Viducasses

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EthnieCeltes
Langue(s)Gaulois
ReligionCeltique
Viducasses
Image illustrative de l’article Viducasses
Maison au grand péristyle de Vieux-la-Romaine (Aregenua), capitale des Viducasses.

Période Protohistoire et Antiquité
Ethnie Celtes
Langue(s) Gaulois
Religion Celtique
Villes principales Aregenua
Région d'origine Gaule armoricaine
Région actuelle Normandie
(Calvados)
Frontière Bajocasses, Unelles, Abrincates, Sagiens, Ésuviens

Les Viducasses sont un peuple gaulois occupant un territoire situé dans le département du Calvados (Normandie).

Le premier texte qui les mentionne, mais sans les localiser, remonte au Ier siècle apr. J.-C. avec Pline l'Ancien. Leur capitale de cité, Aregenua, connaît son apogée aux IIe et IIIe siècles mais elle décline et perd son statut sous le Bas-Empire romain quand les Viducasses sont rattachés aux Bajocasses, leurs voisins occidentaux, sans doute au début du Ive siècle. Dès lors, plus aucune mention des Viducasses n'est faite dans les sources d'époque ; Aregenua disparaît au profit de Vieux, édifiée à proximité immédiate du site antique .

Si l'histoire des Viducasses est globalement mal connue, il n'en est pas de même de celle de Titus Sennius Solemnis, un notable de la cité. Une inscription lapidaire presque complète, le marbre de Thorigny, donne de nombreux détails sur sa biographie et les charges qu'il a exercées, à Aregenua, mais aussi dans la région de Lugdunum ainsi qu'en Bretagne inférieure.

Le nom de Viducasses est un composé gaulois (ancien celtique continental), fondé sur les éléments vidu- (autrement noté uidu-) « bois, arbre » et casses « chevelure (bouclée) ». Il désignait ainsi « ceux qui ont la chevelure emmêlée (« embrouillée ») comme les branches d'un arbre »[1],[2]. Cet ethnonyme se perpétue dans le toponyme Vieux (Vedeves, Vedocis XIe siècle), aujourd'hui Vieux-la-Romaine, ancienne Aregenua, conformément au processus selon lequel certains toponymes gaulois d'origine ont été remplacés au Bas Empire par le nom des peuples dont ils étaient le chef-lieu[1],[3].

L'élément -casses (distinct de cassi-) signifiait probablement davantage « aux cheveux bouclés, crépus » et se retrouve dans le nom de différentes tribus gauloises, notamment la tribu voisine des Bodiocasses (devenus Bajocasses > Bayeux) « [Ceux] aux boucles blondes », dont le nom a été rapproché du vieil irlandais Buide-chass « [Ceux] aux boucles blondes » et également en Normandie (et Île-de-France), les Véliocasses (Uellio-casses > Veliocass + ini > Vexin) « les Bouclés ». Par ailleurs existaient aussi les Durocasses (Duro-casses > Dreux), les Sucasses (su-casses) « [Ceux] aux belles boucles » et les Tricasses (Tri-casses) « [Ceux qui ont] trois boucles (ou trois tresses) »[1]. Quant à l'élément Vidu- « arbre, bois », il est apparenté par le celtique commun au vieil irlandais fid « forêt », au gallois gwydd « arbres » et au vieux breton guid « arbre, bois » > breton gwez « arbre »[1].

Le gentilé pseudo-savant Sommerviducasse utilisé pour désigner les habitants de Sommervieu dans le même département, à 35 km, est fondé sur un rapprochement erroné de l'élément -vieu avec Vieux, qui procède de Viducasses, alors qu'il s'agit vraisemblablement d'un toponyme saxon en -wik ou anglo-saxon -wic au sens de « village »[3].

Histoire

Carte de la Normandie localisant d'anciens évêchés.
Évêchés de la province ecclésiastique de Rouen au Haut-Moyen Âge.

Pendant La Tène finale, les Viducasses ont déjà fixé leur implantation dans la plaine de Caen où une forte concentration des structures d'habitat est observée[C 1]. En outre, à Baron-sur-Odon, le site du sanctuaire du Mesnil est fréquenté depuis cette époque, voire depuis l'âge du bronze[4].

