Robert Boyvin

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Naissance
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Décès
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Période d'activité
Activité
Robert Boyvin
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Période d'activité
Activité
Maître
Lieu de travail
Mécène

Robert Boyvin est un enlumineur actif à Rouen entre 1480 et 1536. Collaborateur du Maître de l'Échevinage de Rouen, il s'est vu attribuer plus de 80 manuscrits encore conservés dont, pour une bonne part des livres d'heures. Il a également produit quelques décorations d'ouvrages pour le cardinal Georges d'Amboise.

Frontispice des épitres de Sénèque, commandé par le cardinal d'Amboise.

Robert Boyvin appartient à une famille de gens du livre rouennais installés depuis au moins le début du XVe siècle. Un Jean Boyvin, écrivain et vendeur de livre est en effet installé à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, du côté du portail des libraires. C'est le cas également d'un Thomas Boyvin, mentionné dans les sources en 1479, à nouveau un Jean Boyvin en 1487-1488 puis, sans doute son fils, Robinet (petit Robert) à partir de 1487. Il occupe alors la quatrième échoppe du côté de l'archevêché. Il est indiqué sur place jusqu'en 1502[1]. Son mariage est également documenté en 1480 avec la fille du libraire Jean Coquet[2].

À partir de 1503, il est indiqué comme prestataire pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen dans les comptes de son château de Gaillon. Il est indiqué comme l'auteur d'une peinture dans un manuscrit des épîtres de Sénèque (aujourd'hui BNF, Lat.8551) : ce manuscrit bien identifié a servi à reconstituer son œuvre. Le , il est payé pour deux miniatures d'un manuscrit de Tite-Live aujourd'hui disparu. Il a probablement peint d'autres manuscrits pour le même commanditaire aujourd'hui identifiés au nombre de trois, mais qui ne sont pas mentionnés dans les archives. À cette période, il n'occupe plus son échoppe près de la cathédrale et sa notoriété lui a peut-être permis de se consacrer entièrement au métier d'enlumineur au détriment de celui de libraire, mais il reste probablement à Rouen. Sa trace ne se retrouve dans les archives qu'en 1534-1535, lorsqu'il travaille pour le chapitre de la cathédrale. Le , il est mentionné comme résident dans la paroisse de Saint-Maclou, au pont de Robec. Il achète alors une maison dans le quartier Saint-Sever qu'il revend le . C'est la dernière mention de l'artiste dans les archives[3].

Collaborations et modèles

Les plus anciens manuscrits attribués à Robert Boyvin permettent de dire que ce dernier a probablement été formé au sein de l'atelier du Maître de l'Échevinage de Rouen, le plus important enlumineur rouennais du milieu du XVe siècle. On retrouve son style dans des manuscrits peints par ce dernier ou par des membres de son atelier, comme la Maître de Raoul du Faou. Boyvin reprend les compositions de son maître ainsi que son usage chatoyant des couleurs. Le Maître de l'Échevinage de Rouen est parfois identifié au libraire Jean Coquet, qui, si c'est avéré, pourrait être aussi son beau-père[4]. C'est également à cette époque qu'il commence à travailler avec Jean Serpin, un enlumineur, c'est-à-dire décorateur de marges, rouennais, attesté lui aussi dans les comptes de Georges d'Amboise et avec qui il travaille jusqu'à la fin de sa carrière[5]. Au plus fort de sa production de livre d'heures dans les années 1490, il s'adjoint des collaborateurs, restés anonymes qui l'aident à achever des miniatures des manuscrits qui lui sont commandés, voire qui les réalise dans sa totalité[6].

À partir de 1500, il se met à copier des modèles tourangeaux, notamment ceux du Maître des Missels della Rovere, de Jean Bourdichon ou du Maître du Boccace de Munich (comme dans un livre d'heures actuellement à Vienne). Mais cela ne veut pas dire que Boyvin a collaboré avec eux : les modèles peuvent avoir circulé à travers des manuscrits sans que les artistes n'aient besoin de se déplacer. Son maître, le Maître de l'Échevinage était déjà intervenu dans un livre d'heures (Bibliothèque Chester-Beatty, W.Ms.89) dans lequel avaient peints les ateliers de Jean Charpentier, Bourdichon et Jean Poyer[7].

En 1503, les archives de Gaillon indiquent qu'il intervient après les artistes parisiens Nicolas Hiesse et Jean Pichore dans les mêmes ouvrages. Il ne s'est probablement pas déplacé à Paris pour cela. Il a pu récupérer à Rouen des cahiers laissés inachevés par les enlumineurs parisiens, dépassés par l'ampleur des commandes de l'archevêque[8]. Par la suite, il reprend des modèles de Jean Pichore et de son collaborateurs, le Maître des Triomphes de Pétrarque[9]. À la fin de sa carrière, dans les années 1510-1520, il continue à décorer des manuscrits, mais sa participation se limite souvent à des miniatures de calendriers, laissant la plus grande partie des miniatures à des collaborateurs probablement plus jeunes, comme le Maître d'Ambroise le Veneur[10].

Style

Le style de Boyvin ne se caractérise pas par une grande originalité. Il reprend des modèles provenant d'autres artistes et évolue peu au cours de sa carrière. Il se caractérise par des personnages maigres, des auréoles pleines, des plis de vêtements très simples. Ses décors sont faits d'architectures aux murs gris, avec des fenêtres petites, des carrelages verts, des briques roses ou de pierres grises. Il reprend au Maître de l'Échevinage de Rouen des encadrements de dais gothique soutenu par des colonnettes[11]. Il se distingue néanmoins de ce dernier par des personnages plus élancés, le visage allongé, les paupières rondes et le nez épais[12].

Dans une deuxième période (1487-1502), l'artiste se spécialise dans les livres d'heures qu'il peint en grande quantité sur commande et le plus souvent pour une mise en vente dans son échoppe près de la cathédrale de Rouen. Ces derniers sont appelés livres d'étal. Ses personnages possèdent des têtes aux traits plus fins, aux cheveux roux ou grisonnants, avec des vêtements amples de couleur rouges bordeaux ou bleu. Ses paysages sont constitués généralement d'une colline verdoyante, un fleuve et des montagnes à l'horizon. Les miniatures sont encadrés par un simple trait ou un décor architectural[2].

À partir de 1503, sa reprise des modèles parisiens transforme son style vers une vers une inspiration plus Renaissance : cela se traduit par des volumes plus grands, des compositions plus aérée et des drapés de vêtements plus marqués. Sa palette de couleurs se diversifie vers des pastels plus clairs[13]. Les encadrements sont composés de colonnes surmontées de guirlandes[14].

Manuscrits enluminés attribuées

Voir aussi

Notes et références

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