Modeste Verlinden

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Décès
(à 68 ans)
Roulers
Sépulture
Cimetière de Roulers
Nom dans la langue maternelle
Modest Verlinden
Modeste Verlinden
Maître-Autel de l'église de Wattrelos, chef-d'œuvre de Verlinden
Biographie
Naissance
Décès
(à 68 ans)
Roulers
Sépulture
Cimetière de Roulers
Nom dans la langue maternelle
Modest Verlinden
Nom de naissance
Médard Modeste Gérard Egide Verlinden
Autres noms
Médardus Modestus Gérardus Egidius Verlinden
Nationalité
Formation
inconnu
Activité

Modeste Verlinden, né Médard Modeste Gérard Egide Verlinden le à Merksplas, commune d'Anvers, et mort le à Roulers est un ébéniste, sculpteur et chef d'entreprise belge[1].

Spécialisé dans la sculpture religieuse et l'ameublement d'église[2], ses œuvres se rencontrent fréquemment dans le Nord de la France et dans une moindre mesure en Belgique. Il est actif dans les années 1874-1909[3].

Modeste Verlinden naît le à Merksplas, commune d’Anvers (Belgique)[1]. Il est le fils de Livin Urbain Verlinden[note 1], commerçant, et de Marie-Thérèse Vaes[1],[note 2]. Il est le troisième fils d’une fratrie qui comptera six enfants.

Les études artistiques qu’il a pu suivre demeurent encore inconnues. Toutefois, lors de son premier mariage célébré à Reims en 1867, à l’âge de vingt-sept ans, il réside déjà à Paris, dans le 15ᵉ arrondissement, bien loin de sa province natale[4]. Il y exerce la profession de sculpteur sur bois[5]. Son épouse, Julienne Zoé Léontine Liébaert (1843 - ?), est la fille de Charles-Louis Liébaert, sculpteur établi à Wormhout[note 3],[6]. Le mariage est de courte durée : Julienne décède peu de temps après leur union.

Veuf, Modeste Verlinden quitte Paris et retourne probablement auprès de sa famille à Anvers. Il s’y remarie en 1870 avec Antonetta Maria Van Gauberghe[7],[note 4] (1849-1923). De cette union naissent deux premiers enfants à Cambrai en 1871[8] et 1872, Léon et Alice, puis un troisième, Victor, à Anvers en 1874, où le couple est alors domicilié[9]. Entre 1877 et 1888, six autres enfants viendront encore agrandir la famille.

Parmi les premières œuvres connues de Verlinden, dont l'atelier est alors installé à Anvers, figurent la chaire à prêcher de l’église Saint-Piat de Roncq[10],[note 5] (vers 1874-1880).

Allégorie de la Charité (entourée de la Foi et de l'Espérance), église Saint-Piat de Roncq

Dès les années 1870, ses réalisations se distinguent par leurs dimensions imposantes, la finesse de la sculpture et la richesse de leur iconographie.

Statue d'un évêque sur un confessional de l'église Saint-Piat de Roncq

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la forte croissance démographique du Nord de la France, stimulée par le développement industriel, entraîne la construction de nombreux édifices religieux[11]. Ces églises, le plus souvent de style néogothique ou néoroman, requièrent un mobilier liturgique abondant et de qualité[11]. Verlinden saisit pleinement cette opportunité : son intense production répond à la demande des paroisses et des architectes de la région. Cette dynamique est d’autant plus favorable que de riches industriels comptent parfois parmi les donateurs du mobilier.

En 1885, il participe à l'Exposition Universelle d'Anvers où il présente un autel en marbre de Carrare et en bronze doré[12]. L'ensemble impressionne les visiteurs[13], d'autant plus que le retable de l'autel culmine à onze mètres de hauteur. Il remporte deux médailles d'or[14] et ses collaborateurs reçoivent également des récompenses[15]. Une fois l'exposition terminée, l'autel est acheté 60 000 francs[14],[16] pour l'église Saint-Maclou de Wattrelos[17].

Maître-autel de l'église Saint-Maclou de Wattrelos, 1885

Vers 1890, Verlinden transfère son atelier d'Anvers[18] à Roulers[note 6],[19],[note 7], probablement afin de se rapprocher de sa clientèle, majoritairement française. Il s’associe à plusieurs de ses fils, comme en témoigne la signature « M. Verlinden et Fils, sculpteurs à Roulers (Belgique) » figurant sur un plan de maître-autel conservé dans les archives familiales.

