Mouvements perpétuels
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| Mouvements perpétuels FP 14 | |
| Genre | Musique moderne pour piano |
|---|---|
| Musique | Francis Poulenc |
| Durée approximative | 5 minutes |
| Dates de composition | 1918 |
| Dédicataire | Valentine Gross |
| Création | Paris, |
| Création française |
Paris |
| Interprètes | Ricardo Viñes |
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Les Mouvements perpétuels de Francis Poulenc sont une œuvre pour piano composée en 1918. Sa durée totale d'exécution est d'environ 5 minutes.
Francis Poulenc écrit ses Mouvements perpétuels en . Selon Jankélévitch, ce titre témoignerait d'une intention ironique : en l'occurrence, les Mouvements perpétuels ne sont ni mouvementés, ni perpétuels[1].
Dédiés à Valentine Gross, ils sont créés par le pianiste Ricardo Viñes le , dans un atelier de Montparnasse. Le public, restreint, de cette première comprenait plusieurs membres éminents du groupe « Lyre et palette » : le Groupe des six, les peintres Braque, Modigliani ou Picasso.
Rencontrant le succès, ces Mouvements perpétuels établirent rapidement la célébrité de leur auteur[2].
Alfred Cortot relève que ces trois morceaux sont « accueillis par les virtuoses de même que par les amateurs, avec une faveur aussi justifiée qu'immédiate[3] », et qu'ils « réalisent ce délicat problème d'avoir de suite approprié au goût facilement effarouché des Salons bien pensants, les données ironiquement subversives du procédé de Satie[3] ».
D'une durée moyenne d'exécution de cinq minutes environ[4], la partition porte la référence FP 14 dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Carl B. Schmidt[5].
Style
Francis Poulenc jugeait ses Mouvements perpétuels ultra-faciles. Selon Adélaïde de Place, ils « se ressentent à la fois de l'influence du Satie des Gymnopédies et de celle d'un certain classicisme nourri par les clavecinistes français du XVIIIe siècle »[2].
Structure et analyse
Les Mouvements perpétuels se composent de trois pièces brèves :
1. Balancé, modérée
Cette première pièce déploie un « halo sonore »[2], sans cesse rythmé d'une basse sans nuance. Bien que l'armure ne porte trace d'aucune altération, elle se cantonne à une tonalité de si mineur[1]. Elle se compose de vingt-quatre mesures.
Pour la musicologue Isabelle Werck, ce premier morceau, « qui rappelle beaucoup Chabrier (même tempo qu'Idylle), est porté par un battement obstiné à la basse[5] ».
Alfred Hitchcock a utilisé cette pièce comme leitmotiv dans La Corde[1].
2. Modéré
La seconde pièce s'ouvre sur un motif indifférent, qui laisse rapidement la place à un thème très chanté. Elle se conclut sur un ironique glissando.
Pour Isabelle Werck, « l'apparent détachement de [cette] pièce est d'une mélancolie reposante, à la Satie[5] ».
3. Alerte
La troisième pièce s'appuie sur une rythmique en mutation constante. Elle multiplie les allusions à la musique de Satie.
Isabelle Werck relève que ce « dernier volet, un peu plus long, est un rondo où s'affirme l'esprit « bords de Marne »[5] ».
Discographie sélective
- Éric Le Sage : Francis Poulenc - Intégrale Musique pour piano - RCA Red Seal - 2001