Mustela putorius

espèce de mammifères From Wikipedia, the free encyclopedia

Putois (Stricto sensu), Putois d'Europe

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Mustela putorius
Description de cette image, également commentée ci-après
Un putois d'Europe au British Wildlife Centre, au Royaume-Uni.
2.58000–0 Ma
14 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Super-ordre Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mustelidae
Sous-famille Mustelinae
Genre Mustela
Sous-genre Mustela
Clade Putorius

Espèce

Mustela putorius
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 22/04/76

Répartition géographique

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Distribution géographique

Synonymes

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Mustela putorius, le Putois, mais plus spécifiquement désigné sous le nom de Putois d’Europe, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés. Cette espèce se trouve d’un bout à l’autre du continent européen, mais aussi dans les montagnes du Rif, en Afrique du Nord.

Au sein du genre Mustela, regroupant notamment des belettes, les hermines et des visons, il possède un corps plus raccourci et compact[2], ce qui le rend plus pataud[3], mais dispose d’une grande taille, ainsi qu’un crâne et une dentition plus puissante[4]. Il est généralement d’une couleur brune foncée, avec un ventre clair ainsi qu’un masque facial sombre. Des mutations surviennent parfois, notamment l'albinisme, le leucisme, l'isabellisme, le xanthochromisme, l'amélanisme et l'érythrisme[5].

Il est particulièrement célèbre pour sa capacité à sécréter un liquide particulièrement malodorant pour marquer son territoire, d’où il tire son nom vernaculaire en français de Putois, ainsi que le nom vulgaire qui lui a été donné un temps, sous celui de « Putois fétide ». La figure du putois est régulièrement confondue avec celle de la moufette dans l’imaginaire populaire, tant ils sont sémantiquement comparables.

L’espèce est apparue en Europe de l'Ouest au cours du Pléistocène moyen, ses parents vivants les plus proches sont le Putois d'Evermann et le Putois à pieds noirs, auparavant placés dans le groupe des Putorius. Si aujourd’hui le nom est considéré comme un synonyme junior invalide de Mustela, les trois espèces sauvages forment toujours en embranchement cohérent et peuvent produire une progéniture fertile[6]. Le putois est considéré comme l'unique ancêtre du furet, qui a été domestiqué il y a plus de 2 000 ans dans le but de chasser les nuisibles[7].

Le putois est beaucoup moins territorial que les autres mustélidés, les animaux du même sexe partageant fréquemment leurs domaines vitaux[8]. Il est polygame et la gestation survenant après l'accouplement à la suite d'une ovulation induite[9]. Il donne généralement naissance au début de l'été à des portées composées de cinq à dix petits, qui deviennent indépendants à l'âge de deux ou trois mois. Le putois d'Europe se nourrit de petits rongeurs, d'oiseaux, d'amphibiens et de reptiles[10]. Il paralyse parfois ses proies en leur perçant le cerveau avec ses dents et les stocke, encore vivantes, dans son terrier pour une consommation future[11],[12]. C’est un animal courageux qui, lorsqu’il est confronté à un prédateur plus grand, fait une série de simulations de charges en poussant des cris saccadés et perçants, d’où l’expression « crier comme un putois ».

L’espèce a historiquement été perçue de manière négative par l’Homme. Le putois a été persécuté par les gardes-chasse et est devenu synonyme de promiscuité sexuelle dans la littérature ancienne. Depuis 2008, il est classé en préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN en raison de sa vaste aire de répartition et de ses effectifs importants[13].

Dénominations

Étymologie et dénominations régionales

Le nom vernaculaire « putois » dérive de l'ancien français put, issu du latin putere puer »), en référence directe à la forte et désagréable odeur que l'animal sécrète pour marquer son territoire ou lorsqu'il se sent menacé.

L’espèce possède également de nombreux noms régionaux ou patoisants directement issus de cette racine latine, ainsi que des dénominations métaphoriques basées sur sa ressemblance physique avec le chat ou la fouine, ou encore des associations populaires erronées qui considéraient le putois comme le mâle de la fouine[17].

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Taxonomie

Illustration de la « Belette putois » (Mustela putorius) dans l’Atlas de poche des mammifères de France, de la Suisse romane et de la Belgique, par Martin René, 1910.

Le putois fait partie des premières espèces de Mustélidés à être indexées dès la dixième édition du Systema Naturae de Carl von Linné en 1758 sous le nom toujours d’actualité de Mustela putorius[18]. Cependant, du fait des fortes différences qui existent au sein du genre Mustela, l’espèce changera régulièrement de genre au cours de l’histoire :

En 1817, Frédéric Cuvier utilise le nom Putorius comme un nom de genre dont le putois en est devenu l’espèce nominale, là où Mustela désignait les espèces du genre Martes[19].

