Pitfalls
album de Leprous, sorti en 2019
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Pitfalls est le sixième album studio du groupe norvégien Leprous, sorti le sous le label InsideOut Music et précédé des singles Below, Alleviate et Distant Bells. L’album a été enregistré sur une période de six mois aux studios Ghostward. Un violoncelliste, un violoniste et un chœur classique ont participé à sa production. La plupart des morceaux ont été écrits et composés par le chanteur Einar Solberg et trouvent leur inspiration dans la dépression qu'il a traversé. La plupart des critiques ont apprécié l'album, le contrôle créatif apparent de Solberg suscitant toutefois quelques controverses.
| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré | février-juillet 2019 Ghostward Studios, Stockholm |
| Durée | 55:04 |
| Genre | art rock, rock progressif |
| Producteur | David Castillo |
| Label | InsideOut Music |
Albums de Leprous
Singles
- Below
Sortie : - Alleviate
Sortie : - Distant Bells
Sortie :
Production
L'album est enregistré de février à juillet 2019 aux studios Ghostward de Stockholm avec le producteur David Castillo, et il est mixé par Adam Noble au même endroit[1]. Noble est choisi par le groupe pour son expérience extérieure au monde du metal et rock progressif afin d'avoir un regard neuf[2]. À partir de modèles créés électroniquement, le groupe ajoute des instruments aux premières moitiés des morceaux, puis au reste. Treize titres sont initialement prévus, mais seuls neuf peuvent être finalisés faute de temps[3]. Le chanteur et claviériste Einar Solberg passe environ quatre-vingts jours en studio. Il souhaite que chaque prise soit différente afin de pouvoir intégrer ses préférées[2]. La plupart des voix et certaines guitares à cordes nylon sont enregistrées dans son chalet[4].
La plupart des textes sont écrits par Solberg durant une période d'un an et demi de lutte contre la dépression et l'anxiété[5]. C'est la première fois que Solberg est plus prolifique que le guitariste Tor Oddmund Suhrke, qui était jusqu'ici le principal parolier[6]. Suhrke écrit cependant I Lose Hope, By My Throne et At the Bottom. Le violoncelliste Raphael Weinroth-Browne et le violoniste Chris Baum contribuent à la musique, recevant les fichiers MIDI de leurs parties avant l'enregistrement. Weinroth-Browne partage son temps entre le Canada et la Suède, se rendant à Stockholm pour les solos et les parties plus ambient, tandis que Baum travaille depuis les États-Unis[2]. Les solos du violoncelliste sur At the Bottom et Distant Bells sont improvisés.
Below est la première chanson écrite, étant initialement composée pour piano et voix[7]. I Lose Hope est d'abord rejetée, mais révèle tout son potentiel en studio, lorsque le bassiste Simen Børven et le batteur Baard Kolstad y intègrent un groove aux accents hip-hop. Observe the Train est la chanson qui subit le plus de remaniements avant d'obtenir le résultat souhaité. Selon Solberg, elle évoque la pleine conscience de ses pensées ; la nécessité de cesser de lutter et de commencer à accepter le désespoir[2],[8].
D'abord insatisfait d'Alleviate, Solberg abandonne tout son contenu sauf la progression d'accords du refrain et les notes pop du couplet, qui sont plus tard enrichies par les lignes vocales. Weinroth-Browne y intègre des éléments harmoniques et des pizzicatos. Malgré sa mélancolie, cette chanson se démarque par son message d'espoir beaucoup plus positif que les autres titres[2]. Kolstad utilise de la batterie électronique sur Below, At the Bottom et Distant Bells[9]. L'instrumentation de ce dernier morceau est composée par Børven, à partir de l'idée de créer quelque chose de totalement nouveau, influencé par son expérience du jazz nordique et de la pop symphonique[10]. Il utilise un piano à queue au début pour maintenir l'intensité malgré la faible dynamique du morceau ; Solberg, quant à lui, apporte les mélodies, les lignes vocales, les paroles et certains arrangements.
