La Voix humaine (Poulenc)

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Genre Opéra
Langue
originale
Français
La Voix humaine
Description de cette image, également commentée ci-après
La Voix humaine est un opéra sous forme de monologue qui se passe au téléphone.
Genre Opéra
Musique Francis Poulenc
Livret La Voix humaine de Jean Cocteau
Langue
originale
Français
Durée (approx.) 40 minutes
Dates de
composition
1958
Création
Paris (salle Favart), Drapeau de la France France

La Voix humaine est une tragédie lyrique en un acte composée en 1958 par Francis Poulenc d'après un monologue du même nom écrit par Jean Cocteau pour le théâtre en 1930. L'œuvre de Poulenc est créée le à l'Opéra-comique (salle Favart) à Paris avec la soprano Denise Duval, sous la direction du chef d'orchestre Georges Prêtre. Ce qui est donné à entendre est un monologue téléphonique douloureux d’une amoureuse délaissée (deux interlocuteurs invisibles sont sous-entendus) ; l'orchestre, tour à tour, accompagne le chant ou commente les parties en Sprechgesang.

Francis Poulenc, interrogé par Bernard Gavoty, juste après la création, évoque « les circonstances drôlatiques, liées à Maria Callas », qui l'ont amené à composer La Voix humaine, sur la pièce de Jean Cocteau[note 1].

« Par un curieux mystère ce n'est qu'au bout de quarante ans d'amitié que j'ai collaboré avec Cocteau. Je pense qu'il me fallait beaucoup d'expérience pour respecter la parfaite construction de La Voix humaine qui doit être, musicalement, le contraire d'une improvisation. »

 Francis Poulenc, [note 2].

« Mon cher Francis, tu as fixé une fois pour toutes, la façon de dire mon texte. »

 Jean Cocteau, [note 2].

Cette œuvre correspond à la phase personnelle de retour sur soi-même[1] de Francis Poulenc « après une relation amoureuse malheureuse[note 2],[note 3] ». Le compositeur harmonise le mal-être évoqué par Jean Cocteau son ami depuis 1930 —.

L'ensemble dure une quarantaine de minutes. La sonnerie du téléphone est rendue par le xylophone. Les coupures de la ligne lors de la communication avec l'amant de plus en plus insaisissable sont rendus par des coups d'archets sur les cordes des violons. L'œuvre prend la forme d'un monologue, avec de longs passages de chant sans accompagnement musical qui requièrent particulièrement les talents d'actrice de l'interprète.

La compréhension du texte est recouverte quelquefois par l'ensemble symphonique en fortissimo traduisant l'émotion forte sentie par le personnage en ces moments.

La douleur de la rupture amoureuse faite par téléphone est une expression chantée avec mélodie d'opéra classique sans accompagnement d'orchestre. Cette partie située avant le final est complètement intégrée dans l'ensemble de l'œuvre à côté du Sprechgesang (chant-parlé)[2].

La musique correspondant au sentiment d'obsession est rythmée par la répétition (voulue jusqu'à 4 fois) des séquences mélodiques[note 2]commentant la disparition qui s'effectue. Il s'agit d'une théâtralisation où la seule réalité que peut commander et que vit la femme dans la solitude qui s'épaissit est celle des échanges entre la femme et l'opératrice du téléphone à qui elle réclame de désespérés « Ne coupez pas, mademoiselle, s'il vous-plaît[note 2] ».

Le « chef-d'œuvre » de modernité montré par Poulenc est alors la « modernité malheureuse du monde virtuel de la voix , de la fausse présence de l'être au bout du fil[note 2] »; La voix humaine transportée au loin se déshumanise[note 3].

Francis Poulenc décédé début 1963 vit entre mystère et mysticisme, douleur et joie[3] ; Jean Cocteau disparaîtra à la fin de cette même année.

Argument

La sonnerie du téléphone retentit. Plusieurs personnes sont sur la ligne alors qu'une femme attend un appel de son amant et le moindre signe de sa part. Le téléphone retentit de nouveau. Elle lui raconte sa soirée de la veille, son mal de tête, son déjeuner, ses courses. Il fait mine de raccrocher mais elle continue, lui indique qu'il peut venir chercher ses affaires quand il le souhaite, l'empêche de s'excuser. Elle endosse « C'est moi qui suis stupide » et le couvre de compliments, « Tu es gentil », « Je ne me croyais pas si forte » et se défend de jouer la comédie, de prendre sur elle. « Je n'ai pas la voix d'une personne qui cache quelque chose ». « J'ai décidé d'avoir du courage, j'ai ce que je mérite », « Tout est ma faute ». Elle lui indique finalement qu'il pourra venir chercher son sac chez le concierge et qu'il est possible qu'elle aille passer quelques jours à la campagne. La ligne ne fonctionne plus, « C'est drôle parce que moi, je t'entends comme si tu étais dans la chambre…Allô, Allô ! (…) Allons bon maintenant, c'est moi qui ne t'entends plus, si mais très loin, très loin, (…) J'entends mieux que tout à l'heure…(…) On dirait que ce n'est pas ton appareil ».[4]

À travers les non-dits et un moyen de communication défaillant (la communication s'interrompt sans cesse), la pièce présente une rupture amoureuse difficile. La femme aime toujours l'homme à qui elle parle et a tenté de se suicider [note 3].

Les versions de l'œuvre de Francis Poulenc

  • La Voix humaine, version pour piano de Francis Poulenc, mise en scène Antoine Vitez, décor et costumes de Dominique Borg, avec Anne Béranger, soprano, Setrak, pianiste (Chaillot 1982 - Le Chant du Monde).
  • La Voix humaine, version de Francis Poulenc, mise en scène de Bernard Uzan dans une scénographie de Michel Beaulac, avec Chantal Lambert, soprano et Esther Gonthier, pianiste, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, Opéra de Montréal, 1997.
  • La Voix humaine, version de Francis Poulenc, mise en scène Richard Williams, avec Sarah Gabriel, soprano, Olivia Canolle, pianiste, Dartington International Summer School, en 2007.

Discographie sélective

Adaptations

Archives sonores

Quelques mois après la création à l'Opéra-Comique, Francis Poulenc explique la génèse[note 1].

En 1959, l’œuvre a été diffusée en direct en Première Nord Américaine sur la chaîne de télévision canadienne, interprétée par Pierrette Alarie, Orchestre symphonique de Radio Canada, direction, Jean-Marie Beaudet, durée 44 min 45 s. L’enregistrement audio, conservé aux archives sonores, est accessible en ligne[4] .

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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