Évolution

Le premier véritable putois était Mustela stromeri, qui est apparu à la fin du Villafranchien. Il était plus petit que la forme actuelle, ce qui indique que les putois ont évolué à une période relativement tardive. Les fossiles les plus anciens du putois moderne ont été découverts en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France, et remontent au Pléistocène moyen. Les parents les plus proches du putois d'Europe sont le putois d’Eversmann et le Putois à pieds noirs, avec lesquels il aurait partagé Mustela stromeri comme ancêtre commun. Le putois d'Europe n'est cependant pas aussi bien adapté à un régime carnivore que le putois d’Eversmann, étant moins spécialisé dans la structure de son crâne et de sa dentition[20],[21],[22],[23]. Le putois d'Europe a probablement divergé du putois d’Eversmann il y a 1,5 million d'années d'après l'analyse de la protéine IRBP, bien que les transversions du cytochrome b indiquent une date plus récente de 430 000 ans[24]. Il est également étroitement lié au Vison d'Europe, avec lequel il peut s'hybrider[25].

Phylogénie

Cladogramme des espèces actuelles du genre Mustela d'après Totikov et al. (2025)[26] :

Genre Mustela

Clade Indo-malais (Pocockictis)

Mustela strigidorsa (Belette à dos rayé)



Mustela nudipes (Belette à pieds nus)





Mustela lutreolina (Belette d'Indonésie)




Mustela kathiah (Belette à ventre jaune)




Groupe des Hermines

Mustela erminea (Hermine d'Eurasie)



Mustela richardsonii (Hermine d'Amérique)



Mustela haidarum (Hermine des Haïdas)




Mustela russelliana




Groupe des « belettes »

Mustela altaica (Belette des montagnes)




Mustela nivalis (Petite belette)




Mustela subpalmata (Belette subpalmée)



Mustela mopbie







Groupe des « Visons » et « Putois »

Groupe Kolonokus

Mustela sibirica (Kolonok)



Mustela itatsi (Itatsi)




Groupe Lutreola

Mustela lutreola (Vison d'Europe)





Groupe Putois (Putorius)

Mustela nigripes (Putois à pieds noirs)




Mustela eversmanii (Putois d'Eversmann)




Mustela putorius (Putois d'Europe)



Mustela furo (Furet)











Domestication

Femmes chassant le lapin avec un furet dans le Psautier de la reine Mary.

Des études morphologiques, cytologiques et moléculaires confirment que le putois d'Europe est l'unique ancêtre du furet, réfutant ainsi tout lien avec le putois des steppes, dont on pensait autrefois qu'il avait contribué à la création du furet[27]. Les furets ont été mentionnés pour la première fois par Aristophane en 425 av. J.-C. et par Aristote en 350 av. J.-C. Les auteurs grecs et romains du premier siècle de notre ère ont été les premiers à attester de l'utilisation du furet pour débusquer les lapins de leurs terriers. Les premières descriptions précises des furets proviennent de Strabon vers l'an 200 de notre ère, lorsque des furets furent lâchés sur les îles Baléares pour réguler les populations de lapins. Le Lapin de garenne étant originaire de la péninsule Ibérique et du nord-ouest de l'Afrique, le putois d'Europe a probablement été domestiqué pour la première fois dans ces régions[28].

Le furet et le putois d'Europe sont similaires en taille et en proportions, au point que les furets de couleur sombre sont presque impossibles à distinguer de leurs cousins sauvages. Cependant, le crâne du furet présente un volume crânien plus petit et un rétrécissement post-orbitaire plus étroit[27]. Par rapport au putois d'Europe, le furet a un cerveau beaucoup plus petit, bien que cette comparaison n'ait pas été faite avec les putois méditerranéens, dont les furets sont probablement issus[29]. La théorie d'une origine méditerranéenne est renforcée par le fait que le furet tolère moins le froid que les sous-espèces de putois du nord[30]. Contrairement aux autres sous-espèces, qui sont largement solitaires, le furet vit volontiers en groupes sociaux[31]. Le furet est également plus lent dans tous ses mouvements que le putois, et n'utilise presque jamais ses glandes odorantes anales[32]. Dans l'ensemble, le furet représente une forme néoténique de putois[33].

Description

Morphologie et dimensions

Crâne de putois
Crâne de putois.
Squelette de putois
Squelette de putois.

L'apparence générale du Putois d'Europe est typique des membres du genre Mustela et des mustélidés : il est court sur pattes avec un corps fin, agile et allongé[34],[35],[36]. Sa constitution reste néanmoins plus compacte et son corps moins étiré que celui du Vison d'Europe ou du putois d’Eversmann[34],[37].

Les dimensions de l'espèce varient considérablement et ne suivent pas la Règle de Bergmann, la taille augmentant plutôt selon un axe est-ouest[38]. Le corps mesure généralement entre 35 et 60 cm de long, complété par une queue courte représentant environ un tiers du corps, soit entre 8 et 17 cm[34],[35],[38].

