Querqueville
ancienne commune française du département de la Manche
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Querqueville est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de 4 989 habitants, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Cherbourg-en-Cotentin.
| Querqueville | |
La grande rade. | |
Blason. |
Logotype. |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Commune | Cherbourg-en-Cotentin |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du Cotentin |
| Statut | Commune déléguée |
| Maire délégué Mandat |
Agnès Tavard 2020-2026 |
| Code postal | 50460 |
| Code commune | 50416 |
| Démographie | |
| Gentilé | Querquevillais |
| Population | 4 989 hab. (2023) |
| Densité | 897 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 39′ 48″ nord, 1° 41′ 43″ ouest |
| Altitude | Min. 0 m Max. 115 m |
| Superficie | 5,56 km2 |
| Élections | |
| Départementales | La Hague |
| Historique | |
| Fusion | |
| Intégrée à | Cherbourg-en-Cotentin |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.cherbourg.fr |
| modifier |
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Géographie
Localisation
La commune est située au nord de la péninsule du Cotentin, à 7,5 km au nord-ouest de la commune déléguée de Cherbourg-Octeville et à 12 km à l'est de Beaumont-Hague[1].
Les communes limitrophes sont Équeurdreville-Hainneville, Sainte-Croix-Hague, Tonneville, Urville-Hague et Urville-Nacqueville.
Géologie et relief
Le point culminant (115 m) se situe en limite sud, près du lieu-dit la Grisetterie. La commune est littorale sur 3 km.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Kerkevilla, Kerkavilla et de Kirchevilla au XIIe siècle[2], Kerchevilla vers 1200[2] et Kierkevilla en 1250[2].
Ce toponyme est issu du norrois kirkja, « église »[3], et du terme ville adopté par les Normands qui signifie dans son ancienne acception « domaine agricole ».
Querqueville est donc, à l'instar de Cricqueville et Criquetot[3], littéralement « le domaine de l'église » (cf. aussi Criquebeuf et Carquebut, « la maison de l'église »[3]).
Histoire
Antiquité
Lors de la construction de la rade de Cherbourg, dans le chantier aux granits préparés pour la digue centrale, il fut découvert une douzaine de « médailles » de Faustine la Jeune, d'Antonin et de Marc Aurèle[4].
Moyen Âge
La ville s'est probablement développée à l'origine autour de la chapelle Saint-Germain, qui figure toujours sur le blason de la commune[réf. nécessaire].
Dans une charte du comte de Sussex, datée du XIIe siècle, établie à l'occasion de donations faites à l'abbaye de Lessay, la paroisse est désignée sous le nom de Kerkevilla[5].
Il s'y tenait une foire annuelle dite de la Saint-Clair, établie depuis 1318[6].
En 1420, lors de la guerre de Cent Ans, et après la reddition du château et de la ville de Cherbourg, le bailli de Cotentin et le vicomte de Valognes reçoivent l'ordre de laisser Guillaume de Querqueville jouir paisiblement de son fief[5].
Temps modernes
En 1540, Guillaume de Saussey donne l'église de Querqueville à Robert Bavent[5].
Au milieu du XVIIe siècle, Pierre Basan, écuyer, époux de Jeanne Le Jay, est titré vicomte de Valognes, seigneur de Montaigu et de Querqueville[7].
Au cours du XVIIIe siècle, la paroisse a pour seigneur-patron messire Pierre-Augustin Barbou (1720 - ), chevalier, dont la dalle funéraire se voit dans la chapelle Saint-Germain de Querqueville[8]. Jean Baptiste Barbou, mort en 1794 dit-on de frayeur à l'annonce de sa comparution devant le tribunal révolutionnaire, en fut le dernier seigneur [9].
En , c'est à Querqueville, sur la plage Sainte-Anne, que débarquèrent 7 000 Britanniques qui s'attaquèrent à Cherbourg[10].
Révolution française et Empire
Le , l'impératrice Marie-Louise d'Autriche visita la côte de Querqueville[5],[Note 1].
Époque contemporaine
En , un « monstre marin » découvert sur la plage intrigue la population et fait la une de la presse nationale[11].
