Parc national des Franklin-Gordon Wild Rivers

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Parc national des Franklin-Gordon Wild Rivers
Géographie
Pays
État
Coordonnées
Superficie
4 633 km2[1]
Partie de
Administration
Type
Catégorie UICN
II
WDPA
Création
1908 (réserve) ; 1981 (parc national)
Administration
Site web

Le parc national des Franklin-Gordon Wild Rivers est un parc national australien situé en Tasmanie, à 117 km à l'ouest de Hobart. Il est nommé d'après les deux principaux cours d'eau qui le traversent, les rivières Franklin et Gordon.

Le parc se trouve entre les hauts plateaux du Centre et la chaîne côtière de l'ouest au cœur de la zone de nature sauvage de Tasmanie classée au patrimoine mondial. Il est traversé par la seule route de la région : la Lyell Highway (en).

Le paysage se caractérise par d'impressionnants sommets montagneux, des forêts tropicales humides, de profondes vallées fluviales et des gorges spectaculaires.

Histoire

La région des rivières Franklin-Gordon abrite de nombreux sites témoignant de la présence des Aborigènes qui peuplaient la région durant la dernière période glaciaire. Leur utilisation du feu pour défricher les terres et créer des territoires de chasse a profondément transformé la végétation. La grotte de Kutikina, sur la rivière Franklin, d'une grande importance spirituelle pour la communauté, lui a été restituée en vertu de la loi de 1995 sur les terres aborigènes (en)[2].

L'arrivée des Européens et l'établissement en 1822 d'un bagne sur Sarah Island (en), dans le port de Macquarie, ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire de la région. Les condamnés de Sarah Island sont employés à l'exploitation du pin Huon sur les rives du cours inférieur de la rivière Gordon jusqu'au confluent avec la rivière Franklin. Les conditions de travail sont dangereuses, et tout le matériel doit être acheminé par barque en amont. Isolés pendant des mois, des groupes de quatre à six hommes vivaient dans des cabanes appelées « boîtes à blaireau », rapidement évacuables en cas d'inondation[3].

Parallèlement, la ruée vers l'or des années 1850 donne lieu à de nombreuses expéditions de prospection dans la région de la rivière Jane[4] et mène à l'ouverture de la ceinture minière de l'ouest[5]. Un des premiers sentiers significatifs est creusé en 1887 pour permettre l'accès à ces gisements miniers, devenant le précurseur de la Lyell Highway, ouverte en 1932[3].

Frenchmans Cap depuis Clytemnestra

Le parc national des Wild Rivers trouve son origine dans l'ancien parc national de Frenchmans Cap (en), dont la rivière Franklin formait la limite nord et ouest, et dans la réserve foncière de la Couronne de Lower Gordon, instituée en 1908. Le parc national des rivières sauvages Franklin-Gordon, officialisé en 1981, fait partie de la Zone de nature sauvage de Tasmanie inscrite l'année suivante sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[6].

Entre-temps, les rivières Gordon et Franklin ont fait l'objet de l'une des plus importantes controverses politiques d'Australie.

En 1979, la Commission Hydro-électrique (en) dévoile un projet de centrale de 180 mégawatts impliquant l'inondation de 37 km du cours moyen de la rivière Gordon et de 33 km de la vallée de la rivière Franklin. Ce projet, soutenu par le gouvernement libéral de Robin Gray (en), doit s'ajouter aux 23 centrales hydroélectriques déjà en service et créer de nombreux emplois sur la côte ouest, où le taux de chômage est l'un les plus élevés de Tasmanie.

La Tasmanian Wilderness Society (en), dirigée par Bob Brown, et de nombreux groupes de protection de l'environnement s'y opposent. Les partisans du barrage réagissent en lançant leur propre campagne, axée sur les retombées économiques positives que la construction du barrage engendrerait. S'ensuit une controverse (en) qui domine la vie politique tasmanienne pendant plusieurs années et amène de profondes divisions dans la société.

Le gouvernement travailliste du Premier ministre Doug Lowe (en) cherche un compromis en proposant la construction d'un barrage sur le Haut-Gordon, en amont de la rivière Franklin, et le classement en parc national de la zone controversée du Bas-Gordon, ce qui est fait en 1981. Cette solution ne satisfait personne : l'Assemblée rejette le projet initial du Bas-Gordon, tandis que le Conseil législatif rejette le projet alternatif du Haut-Gordon.

Un référendum sur le sujet (en) est organisé en décembre 1981. Il ne propose que le choix entre les deux options, omettant celle "aucun des deux" que Doug Lowe avait promis d'inclure, avant d'être désavoué par son propre parti. 44 % des électeurs expriment un vote informel en inscrivant « Non aux barrages » sur leurs bulletins de vote, mais ceux-ci sont considérés comme invalides. Le projet initial de barrage sur le Bas-Gordon est largement en tête des suffrages validés. Les gouvernements suivants, tant travaillistes que libéraux, réitèrent leur soutien au projet de barrage.

Cependant, le 14 décembre 1982, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco, en validant l'inscription de la Zone de nature sauvage de Tasmanie, exprime une « vive inquiétude quant à l'impact probable de la construction d'un barrage dans la région sur les caractéristiques naturelles et culturelles qui confèrent à ce bien une valeur universelle exceptionnelle. »

Le même jour débute à Strahan un important mouvement de désobéissance civile qui se poursuit jusqu'à l'été 1983. Il vise à établir le blocus de la rivière Franklin, où des travaux commencent à se préparer. De nombreuses arrestations sont effectuées par la police, dont celles de Bob Brown, qui passe près de trois semaines en prison.

En mars 1983, le parti travailliste australien, dirigé par Bob Hawke, remporte les élections fédérales. Le gouvernement de Hawke adopte d'abord des règlements en vertu de la loi de 1975 sur la conservation des parcs nationaux et de la faune sauvage[7], puis fait voter la loi de 1983 (en) sur la conservation des biens du patrimoine mondial, qui interdit les travaux de défrichage, d'excavation et de construction liés au barrage de la rivière Franklin, même si ces travaux avaient été autorisés par la législation de l'État de Tasmanie. Celui-ci porte le différend devant la Cour suprême fédérale, arguant que ce domaine ressort de la législation de chaque État, et non d'une compétence fédérale. En juillet 1983 la Cour, dans son arrêt Commonwealth v Tasmania (en) tranche en faveur d'une compétence fédérale. Les travaux sur la rivière Franklin sont arrêtés[8],[9],[10].

Environnement

Voir aussi

Notes et références

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