Le Dimorphisme sexuel est très marqué, le poids corporel constituant l'un des meilleurs critères d'identification des sexes[36]. Les mâles adultes pèsent de 400 g à 1,5 kg (atteignant fréquemment 1 000 à 1 500 g en Europe centrale), tandis que les femelles sont beaucoup plus légères et ne dépassent pas les 700 g à 815 g[39],[36]. Des cas de Gigantisme existent, mais ils résultent probablement d'une hybridation avec le vison d’Europe[39].

Les yeux du putois sont petits avec des iris brun foncé. Ses pieds sont robustes et modérément longs[37] : les orteils arrière sont longs, partiellement palmés et munis de griffes non rétractiles de mm, tandis que les griffes antérieures sont fortement courbées, partiellement rétractiles et mesurent mm[40]. Son crâne, grossier et massif, possède une région faciale courte, large et des crêtes osseuses développées (plus discrètes chez la femelle)[41]. Ses dents sont particulièrement grandes et puissantes par rapport à la taille du crâne[41]. Moins rapide dans sa course que l'hermine ou le vison, il peut être rattrapé par un homme endurant[42]. Bien que ses organes sensoriels soient bien développés, il ne distingue pas les couleurs[42].

Pelage et variations

Le pelage typique est brun-noir ou noir-brun, une teinte dictée par les longs poils de jarre. Sur le dos et surtout sur les flancs, ce ton sombre est fortement éclairci par un sous-poil blanchâtre ou jaunâtre qui apparaît par transparence et crée un contraste net[43],[35]. La gorge, la poitrine, l'abdomen et les membres sont d'un noir soutenu. La tête est plus claire et présente un masque facial caractéristique : une zone brun-noir entoure les yeux et remonte sur le nez, se détachant sur un fond blanc-crème. Les oreilles sont petites, rondes, sombres et nettement ourlées de blanc[43],[35].

La mue est bisannuelle. La fourrure d'été est courte, rèche, plus rousse et terne. En hiver, le poil de bourre s'épaissit considérablement pour protéger l'animal, ce qui donne une teinte globale beaucoup plus claire et brillante au pelage[43],[35]. Bien que le putois soit un bon nageur[44], sa fourrure retient moins la chaleur dans l'eau que celle du Vison d'Amérique : dans une eau à 8 °C, le putois se refroidit en seulement 26 à 28 minutes, contre 118 minutes pour le vison[45].

Il existe une grande variation de motifs et de robes entre les individus[35]. On distingue deux phénotypes majeurs : la forme typique avec masque et une forme sombre unie dépourvue de masque facial[46]. Plusieurs mutations de couleur peuvent également survenir, incluant l'albinisme, le leucisme, l'isabellisme, le xanthochromisme ou l'amélanisme (où l'animal prend une teinte d’un jaune-doré très claire)[43],[35]. Chez les individus atteints d'érythrisme, les poils de jarre noirs sont absents et remplacés par une coloration roux vif ou brun-roux, associée à un sous-poil rutilant[43],[35].

Comportement

Un groupe de putois communs en Suède.

Comportement social et territorial

Le Putois d'Europe possède des domaines vitaux bien définis qui varient selon la saison, l'habitat, le sexe et le statut social de l'individu[47]. Les femelles reproductrices s'installent dans des zones distinctes, tandis que les mâles reproducteurs et les jeunes en dispersion ont des domaines vitaux plus fluides et se montrent plus mobiles[48]. Les mâles et les femelles partagent leurs domaines vitaux avec d'autres membres du même sexe ; les mâles ont des territoires plus vastes que les femelles, mais les preuves de marquage territorial restent rares[20].

Le putois d'Europe utilise plusieurs gîtes répartis sur l'ensemble de son domaine vital et se montre souvent très actif aux abords des garennes de lapins. En hiver, certains individus utilisent des bâtiments agricoles ou des meules de foin comme lieux de repos diurnes[20]. À l'occasion, ils occupent des terriers abandonnés de blaireau européen ou de Renard roux[49]. À l'instar des autres mustélidés, le putois est généralement un animal silencieux, bien qu'il puisse grogner farouchement lorsqu'il est en colère et pousser des cris aigus en cas de détresse. Il émet également un faible « miaulement » plaintif à l'attention de son partenaire ou de sa progéniture[50].

