Plounez

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Les noms de Plouenez et Ploënez sont attestés anciennement. Trois étymologies possibles sont évoquées :

  • Plou-enez - la paroisse île - fait allusion à la vallée marécageuse rejoignant la ville de Paimpol à la rivière du Trieux.
  • Plou-névez - la paroisse neuve.
  • Plou-néis - la paroisse de Neis ou Neiz - qui est un anthroponyme courant, probablement un saint.

Histoire

Moyen-Âge

Deux mottes castrales ont existé à Plounez : Kastell Wern (une tour de guet isolée, implantée en terrain marécageux) et Coz-Castel (dominant la vallée du Trieux)[1].

Selon Jean-Baptiste Ogée en 1400 la maison noble de Kerhelouri [Kerlouri] appartenait à Raoul-Rolland de Kerlehouri ; son fils, aussi Raoul-Rolland de Kerlehouri, fut évêque de Tréguier vers 1445 [en fait entre 1435 et 1441][2].

Temps modernes

Carte de Cassini de Plounez et des paroisses avoisinantes (1790).

Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la paroisse de Plounez doit fournir 28 hommes et payer 183 livres pour la défense des côtes de Bretagne[3].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plounez en 1778 :

« Plounez ; sur une hauteur  ; à 7 lieues au Nord-Ouest de Saint-Brieuc, son évêché et son ressort ; à 17 lieues de Rennes, et à un tiers de lieue de Paimpol, sa subdélégation et sa trève. On y compte 3 000 communiants[Note 1], y compris ceux de Paimpol ; la cure est présentée par M. de la Nouë. Ce territoire, borné à l'Est par la mer, et à l'Ouest par la rivière de Trieux, renferme des terres bien cultivées et des pâturages abondants.(..) On y connait encore les maisons nobles de Kerbiguet, de Kereral et de Pennelan[2]. »

Le XIXe siècle

L'église paroissiale de Plounez a été reconstruite en 1818[4]. L'école communale de garçons et la mairie sont construites en 1839 ; l'école communale de filles est ouverte en 1863[1].

Jusqu'en 1840, avant la construction du premier pont, un bac assurait la liaison entre le Trégor et le Goëlo, entre Lézardrieux et Plounez. Ce passage était situé entre les deux chapelles Saint-Julien (en Plounez) et Saint-Christophe (en Lézardrieux)[1].

Plan cadastral de Plounez (1831, tableau d'assemblage).

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plounez en 1853 :

« Plounez : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui succursale. (..) Principaux villages : Landébis, Kergoff, Kerlo, Kerdaulin, Rue-Keralain, Kergoyec, Kerloury, Kermarec, Straou-Caven, Saint-Julien, Kergrist, Kerevan, Kervizic, Kernnet, Landouzec, la Ville-Neuve, Pen-Lan, Penvern, Kerjeguet, Kergoniou, Keraudrin. Superficie totale 1 581 ha, dont (..) terres labourables 1 021 ha, prés et pâturages 72 ha, bois 10 ha, vergers et jardins 25 ha, landes et incultes 78 ha (..). Moulins : 7 (de Penvern, de Traoudu, à eau). Plounez est une contraction de Plounévez et veut dire, comme ce dernier mot, "paroisse neuve". Cette paroisse ne présente rien de remarquable, si ce n'est qu'on y fait une assez grande quantité d'élèves [élévage] de bestiaux. M. Le Maoout a signalé l'existence, en Plounez, d'une veine de pierre à chaux mélangée de schiste et propre à faire de la chaux hydraulique. Géologie : schiste talqueux exploité comme pierre à bâtir ; dans le nord, schistes modifiés par les roches feldspathiques. On parle le breton[5]. »

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Plounez possède une école de garçons ayant 87 "lèves et une de filles en ayant 25. Il indique que « le territoire de Plounez est peu accidenté et présente de vastes ondulations ; il est passablement boisé et les vergers y sont nombreux. Les terres peuvent être classées en deux sortes : les unes fortes et humides dans les parties basses, les autres sèches et légères sur les hauteurs ; mais toutes sont bien cultivées et très productives ». Il écrit aussi que toutes les anciennes chapelles ont disparu, à l'exception de Notre-Dame de Kergrist « qui remonte en grande partie au XVe siècle et dont le pardon a lieu le 1er dimanche de mai » et qu'on remarque dans la commune « les châteaux de Keraoul, de Kergoniou, de Chef-du-Bois et de Penn-Lann »[4].

L'église Saint-Pierre de Plounez est reconstruite selon les plans d'Ernest Le Guerranic entre 1892 et 1895[1].

Une base navale est construite pour la Marine nationale à la fin du XIXe siècle : elle a été peu employée. En 1938-1939 elle accueillit des réfugiés espagnols et servit à la marine allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d'abriter l'école d’apprentissage maritime, devenue le lycée maritime de Paimpol[1].

Le XXe siècle

La Belle Époque

En 1897 la laïcisation des écoles de Plounez est diversement appréciée par la population et par un conseil municipal divisé à ce sujet[6]. L'école des filles de Plounez, tenue par les Filles du Saint-Esprit, est fermée en juillet 1902 en vertu de la loi sur les congrégations[7].

