Rue des Hallebardes

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Rue des Hallebardes
Image illustrative de l’article Rue des Hallebardes
Une rue piétonnière animée.
Situation
Coordonnées 48° 34′ 54″ nord, 7° 44′ 56″ est
Pays France
Subdivision administrative Grand Est
Ville Strasbourg
Début rue des Grandes-Arcades
Fin rue du Dôme

La rue des Hallebardes (en alsacien : Spiessgass) est une rue de Strasbourg rattachée administrativement au quartier Centre. Sur le tracé d'une ancienne voie romaine orientée ouest-est, prolongée par la rue des Juifs, elle va de la rue des Grandes-Arcades à la rue du Dôme, qui lui est perpendiculaire, en laissant sur sa gauche la rue des Orfèvres et la rue du Sanglier, et à droite la rue du Fossé-des-Tailleurs et la place de la Cathédrale. Bordée de nombreux édifices remarquables, dont cinq font l'objet d'une protection par les Monuments historiques, incluse dans le secteur piétonnier créé dans les années 1970, elle se trouve au cœur de l'activité commerciale et touristique strasbourgeoise.

Plaques bilingues, en français et en alsacien.

Via praetoria à l'époque romaine, l'actuelle rue des Hallebardes réunit en réalité deux voies depuis la Révolution[1]. L'une, la rue des Hallebardes proprement dite (Spiessgasse), va de l'ancienne place du Marché aux herbes (actuelle place Gutenberg) à la rue des Orfèvres. On trouve alors : Inter Sporeren (1230), Under Sporern (1240), Sporergasse (1288), Under Spengelern do die Swertfeger sitzen, (1302), Sporer oder Spiessgasse (1587), Spiessgasse (1580[2]).
En allemand, ces noms relèvent d'une thématique commune : Spiess pique », « hallebarde », « pertuisane », « lance ») ou Sporen éperons »[3]). L'espace compris entre la place Gutenberg et l'entrée de la rue des Orfèvres comptait en effet, entre le XIIIe et le XVIe siècle, de nombreuses boutiques d'éperonniers, de ferblantiers ou de fourbisseurs. Néanmoins, selon Adolphe Seyboth, on ne peut pas exclure que la rue tire son origine de celui d'une famille Spiess, habitant l'une de ses maisons[4].

L'autre section est la rue des Pâtissiers qui va de la rue des Orfèvres à celle du Dôme, avec les noms suivants : Fladergasse (à partir du XIVe siècle), rue des Tartines, dite Flattergass (1765), rue de Flader (1786). Fladen signifie « gâteau », « tourte » ou « flan », Fladenbäcker désignant le pâtissier[5]. Cependant, lorsque ces vocables tombent en désuétude et que leur sens en est perdu, elle devient rue des Tartines ou rue de Flader[4].

En 1794, les deux rues reçoivent respectivement le nom de rue de la Liberté et rue de la Constitution, puis l'ensemble devient la rue des Hallebardes (1895), à laquelle succèdent les appellations suivantes : rue des Picques (1802), rue des Hallebardes (1817, 1918), Spiess-Gasse (1817), Spiessgasse (1872, 1940), et, à nouveau, rue des Hallebardes en 1945[2].

Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité à partir de 1995[6]. C'est le cas de la Spiessgass.

Historique

Représentation de l'axe ouest-est d'Argentoratum sur une carte du XVIIIe siècle.

La rue des Hallebardes, prolongée par la rue des Juifs, suit le tracé de l'ancienne voie prétorienne, l'axe ouest-est du castrum d'Argentoratum[7]. Elle coupe à angle droit l'axe nord-sud, qui correspond à l'actuelle rue du Dôme. Comme on peut le voir ci-contre, sur le plan dressé par Jean-Martin Weis au XVIIIe siècle, et plus précisément sur un schéma contemporain[8], elle passe au nord de la cathédrale.

Autel votif dédié aux déesses saintes (IIe siècle[9]).

Les fouilles archéologiques, menées notamment par Jean-Jacques Hatt au cours des années 1960 dans le secteur de la cathédrale, ont permis de mettre au jour, le 27 septembre 1967, les deux-tiers supérieurs d'un autel votif datant du IIe siècle, incrusté dans le montant Nord de la Porta Praetoria du camp légionnaire (actuel no 9 de la rue des Hallebardes). Selon l'inscription, incomplète, gravée en façade (DEABUS/ SANCTIS/ SACRUM/ C(aius) GEMINIUS/ [ F CLEM] ENS), il est dédié aux déesses saintes, c'est-à-dire un groupe de divinités féminines, telles que Minerve, Diane, Fortuna, Abondance ou les Matres gauloises[10].

L'ancienne rue des Hallebardes est ravagée à plusieurs reprises par des incendies (1208, 1298, 1319, 1352, 1466). Celui de 1352 conduit le Magistrat à décréter la suppression des encorbellements[4].

Au Moyen Âge, un fossé  dont le nom de la rue du Fossé-des-Tailleurs perpétue le souvenir  protégeait le mur d'enceinte occidental. Il coulait au pied d'une porte, postérieure à l'époque romaine (porta occidentalis minor, porta sellatorum, Sattlerpforte), qui se trouvait à l'entrée de la rue des Hallebardes, mais qui semble avoir disparu au XIIIe siècle[4].

Lors du siège de Strasbourg en 1870, la rue des Hallebardes fait partie de celles qui ont le plus souffert des bombardements[11].

En 1944, les maisons à l’extrémité de ce qui correspond à l'ancienne rue des Hallebardes ont été entièrement détruites par les attaques aériennes[1].

Dans un souci d’embellissement et d'attractivité touristique et commerciale, une piétonnisation du centre-ville a été entreprise à partir des années 1970[12]. Cette évolution a conduit à une « montée en standing » de la rue des Hallebardes et de la rue du Dôme, puis de la Grand'Rue, qui ne fait pas nécessairement l'affaire des habitants[13].

Bâtiments remarquables

Notes et références

Voir aussi

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