Reproduction et cycle de vie

Le putois d'Europe se reproduit de manière saisonnière et ne pratique aucun rituel de parade nuptiale. Pendant la période de rut, le mâle saisit la femelle par le cou et la traîne pour stimuler son ovulation, puis la copulation peut durer jusqu'à une heure. L'espèce est polygame, chaque mâle s'accouplant avec plusieurs femelles. La période de gestation dure entre 40 et 43 jours, les portées naissant généralement en mai ou au début du mois de juin. Chaque portée se compose généralement de cinq à dix petits. À la naissance, les petits pèsent entre 9 et 10 g, mesurent entre 55 et 70 mm de long, et naissent aveugles et sourds. À l'âge d'une semaine, ils se couvrent d'un pelage blanc et soyeux, remplacé vers 3 ou 4 semaines par une fourrure laineuse de couleur gris-brun cannelle. Le sevrage commence à l'âge de trois semaines, tandis que la dentition définitive apparaît après 7 ou 8 semaines. Les jeunes deviennent indépendants au bout de deux à trois mois[51]. Les femelles se montrent très protectrices envers leur progéniture et ont déjà été observées en train de faire face à des humains qui s'approchaient trop près de leur portée[52].

Écologie

Un putois défendant une carcasse de lapin contre une belette, peint par Archibald Thorburn.

Régime alimentaire

Putois attaquant une Perdrix grise, exposé au Musée national d'histoire naturelle de Bulgarie.

Le régime alimentaire du Putois d'Europe se compose principalement de petits rongeurs, suivis par des amphibiens et des oiseaux. Sa proie la plus fréquente dans l'ex-Union soviétique est le Campagnol (Microtus arvalis) et, plus rarement, des campagnols du genre Myodes. Dans les grandes plaines inondables, le campagnol amphibie constitue une proie courante. Au printemps et en hiver, les amphibiens (en particulier la Grenouille rousse et le Crapaud vert) deviennent des éléments nutritifs importants. La prédation sélective du putois sur les grenouilles mâles réduit l'incidence de la polyandrie au sein des populations de grenouilles[53]. Cependant, les amphibiens ayant une faible valeur calorique, le putois ne s’engraisse jamais en les consommant, quelle que soit la quantité ingérée. En Europe centrale, l'alimentation hivernale est dominée par les oiseaux, notamment la caille, la Perdrix grise, les tétras, les poulets, les pigeons et les passereaux. Les variations saisonnières de son rythme d'activité sont synchronisées avec celles de ses proies principales[54]. Parmi les espèces plus rarement capturées figurent le Hérisson d'Europe, la vipère aspic, la couleuvre à collier, les lézards et les insectes[55].

En Grande-Bretagne, il tue couramment le Rat brun et le Lapin de garenne, et s'avère capable de terrasser des proies plus imposantes telles que les oies et les lièvres[51]. Un cas a été rapporté où un putois attendait régulièrement sur la rive d'un cours d'eau pour capturer des anguilles qu'il rapportait ensuite dans son terrier[56].

Le putois d'Europe chasse à l'affût ; il saisit sa proie avec ses canines et la tue d'une morsure au cou. Cette méthode de mise à mort est instinctive, mais se perfectionne avec l'expérience. Il lui arrive de stocker de la nourriture dans des caches, en particulier lors des abondances saisonnières de grenouilles et de crapauds[57]. Parfois, le putois ne tue pas directement ces amphibiens, mais leur mord la base du crâne afin de les paralyser, ce qui permet de les conserver au frais pour une consommation ultérieure[51]. Bien qu'ils soient normalement craintifs face à l'Homme, le naturaliste Alfred Brehm mentionne dans son ouvrage Brehms Tierleben un cas exceptionnel où trois putois ont attaqué un nourrisson en Hesse, en Allemagne[52]. En hiver, certains putois d'Europe s'introduisent dans les ruches pour se nourrir de miel[58].

C'est un des rares prédateurs à s'attaquer au rat musqué (dont la taille est comparable à celle du lapin de garenne). Ses proies principales figurent sur la liste des espèces classées « nuisibles » par arrêté préfectoral en France et cela lui confère donc un rôle positif au sein du pays, mais il est aussi prédateur du campagnol amphibie (vulnérable au niveau mondial)[59].

Prédateurs et concurrents

Bien que le putois d'Europe puisse coexister avec le Vison d'Europe, il pâtit de la présence du Vison d'Amérique, une espèce invasive. Ce dernier se nourrit beaucoup plus fréquemment des mêmes mammifères que le putois et est connu pour déloger ce dernier des zones humides[60]. Dans les régions où le putois d'Europe vit en sympatrie avec le putois des steppes, les deux espèces partagent largement les mêmes ressources alimentaires, bien que le premier ait tendance à consommer davantage d'aliments d'origine anthropique ainsi que des oiseaux, tandis que le second capture plus fréquemment des mammifères[61]. Il existe au moins une mention documentée d'une Fouine ayant tué un putois[62]. Enfin, le putois d'Europe peut occasionnellement faire de la belette, beaucoup plus petite, l'une de ses proies[63].

Hybridation

Têtes d'un 1) putois, 2) furet et 3) Futois.