Les cinq conseils municipaux de Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville et Tourlaville ayant voté le la fusion de leurs communes respectives[12], Querqueville intègre le la commune de Cherbourg-en-Cotentin[13] créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi no 2010-1563 du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Cherbourg-Octeville, Équeurdreville-Hainneville, La Glacerie, Querqueville et Tourlaville deviennent des communes déléguées et Cherbourg-Octeville est le chef-lieu de la commune nouvelle.
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
Administration municipale
Le conseil municipal était composé de vingt-neuf membres dont le maire et sept adjoints[16]. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Cherbourg-en-Cotentin le jusqu'en 2020 et Jean-Michel Maghe devient maire délégué.
Jumelages
Allmendingen (Allemagne) depuis 1981.
Gorom-Gorom (Burkina Faso) depuis 1988.
Population et société
Les habitants sont appelés les Querquevillais.
Démographie
En 2023, la commune comptait 4 989 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2006, 2011, 2016, etc. pour Querqueville[19]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].
Manifestations culturelles et festivités
Sports et loisirs
L'Association sportive querquevillaise Football fait évoluer une équipe de football en ligue de Basse-Normandie et trois autres en divisions de district[22].
Cultes
L'église est aujourd'hui rattachée à la nouvelle paroisse Saint-Clair du doyenné de Cherbourg-Hague[23].
Économie
L'école des fourriers fondée en 1912 par la Marine nationale dépend depuis 2015 du Service du commissariat des armées[24]. Elle est renommée École des spécialités du Commissariat des armées en 2023.
Culture locale et patrimoine
Le panorama maritime sur 180°, de la rade de Cherbourg à l'est à Omonville-la-Rogue à l'ouest, a marqué l'histoire de la ville et constitue aujourd'hui son atout touristique[25].
Lieux et monuments


- Chapelle Saint-Germain, rue des Vigneres, sur une hauteur dominant la mer, elle est consacrée à saint Germain à la rouelle. Considérée comme le plus ancien monument de la commune elle est datée entre le IXe et le XIe siècle et remplace une construction mérovingienne[26]. L'édifice classé au titre des monuments historiques dès 1862[27] se compose d'une nef rectangulaire lambrissée et d'une tour carrée du XVIIe.
- Dans le chœur, on peut lire l'inscription tumulaire de Pierre Augustin Barbou[28], mousquetaire gris, et patron du lieu, mort le [5].
- Église paroissiale Notre-Dame, rue des Vigneres, à côté de la chapelle Saint-Germain. L'édifice, avec son chœur Renaissance, attesté au XIIIe et reconstruit au XVIIIe siècle[29], conservait encore, au début du XXe siècle, l'essentiel de sa nef médiévale.
- Au début du XIIe siècle, le domaine de Karkaverill fit l'objet, de la part de Robert Bruce, d'une donation au profit de l'abbaye Sainte-Marie d'York et passa sans doute après 1204[Note 3], dans le patrimoine de l'abbaye de Grestain. Mais, c'est seulement en 1332, lors de la rédaction du pouillé du diocèse de Coutances, qu'il est stipulé que l'église est associée à un autre sanctuaire, dite « chapelle Saint-Germain sise dans le cimetière (capella Sancti germani sita in cimiterio) »[30].
- En 1758, elle est endommagée lors d'un raid anglais et saccagée en 1789 lors des troubles révolutionnaires, puis ravagée par un incendie au début du XXe siècle et en 1923 par un ouragan.
- Sur deux clefs de voûte on peut voir des écus polychromes sur lesquels sont figurées les armes de François-Hyacinthe Lefèvre de La Grimonière : d'azur à la fasce d'or accompagnée de deux croix fleurdelysées d'or en chef et en pointe d'une rose d'argent, et de Marie-Charlotte Barbou : d'or à la bande de sable, et sur la seconde, celles d'Henri Lucas de Couville (1824-1899) : de gueules à trois chevrons d'argent , et de son épouse (1872), Françoise de Blic (1851-1923) : d'azur à la bande d'argent chargée de trois roses de gueules[31]. Sur les fonts baptismaux du XVIIe siècle sont gravées les armes de Jean de Grimouville, seigneur d'Azeville, chanoine de Coutances, curé de Querqueville pendant 38 ans : de gueules à trois étoiles d'argent[32].
