Mohamed Amra
narcotrafiquant français
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Mohamed Amra, surnommé dans le milieu criminel la Mouche, Yanis ou Schtroumpf[1], né le à Rouen (France), est un criminel français d’origine algérienne impliqué dans de nombreux délits et mis en examen pour plusieurs crimes (enlèvement, séquestration, tentative d’assassinat et complicité de meurtre avec préméditation).
| Mohamed Amra | |
| Trafiquant de drogue | |
|---|---|
| Information | |
| Naissance | Rouen (France) |
| Nationalité | Française |
| Surnom | La Mouche, Yanis, Schtroumpf, Momo, Joe, Joe Dalton, One, Cardio, Le Nar, Nicolas Dumez |
| Sexe | Homme |
| Actions criminelles | Trafic de stupéfiants, séquestration, tentative de meurtre et évasion |
| Arrestation | 22 février 2025 |
| Avocat | Hugues Vigier, Maria Marcu, Benoît David, Lucas Montagnier |
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Il fait parler de lui à la suite de son évasion le au péage d'Incarville, lors de laquelle deux agents pénitentiaires, Fabrice Moello et Arnaud Garcia, sont tués à l'arme à feu par les assaillants[2],[3]. À la suite de son évasion filmée par les caméras de surveillance du péage, il est considéré comme « le fugitif le plus recherché de France »[4],[5].
Le , il est arrêté en Roumanie.
Biographie
Naissance et jeunesse
Mohamed Amra naît le à Rouen[6]. Fils d’immigrés algériens[7], il grandit dans le quartier de la Sablière-Grammont, situé dans la même ville, et dans le quartier de la Madeleine à Évreux, où il rencontre ses complices[8].
Parcours judiciaire
Poursuites judiciaires classées sans suite et première condamnation
De 11 à 14 ans, il est mis en cause à dix-neuf reprises pour des faits de « port d’arme prohibée, vol par ruse, extorsion, violences, trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs… ». Systématiquement, les affaires sont classées sans suite et il n'échoit de sa première condamnation qu'à l'âge de 15 ans, en [9],[10].
Condamnation pour rodéo urbain
Le , le tribunal correctionnel d'Évreux le condamne à trois mois de prison pour « rodéos motorisés »[11].
Condamnation pour association de malfaiteurs, vol par effraction et extorsion
Le , la cour d'appel de Rouen le condamne à trois ans de prison pour « vol par effraction, association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime, extorsion par personne dissimulant son visage, destruction par moyen dangereux, vol en bande organisée, vol par effraction aggravé par une autre circonstance et violence avec arme n’ayant pas entraîné d’incapacité de travail »[11].
Mise en examen pour tentative d'extorsion, tentative d'assassinat et détention d'arme
Le , le tribunal judiciaire de Rouen le met en examen pour « tentative d’extorsion avec arme, tentative d’assassinat et détention d’arme de catégorie B »[12],[13]. En outre, il est suspecté d'avoir tiré sur le domicile de la victime de l’extorsion de fonds à Saint-Étienne-du-Rouvray le [14],[15].
Mise en examen pour enlèvement et séquestration ayant entraîné la mort
Le , la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille le met en examen pour « complicité d’arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d’otage pour obtenir l’exécution d’un ordre ou d’une condition, commis en bande organisée, en état de récidive légale ; complicité de meurtre avec préméditation en bande organisée en état de récidive légale ; complicité de destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes, en état de récidive légale ; recel en bande organisée de bien provenant de vols, en état de récidive légale ; participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes, en état de récidive légale »[16]. En clair, il est suspecté d'avoir commandité, depuis sa cellule de la prison de la Santé, l'assassinat d'Ugur Tekin, un habitant de Dreux kidnappé le dans le quartier marseillais de La Valentine ou à Aubagne et retrouvé deux jours plus tard à bord d'un Renault Kangoo calciné au Rove[17],[18],[19].
Nouvelle condamnation pour vol par effraction
Le , le tribunal correctionnel d'Évreux le condamne à dix-huit mois de prison ferme pour « vol par effraction dans un local d’habitation, aggravé par une autre circonstance »[11]. Concrètement, il est accusé d'avoir commis sept vols entre le et le dans le département de l'Eure, notamment dans des supermarchés et commerces de la banlieue d'Évreux[20],[21].
« Au jour de son évasion », Mohamed Amra « totalise 15 condamnations », deux mises en examen et « est suspecté d’être impliqué » dans « cinq autres procédures »[15]. Par ailleurs, l'office anti-stupéfiants le considère comme un baron de la drogue capable d'acheminer de la drogue depuis les Caraïbes jusqu’à Marseille[9],[18],[22].
Tentative d'évasion de la maison d'arrêt d'Évreux
Le , Mohamed Amra, détenu depuis le à la prison des Baumettes à Marseille, est transféré à la maison d'arrêt d'Évreux[23],[24]. Le ou le , il tente de s'évader de cette dernière en sciant les barreaux de sa cellule, ce qui lui vaut d'être placé à l'isolement en quartier disciplinaire[13],[25],[26].
