Le Montpelliérais est traditionnellement opposé au Biterrois, faisant naître une opposition entre l'Est et l'Ouest du département de l'Hérault, entre Montpellier et Béziers. Cette différence s'exprime par exemple au niveau des pratiques sportives: le Biterrois est une terre de rugby à XV, tandis qu'à l'est du département le football est plus largement pratiqué. Le Montpelliérais jouit du dynamisme de l'ancienne capitale régionale, donnant une image de Biterrois délaissé par comparaison. Entre ces deux entités géographiques, le fleuve Hérault joue approximativement le rôle de frontière.
Géographie
Au sud, le Montpelliérais est constitué des étangs palavasiens, une série d'étangscôtiers liés entre eux constituant un complexe lagunaire. Ils s'étendent depuis les communes de Pérols (au nord) jusqu'à Frontignan (au sud); le site tire son nom de la commune de Palavas-les-Flots située entre les deux principaux étangs. Ce complexe lagunaire de plus de 5 000 hectares, présente une mosaïque de milieux naturels doux, saumâtres et salés, d'une grande richesse écologique. Il est constitué de 7 étangs principaux traversés par le canal du Rhône à Sète ainsi que d'autres petits étangs faisant partie d'une vaste zone humide. À l'origine, il n'existait qu'une seule lagune qui s'est progressivement divisée en raison du comblement sédimentaire naturel ainsi que des aménagementsanthropiques.
Histoire
Si l'histoire du Montpelliérais est évidemment dominée par l'expansion de la ville de Montpellier depuis sa naissance à la fin du Xesiècle, elle fut auparavant liée à celle de petites villes voisines qui étaient les lieux de peuplement principaux: Murviel-lès-Montpellier à l'époque romaine, Castelnau-le-Lez qui fut un temps capitale politique au haut Moyen Âge, Villeneuve-lès-Maguelone qui fut ensuite la capitale locale en tant que ville de l'évêque, enfin Mauguio qui fut capitale du comté. Cependant, aucune de ces villes n'eut une importance considérable, contrairement à Montpellier[2].
Avant Montpellier
Le tableau de Frédéric BazilleVue de village représentant une jeune femme devant la ville de Castelnau-le-Lez.
Vers 700 av. J.-C., une première population s'installe sur le plateau dominant le Lez. À partir d'un relais sur la route de l'Italie à l'Espagne[Quoi ?], les Romains en font la cité de Sextantio sur la via Domitia. Avec le temps, son nom devient Substantion et la ville accueille pendant trois siècles les évêques de Maguelone. Un château domine alors la rive gauche du Lez: le Castellum Novum. Au cours du XIIesiècle, la cité perd de son influence en devenant une possession des seigneurs de Montpellier.
Extrait de l'usuel de compoix de Murviel-lès-Montpellier (1600)
La colline du Castellas est occupée au moins depuis le IIesiècleav. J.-C. (oppidum d'Altimurium). À la fin du Iersiècleav. J.-C., la localité s'étendait sur 30 hectares. En face se trouvait un sanctuaire gallo-romain récemment découvert[3].
Face au site antique d’Altimurium, le castrum (village fortifié) de Murviel est édifié autour d’un château fort datant du XIeetXIIesiècles mais vraisemblablement établi sur des vestiges antérieurs (présence de tombes) peut-être du haut Moyen Âge. Appartenant à un certain Aeneas mentionné dans le cartulaire de Gellone en 1107, le château passe ensuite aux mains d’une famille seigneuriale, les Aton (ou Athon), vassale des Guilhem, seigneurs de Montpellier qui cherchaient alors à exercer leur pouvoir sur tous les territoires à l’ouest de Montpellier afin d’étendre leur seigneurie et garantir leur sécurité jusqu’à la vallée de l’Hérault.
