève[21] et est inhumé dans le caveau familial du cimetière de cette ville[22].

Vie privée

Il se fiance en 1844 avec Emma Fournier (1823-1913), fille d'un négociant de Lodève, avec qui il se marie un an plus tard, le .

Le couple a quatre filles :

  • Marie, née en 1846, qui épouse Albert Le Play en 1867 ;
  • Cordélia (1848-1913), qui épouse Paul Leroy-Beaulieu le  ;
  • Camille (1850-1927), qui épouse Émile Flourens le  ;
  • Geneviève (1851-1902) qui épouse l'industriel Émile Dehollain (1841-1917) le .

Un de ses frères cadets, Auguste Chevalier, fut normalien section scientifique, ingénieur, secrétaire général de la Présidence, député de l'Aveyron, saint-simonien et disciple de Prosper Enfantin, ami cher d'Évariste Galois, qui lui dédia sa dernière et célèbre lettre la nuit précédant sa mort. Il fut un économiste et un homme d'affaires.

Distinctions

Hommages

  • Une rue de Limoges (Haute-Vienne) porte le nom de Michel Chevalier
  • Une avenue de Lodève (Hérault) porte le nom de Michel Chevalier
  • Une rue de Panazol (Haute-Vienne) porte le nom de Michel Chevalier
  • Une salle du site parisien de l'Ecole des mines de Paris porte le nom de Michel Chevalier[23]
  • Le sculpteur Alphonse Lami a réalisé des bustes de Michel Chevalier (1856 et 1860) et de sa femme (1864)
  • Au cours de la séance du de l'Académie des sciences morales et politiques, M. Jules Simon, secrétaire perpétuel lit une notice historique sur sa vie et ses travaux[10]

Ouvrages

Notes et références

Voir aussi

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