Dans certaines régions de Grande-Bretagne, le marronnage de furets a conduit à l'apparition de populations d'hybrides putois-furets vivant à l'état sauvage. Les furets ont probablement été introduits en Grande-Bretagne après la Conquête normande de l'Angleterre, ou au plus tard au XIVe siècle[64]. Les individus issus de ces croisements possèdent généralement une tache blanche distincte au niveau de la gorge, des pattes blanches et des poils blancs clairsemés dans la fourrure[27]. En général, les hybrides de première génération développent la même crainte des humains que leur parent sauvage s'ils restent avec leur mère pendant la période critique de socialisation, qui se situe entre 7½ et 8½ semaines[65].

Le putois d'Europe peut également s'hybrider avec le Vison d'Europe, produisant une descendance appelée khor'-tumak par les pelletiers russes[25] et khonorik par les éleveurs[66]. Une telle hybridation demeure très rare à l'état sauvage et se produit généralement dans les zones où les populations de visons d'Europe sont en déclin[67]. L'hybride putois-vison présente un masque facial mal défini, des poils jaunes sur les oreilles, un sous-poil gris-jaune et de longs poils de jarre brun foncé. De grande taille, le mâle peut atteindre les dimensions maximales observées chez le putois d'Europe, pesant entre 1 120 et 1 746 g g pour une longueur de 41 à 47 cm ; la femelle est quant à elle beaucoup plus grande que la femelle du vison d'Europe, affichant un poids de 742 g pour 37 cm de long[68]. La majorité des khonoriks possèdent un crâne montrant de plus grandes similitudes avec celui du putois qu'avec celui du vison. Bons nageurs, ils sont capables de creuser le sol pour chercher de la nourriture comme le putois, mais ils s'avèrent difficiles à apprivoiser et à élever, les mâles étant stériles[69]. Le premier khonorik conçu en captivité est né en 1978 pour l'industrie de la fourrure, mais son élevage a décliné parallèlement à l'effondrement des populations de visons d'Europe[66].

Les études menées sur l'écologie comportementale des hybrides putois-vison en liberté dans la partie supérieure du Lovat indiquent que ces animaux s'éloignent plus facilement des milieux aquatiques que les visons. Ils tolèrent également que les deux espèces parentes s'introduisent sur leur territoire, bien que la grande taille de l'hybride, en particulier celle du mâle, tende à décourager les intrusions. En été, le régime alimentaire des khonoriks sauvages est plus proche de celui du vison que de celui du putois, car ils se nourrissent principalement de grenouilles. En hiver, leur alimentation rejoint davantage celle du putois : ils consomment une plus grande proportion de rongeurs qu'en été, même s'ils dépendent encore fortement des grenouilles et se nourrissent rarement de carcasses d'ongulés contrairement aux putois sauvages[68].

Le putois d'Europe peut également s'hybrider avec le putois d’Eversmann asiatique ou le furet domestique pour produire une progéniture fertile[64]. Les hybrides entre putois d'Europe et putois d’Eversmann sont très rares, malgré leur sympatrie dans plusieurs régions. Des cas ont néanmoins été documentés dans le sud de l'Ukraine, dans les oblasts de Koursk et de Voronej, en Transcarpatie ainsi que dans plusieurs autres localités[70].

Aire de répartition, histoire et conservation

Le Putois d'Europe est largement répandu dans la région Paléarctique occidentale jusqu'à l'Oural en Russie, bien qu'il soit absent d'Irlande, du nord de la Scandinavie et d'une grande partie des Balkans et de la côte orientale de l'Adriatique. Il n'est présent que de manière marginale dans le nord de la Grèce. On le trouve au Maroc dans les montagnes du Rif, depuis le niveau de la mer jusqu'à 2 400 m d'altitude. Sa forme domestiquée, le furet, a été introduite en Grande-Bretagne, sur certaines îles méditerranéennes et en Nouvelle-Zélande[13].

Le putois ne provoque que rarement des dégâts dans des clapiers ou des poulaillers vétustes (planches disjointes, grillage troué, portes disloquées ou fermant mal…). Pourtant, le piégeage ainsi que la disparition d'un grand nombre de lapins de garenne à cause de la myxomatose ont contribué à sa raréfaction. La modification des milieux humides ainsi que la pollution de l'eau sont aussi des éléments à ne pas négliger. La destruction des zones humides est la principale cause du recul de cette espèce en Suisse[71],[72].

