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Rouge d'Ottrott

vin rouge d'Alsace From Wikipedia, the free encyclopedia

Un rouge d'Ottrott, officiellement un alsace Ottrott, ou plus simplement un ottrott[1], est un vin rouge produit sur les communes d'Ottrott et d'Obernai, dans le Bas-Rhin. Il s'agit d'une dénomination géographique complémentaire au sein de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) alsace[1].

Désignation(s)Ottrott
Appellation(s) principale(s)alsace[1]
Type d'appellation(s)dénomination au sein d'une AOC / AOP
Reconnue depuis1984
Faits en bref Désignation(s), Appellation(s) principale(s) ...
Ottrott
Image illustrative de l’article Rouge d'Ottrott
Le vignoble d'Ottrott vu depuis le mont Sainte-Odile.

Désignation(s) Ottrott
Appellation(s) principale(s) alsace[1]
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOC / AOP
Reconnue depuis 1984
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Bas-Rhin
Climat semi-continental
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 747 heures (à Strasbourg)
Superficie plantée 24 hectares (en 2023)[2]
Cépages dominants pinot noir N[3]
Vins produits rouges
Production 1 485 hectolitres (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum 4 500 ceps/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 61 hl/ha (en 2023)[2]
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Histoire

Moyen Âge

Des bénédictins venus de Bourgogne, en 1109, apportèrent avec eux des plants de ce cépage et s'installèrent à Ottrott. Ils aménagèrent en terrasses le versant sud de la colline du Steinberg et cette production de vin rouge resta attestée jusqu'en 1130. L'empereur Karl Friedrich fit don d'un vignoble de ce terroir à l'abbaye Saint-Pierre d'Étival en 1180. Un propriétaire laïc, Karl Hohenburg, fut désigné, pour la première fois, en 1257, dans un bref du pape Alexandre IV. Un acte du cite les vignobles d'Erlebach avec ceux du Hungensberg, Mittelbuhel et Wardwege[5].

Période moderne et contemporaine

Bouteille de rouge d'Ottrott.

Le rouge d'Ottrott est cité parmi les crus les plus réputés d'Alsace en 1877 dans le livre de Charles Gérard[6]. En 1899, la superficie du vignoble atteignait 46 hectares mais régressa ensuite au cours du XXe siècle pour plafonner à 40 hectares en 1955 avec une production de 2 550 hectolitres. Depuis le début du XXIe siècle la diminution du vignoble s'est accélérée puisqu'il ne compte plus que 25 hectares[7].

Après une demande de modification du cahier des charges de l'appellation alsace le , comprenant notamment la demande de reconnaissance de plusieurs dénominations géographiques, dont celle du rouge d'Ottrott qui s'étendrait aussi sur une partie de la commune d'Obernai[8], le décret du créé la dénomination géographique « Ottrott »[9]. Le cahier des charges est ensuite modifié en [10], en [11], en [12], en [13], en [14] et en [4].

Étymologie

La première mention écrite du toponyme Ottrott date d'un document de l'an 1059, rédigé en latin, à la suite de l'ordonnance du roi Heinrich IV (roi et empereur germanique) envers l'évêque Hezel de Strasbourg, qui cite la villa Otonis, quae dicitur Ottenroden. Il semble donc qu'un certain chevalier Oton ou Otton s'était installé dans cette contrée alors sauvage et recouverte de forêts (Rode en langage haut allemand). D'autres estiment que ce nom vient de Ot-Trott (« cave ou cellier d'Oton »). Selon une autre hypothèse, Ottenroden signifierait auf der roten Erde (« sur la terre rouge »).

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Icône décorative. Carte de l'aire de production du rouge d'Ottrott
Icône décorative. Cartes cadastrales de la dénomination
Icône décorative. Orthophotos du parcellaire de la dénomination

Le rouge d'Ottrott est produit en France, dans la région Alsace, plus précisément dans le département du Bas-Rhin, sur les communes d'Ottrott et d'Obernai (la première à 4 kilomètres à l'ouest de la seconde), à 31 kilomètres au sud-ouest de Strasbourg. Selon les Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de 24,3 hectares[2].

