Vincent Jeanbrun

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Vincent Jeanbrun, né le à Paris (France), est un homme politique français, membre des Républicains. Il est élu député de la 7e circonscription du Val-de-Marne en 2024.

PrésidentEmmanuel Macron
Premier ministreSébastien Lecornu
GouvernementLecornu II
PrédécesseurJuliette Méadel (Ville, ministre déléguée)
Éric Woerth (Logement)
Faits en bref Fonctions, Ministre de la Ville et du Logement ...
Vincent Jeanbrun
Illustration.
Vincent Jeanbrun en 2024.
Fonctions
Ministre de la Ville et du Logement
En fonction depuis le
(6 mois et 17 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Sébastien Lecornu
Gouvernement Lecornu II
Prédécesseur Juliette Méadel (Ville, ministre déléguée)
Éric Woerth (Logement)
Député français

(1 an, 4 mois et 4 jours)
Élection 7 juillet 2024
Circonscription 7e du Val-de-Marne
Législature XVIIe (Cinquième République)
Groupe politique DR
Prédécesseur Rachel Keke
Successeur Nicolas Tryzna
Conseiller régional d'Île-de-France
En fonction depuis le
(10 ans, 4 mois et 11 jours)
Élection 13 décembre 2015
Réélection 27 juin 2021
Circonscription Val-de-Marne
Président Valérie Pécresse
Vice-président du conseil régional
d'Île-de-France

chargé de l'Emploi, de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle

(2 ans, 1 mois et 3 jours)
Président Valérie Pécresse
Prédécesseur Lui-même (délégué spécial)
Successeur Marie-Do Aeschlimann
Conseiller départemental du Val-de-Marne

(8 mois et 16 jours)
Élection 29 mars 2015
Circonscription Canton de l'Haÿ-les-Roses
Prédécesseur Pierre Coilbault
Successeur Fernand Berson
Maire de L'Haÿ-les-Roses

(10 ans, 6 mois et 11 jours)
Élection 23 mars 2014
Réélection 15 mars 2020
Prédécesseur Pierre Coilbault
Successeur Clément Decrouy
Biographie
Date de naissance (41 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique UMP (2004-2015)
LR (2015-2019 ; depuis 2021)
SL (depuis 2017)
Profession Assistant parlementaire
Fermer

Il est également maire de L'Haÿ-les-Roses de 2014 à 2024, conseiller départemental du Val-de-Marne en 2015 et conseiller régional d'Île-de-France depuis 2015.

Le , il est nommé ministre de la Ville et du Logement dans le gouvernement Lecornu II et succède à Éric Woerth à ce poste.

Biographie

Jeunesse et études

Fils d'un père chauffeur-livreur[1] et d'une mère au foyer d'origine italienne (du Frioul), Vincent Jeanbrun grandit à L'Haÿ-les-Roses, d'abord dans la cité Paul-Hochart dite « les Tours Marron » du quartier Lallier, avant que sa famille ne change de logement pour un autre appartement HLM[1] d'un quartier voisin[2],[3],[4].

Lui-même aime à rappeler être né « du mauvais côté de l'autoroute »[4], en référence à l'A6 qui coupe la ville en deux, se présentant comme un « enfant du logement social » revendiqué[5]. Ces origines modestes nourrissent souvent le récit personnel qu'il met en avant dans sa politique[6].

Élève de l'école Lallier, du collège Chevreul puis du lycée Mistral à Fresnes, il effectue ensuite des études dans l'école de commerce Institut Mines-Télécom Business School à Évry[7],[8].

Parcours politique

Débuts et engagement à l'UMP (2004‑2011)

Il rejoint l'UMP en 2004 aux côtés de Roger Karoutchi, alors président du groupe UMP au conseil régional d'Île-de-France. Actif au sein du mouvement, il prend en 2010 la responsabilité des Jeunes populaires d'Île-de-France. Cette même année, il fait la connaissance de Valérie Pécresse. Parallèlement, il dirige une association d'insertion professionnelle avant de se présenter sans succès aux élections cantonales à Nanterre. De retour à L'Haÿ-les-Roses en 2011, il devient en 2012 l'attaché parlementaire de Valérie Pécresse[7],[8].