France

Le putois d'Europe est présent sur l'ensemble du territoire français, à l'exception de la Corse, mais il est en état de déclin depuis plusieurs décennies[73]. Il est classé « quasi-menacé » (NT) sur la liste rouge des espèces menacées en France. Le Mustélidé s'avère rare dans de nombreuses régions ou départements. Dans la région Rhône-Alpes, sa population a subi une baisse importante depuis les années 1990, en grande partie à cause des campagnes d'empoisonnement menées contre le Rat musqué. Une étude de 1999 portant sur le déclin du putois dans cette région indiquait que l'espèce y avait de faibles chances de survie. Ailleurs, il est considéré comme rare ou sporadique dans 22 districts et absent ou éteint dans 22 autres. Dans la Drôme, par exemple, les populations de putois diminuent depuis 1975, et l'animal a disparu de 27 communes de l'Isère. Ses effectifs fléchissent dans le Morvan et en Ariège, et il est faiblement réparti en Bretagne. Bien que présent en Aquitaine, ses effectifs chutent depuis les années 1950 et il se montre très rare dans les zones de montagne. En Normandie, la vitesse de déclin du putois a quelque peu ralenti. Dans les départements alpins, sa répartition est limitée par l'altitude, l'espèce dépendant de climats plus méditerranéens pour prospérer. Il est en revanche particulièrement abondant dans la Crau irriguée, mais absent de la partie orientale de cette zone, s'arrêtant apparemment aux vallées de la Durance et du Rhône. Les populations les plus importantes se trouvent dans le Nord de la France (Pas-de-Calais), l'Est (Alsace, Lorraine) et les régions de la Loire avec la Vendée, qui détient le plus grand nombre d'observations de putois. Il reste commun dans tous les départements de Champagne-Ardenne[74].

En 2016, le déclin de l'espèce en France est confirmé par l'Office français de la biodiversité (ex-ONCFS) sur la base de différentes études[75]. Depuis 2017, l'UICN le classe « espèce quasi menacée » sur la liste rouge des mammifères menacés en France[76]. En 2019, la Société française pour l'étude et la protection des mammifères (SFEPM) s'alarme toujours du déclin de la population de putois en France, au point d'en faire une espèce menacée. La SFEPM demande (sans succès à ce jour) au ministère de l'Écologie de placer l'espèce sur la liste des « mammifères protégés » (statut impliquant une non-chasse, mais aussi qu'il soit pris en compte par divers programmes de conservation, et dans les études d'impacts et autres évaluation environnementale des projets d'aménagement du territoire)[77],[78].
Pourtant le putois est longtemps resté inscrit en France sur la liste d'espèces susceptibles d'être classés nuisibles par arrêté ministériel (en date du ). Deux préfets (Loire-Atlantique et Pas-de-Calais) continuaient à demander son classement parmi les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD, autrefois « nuisibles »), permettant que son piégeage perdure jusqu'à ce que des associations de protection de l'environnement fassent annuler ces exceptions par le Conseil d'État[79]. Depuis , l'espèce n'est plus classée ESOD, mais elle n'est pas pour autant protégée puisqu'elle demeure sur la liste des quatre-vingt-dix « espèces gibiers » (selon l'OFB, au moins 2 942 putois ont été tués à la chasse pendant la saison 2013-2014)[76].

Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, le putois d'Europe était considéré comme un redoutable prédateur de volailles avant l'introduction du grillage métallique ; son élimination était donc jugée comme la seule option pour protéger les élevages. Cette hostilité extrême ne semble pourtant pas avoir été universelle. Évoquant le Merioneth (Gwynedd), Peter Hope Jones rapporte que « pour un comté censé être bien situé dans l'aire de répartition historique connue de l'espèce, le Merioneth compte relativement très peu de mentions de putois dans les registres de primes paroissiaux. Peut-être cet animal n'était-il pas généralement considéré comme un nuisible important, mais quelle qu'en soit la raison réelle, seules deux paroisses font directement référence à cette espèce sous le nom connu en anglais actuellement. Entre 1729 et 1732, une vingtaine de putois ont été tués dans la paroisse de Towyn, où 2s. 6d. étaient payés pour un adulte et la moitié pour un jeune. Les registres de Llanfor [...] montrent que seuls 42 individus ont été tués sur une période de 39 ans (de 1720 à 1758), la prime étant exactement la moitié de celle d'un renard, soit 2s. 6d. pour un adulte et 1s. 3d. pour un jeune »[80].

Dans le Kent, par exemple, au moins 42 paroisses versaient des primes pour les putois, dont trois ont poursuivi cette pratique jusqu'au XIXe siècle, bien qu'à cette époque, seuls des individus isolés étaient enregistrés, souvent après des intervalles de plusieurs années[81]. Dans le Royaume d'Écosse, sous le règne de David II, une taxe à l'exportation de 4 deniers était imposée sur chaque garniture de fourrure de putois, taxe qui fut portée à 8 deniers en 1424. L'espèce occupait une place importante sur les marchés de la fourrure en Écosse : la foire annuelle de la fourrure de Dumfries (1816–1874) s'est vendue à 400 peaux de putois en 1829 et 600 en 1831. L'année suivante, un récit de l'époque décrivait les peaux de putois comme « invendables sur le marché ». En 1856, le nombre de peaux vendues est tombé à 240, puis à 168 en 1860, à 12 en 1866 et à aucune en 1869[82]. Ce déclin a été interrompu grâce à la diminution de l'activité des gardes-chasse pendant l'intervalle de vingt ans séparant la Première et la Seconde Guerre mondiale[83].

