Trépied de Giberville
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| Le trépied de Giberville | ||||
Le trépied de Giberville exposé au musée archéologique de Vieux-la-Romaine. | ||||
| Dimensions | 0,93 m | |||
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| Matériau | Bronze | |||
| Période | ||||
| Culture | Rome antique | |||
| Date de découverte | 1812 ou 1829 | |||
| Lieu de découverte | Giberville | |||
| Coordonnées | 49° 11′ 08″ nord, 0° 21′ 48″ ouest | |||
| Conservation | Musée archéologique de Vieux-la-Romaine | |||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Basse-Normandie
Géolocalisation sur la carte : Calvados
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Le trépied de Giberville est un artefact archéologique gallo-romain découvert de manière fortuite sur le territoire de la commune de Giberville, dans l'actuel département du Calvados, région Normandie, en France, au XIXe siècle.
Propriété de la société des antiquaires de Normandie à la suite d'un achat par Gervais de La Rue, il est déposé au musée des antiquaires de Normandie. Après des décennies d'incertitude quant au devenir de cette institution fortement endommagée par la bataille de Caen de 1944, l’œuvre est transférée au musée de Normandie à partir des années 1980. En 2024, il est conservé au musée archéologique de Vieux-la-Romaine.
Le trépied est un ouvrage très raffiné qui détonne avec l'absence de cité importante sur les lieux. Les connaissances archéologiques ont toutefois permis à la fin du XXe et au début du XXIe siècle de préciser l'occupation antique du site, même si l'usage de l'objet reste encore mystérieux.
Giberville, commune située au nord-est de Caen[E 1], est située à 2,5 km de l'Orne et de son affluent la Gronde[D 1]. Le site, même s'il est peu précis vu l'ancienneté de la découverte, est sans doute à proximité immédiate de la Gronde[J 1]. Le secteur est dans l'Antiquité une vallée sèche[M 1]. Le site est localisé à une courte distance de la voie romaine reliant Vieux à Bréville-les-Monts[M 2].
Histoire et découverte
Histoire


La région entre Orne et Dives est très anciennement et densément occupée depuis longtemps[D 1]. Deux zones d'habitat préromain sont identifiées sur le territoire de la commune actuelle, dont une ferme laténienne[D 2].
Le site, qui appartient durant l'Empire romain au territoire de la cité des Viducasses selon Élisabeth Deniaux[1] (mais à celui des Esuviens selon Gaël Léon[M 1]) est occupé du Haut Empire à l'époque moderne. Le maillage urbain antique est assez lâche, comparable à celui de la capitale de ce peuple[D 3].
À peu de distance du site où a été trouvé le trépied, des vestiges du Bas-Empire et du haut Moyen Âge sont fouillés en 1990. Les murs sont construits en solin et en torchis[D 4]. Ce territoire est occupé par un vicus[I 1]. Gaël Léon évoque en 2022 un « habitat rural » peut-être groupé, occupé entre 100 et 275[M 3]. Le même signale que les vestiges peuvent appartenir au « quartier d'une petite agglomération plus grande »[M 4].
À 1,1 km de la ferme laténienne[D 5], est découvert un bâtiment qui mesurait 15 m sur 2,50 m et comporte sept pièces ne communiquant pas les unes avec les autres[J 1]. Elles sont pourvues de dalles en pierre de Caen et couvertes d'imbrices. Les murs sont observés sur une hauteur de 0,80 m à 1 m[D 5]. Selon Gervais de La Rue, du fait de la proximité de la rivière, la Gronde étant située « au pied du bâtiment »[J 1], ce sont des vestiges industriels, peut-être des cuves de tannerie[D 5],[A 1],[K 1].
À proximité, des monnaies romaines sont découvertes : une d'Antonin, une d'Hadrien, une Crispine, un Septime Sévère et une représentant Postume[K 2].