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Plounez porte les noms de 82 soldats et marins morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi les victimes 6 sont mortes en Belgique (Pierre Fourmanger, Pierre Garel, Yves Kerambrun, Louis Le Cor, Yves Louaver et François Mével) ; 13 sont mortes en mer (par exemple Jean Josse et Yves Menguy, lors du naufrage du cuirassé Bouvet le  ; Émile Goardou mort lors du naufrage du cargo Dague le , victime d'une mine ; Joseph Guillou lors du naufrage du croiseur cuirassé Amiral Charner le  ; Yves Quérou lors du naufrage du Provence II le  ; Auguste Cadic, tué à l'ennemi le sur le cargo charbonnier Tunisie ; Jean Le Berre lors du naufrage du remorqueur Victor Guilgot le torpillé au large de Madagascar ; Paul Jacob lors du naufrage du torpilleur Doxa le  ; Paul Le Normand lors du naufrage de la goélette Madeleine III le ) ; Louis Le Vay est mort de maladie en 1917 à Corfou (Grèce) ; Édouard Thépot, lors du naufrage du cargo charbonnier Ville-de-Thann le  ; François Le Mudès, marin, est mort de maladie à Dakar (Sénégal) le , donc après l'armistice ; les autres soldats sont morts sur le sol français[8].

L'Entre-deux-guerres

La culture des pommes de terre primeurs était importante (région de la Ceinture dorée), mais avec un décalage de date par rapport aux communes littorales : le journal L'Ouest-Éclair écrit le  : « les communes favorisées de Bréhat, Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, région de la côte, ont presque terminé les arrachages ; les communes de Plounez, Plourivo, Yvias, Kerfot, livrent actuellement »[9].

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Plounez porte les noms de 25 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; parmi les victimes Joseph Jacob a été tué à l'ennemi et Yves Queffeulou est mort en mer près de Gravelines, tous les deux au printemps 1940 lors de la Bataille de France ; Désiré Le Page est mort accidentellement à Casablanca le  ; Robert Malégeant est mort accidentellement sur le contre-torpilleur Léopard le  ; Yves et Robert Henry, deux cousins, tués après un acte de résistance le premier à Plounez, le second, après avoir été torturé, le à Landebaëron ; Adrien Le Gonidec, membre de l'aéronavale, est mort accidentellement le au large de Norfolk (États-Unis) ; Émile Le Cor, Jean Le Mérer et Louis Normand, résistants FFI, ont été fusillés le à Plounez ; Yves Richard, victime civile, a été tué le même jour à Plounez ; Antoine Henry est une victime civile tuée par une bombardement allié le à Plounez ; Emmanuel Trévou, prisonnier de guerre en Allemagne, a été victime d'un bombardement allié le  ; Joseph André, résistant, est mort accidentellement le à Kérity ; Yves Briand est mort en captivité des suites de ses blessures le en Autriche ; François Délery, aviateur, titulaire de multiples décorations, est mort en mission aérienne (son avion a été abattu par la flak allemande) le à Hilversum (Pays-Bas), ainsi que François Le Joncourt ; les circonstances des décès des autres victimes ne sont pas précisées[8].

Le , vers minuit, des habitants rassemblés au bourg font sonner les cloches de l'église Saint-Pierre pour fêter la libération de la localité, mais des soldats allemands réinvestissent le bourg et l'église, ouvrant le feu ; Yves Richard, un agriculteur, est blessé au ventre et décède[8].

L'après Seconde Guerre mondiale

Un soldat de Plounez (Yves Jegou) est mort en 1945 dans le cadre des Troupes françaises d'occupation en Allemagne[8].

L'école d'apprentissage maritime est inaugurée le par René Pléven[10].

Fusion de Plounez, Paimpol et Kérity

Plounez s'étend, en 1838, sur 1 281 hectares tandis que la commune de Paimpol compte à l'origine 14 km2.

Pour assurer l'extension de la zone urbanisée de Paimpol, la fusion des communes apparaît nécessaire juste après la Seconde Guerre mondiale. La fusion sera effective le , à la suite d'un vote organisé à l'intention des habitants des communes concernées. La nouvelle commune s'étend désormais sur 23,61 km2.

Plounez au XXIe siècle

Plounez dispose d'une mairie annexe, d'une section électorale, d'un maire adjoint, d'une école primaire publique, (l'école privée Sainte-Anne ayant fermé ses portes en 2006), d'une école Diwan, celle de Paimpol et de plusieurs associations (Amicale laïque, comité des fêtes, association Bevan E Plounez).

Plounez a vu s'implanter sur son territoire le lycée de Keraoul, une grande surface (route de Kergrist, vers Lézardrieux) et la zone artisanale et industrielle de Goasmeur.

Le sentiment d'appartenance à Plounez est encore très présent dans l'esprit de bon nombre de Plounéziens.