Le putois d'Europe bénéficie d'une protection nationale et européenne ; il est inscrit à l'annexe 6 de la Wildlife and Countryside Act 1981, à la réglementation 41 des Conservation (Natural Habitats, &c.) Regulations 1994 et figure à l'annexe V de la Directive habitats[84]. Une enquête menée par le Vincent Wildlife Trust en 2015 a révélé que le putois s'est propagé dans des régions (telles que l'Est de l'Angleterre et le Yorkshire du Sud) où il n'avait pas été observé depuis un siècle. Le naturaliste Chris Packham a qualifié cette expansion de « [...] l'un des plus grands rétablissements naturels »[85].

La New Forest dans le Hampshire abrite également aujourd'hui une petite population de putois, un fait découvert après que des scientifiques ont installé des appareils photographiques pour filmer les martres des pins[86].

Ex-Union soviétique

La frontière occidentale de l'aire de répartition du putois d'Europe dans l'ex-Union soviétique commence à l'embouchure du Danube au sud et s'étend approximativement jusqu'au nord-ouest de Suoyarvi, sur la frontière finlandaise au nord. En Carélie, sa limite septentrionale s'étire depuis ce point vers le sud-est jusqu'à la baie de Spassk sur le lac Onega, contournant ainsi les hauts plateaux de la Carélie occidentale par le sud, puis, contournant ces mêmes plateaux par l'est, elle remonte brusquement vers le nord, passant notamment près de la rive ouest du lac Segozero pour atteindre Rugozer. De là, la frontière s'oriente vers le nord-est, traverse le Lakhta et atteint Kem sur la mer Blanche. Depuis Arkhangelsk, la limite rejoint la baie de Mezen, atteignant ainsi la limite la plus septentrionale de l'espèce. Depuis l'embouchure de la Mezen, la frontière redescend brusquement vers le sud, se rapprochant du cours supérieur de la Mezen vers le 64° de latitude. De là, la limite nord du putois continue vers le cours supérieur de la Vytchegda et descend plus au sud dans l'Oural. Sa limite orientale s'étend apparemment le long de l'Oural, englobant Sverdlovsk par l'ouest. Il est probablement absent dans le sud de l'Oural, où se rencontre le putois des steppes.

La frontière méridionale de l'aire de répartition du putois commence à l'ouest à l'embouchure du Danube et s'étend vers l'est le long de la côte de la mer Noire pour atteindre l'embouchure du Dniepr, d'où elle s'éloigne des rives de la mer d'Azov pour rejoindre l'embouchure du Don. Depuis l'embouchure et le cours inférieur du Don, son aire de répartition pénètre dans la région steppique de la Ciscaucasie occidentale et centrale. Le putois d'Europe est absent des steppes de Saratov de la Transvolga, n'étant rencontré que dans le cours inférieur extrême du Grand Irgiz et du Petit Irgiz. Plus loin, la frontière se dirige vers le nord le long de la Volga. Elle s'oriente brusquement vers l'est un peu au sud de la boucle de Samara, contournant l'Obshchy Syrt pour atteindre l'Oural à la latitude de Magnitogorsk. L'aire de répartition du putois au sein de l'ex-Union soviétique s'est étendue vers le nord : de 1930 à 1952 par exemple, le putois a colonisé le nord-ouest de la Carélie et le sud de la Finlande[87].

Avant la Première Guerre mondiale, l'Empire russe produisait plus de 50 % des peaux de putois commercialisées dans le monde. Le piégeage des putois en Russie a considérablement augmenté après la Révolution d'Octobre, ce qui a coïncidé avec le déclin des effectifs du putois en Europe occidentale. La population russe de putois a quelque peu diminué après la Seconde Guerre mondiale, et leur chasse a par la suite été découragée, l'animal étant reconnu pour son rôle de régulateur des populations de rongeurs nuisibles[42].

Relations avec l'Homme

Chasse et utilisation de la fourrure

Peaux de putois (appelées « fitch ») à Copenhague.

La chasse au Putois d'Europe était autrefois un sport favori des habitants des vallées du Westmorland et des Écossais, qui le traquaient de nuit au cœur de l'hiver. Néanmoins, la majorité des décès de putois imputables à l'Homme ont été accidentels, principalement causés par des pièges à mâchoires en acier initialement installés pour capturer les lapins[88]. La chasse au putois au clair de lune constituait également un divertissement populaire parmi les écoliers des Midlands[58]. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'animal était chassé en Grande-Bretagne du début de février à la fin d'avril à l'aide de meutes mixtes de chiens de chasse sur les collines galloises et les monts du Lake District, tandis que des chiens à loutres étaient employés sur les reliefs de la frontière anglo-écossaise et dans les Lowlands[89]. John Tucker Edwardes, le créateur du Sealyham Terrier, utilisait des putois mâles sauvages capturés pour tester le courage (gameness) des jeunes terriers d'un an[90]. Dans l'ex-Union soviétique, le putois est chassé principalement à la fin de l'automne et au début de l'hiver au fusil et au chien, ainsi qu'au moyen de pièges à palettes et de collets en bois. Cependant, même durant la saison de chasse, les chasseurs capturent rarement plus de 10 à 15 individus. L'espèce ne constitue pas un élément majeur du commerce de la fourrure dans l'ex-URSS et n'est généralement capturée que de manière fortuite[42].

