Sonia Pottinger

productrice jamaïcaine (1931-2010) From Wikipedia, the free encyclopedia

Sonia Pottinger née Sonia Eloise Durrant le à Leith Hall, dans la paroisse de Saint-Thomas, en Jamaïque – morte le à Kingston[1] est une productrice de disques de rocksteady et de reggae jamaïcaine. Figure emblématique de l'industrie musicale de l'île, elle est la première femme productrice de Jamaïque et est active du milieu des années 1960 jusqu'au milieu des années 1980[2].

Surnom Miss P.
Nom de naissance Sonia Eloise Durrant
Décès (à 79 ans)
Kingston, Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
Faits en bref Surnom, Nom de naissance ...
Sonia Pottinger
Surnom Miss P.
Nom de naissance Sonia Eloise Durrant
Naissance
Leith Hall, paroisse de Saint-Thomas, Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
Décès (à 79 ans)
Kingston, Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
Activité principale Productrice musicale
Genre musical Reggae, rocksteady, ska, dub, gospel
Années actives 1965-1985
Labels Gay Feet, Tip Top, Rainbow, High Note, Treasure Isle
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Sonia Pottinger est non seulement l'une des rares productrices jamaïcaines, mais aussi l'une des plus prolifiques. Trois de ses productions figurent dans le classement des 100 plus grands succès jamaïcains de tous les temps établi par Clinton Lindsay de la station WNWK-FM à New York[3]. Elle est décorée de l'Ordre de la Distinction de Jamaïque en 2004[1].

Biographie

Sonia Durrant naît à Leith Hall, dans la paroisse de Saint Thomas, en Jamaïque[4]. Enfant, elle déménage à Kingston où elle fréquente l'école de filles St George. Elle se forme au métier de secrétaire et suit des études de comptabilité avant d'épouser le comptable Lindon O. Pottinger. Le couple crée plusieurs commerces à Kingston, dont un magasin de vélos et une patisserie[4]. En 1961, Lindon Pottinger ouvre un petit studio d'enregistrement – le premier en Jamaïque appartenant à une personne noire – pour produire des disques d'artistes locaux[5]. Il fonde plusieurs labels, dont Gaydisc et SEP (les initiales de Sonia), et enregistre des artistes tels que les Maytals, Derrick Harriott, Lord Tanamo et la jeune Millie Small[4],[6].

En 1964, Lindon Pottinger vend son matériel d'enregistrement à Duke Reid et peu après, les Pottinger se séparent. Sonia décide de poursuivre la production de disques. Elle ouvre son magasin Tip Top Records en 1965 et commence à enregistrer des musiciens en 1966[5]. Son premier single est Every Night de Joe White & Chuck, une ballade rhythm and blues lente, portée par une guitare country-western. Ses premières productions s'apparentent davantage à des ballades pop qu'au ska, la musique rythmée caractéristique du début des années 1960[7]. Tout au long de l'ère rocksteady et des débuts du reggae, elle enchaîne les succès avec des titres des Ethiopians (The Whip), de Delano Stewart, des Melodians (Swing and Dine), des Gaylads, de Ken Boothe, d'Alton Ellis et de Toots & the Maytals, publiés sur ses labels Gay Feet, Tip Top, Rainbow et High Note[5], ainsi que le label Glory pour le gospel[1]. Au début des années 1970, son activité ralenti, mais en 1974, elle rachète le label Treasure Isle à son ami de longue date, Duke Reid, peu avant le décès de celui-ci des suites d'un cancer[8]. Ses droits sur les enregistrements du label sont contestés par la Jamaica Recording and Publishing Studio Limited (société créée par Clement «Coxsone» Dodd, le rival de Reid), Treasure Isle Records International Limited, la société du fils de Reid, Anthony, ainsi qu'Edward «Bunny» Lee. Après une longue bataille juridique, l'affaire sera finalement tranchée en faveur de Sonia en 2009[9].