Population et société

Démographie

Évolution de la population
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 7982 1441 6722 1052 1902 2892 2722 1712 088
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 1522 1432 1262 0141 9941 9121 9121 9121 819
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 9061 9642 0392 0441 8831 8911 7521 7601 812
1962 - - - - - - - -
cf Paimpol--------
(Sources : Cassini[11])

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1790 Louis Étienne Le Tanaff   Maire
1791 1792 François Le Tarin   Maire
1793 1798 Olivier Maignou   Agent municipal
1798 1800 Jacques Jacob   Agent municipal puis maire provisoire
1800 1806 Joseph Jacob   Maire nommé
1807 1812 Jean-Marie Maignou   Maire nommé
1812 1815 Cyr-Charles Lamandour   Maire nommé
1815 1830 François Guillermic   Maire nommé
1830 1852 Cyr-Charles Lamandour   Maire nommé
1852 1886 Yves-Marie Maignou père   Maire nommé puis élu - Conseiller général
1886 1897 Yves-Marie Maignou fils   Maire - Conseiller général
1897 1910 Yves-Marie Renan   Maire élu
1910 1935 Emmanuel Jacob   Maire élu
1935 1945 Guillaume André   Maire
1956 Eugène Le Gonnidec   Maire
1956 1960 Louis Fretté   Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Culture locale et patrimoine

Église Saint-Pierre

L’église actuelle de Plounez fut la première des églises nouvelles, de style « néogothique », de la région. Elle est due à Ernest Le Guerrannic, architecte diocésain (1831-1915). Elle fut construite de 1892 à 1895, sur l’emplacement de la vieille église, qui ne datait que de 1818. Elle est dédiée à saint Pierre, la paroisse étant dédiée à N-D de Bon-Secours. L’église contient trois autels, dont deux en marbre et un en bois, et divers éléments artistiques et religieux :

  • le tableau « l’adoration des mages », daté de 1617, due à Jean Boucher, de Bourges ;
  • un reliquaire en argent qui fut offert en 1500 à la chapelle de Maudez par M. J. du Dresnay, chanoine de Tréguier et recteur de Plounez ;
  • un ensemble de vitraux et un chemin de croix en mosaïque dus aux ateliers Mauméjean, actifs à Pau, Paris, Hendaye et Madrid.
  • un ensemble d’habits et d’accessoires liturgiques dont une dalmatique en soie, laine et fils d’argent datant de la fin de XVIIIe siècle et un calice en argent qui appartint à Alain Jacob, desservant de Plounez pendant la Révolution, frère de Jean-Marie Jacob (1741-1801), évêque constitutionnel des Côtes-du-Nord.
  • un ensemble d’ex-voto offerts à l’église par les marins de la paroisse.

Le pardon de Plounez est célébré chaque année en juillet.

Chapelle Notre-Dame de Kergrist

La chapelle Notre-Dame de Kergrist.

En bordure d’une très ancienne voie et dominant le Trieux, la chapelle actuelle, dont les parties les plus anciennes datent du XVIe siècle, aurait remplacé un édifice plus ancien bâti vers le VIIIe siècle par une communauté religieuse. En effet, un important corps de bâtiment appelé « en abbaty » existait encore au début du siècle dernier, à quelques centaines de mètres plus au sud. La chapelle est inscrite au titre des Monuments historiques[12].

Chapelles disparues

Outre la chapelle Notre-Dame de Kergrist, Plounez comptait autrefois plusieurs autres chapelles, aujourd’hui disparues :

  • Saint-Yves, à Landeby ;
  • la chapelle privative du manoir de Kerloury nommé « chapel an escop » dédiée à Notre-Dame de Bonne Nouvelle ;
  • Saint-Maudez, à Kermaudez ;
  • Saint-Nicolas, à Keralain, à proximité du manoir de Keralain ;
  • Saint-Touez ou Touézec, à Landouézec ;
  • Saint-Julien, à proximité du pont enjambant le Trieux (détruite en 1945).
  • La chapelle privative du manoir de Kergoniou.
  • Une autre chapelle vouée à Saint-Nicolas citée par René Couffon aurait existé sur les bords du Trieux. Des écrits mentionnent la grève de Saint-Nicolas pour désigner le rivage de Pont Erwan.

Châteaux et manoirs

  • Coz Castel, au village du même nom
  • Motte féodale du Wern ou Guern
  • Château de Kerraoul
  • Manoir de Kerloury
  • Manoir de Kereiz
  • Manoir de Kerbiguet
  • Manoir de Kergoniou
  • Manoir de Penlan
  • Manoir de Keralain
  • Manoir de Kervic
  • Manoir de Lostang

Autres

La croix aux outils.
  • Le moulin à mer de Lost Troan ou Coz Castel, dont il ne reste que la chaussée, le bâtiment ayant été détruit par les Allemands.
  • Les camps allemands de Guerland
  • Le pont de Lézardrieux, sur le site de l'ancien passage du Goëlo. Le pont actuel à haubans a été construit en 1924 par les établissements « Les ateliers du Temple », en Gironde. Il a remplacé un pont construit en 1840. Il est long de 160 mètres, large de 11 mètres et haut de 30 mètres.
  • École aquacole et maritime - Traou Vilin.

Personnalités liées à Plounez

Sources

Compléments

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