Le putois d'Europe est un animal à fourrure de grande valeur, dont la peau (commercialisée sous le nom de « fitch » ou « putois ») est plus cotée que celle du putois des steppes[91]. Sa peau sert principalement à la confection de vestes, de capes et de manteaux. Elle s'avère particulièrement adaptée pour les garnitures de vêtements féminins. La queue est parfois utilisée pour fabriquer des pinceaux[92]. L'un des inconvénients de la peau de putois reste toutefois son odeur désagréable, tenace et difficile à éliminer[52]. L'élevage commercial du putois d'Europe pour sa fourrure a débuté en Grande-Bretagne dans les années 1920, mais n'a pris une réelle importance économique qu'en Finlande à partir de 1979. Il n'a jamais percé aux États-Unis ni au Canada en raison des lois strictes sur l'importation d'espèces non indigènes, mais a en revanche occupé une place économique notable en URSS[93].

Un putois nourri au British Wildlife Centre, à Newchapel dans le Surrey.

Apprivoisement

Contrairement à l'hermine et à la belette, le putois s'élève facilement en captivité[90]. Selon Aubyn Trevor-Battye, le putois d'Europe est difficile à apprivoiser mais se montre supérieur à sa forme domestique, le furet, pour débusquer les rats de leurs trous en raison de sa plus grande agilité. Il a tendance à tenter de s'enfuir une fois sa tâche accomplie, mais un homme peut aisément le rattraper à la course[94]. Les jeunes putois peuvent être adoptés et allaités avec succès par des chattes domestiques[52]. D'après l'Owen's Welsh Dictionary, les Gwythelians (les premiers colons irlandais installés dans le nord du Pays de Galles) gardaient des putois comme animaux de compagnie[95]. Les tentatives d'apprivoisement sont globalement freinées par le tempérament nerveux et asocial de l'adulte. Les hybrides de première génération entre putois et furets, conçus pour retremper les lignées de ces derniers, donnent des animaux au caractère très similaire à celui de leur parent sauvage[33].

Dans la culture

En France

Dans la culture française, le putois tient une place moins importante que celle de la fouine, dont il partage les habitudes de vie ainsi que les relations qu’il entretien avec l’Homme, lui donnant une mauvaise réputation : À l’échelle régionale, il était d’usage de penser qu’il entretenait une parenté zoologique avec la fouine, les paysans désignaient cet animal sous le nom de fouine mâle ou encore foin de terre[17]. Le folklore lui donne une place d’animal porte malheur, engendré par le diable comme dans le folklore breton, mais si, selon le folklore en Mayenne, l’animal forme une croix sur sa route, cela est présente de bonne fortune[96].

En grande Bretagne

En Grande-Bretagne, le putois traîne historiquement une réputation très négative. Les mentions du putois dans la littérature anglaise ancienne sont souvent infamantes, l'animal y étant synonyme de prostituée ou de personne immorale, comme l'illustre Shakespeare dans Les Joyeuses Commères de Windsor. Dans certaines zones rurales, la croyance populaire persistait que le putois rongeait les oreilles des moutons endormis et pouvait paralyser ou tuer un homme en lui sautant dessus par-derrière pour lui mordre le cou[97]. À l'inverse, dans d'autres régions, les fermiers croyaient volontiers que si l'on laissait un putois nicher dans un poulailler, l'animal ne tuerait pas les volailles par « gratitude » et préférerait éliminer les vermines. Les cas où des putois s'en prenaient effectivement aux poules étaient alors attribués à des individus de passage venus d'autres fermes[98].

Au Pays de Galles, on croyait largement que les putois migraient en grand nombre chaque printemps vers la vaste tourbière de Tregaron pour s'y nourrir de grenouilles en période de reproduction. Cela s'est avéré faux, le climat de Tregaron étant trop humide pour le Putois d'Europe, et la zone n'abritant pas de populations massives de grenouilles[89]. Comparativement à d'autres carnivores britanniques comme la loutre et le blaireau, le putois bénéficie d'une faible visibilité dans les médias populaires. Une étude menée auprès d'écoliers britanniques en milieu rural a révélé que seuls 3,8 % des enfants interrogés étaient capables d'identifier un putois sur photographie, alors que 83,7 % reconnaissaient correctement une loutre[99].

Notes et références

Voir aussi

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