Durant le Haut-Empire romain et depuis la réorganisation territoriale des Gaules menées par Auguste au début de son principat, la cité des Viducasses fait partie de la province de Gaule lyonnaise ainsi que le mentionne Ptolémée[5].

Carte de la Basse-Normandie localisant des édifices religieux.
Dédicaces à saint Martin.

Au Ier siècle apr. J.-C., la cité des Viducasses est dite « libre » selon Pline[6]. À une époque qu'il n'est pas possible de déterminer, elle reçoit le statut privilégié de colonie, ce qu'indique clairement le marbre de Thorigny. Sous le règne de Postume, les Viducasses sont rattachés à l'empire des Gaules, comme le mentionne une inscription lapidaire sur un autel daté entre 263 et 267[7],[8].

Dans le cadre des réformes administratives de l'Antiquité tardive, avec le découpage en diocèses qui intervient peut-être au début du IVe siècle[9], la cité des Viducasses est vraisemblablement fusionnée avec celle voisine des Bajocasses. Bayeux devient le chef-lieu de la nouvelle entité administrative, ce qui accélère le déclin d'Aregenua et de la cité dans son ensemble, aboutissant à la perte de l'identité viducasse[10].

Les premiers édifices chrétiens dont la datation soit attestée dans l'ancien territoire viducasse sont trois églises de la fin du VIIe siècle à Vieux dont l'une d'elles, disparue, est dédiée à Martin de Tours ; le nom de ce saint se retrouve par ailleurs dans de nombreuses dédicaces d'édifices cultuels normands de cette époque[11].

Territoire

Carte représentant des territoires administratifs antiques en Normandie.
Cités des peuples gaulois en Normandie sous le Haut-Empire romain.

Les limites du territoire des Viducasses sont mal connues avec précision. Toutefois, par comparaison avec les frontières des diocèses médiévaux souvent héritées des limites administratives antiques, il est possible d'estimer que ce peuple occupe à peu près le centre du département actuel du Calvados, sur un territoire allongé du nord-est au sud-ouest, bordé à l'ouest par ceux des Bajocasses et des Unelles, au sud-ouest par celui des Abrincates, au sud par celui des Sagiens et à l'est par celui des Ésuviens. La Vire, la Mue et la Seulles en forment à peu près la limite géographique naturelle occidentale, l'Orne la limite orientale, comme le suggérait René-Norbert Sauvage en 1905. Au nord, la baie de Seine constitue une façade maritime pour les Viducasses. Le territoire viducasse correspond sensiblement à la plaine de Caen au nord et au bocage virois au sud[12],[13] et sa superficie est estimée à 2 300 km2[14].

Du point de vue géologique, la plaine de Caen est établie sur un plateau calcaire du Bajocien (Jurassique moyen recouvert de limon au Pléistocène. Le bocage virois a une structure moins homogène : les roches du Briovérien ou du Cambrien formant le socle du massif armoricain, remaniées par la tectonique, sont localement affleurantes quand elles ne sont pas recouvertes par les sédiments marins jurassiques ou entaillées par les vallées des cours d'eau[C 2].

Aregenua (Vieux-la-Romaine)

Photographie en couleurs d'un ensemble de murs arasés sous une toiture de protection.
Vestiges du forum.

Aregenua est le chef-lieu de la cité des Viducasses mais il occupe une position très excentrée en son sein, au contact de sa limite orientale. La création de la ville n'est pas antérieure au Ier siècle apr. J.-C., l'occupation du site à l'époque gauloise n'étant pas attestée[15]. Elle atteint son plein développement aux IIe et IIIe siècles[16]. À cette époque, sa population est estimée à 2 000 ou 3 000 habitants[17].

Les témoignages architecturaux de son importance sont nombreux : la ville compte un forum, des thermes romains, un théâtre, un temple et plusieurs aqueducs[C 3]. Elle est quadrillée par un réseau de voies orthogonal et régulier qui dessert les édifices publics et des demeures privées dont certaines sont fastueuses comme la Maison au grand péristyle ou la Maison à la cour en U[C 4].

