Thèse de Tate

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En théorie des nombres, la thèse de Tate est la thèse de doctorat de de John Tate (1950) (Fourier Analysis in Number Fields and Hecke's Zeta-Functions) réalisé sous la direction d'Emil Artin à l'Université de Princeton[1] et finalement publiée en par Cassels et Fröhlich[2]. Dans ce travail, Tate reformule les résultats classiques de Dirichlet et d'Erich Hecke sur les fonctions L de caractères dans le langage des adèles, ce qui est aujourd'hui compris comme la théorie des formes automorphes pour , le groupe général linéaire de degré [3]. Il redémontre dans un cadre unifié l'équation fonctionnelle et le prolongement analytique des fonctions L de Hecke, dont les fonctions L de Dirichlet et les fonctions zêta de Dedekind sont des exemples. Cette présentation simplifie grandement les preuves de Hecke, réputées difficiles. Elle permet d'identifier précisément la constante apparaissant dans l'équation fonctionnelle, ce que Hecke n'était pas parvenu à réaliser[4].

Une preuve de l'équation fonctionnelle et du prolongement analytique de la fonction zêta de Riemann consiste à trouver une représentation intégrale de la fonction zêta (c'est la transformée de Mellin de la fonction thêta de Jacobi) et d'utiliser la formule sommatoire de Poisson, un résultat d'analyse harmonique. Comme Hecke, Tate généralise cette idée et relève les fonctions L de Hecke en des intégrales sur le groupe localement compact des idèles. En utilisant l'analyse harmonique sur les adèles, il prouve finalement l'équation fonctionnelle et le prolongement analytique des fonctions L de Hecke. Ses techniques lui permettent également de localiser les pôles des fonctions L de Hecke.

Les travaux de Hecke ont grandement participé au développement de la théorie des représentations automorphes d'un groupe réductif quelconque, dont est l'exemple le plus simple, s'inscrivant plus généralement dans le programme de Langlands[1].

Théorie d'Iwasawa-Tate

En voulant étudier les fonctions L de Hecke, Kenkichi Iwasawa découvre indépendamment une méthode similaire à celle de Tate (sans analogue de la théorie locale dans la thèse de Tate) pendant la Seconde Guerre mondiale. Iwasawa annonce d'abord ses résultats dans son article au Congrès international des mathématiciens de , puis dans une lettre à Jean Dieudonné écrite en [5]. Cette théorie porte donc parfois le nom de théorie d'Iwasawa-Tate.

Iwasawa, dans sa lettre à Dieudonné, décrit sur plusieurs pages non seulement la continuation méromorphe et l'équation fonctionnelle des fonctions L de Hecke. Comme corollaires immédiats de ses résultats principaux, il retrouve également plusieurs résultats classiques de la théorie algébrique des nombres, comme la finitude du nombre de classe, le théorème des unités de Dirichlet et la formule du nombre de classes[5]. La théorie d'Iwasawa-Tate utilise plusieurs structures issues de la théorie des corps de classes, mais elle n'utilise aucun résultat profond de cette dernière.

La théorie en caractéristique positive a été développée une décennie plus tôt par Ernst Witt, Wilfried Schmid et Oswald Teichmüller.

Généralisations

La théorie d'Iwasawa-Tate fut étendue au groupe général linéaire GL(n) sur un corps de nombres algébriques et des représentations automorphes de son groupe adélique par Roger Godement et Hervé Jacquet en qui ont jeté les fondements de la correspondance de Langlands. La thèse de Tate peut être considérée comme le cas GL(1) de l'œuvre de Godement-Jacquet.

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Références

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