Dans les années 1970, elle produit des albums pour Bob Andy, Culture, U Roy et Big Youth[9]. Sa production la plus connue est l'album Harder Than The Rest de Culture, sorti en 1978[10]. Elle accorde une attention particulière aux voix féminines, produisant des artistes comme Marcia Griffiths, Phyllis Dillon, ou Judy Mowatt et favorisant une plus grande diversité dans la scène musicale jamaïcaine[5]. À l'époque du dancehall, elle produit Rat in the Centre d'Archie & Lynn[2]. Pottinger est également l'une des pionnières du dub, enregistrant des centaines de versions pour ses différents labels[5]. Elle recrute personnellement des musiciens de renom comme Sly Dunbar, Robbie Shakespeare, Ernest Ranglin, Earl «Wire» Lindo, Dean Fraser, Roland Alphonso, Baba Brooks et Count Ossie pour ses enregistrements[3],[11]. Elle crée également un des premiers syndicats pour protéger les droits des artistes jamaïcains[9]. Pottinger se retire de l'industrie musicale en 1985. Errol Thompson, son principal ingénieur du son, déclare: «Elle adorait la musique… elle l'adorait peut-être trop. Elle savait ce qu'elle voulait en studio et respectait profondément les musiciens»[12].

Sonia Pottinger décède à son domicile de Kingston le , après avoir souffert pendant un certain temps de la maladie d'Alzheimer. Une cérémonie d'hommage est organisée en son honneur , en présence de la ministre de la Culture, Olivia «Babsy» Grange, et de personnalités importantes de l'industrie musicale jamaïcaine, dont Judy Mowatt, Alvin Ranglin, Donovan Germain, Errol Thompson et Tommy Cowan[13]. Elle laisse derrière elle un catalogue influent et un rôle clé dans l’essor international du rocksteady et du reggae.

En , Sonia Pottinger est décorée de l'Ordre de la Distinction pour sa contribution à l'industrie musicale jamaïcaine[1]. Selon le critique musical David Katz, «dans un milieu compétitif dominé par les hommes, elle s'est distinguée par une approche personnalisée de la production musicale, alliée à un sens aigu des affaires, et laisse derrière elle un catalogue d'une qualité exceptionnelle»[1]. Elle est distinguée lors des Excellence in Music & Entertainment Awards[11] et est honorée d'une plaque commémorative sur Beat Street, à Kingston, pour sa contribution à la musique reggae[7].

Artistes produits

Discographie sélective

Albums

Culture

  • 1978: Harder Than the Rest (High Note)
  • 1979: Cumbolo (High Note)
  • 1979: International Herb (High Note)

Otis Wright

  • 1969: Sacred Songs (High Note)
  • 1970: Soul Stirring Gospel Songs (Glory)

Marcia Griffiths

  • 1978: Naturally (High Note)
  • 1979: Stepping (High Note)

Autres artistes

  • 1970: Delano StewartStay a Little Bit Longer (High Note)
  • 1972: Errol DunkleyPresenting Errol Dunkley (Gay Feet)
  • 1973: Claudelle Clarke – How Great Is Our God (Glory)
  • 1976: Justin Hinds & the Dominoes – From Jamaica with Reggae (Treasure Isle)
  • 1977: Bob AndyLots of Love And I (High Note)
  • 1978: Sonia Spence – In the Dark (High Note & Sky Note)

Compilations

  • 1969: Dancing Down Orange Street (High Note)
  • 1991: Musical Feast (Heartbeat)
  • 1996: The Reggae Train (More Great Hits From the High Note Label) (Heartbeat)
  • 2007: Queen Patsy & Stranger ColeFabulous Songs of Miss Sonia Pottinger Vol.1 (Rock A Shacka)
  • 2019: Put on Your Best Dress: Sonia Pottinger's Rock Steady 1967–1968

Singles

Joe White & Chuck Josephs

  • 1965: Every Night (Gay Feet)
  • 1965: My Love For You (Gay Feet)

The Gaylads

  • 1968: ABC Rocksteady (Gay Feet)
  • 1968: Hard to Confess (Gay Feet)
  • 1968: Swing and Dine (High Note)

Autres artistes

  • 1967: The EthiopiansThe Whip (Gay Feet / Doctor Bird)
  • 1967: The SilvertonesGuns Fever (High Note)
  • 1968: Delano Stewart – That's Life (High Note / Doctor Bird)
  • 1969: The Hippy BoysDr. No Go (High Note)
  • 1969: Otis Wright – The Man of Galilee (Glory)
  • 1972: Phyllis DillonOne Life to Live, One Love to Give (Treasure Isle)
  • 1977: Bob AndyLots of Love and I (High Note)
  • 1978: Marcia GriffithsDreamland (High Note)

Notes et références

Liens externes

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