La ville décline vers la fin du IIIe siècle, touchée par la crise économique et politique qui secoue l'empire ; il n'est pas jugé utile de la protéger par une enceinte et elle perd son statut de capitale de cité. Malgré l'essor du christianisme, elle ne devient pas le siège d'un diocèse. Elle n'est pas totalement désertée pour autant pendant le Bas-Empire : des maisons sont construites ou restaurées et une certaine activité économique semble perdurer[18].

Sous le Haut Moyen Âge, le site d'Aregenua est abandonné au profit de constructions plus légères situées plus au nord et autour d'une église[19].

Agglomérations secondaires

Des vestiges gallo-romains retrouvés à la faveur de fouilles suggèrent qu'une agglomération secondaire antique a pu exister à l'emplacement de Caen, au croisement de deux voies (Bayeux-Lisieux et Vieux-littoral maritime) ; elle semble le siège d'une certaine activité artisanale mais ni ses caractéristiques ni son importance ne peuvent être définies[C 5],[20].

Un établissement gallo-romain est signalé à Saint-Pierre-la-Vieille[C 6] dans la partie méridionale du territoire viducasse. Cette possible agglomération secondaire, où sont identifiés un temple et des vestiges d'habitations, est située au croisement de deux voies, l'une venant d'Augustodurum au nord et l'autre d'Aregenua au nord-est[21],[22].

Autres sites

La villa gallo-romaine de la Chasse, à Fontaine-Étoupefour, est occupée du Ier à la fin du IVe siècle[C 7]. Trois autres villae sont attestées, à Hérouville-Saint-Clair (Lébisey et la Grande Delle)[C 8] et à Feuguerolles-Bully (la Sente)[C 7].

À Louvigny (Athis) et à Feuguerolles-Bully, deux gués sont établis sur le cours de l'Orne[23].

Société et religion

Personnalités

Gravure ancienne des trois faces d'un monument couvert d'inscriptions
Gravure des différentes faces du Marbre de Thorigny, par Édouard Lambert, [24].

Titus Sennius Solemnis (ou Sollemnis) est l'une des rares personnalités viducasses dont la biographie soit bien connue, grâce aux inscriptions du marbre de Thorigny. Sans doute originaire d'Aregenua, il naît vers [25]. Il est le dernier représentant connu d'une famille riche et puissante qui a peut-être fait fortune dans l'exploitation des mines de fer. Son père, Sollemninus, a participé au financement des thermes d'Aregenua.

T. S. Solemnis devient peut-être duumvir au tournant des IIe et IIIe siècles. Présidant le conseil des Gaules en 219, il est à la même époque prêtre près de Lyon et entre au service du gouverneur Tiberius Claudius Paulinus. Il parvient à faire annuler des accusations visant Paulinus, qu'il accompagne en Bretagne inférieure. C'est à cette occasion qu'il se fait mieux connaître et que ses responsabilités vont s'accroître. En 238 il est administrateur des mines de fer pour l'ensemble des trois Gaules (Aquitaine, Belgique et Lyonnaise). C'est le de cette année[26] qu'il est décidé d'élever un monument à sa gloire à Aregenua, une statue posée sur un socle ; la statue a disparu mais le socle est conservé, c'est le marbre de Thorigny. Aucune mention de T. S. Solemnis n'est connue après 238[26].

Évergète comme son père, il finance la fin des travaux de construction des thermes d'Aregenua[27] ainsi que certains combats de gladiateurs donnés à Lyon. Il offre également des spectacles à Vieux[28].

Religion

Photographie en couleurs de la tête d'une statue antique en tere cuite.
Tutela de Vieux-la-Romaine.
Carte représentant les lieux ou Mercure est cité en Normandie.
Présence de la divinité Mercure.

Les mentions des divinités vénérées chez les Viducasses sont rares. Deux inscriptions sont connues, l'une à Mars (dédicace d'un autel) et l'autre, incertaine, à Vulcain[C 9]. Les représentations sont celles de la Tutela de Vieux-la-Romaine, une figuration de Mars[29], une autre de Mercure[30] ainsi qu'une déesse-mère à Saint-Aubin-sur-Mer[C 10].