Signature M. Verlinden et Fils, Sculpteurs à Roulers, Belgique

Son entreprise, désormais présente à la fois à Lille et à Roulers, prend le nom d’Institut Saint-Luc d’art chrétien[note 8],[20], en flamand Atelier voor Christelijke Kunst Sint-Lucas[21],[22].

Toujours actif dans les années 1900, Modeste Verlinden réalise notamment une série d’autels pour l’église Saint-Piat de Roncq, une chaire (1905) et des stalles (1903) pour l'église Notre-Dame de Roulers[23] ou encore divers éléments de mobilier pour l'église Saint-Augustin d'Harelbeke[21] (1903-1906).

Chaire de l'église Notre-Dame de Roulers, signée "Verlinden en Zonen, Rousselare"

Il s'éteint le à Roulers où il résidait[1],[note 9]. Ses funérailles sont célébrées le mercredi en l’église Saint-Amand[note 10], pour laquelle il avait réalisé des confessionnaux et un autel latéral. Il repose aujourd'hui aux côtés de sa femme au cimetière de Roulers[note 11],[note 12]

Tombe de Modeste Verlinden et de sa femme Antoinette Van Gauberghe au cimetière de Roulers.

Descendance

Faire-part de décès de Modeste Verlinden. Les membres de sa famille y sont mentionnés.

Son fils ainé, Léon Verlinden, né à Cambrai en 1871, exerce à Paris la profession de marbrier au début du XXe siècle[24].

Sa fille, Alice Verlinden, née à Cambrai en 1872, entre chez les Sœurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul. En 1909, elle réside au couvent de Bruges.

Son deuxième fils, Victor Verlinden, né à Anvers le , est mentionné comme sculpteur en 1907[note 13]. Lors du décès de son père en 1909, il exerce la profession d’architecte à Liège, où il mène ensuite une carrière brillante. En 2024, un important fonds de dessins et d'archives de son cabinet est confié au GAR-Archives d’architecture[25]. Ce fonds Victor Verlinden est aujourd'hui en partie accessible en ligne[26].

Son troisième fils, Edmond (ou Edmund) Verlinden, né à Anvers le , sculpteur et architecte, quitte Roulers pour les États-Unis en 1909[27]. Il s'établit dans le Wisconsin et devient un important facteur d'orgue en fondant la Verlinden Organ Company à Milwaukee[28],[29]. Il décède en 1961[29].

Son plus jeune fils, Joseph Verlinden, né le , également sculpteur, meurt prématurément en 1913 à l’âge de vingt-quatre ans[30].

Ses filles Jeanne et Isaura se marient, mais leurs parcours demeurent encore peu documentés.

Elèves, ouvriers et apprentis

Les artistes Josué Dupon[31] et Albert Baggen[32],[33] ont travaillé et développé leurs compétences dans l'atelier de Verlinden.

Collaborations artistiques

Modeste Verlinden a souvent travaillé pour les grands architectes du Nord construisant des églises comme Charles Maillard et son fils Jean-Baptiste Maillard (église Saint Piat de Roncq, église Saint-Martin de Bousbecque, église de l'Immaculée Conception de Wervicq-Sud), Louis Le Blan (église Saint-Roch de Roncq), Henri Boudin (église Saint-Calixte de Lambersart, église Notre-Dame de Lourdes de Lille-Lomme), Paul Destombes (église Saint-Vaast de Bondues, église Saint-Nicolas de Cappelle-en-Pévèle, église Saint-Martin de Provin, église Saint-Martin de Templemars) et Gustave Meurant (église Saint-Amand de Dechy)

De nombreux ateliers de sculptures et d'ébénisterie concurrents de l'atelier de Verlinden sont présents dans le Nord de la France et la Belgique à cette époque[34]. Ainsi l'atelier de Charles Buisine-Rigot à Lille[35], l'atelier des Collesson à Wormhout[36], l'atelier de Gustave Pattein à Hazebrouck[37], l'atelier de Charles Debert à Bailleul[38], l'atelier de Léopold Lefebvre à Beuvry (Atelier Lefebvre Lenclos)[39] ou encore l'atelier de Clément Carbon à Anvers[40].

Sur plusieurs chantiers, la réalisation du mobilier fut confiée conjointement à Modeste Verlinden et à Gustave Pattein : le premier pour les éléments en pierre ou en marbre, le second pour ceux en chêne. Cette collaboration est notamment attestée dans les églises de l'Immaculée Conception de Wervicq-Sud, de Saint-Calixte de Lambersart, ainsi que de Notre-Dame de Libercourt.

Œuvres

Notes et références

Annexes

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