Des doutes subsistent quant à l'intégration de Foreigner, car il est plus axé rock et ne ressemble à aucun autre titre de l'album, mais le groupe finit par conclure que ce morceau fonctionne bien comme transition entre Distant Bells et le final[3]. Un chœur classique de Belgrade est engagé pour The Sky Is Red, ce qui permet d'intégrer des centaines de couches sonores. Ce titre est presque entièrement écrit et composé en une heure et demie, alors que Solberg est plongé selon ses termes dans un état de transe[3],[2].
La prise de distance avec le metal, et souvent aussi avec le rock progressif, est manifeste. Les références sont la musique classique contemporaine la plus sombre, l'art rock et même les sonorités dansantes des années 1980[5]. Pour certains critiques, l'impression dominante est qu'il s'agit d'un album solo de Solberg, tant le jeu des autres musiciens est discret[5],[11],[12]. Le chanteur présente l'album ainsi : « Ce n'est pas seulement de loin notre plus grande production et notre plus grand virage musical, mais c'est aussi pour moi l'album le plus personnel et le plus honnête. Cet album a été écrit pendant l'une des années les plus difficiles de ma vie, où j'ai lutté contre la dépression et l'anxiété. Pas de filtres, pas de métaphores, juste la vérité. On dit que composer de la musique est thérapeutique, mais je dirais que c'est un euphémisme. Pour moi, Pitfalls est le résultat d'un an et demi passé à apprendre à traverser un tunnel sombre. La musique a été ma torche »[13].
Titre et pochette
Le titre de l'album (Pitfalls signifie « pièges » en français) représente pour Solberg « tous ces pièges mentaux dans lesquels on peut tomber, et illustre en quelque sorte l'album, qui comporte beaucoup de pièges. Il représente presque toutes les paroles de l'album, donc oui, nous avions plusieurs options, mais Pitfalls est celle sur laquelle tout le monde s'est mis d'accord »[6]. L'illustration sur la pochette de l'artiste indonésienne Elicia Edijanto n'est pas créée spécialement pour Pitfalls, mais achetée par le groupe après que Simen Børven a montré son travail à Solberg[4]. Ce dernier interprète l'image du Bouddha comme une représentation de la pleine conscience et le joueur de flûte comme les pensées qui résonnent à l'intérieur[4].
Sortie et promotion
Trois singles précèdent la sortie de l'album. Below sort le 30 août 2019, accompagné d'un clip réalisé par Dariusz Szermanowicz et tourné à Wrocław, en Pologne[14]. Alleviate suit le 20 septembre, avec un clip réalisé par Troll Toftenes[15]. Et enfin Distant Bells est publié le 11 octobre, sans clip pour l'accompagner[10]. L'album sort le 25 octobre 2019 chez le label Inside Out Music en édition normale et en édition limitée avec deux titres bonus (Golden Prayers et une reprise d'Angel de Massive Attack), en double vinyle incluant le CD, et sur les plateformes de streaming[1].
Réception
L'album est entré dans plusieurs classements musicaux, avec notamment une 17e place en Finlande, une 36e en Allemagne, et une 46e en Suisse[16].
Classic Rock le classe 4e de sa liste des meilleurs albums de prog de l'année, commentant : « C'est un album qui évolue et mûrit à chaque écoute. Et c'est une réussite absolument époustouflante »[17]. PopMatters le classe 6e d'une liste semblable, écrivant : « Ce sixième disque s'oriente nettement davantage vers des synthés symphoniques grandioses et une atmosphère légèrement mélancolique. Cela ne signifie pas pour autant qu'il s'agisse d'un effort moindre ou d'une trahison de leur identité tant appréciée ; au contraire, c'est un compromis sublime entre les qualités que les fans adorent et le besoin d'innovation que tout artiste devrait ressentir »[18]. Ultimate Guitar le classe à la 11e place des meilleurs albums de l'année, avec en commentaire : « Cet album marque un voyage quelque peu inhabituel vers des territoires plus doux, sous l'impulsion d'Einar Solberg, principal compositeur de l'album. Malgré cela, on y retrouve certains des éléments classiques de Leprous. Plus important encore, les fans semblent l'avoir bien accueilli »[19].