Plan en couleurs d'un monument antique.
Plan du sanctuaire du Mesnil.

À Baron-sur-Odon, à un peu plus de km au nord-ouest de Vieux auquel le relie le Chemin Haussé[31], le sanctuaire du Mesnil succède à un probable monument cultuel laténien, lui-même établi sur un site de l'âge du bronze. D'un diamètre de 42 m, il est constitué de trois enceintes concentriques de forme dodécagonale qui délimitent deux galeries entourant une aire centrale non couverte ; l'ensemble est ouvert à l'est. Les plus récentes recherches suggèrent que les galeries seraient les portiques du péribole, les structures accolées au sud-est constituant une cella décentrée[32]. C'est aussi à l'est qu'est construit un long bâtiment annexe à la fonction non déterminée[33] ainsi que, dans son environnement, de nombreuses structures[34]. Plusieurs phases d'occupation du site se succèdent, du Ier siècle av. J.-C. au IIe ou IIIe siècle apr. J.-C. pour ce qui est du sanctuaire lui-même[35] mais jusqu'au IVe siècle apr. J.-C. pour ses dépendances[C 7].

Même s'il est le mieux étudié, le sanctuaire du Mesnil n'est pas le seul ensemble cultuel identifié de la cité des Viducasses. À la périphérie orientale d'Aregenua, un sanctuaire est mis en évidence lors des fouilles préalables à la construction du musée archéologique. Il se compose d'un fanum de plan carré avec une cella mesurant 4,75 m de côté et une galerie périphérique de 9,50 m, au sein d'un sanctuaire qui comporte plusieurs bâtiments annexes. Sile site est fréquenté depuis La Tène finale, la construction du fanum remonte à la fin du Ier ou au IIe siècle apr. J.-C. pour un abandon daté du tournant entre le IIIe et le IVe siècle[36]. À Amayé-sur-Orne, au sud-est d'Aregenua, la prospection aérienne révèle des structures d'abord interprétées comme celles d'une villa. l'utilisation d'un géoradar sur le site conduit à revoir cette interprétation : les vestiges pourraient être ceux d'un grand sanctuaire (85 × 70 m) dont plusieurs galeries seraient identifiées[37]. De même, à Saint-Aubin-sur-Mer, ce sont les vestiges d'un fanum de 11 m de côté, d'un bâtiment annexe et d'une partie de son péribole qui sont mis au jour au XIXe siècle[C 11]. Enfin, à Caen, les vestiges d'un temple sont découverts, en liaison avec un quartier artisanal (tanneurs notamment)[C 12].

Économie et transport

Artisanat, commerce et échanges

Carte localisant les lieux où un atelier de potier antique est connu.
Ateliers de potiers avérés.

Dans ce domaine également, le poids de la cité viducasse tout entière est mal connu, les principales informations provenant encore une fois des seules études faites sur Aregenua.

Les sites de production de poterie et céramiques connus sur le territoire des Viducasses ne sont pas nombreux et, dans les années 1980, aucun n'a fait l'objet de fouilles complètes[38]. À Vieux, l'échoppe d'un vendeur de grains et de céramiques est peut-être à mettre en relation avec un atelier de potier découvert à proximité, mais mal fouillé[39]. Une coupe dans la falaise à Luc-sur-Mer fait apparaître un four contenant de nombreux débris d'argile cuite, indiquant sans doute la présence d'un atelier de céramique[C 11],[23]. À Caen, c'est un four de potier voisin d'une habitation qui est mis au jour ; réparé à au moins deux reprises, il est en service pendant la première moitié du IIe siècle[40].

La présence d'au moins un atelier de tissage semble prouvée à Vieux : une forte concentration de plus d'une centaine de poids de métiers à tisser, retrouvés lors des fouilles, paraît exclure un simple usage domestique[41].

Le travail du métal (fer et bronze), bien que peu courant, est représenté dans la capitale viducasse grâce à la découverte des déchets qu'il génère ainsi qu'à l'identification de deux ateliers[42]. L'existence d'une forge est reconnue au Plessis-Grimoult, à proximité du prieuré[C 13].