- Château de Querqueville du XVIIIe siècle. L'ancienne résidence de la famille Lucas de Couville abrite, depuis 1938, les services de la mairie.
- Manoir de la Coquerie du XVIe siècle, inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [33].
- Manoir de Banville du XVIIe siècle.
- Château Bigard. On peut voir dans la salle de réception du château, une grande pierre armoriée, autrefois située dans le jardin de la propriété, sur laquelle est sculptée les armes de Jean Bazan, époux en premières noces d'Anne Le Tellier de La Luthumière († 1490), et marié en 1495 en secondes noces avec Marie d'Anneville[34],[Note 4].
- Ferme de la Rocambole du XVIIe siècle, siège des associations.
- Fort de Querqueville, construit fin XVIIIe début XIXe siècle[35], et d'où on tirait à boulets rouges. En , il est vendu à des investisseurs particuliers[36] et revendu 500 000 € à un investisseur privé en [37].
- Fort de Chavagnac du XVIIIe siècle, vendu en [38].
- Digue de Querqueville. Elle ferme la partie ouest de la rade de Cherbourg.
- Frégate Lucifer II : échouée sur la plage de la Saline, l'ancienne frégate anti-sous-marine, construite en Écosse en 1943, est transférée aux Forces navales françaises libres en par la Royal Navy et, rebaptisée Découverte, participe au débarquement de Normandie. Désarmée en 1959, elle sert entre 1967 et 2002 de terrain d'exercices à l'École des marins électriciens-sécurité (EMES), devenant sous le nom de Lucifer II un symbole de la rade de Cherbourg par ses régulières volutes de fumées noires. Sa déconstruction et la dépollution de la plage commencées le se terminent en .
- Aérodrome de Querqueville, ancien aérodrome militaire aujourd'hui disparu il abritait des hydravions de la marine nationale. Construit à la fin des années 1920[39], il sert de base à la Luftwaffe pendant l'Occupation. Remis en état par les troupes américaines du génie après la prise de Cherbourg (code A 23-C), il est opérationnel dès le [40] mais peu utilisé par les Alliés. Mais le , pour accompagner l'avancée rapide des troupes alliées dans l'est de la France et faire face aux difficultés d'approvisionnement en carburant, un pont aérien entre Querqueville et l'aéroport de Reims[40] est mis en place pendant cinq jours et cinq nuits avec une rotation de 200 Douglas C-47 Skytrain transportant des jerrycans d'essence[40]. À la fin de la guerre, le terrain est utilisé par les Alliés dans le cadre de l'opération Lusty, pour recevoir, entre autres, neuf Messerschmitt Me 262 et un Arado Ar 234 venant du terrain de Lechfeld, près d'Augsbourg en Allemagne, via Saint-Dizier et Melun, avant leur embarquement à Cherbourg sur le porte-avions britannique HMS Reaper à destination des États-Unis[41],[42]. Le site est désormais débarrassé des pistes et des bâtiments associés, et occupé par l'école des spécialités du commissariat des armées[43].
- Lavoir des Rotheurs.
- Bois du Château.
Personnalités liées à la commune
- Nicétas Périaux (1801-1877) : libraire et éditeur, maire de Querqueville de 1834 à 1864.
- Jean Simon (1912-2003) : compagnon de la Libération, général d'armée, résistant, chancelier honoraire de l'ordre de la Libération, inhumé au cimetière de Querqueville[44].
- René Dupont (1918-1981) : compagnon de la Libération, inhumé au cimetière de Querqueville.
Héraldique et logotype
Héraldique
Les armes de la commune de Querqueville se blasonnent ainsi : |
Logotype
Depuis l'incorporation de la commune dans Cherbourg-en-Cotentin en 2016, le logo reprend celui de cette dernière (le « C » de Cherbourg-en-Cotentin) précédé du nom de la commune déléguée concernée.
- Logo de la commune déléguée de Querqueville depuis 2016.
Voir aussi
Bibliographie
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 177.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 473.
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative à la musique :
- Résumé statistique de Querqueville sur le site de l'Insee

