Moutemouia
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la grande épouse royale,
la grande mère du roi
| Moutemouia | ||||||
La reine mère Moutemouia. | ||||||
| Surnom | La mère du dieu, la grande épouse royale, la grande mère du roi |
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| Nom en hiéroglyphe | ||||||
| Transcription | Mw.t-m-wjȝ | |||||
| Période | Nouvel Empire | |||||
| Dynastie | XVIIIe dynastie | |||||
| Famille | ||||||
| Conjoint | Thoutmôsis IV | |||||
| Enfant(s) | ♂ Amenhotep III | |||||
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Moutemouia[note 1] est une reine de la XVIIIe dynastie, épouse du roi Thoutmôsis IV et mère du roi Amenhotep III.
Titres

La reine est attestée exclusivement pendant le règne de son fils Amenhotep III[1] :
- une cuillère à fard conservée au Musée du Louvre (E 3671)[2],
- une étiquette de jarre à vin mise au jour à Malqata ; cette étiquette montre qu'au moins un domaine viticol appartenait à la reine,
- une stèle commémorative d'Amenhotep III gravée sur un rocher à Assouan,
- une moitié inférieure d'une statue découverte dans le Ramesséum,
- une statue fragmentaire en granodiorite de Moutemouia personnifiant la déesse Mout assise dans une barque et découverte dans le temple de Mout à Karnak ; les morceaux sont conservés au british Museum[3],[4] ; la statue forme ainsi un véritable rébus en trois dimensions du nom de la reine,
- les représentations en ronde-bosse sur les deux colosses de Memnon (l'entrée du temple des millions d'années d'Amenhotep III), à côté de la jambe droite du roi, tandis que Tiyi (l'épouse principale d'Amenhotep III) apparaît à côté de la jambe gauche du roi,
- à deux reprises dans le temple d'Amon à Louxor : dans l'une des salles sud du temple et dans les fameuses scènes de la théogamie ; ces scènes de théogamie sont reproduites à partir de celles qu'Hatchepsout fit représenter dans son temple mémorial de Deir el-Bahari : dans la première scène, la reine est visitée par le dieu Amon qui s'unit à elle, puis, dans la scène suivante, la reine enceinte est conduite par des déesses vers le lieu de son accouchement où, assistée par d'autres divinités, elle donne naissance à Amenhotep ainsi qu'à son ka qui sont affermis par le dieu Khnoum avant d'être présentés à Amon, consacrant ainsi la destinée extraordinaire du fils de la reine,
- dans la tombe TT226 de Héqaréshou, précepteur du roi Thoutmôsis IV ; la peinture est actuellement conservée au musée de Louxor (J 134)[5].
Curieusement, on n'a pas encore retrouvé de représentation de Moutemouia dans le nord du pays. Il est pourtant certain qu'elle y demeura en compagnie de son époux et de son fils. Il faut probablement y voir davantage le résultat de l'état de ruine des sites de la Basse-Égypte plutôt qu'un acte volontaire[note 2].
Une statue de reine fragmentaire, découverte à Dendérah, appartenant à une « épouse du dieu, grande épouse royale et Maîtresse des Deux Terres » nommée Mout..., lui a parfois été attribuée. Cependant, cette statue est un peu plus tardive et devrait être attribuée à Moutnedjemet, l'épouse d'Horemheb (ce que Luc Gosselin exclut après une longue analyse[6]), ou Mouttouya, l'épouse de Séthi Ier, ou encore Mout-Néfertari, l'épouse de Ramsès II[7],[1].
Les titres de Moutemouia incluaient :
- La « grande épouse royale »,
- La « douce d'amour »,
- La « maîtresse des Deux Terres »,
- La « maîtresse de Haute et de Basse-Égypte »,
- La « mère du roi », ou encore la grande mère royale »,
- La « mère du dieu »[note 3].
La reine ne porta jamais le titre d'« épouse du dieu », qui, parmi les documents qui ont pu lui être attribués, est seulement attesté sur la statue de Dendérah[7],[1].
Généalogie

Origine
Les avis des spécialistes sur son origine sont encore aujourd'hui très partagés.
On l'a occasionnellement identifiée comme la fille envoyée par le roi du Mittani Artatama Ier, dans une tentative de lui donner des origines exotiques. Cependant, comme le précise Betsy Morrell Bryan ou encore Agnès Cabrol, aucun début de preuve ne vient étayer cette théorie, qui est aujourd'hui écartée. La princesse mittanienne n'est pas arrivée en Égypte avant l'an 6, tandis qu'Amenhotep III est né au plus tard en l'an 6[8].
Cyril Aldred a supposé un lien de parenté avec le notable Youya, dont la famille jouera un rôle politique prépondérant sous les règnes suivants[note 4]. Toutefois, cette hypothèse n'est basée sur aucun argument concret[8].
Agnès Cabrol propose quant à elle que Moutemouia pourrait être identique à la reine Néfertari. En effet, le prince Amenhotep est présenté dès le début comme le fils aîné du roi, or Néfertari est la première grande épouse royale[9].
Les scènes de la théogamie pourraient également indiquer la volonté d'Amenhotep III de faire de sa mère une élue du roi des dieux Amon, la magnifiant et effaçant ainsi ses origines roturières[note 5].
Époux et descendance
La reine est donc une épouse du roi Thoutmôsis IV et la mère du roi Amenhotep III. Cependant, elle n'est pas une grande épouse royale de Thoutmôsis IV, ce dernier ayant déjà les reines Néfertari puis Iaret avec ce titre. Elle obtint donc ce titre lors du couronnement de son fils[8].
Le roi Thoutmôsis IV est connu pour avoir d'autres enfants, mais le nom de leur mère respective n'est pas connu. Moutemouia pourrait être la mère de certains d'entre eux.
Biographie
Beaucoup de spécialistes avancent que Moutemouia assuma la régence d'Amenhotep III lorsqu'il monta sur le trône à l'âge de dix/douze ans[10]. Il faut toutefois souligner là aussi qu'aujourd'hui, aucune preuve tangible d'une telle régence n'existe. Tout au plus peut-on voir dans son action l'assistance d'une mère à son jeune fils, alors qu'il vient de monter sur le trône d'Horus, comme le suppose Christian Leblanc[11].
Elle dut cependant jouer un rôle dans le mariage de Tiyi avec Amenhotep III au tout début du règne, alors qu'ils ne sont alors que des enfants d'une dizaine ou douzaine d'années[12].
La date de son décès est inconnue. La présence de la reine sur les colosses de Memnon, ainsi que la présence à Malqata d'une étiquette de jarre au nom de l'un des domaines de la reine sont deux documents ayant été avancés pour prouver une longue vie pendant le règne de son fils. Cependant, de tels documents ne sont pas des preuves : le fait d'être représenté sur une statue ne signifie pas que la personne en question était vivante lors de sa fabrication ; quant à l'étiquette, un domaine pouvait garder le nom d'une personne longtemps après la mort de ce dernier (Agnès Cabrol donne l'exemple des étiquettes au nom d'un domaine de Thoutmôsis IV datées de l'an 34 du règne d'Amenhotep III, soit 34 ans après le décès de Thoutmôsis IV)[13].