Géologie

Les vignes poussent essentiellement sur des dépôts récents du Quaternaire arrachés par l'érosion aux collines sous-vosgiennes se trouvant à l'ouest d'Ottrott. Il s'agit de dépôts de solifluxion datant du Pléistocène, ainsi que de dépôts encore plus récents de piedmont datant du Mindel ou du Riss, composés de débris et de blocs majoritairement du Buntsandstein emballés dans une matrice argilo-limoneuse[15],[16].

Climatologie

L'Alsace a un climat tempéré de type semi-continental d'abri. À l'ouest, le massif des Vosges protègent le coteau du vent et de la pluie. Les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental des Vosges et parviennent en Alsace sous forme de foehn, secs et chauds. Les précipitations sont donc particulièrement faibles.

De ce fait, le climat est bien plus sec (Colmar, plus au sud, est une des stations les plus sèches de France) et un peu plus chaud (avec une température annuelle moyenne plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude. Le climat a des printemps chauds, des étés secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids.

La station météo de Strasbourg (à 150 mètres d'altitude) est la plus proche de Wolxheim, mais la station se trouve au bord du Rhin, en plaine. Ses valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Relevés à Strasbourg 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 3,5 5,8 10,4 14,6 19 22,2 24,7 24,2 20,8 14,7 8,2 4,5 14,4
Moyenne 0,9 2,5 6 9,6 13,8 17 19,1 18,6 15,5 10,6 5,2 1,9 10,1
Minimale moyenne −1,7 −0,9 1,6 4,6 8,6 11,7 13,4 13,1 10,3 6,5 2,1 −0,7 5,7
Précipitations
Hauteur (mm) 33,1 34,3 36,6 48 74,5 74,6 56,8 67,8 55,5 43 46,6 39,9 610,5
Ensoleillement
Heures 42 78 122 161 197 212 240 215 168 101 58 43 1 637
Fermer
Source : www.infoclimat.fr : Strasbourg (1961-1990)[17]

Encépagement

Le seul cépage utilisé est le pinot noir N[3]. Il s'agit d'un cépage capricieux, craignant nombre de maladies. Il débourre précocement, ce qui fait qu'il est sensible aux gelées printanières, notamment en plaine ou en bas des coteaux.

Rendements

Les rendements maximum autorisés sont de 60 hl/ha avec un rendement butoir à 66 hl/ha[18].

Vins

Vinification et élevage

Pour faire un vin rouge, il faut que la macération dure le temps de la fermentation alcoolique. Outre la couleur, elle permet de solubiliser les tanins. Le pressurage intervient à ce moment-là pour séparer le vin du marc de raisin. Le vin subit alors la fermentation malolactique. Elle transforme l'acide malique à deux groupes carboxyle, en acide lactique qui n'en comporte qu'un. L'opération conduit à une désacidification naturelle du vin ; elle arrondit le vin, le rend plus souple et moins âpre.

Gastronomie

Situé au pied du mont Sainte-Odile, le vignoble d'Ottrott possède un terroir viticole où se complaît le pinot noir, cépage à la base du vin rouge de cette commune[5]. Le rouge d'Ottrott est le plus souvent un vin à la robe d'un rouge léger voire d'un rose soutenu. Pour le nez et la bouche, c'est un vin léger (très peu tannique) et plutôt fruité (petits fruits rouges et noirs).

Les pinots noirs d'Alsace s'accordent avec la cuisine alsacienne, notamment avec les plats nécessitant un vin rouge.

Économie

Bouteilles

Les vins d'Alsace sont mis en bouteille obligatoirement en Alsace et traditionnellement dans des flûtes, c'est-à-dire des bouteilles du type « vin du Rhin » de 75 centilitres, règlementées par des décrets[19].

Depuis , sont autorisées d'autres formats de bouteilles, tous élancés (rappelant la flûte) : de 300 (l'équivalent du jéroboam), 150 (le magnum), 100 (le litre-flûte), 50 (le demi-litre) et 37,5 cl (la demi-bouteille, ou « fillette »)[4].

Structure des exploitations

La superficie plantée correspond actuellement à 25 hectares[7].

Liste de producteurs

  • Gilbert Eber, à Ottrott ;
  • Fritz-Schmitt, à Ottrott[20] ;
  • Paul Schoettel, à Ottrott ;
  • Jean-Charles Vonville & fils, à Ottrott[21].

Notes et références

Voir aussi

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Timelines

Top Qs

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