La ville de Melgueil a eu, pendant plusieurs siècles, une importance politique et économique non négligeable, possédant une monnaie qui avait cours dans tout le Languedoc: le denier melgorien. Elle était au Moyen Âge le chef-lieu d'une puissante famille de comtes et était bâti sur une motte castrale (encore visible dans le centre-ville de nos jours)[4]. Les comtes de Melgueil débuteraient avec un homme germanique Malgeriu[5], ils étaient suzerains du territoire de la région de Montpellier, dont le chef-lieu était à l'origine Maguelone. Ils se fondirent dans les familles des comte de Provence. L'un des plus éminents membres de cette famille est Pons de Melgueil, septième abbé de Cluny, successeur de saint Hugues de Semur. Son abbatiat (1109-1126) marque l'apogée de la puissance de Cluny. Il construit les parties hautes de l'abbatiale Cluny III, développe une intense activité diplomatique auprès des papes Pascal II, Gélase II (mort à Cluny) et Calixte II (élu à Cluny et bourguignon). Il jouera notamment un rôle important dans la conclusion du Concordat de Worms, de l'instauration du pèlerinage de Compostelle.
Sol melgorien.La motte.
Dans les années 2010, des fouilles archéologiques ont permis de mieux connaître la vie des paysans du haut Moyen Âge sur ce site; a notamment été mise au jour une grande zone d'ensilage, comptant environ 550 silos permettant le stockage de céréales, notamment. Les terres agricoles servaient à la culture, l'élevage ou l'ensilage; parmi le réseau de celles-ci, des espaces accueillent des sépultures. Les habitations du haut Moyen Âge étaient groupées en hameaux. Le déclin du hameau situé près du site de Lallemand coïncide avec le développement du bourg de Mauguio, au Xesiècle[4].
Maguelone est un lieu d'origine gauloise[9], des vestiges romains et étrusques ont été mis au jour lors des fouilles.
Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Maguelone.
Ce fut une ancienne cité occupée par les Wisigoths à partir du Vesiècle. En raison de sa position sur un cordon sableux, entre une lagune et la mer, facile à défendre contre les attaques terrestres, l'île devint le siège d'un évêché. Après avoir été la proie des Sarrasins au début du VIIIesiècle, ce dernier fut ruiné lors de la reconquête des Francs en 737. La ville actuelle de Villeneuve-lès-Maguelone a débuté à la même époque sur le continent. Les évêques se réfugièrent sur le site de Substantion qui a aujourd’hui disparu. Maguelone fut relevée par l’évêque Arnaud (1030-1060). En 1172, le comté de Melgueil passa aux mains de la maison de Toulouse. Le privilège de frappe de monnaie (appelée sou melgorien) appartenait aux comtes de Melgueil qui, ruinés, cédèrent leurs droits au pape Innocent III, qui les inféoda à l’évêque Guillaume III d’Autignac (1204-1216) le . Dès lors, le comté de Melgueil fut aux mains des évêques de Maguelone. Ces évêques durent faire face à la montée de la maison d’Aragon qui venait d’entrer en possession de Montpellier. À partir de 1293, Philippe le Bel installa un atelier à Sommières, qui sera déplacé à Montpellier en 1356. La cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, de style roman, fortifiée, est classée Monument historique. Le siège épiscopal fut transféré en 1536 à Montpellier.
L'essor de Montpellier
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Le vignoble est très ancien et date d'avant la fondation de la Gaule narbonnaise. Après avoir privilégié la productivité au cours du XIXe et au début du XXesiècle, les vignerons héraultais ont réalisé que leur salut viendrait de la qualité. Les rendements ont donc été réduits, l'encépagement modifié et un fort investissement dans du matériel de pointe a été effectué. Désormais, leurs vins rivalisent avec les plus grands crus français[10],[11].
↑Claude Raynaud, «Une fortification de terre languedocienne d’ampleur exceptionnelle, la motte du castrum de Mauguio (Hérault)», Patrimoines du Sud, no10, (ISSN2494-2782, DOI10.4000/pds.2918, lire en ligne, consulté le ).