Évasion au péage d'Incarville et cavale dans le territoire français
Le , Mohamed Amra s'évade lors d'un transfert.
Après avoir été entendu par un juge d'instruction au tribunal judiciaire de Rouen dans le cadre de sa mise en examen pour tentative de meurtre[27],[28], le convoi de Mohamed Amra arrive au niveau du péage d'Incarville, situé dans la commune de Val-de-Reuil (Eure), sur l'autoroute A154[29]. Après avoir passé la barrière, le convoi est percuté par une voiture-bélier, dont des individus descendent et ouvrent immédiatement le feu à l'aide d'armes de guerre[30]. Un autre véhicule occupé par des personnes armées bloque le convoi à l'arrière de la voie de péage. Mohamed Amra, menotté, est extrait du véhicule et l'ensemble des individus prend la fuite, après avoir tenté d'incendier la voiture bélier[31]. Deux agents pénitentiaires — Fabrice Moello, 52 ans, et Arnaud Garcia, 34 ans — sont tués lors de l'attaque[32]. Il s'agit des premiers personnels en uniforme assassinés en service de l'administration pénitentiaire depuis le , date à laquelle un détenu de la maison d'arrêt de Rouen avait mortellement blessé le surveillant Francis Caron[33]. Trois de leurs collègues du pôle de rattachement des extractions judiciaires (PREJ) de Caen, également affectés au transfert, sont quant à eux grièvement blessés : Damien Louis, 52 ans, à l'épaule droite ; Nicolas Crombecq, 48 ans, à l'oreille ; et Arnault Chazal, 55 ans, à la jambe[34],[35],[36],[37]. À l'arrivée des secours, Arnault Chazal est évacué en urgence absolue, et Damien Louis, en urgence relative[35]. Les deux restent handicapés à vie[38].
Deux véhicules sont retrouvés calcinés plus tard dans la journée au niveau des communes de Houetteville et Gauville-la-Campagne (Eure)[39]. Le lendemain de l'attaque, Interpol émet une notice rouge[40] à l'encontre de Mohamed Amra[41].
Arrestation en Roumanie
Dès cette évasion, la chasse à l'homme est menée avec des moyens très importants : « des centaines d’interceptions téléphoniques, 90 géolocalisations de véhicules, 65 sonorisations de lieux… », détaille Le Monde[42]. Grâce à des écoutes, en particulier celles du téléphone clandestin de Jean-Charles Preira, proche ami de Mohamed Amra — incarcéré à la prison de Nantes pour sa condamnation dans une affaire de braquage et sa mise en examen dans une affaire de meurtre —, la police parvient à retracer ses déplacements. Du 5 ou aux environs du , Mohamed Amra loge dans un deux pièces de 38 m2, situé au 5 rue de Soissons, à Compiègne[43],[44],[45]. Par téléphone, Amra donne sans cesse de nouvelles instructions concernant le trafic de drogue et des projets d'assassinats. Le , un ensemble de membres de son gang sont arrêtés dans le cadre de différentes affaires criminelles[46].
Le , après neuf mois de cavale, Amra est arrêté aux alentours de 15 h 30 devant le North Barbershop, un salon de coiffure pour hommes situé dans le premier arrondissement de Bucarest, en Roumanie[47],[48],[49]. Selon le ministre roumain des Affaires intérieures, Cătălin Predoiu, il « voulait faire des opérations (de chirurgie) esthétiques » dans le pays. Par la suite, il prévoyait de « quitter le pays pour la Colombie ». Dans la nuit du au , une dizaine de complices présumés sont arrêtés en France et en Espagne, dont Fernando D., suspecté d'être le tireur qui a abattu Fabrice Moello et Arnaud Garcia. Deux autres membres du commando de l'évasion, Alan Gomes et Albinou Da Sylva, sont arrêtés le à Marrakech[50],[51].
Le , Ici révèle que Mohamed Amra aurait tenté de corrompre des policiers roumains en leur promettant deux millions d'euros en cryptomonnaies contre sa libération[52]. Le , le parquet de Paris reçoit « une dénonciation officielle des autorités roumaines, permettant aux autorités judiciaires françaises d’enquêter sur des faits de corruption dont Mohamed Amra est soupçonné en Roumanie »[53].
L'après arrestation
Arrivé en France, il est mis en examen et incarcéré dans la nuit du au au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe, avant d'être transféré au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil le [54].
En , des proches du rappeur Koba LaD sont soupçonnés d’avoir joué un rôle central dans l’évasion de La Mouche. Surnommé la Black Manjak Family, le groupe comprend entre autres quatre proches de Koba LaD. Un associé du rappeur, nommé Hervé Mendy, est placé en garde à vue le [55]. Ce dernier a été acquitté d'un meurtre en 2018 par manque de preuves[56].
Le , une quatrième vague d'interpellations est effectuée et 24 nouvelles personnes sont interpellées dont le rappeur Koba LaD[57]. Le , le petit frère du rappeur est également mis en examen et placé sous contrôle judiciaire[58].