Un habitat des IIe et IIIe siècles aux ruines « fortement arasées » est mis en évidence par des fouilles réalisées au début du XXIe siècle sur le coteau au lieu-dit la « Delle de Derrière l’Église ». Un édifice muni d'un atrium est reconnu, et l'habitat se prolonge vers la zone fouillée au XIXe siècle. Des puits font également l'objet d'investigations. L'étude palynologique met en évidence un paysage de cultures céréalières, et des pépins de raisin et de pommes sont également rattachés à cette période d'occupation du site[E 1].
Le site est abandonné au IIIe siècle durant la période de crise que connaît l'Empire romain, mais est réoccupé par la suite, tant dans l'Antiquité tardive que durant le haut Moyen Âge. Le site de Giberville se développe surtout à l'époque mérovingienne comme en témoignent les nécropoles, et l'église Saint-Martin trouve ses origines à cette époque[E 1],[D 5].
Historique de la découverte et des recherches effectuées sur le site
Le trépied est découvert en 1812[D 5] « dans un jardin situé en face de la fontaine publique »[G 1] et « enfoui sous les décombres » même si la Statistique monumentale du Calvados évoque la découverte en 1829, dans des vestiges de constructions romaines non loin de l'église Saint-Martin de Giberville[A 1]. Arcisse de Caumont, Amédée Léchaudé d'Anisy et Charles Gervais se rendent sur place[A 1]. Gervais de La Rue évoque une découverte de sarcophages en 1829 et une découverte fortuite du trépied pendant l'été 1812, « à trois pieds de profondeur », par un propriétaire effectuant des travaux dans la cour de sa maison[K 3]. Gervais de La Rue en fait l'acquisition pour la Société des antiquaires de Normandie[K 4].
Au bord de la Gronde sont signalés au même moment des vestiges d'un édifice daté des IIe et IIIe siècles. Des monnaies romaines sont trouvées non loin de ces vestiges[A 1].

Le trépied est, après son acquisition, déposé au pavillon des sociétés savantes à Caen[K 4] avant d'intégrer le musée des antiquaires de Normandie lors de la fondation de cette institution culturelle[H 1]. Il fait l'objet de la notice no 242 du catalogue des collections du musée établi en 1864, qui en comporte 762[G 2]. Il est installé au premier étage du musée, dans une salle spéciale au petit matériel archéologique et dénommée « salle du trépied »[H 1].

Il est transféré au musée de Normandie depuis la constitution d'un département d'archéologie et la signature d'une convention entre la société savante et la ville de Caen le [F 1]. L'œuvre est depuis conservée sous numéro d'inventaire D.S.A.N. 83-759[J 1].
Le secteur du site archéologique est à nouveau fouillé en 1944 et 1962[I 2]. Le coteau entre l'église et la Gronde fait l'objet de fouilles préalables à l'installation d'un lotissement en 2005. On sait que le trépied a été mis au jour sur cet espace[E 1].
Description
Description générale


L'artefact archéologique retrouvé est d'« une excellente facture »[D 5].
Le trépied mesure environ un mètre de hauteur[A 2], 0,93 m précisément[B 1]. Le trépied peut se refermer et est portatif[K 4]. Chacun des pieds est muni de croisillons[A 3] formant plusieurs triangles isocèles[K 5].
Le trépied est pourvu d'un bassin qui est une reconstitution moderne[B 1] avec toutes les réserves que celle-ci comporte. La gravure réalisée par Amédée Léchaudé d'Anisy permet de se rendre compte de l'apparence de l'objet avant l'ajout de la vasque.
Description du décor de bronze
Chaque pied comporte dans sa partie supérieure un protomé humain[B 1] avec « une chevelure épaisse »[A 2], un buste de femme et se termine en partie basse par une patte[A 2] et une tête de lion[B 1]. Un crochet est présent derrière les têtes, destiné à « suspendre la cuvette » selon Charles Gervais[G 3].