Sputnikmusic lui donne 4/5, concluant : « Il y a de nombreux moments où le groupe brille, et aucune quantité d'électronique, de pop ou de groove ne peut le faire sortir de l'atmosphère sombre dans laquelle il a toujours baigné. Pitfalls est un exercice vocal, chargé de synthés, qui montre tout ce que le prog peut être lorsqu'un groupe n'a pas peur de rompre avec les conventions »[11]. Blabbermouth lui donne 8,5/10, écrivant que « l'une des grandes révélations ici est que Leprous maîtrise l'art du calme comme arme de destruction dynamique » et que « même s'il était possible de résister aux mélodies de ce groupe, la pure inventivité dont il fait preuve devrait suffire à faire de cet album leur plus grand succès à ce jour »[20]. Le site Metal Storm délivre une critique mitigée, estimant que « Solberg a clairement cherché à créer quelque chose de sombre, de mélancolique et de brut en mettant l'accent sur le chant et l'électronique. On sent qu'il s'agit d'un véritable projet passionné, et cette approche ne semble pas illogique » mais ajoutant : « Je ne pense pas qu'elle soit entièrement réussie et qu'elle ait permis au groupe de révéler tout son potentiel. Après plusieurs écoutes, les seules parties qui ont retenu mon attention ou m'ont marqué sont les dernières minutes de At the Bottom, certaines parties de The Sky Is Red et, dans une certaine mesure, le refrain de Alleviate »[12].
La Grosse Radio lui donne 8/10, écrivant : « Leprous prend des risques et assume sa direction musicale. Tant mieux ! Mais attention à ne pas trop se perdre dans un style au risque de déplaire à une certaine fan base qui pourra quand même se consoler sur la fin de l'album plus intéressante que la première partie, qui, une fois la surprise digérée, tourne un peu en rond »[21]. La chronique de Hard Force est très positive, affirmant : « Ce qui ressort principalement de ce sixième album est sa sobriété et sa capacité à toucher des émotions hors du commun avec une simplicité et une justesse déconcertante. De passages feutrés aux explosions passionnées soudaines, la musique de Leprous atteint de nouveaux sommets, une dimension sonore en perpétuelle expansion »[22].
Tournée
Leprous se lance dans une tournée européenne de 25 dates en novembre 2019 avec The Ocean en première partie[1]. En février 2020, le groupe effectue une deuxième tournée de 19 dates sur le vieux continent avec cette fois le groupe Klone en ouverture[23]. La pandémie de Covid-19 vient ensuite interrompre les projets de tournée du groupe.
Liste des titres
Toutes les chansons sont écrites et composées par Einar Solberg sauf mention contraire.
| No | Titre | Paroles | Musique | Durée | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1. | Below | 5:52 | |||||||
| 2. | I Lose Hope | Tor Oddmund Suhrke | 4:44 | ||||||
| 3. | Observe The Train | 5:07 | |||||||
| 4. | By My Throne | Suhrke | 5:44 | ||||||
| 5. | Alleviate | 3:42 | |||||||
| 6. | At The Bottom | Suhrke | 7:21 | ||||||
| 7. | Distant Bells | Solberg, Simen Børven | 7:22 | ||||||
| 8. | Foreigner | 3:51 | |||||||
| 9. | The Sky Is Red | 11:21 | |||||||
| 55:04 | |||||||||
| Bonus édition limitée | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Paroles | Musique | Durée | |||||
| 10. | Golden Prayers | Suhrke | 4:28 | ||||||
| 11. | Angel | Massive Attack | Massive Attack | 6:27 | |||||