Les matériaux utilisés pour le comblement d'une cave de la Maison à la cour en U renferment une forte proportion de déchets d'os, provenant manifestement d'un atelier de tabletterie non localisé[41].

Trois ateliers de verriers sont mis en évidence à Vieux, ce qui semble démontrer pour ce secteur d'activité une importance plus grande que dans bien d'autres villes de Gaule[43].

Dessin ancien en plan et en coupe d'un édifice composé de sept pièces
Monument romain de Giberville (dessin Amédée Léchaudé d'Anisy).

À Caen, deux tanneries sont installées, profitant d'un canal spécialement creusé pour les alimenter en eau. À proximité, des fosses d'équarrissage servent à la découpe des bêtes dont la peau a été récupérée[C 14]. À Giberville, ce sont sept pièces alignées au bord de la Gronde qui sont interprétées comme les vestiges d'une possible tannerie ; le trépied de Giberville est découvert dans les ruines de ce bâtiment[C 15].

D'une manière générale, la Basse-Normandie, et donc la cité des Viducasses, ne semble pas être intégrée dans l'Antiquité à un réseau d'échanges sur de longues distances : il lui manque des accès faciles comme la Seine ou la proximité d'un réseau routier fort comme celui mis en place par Agrippa[44]. Toutefois, l'emploi dans la décoration de la Maison au grand péristyle de schiste bitumineux de la région d'Augustodunum témoigne d'échange matériels et culturels avec les Éduens, hypothèse renforcée par des similitudes de style[41].

Monnaies

Les fouilles archéologiques et les trouvailles fortuites ont permis de mettre au jour une dizaine de trésors monétaires sur l'ancien territoire des Viducasses mais, pour certains d'entre eux, l'information est très ancienne et difficilement vérifiable[45]. Leur taille peut être importante, comme à Moult6 000 pièces, presque toutes en cuivre, sont rassemblées dans un vase[46].

À Baron-sur-Odon, le site du Mesnil a livré des monnaies correspondant aux phases extrêmes d'occupation, de la période gauloise (atelier monétaire certainement local ou régional)[47] à l'époque constantinienne[48]. Il en est de même pour les autres sites où un trésor a été retrouvé et où l'analyse de son contenu a été possible : la datation des monnaies s'échelonne du Ier au IVe siècle ; aucune monnaie de l'époque républicaine n'est mentionnée[C 16].

Voies de communication

Carte montrant les principales voies romaines en trait plein gris, les voies secondaires en trait plein marron et les voies supposées en pointillés marrons. Les chefs-lieux sont mentionnés en rouge pour le nom latin et en noir pour le nom actuel
Principales voies romaines en Basse-Normandie (état de la recherche en 2022).

Un itinéraire reliant Rotomagus (Rouen) à Augustodurum (Bayeux) via Aregenua est déjà fréquenté à l'époque gauloise[49].

Dans l'Antiquité, le réseau des voies de communication s'organise autour d'Aregenua, capitale de la cité. Il en est de même chez les peuples voisins[50].

La seule voie traversant le territoire viducasse et mentionnée sur la table de Peutinger est le Chemin Haussé qui passe par Aregenua et se dirige vers le nord-ouest pour atteindre Augustodurum[31] ; le Chemin Haussé reste bien visible dans la topographie contemporaine, par exemple entre Baron-sur-Odon et Fontaine-Étoupefour où il sert de limite entre les deux communes. D'autres voies, de moindre importance, relient Aregenua à Legedia (Avranches), Jort ou Noviodunum (Jublains)[16].

Outre ce réseau rayonnant, d'autres voies secondaires sont parallèles au rivage de la baie de Seine[16] mais aucun itinéraire ne semble directement relié à la côte[C 17] sur laquelle un seul éventuel port maritime est signalé à Courseulles-sur-Mer[23]. À Blainville-sur-Orne, un petit port fluvial est amenagé sur le Dan, démontrant la navigabilité de cette rivière[51].

Historiographie et archéologie

Notes et références

Voir aussi

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