Accession à la mairie de L'Haÿ-les-Roses (2011‑2019)

À la suite de la démission du maire socialiste Patrick Sève en 2011, mis en examen pour favoritisme dans une affaire de marchés publics, la commune est administrée par son ancien adjoint Pierre Coilbault (PS) jusqu'aux élections municipales de 2014. Bastion de la gauche depuis dix-huit ans, L'Haÿ-les-Roses bascule alors à droite : Vincent Jeanbrun remporte le scrutin municipal et devient, à 29 ans, le plus jeune maire d'une commune de plus de 30 000 habitants en France[7],[8].

En 2018, il est élu président du Forum métropolitain du Grand Paris[9].

En , il quitte Les Républicains (ex-UMP) pour suivre Valérie Pécresse et son nouveau mouvement Soyons libres[10]. Élu au conseil régional d'Île-de-France, il en devient vice-président chargé de l'emploi et de la formation professionnelle[11].

Engagements nationaux et rôle dans Les Républicains (2020‑2023)

En 2020, il est désigné comme candidat à la présidence de la métropole du Grand Paris par le groupe Les Républicains[12]. Mais, contre toute attente, le bon score de Philippe Laurent (UDI) au premier tour aboutit à la candidature « de rassemblement » du président sortant Patrick Ollier au second tour et c'est ce dernier qui est réélu[13]. Vincent Jeanbrun dénonce alors des « petites magouilles » par des gens qui « font honte à la démocratie »[14],[15],[16].

En 2022, lors de l'élection présidentielle, il soutient la candidature de Valérie Pécresse au premier tour, puis appelle à voter pour Emmanuel Macron au second tour[17].

Aux élections législatives françaises de 2022, il convoite la 7e circonscription du Val-de-Marne mais arrive à la troisième place au premier tour[18].

Le , il est désigné comme porte-parole du parti Les Républicains[19].

Attaque de son domicile (2023)

Dans la nuit du , en marge des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk, le domicile de Vincent Jeanbrun est pris pour cible par des émeutiers[4],[20],[21]. Plusieurs individus forcent sa propriété, puis incendient un véhicule et des poubelles, provoquant un début d'incendie dans la maison[20],[22]. L'épouse et l'un de ses enfants sont blessés en tentant de fuir[23],[24],[25].

La quasi-totalité de la classe politique française condamne l'attaque, qualifiée de « tentative d'assassinat » par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin[26]. L'Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement de soutien, rappelant que plusieurs bâtiments municipaux et agences immobilières avaient été dégradés ou incendiés[22],[27]. La veille, Vincent Jeanbrun faisait installer des barbelés autour de la mairie de L'Haÿ-les-Roses[28].

À la suite de cette attaque, il bénéficie d'une large exposition médiatique et devient, selon plusieurs observateurs, le « nouveau visage de la droite des banlieues »[27],[29]. Le président des Républicains, Éric Ciotti, lui propose de mener la liste du parti aux élections européennes de 2024, proposition qu'il décline[19].

Dans les jours qui suivent l'attaque, il commence la rédaction d'un livre retraçant cette histoire[2], livre qui sera publié en janvier 2024[30]. Selon sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, il perçoit en 2023 un à-valoir de plus de 33 000  pour la rédaction de ce livre, somme qui vient s'ajouter aux 115 000  qu'il perçoit cette même année au titre de ses différents mandats locaux[31].

Député de la septième circonscription du Val-de-Marne (2024)

En , après la dissolution de l'Assemblée nationale par le président de la République, Emmanuel Macron, Vincent Jeanbrun, ouvertement soutenu par Richard Dell'Agnola[réf. nécessaire], se porte candidat dans la 7e circonscription du Val-de-Marne lors des élections législatives anticipées[32]. Il est élu au second tour avec 50,67 % des suffrages, en obtenant 545 voix de plus que la députée sortante Rachel Keke[33].

Il s'investit sur la politique de la ville, en préparant notamment un rapport, présenté en , dans lequel il propose la « fin du logement social à vie »[4].

Ministre de la Ville et du Logement (2025)

Le , il est nommé ministre de la Ville et du Logement.

Au moment de sa nomination, il est visé par une enquête préliminaire ouverte en 2024 pour prise illégale d'intérêts et recel de prise illégale d'intérêts concernant l'attribution de logements à d'anciens collaborateurs lorsqu'il présidait un syndicat intercommunal[34],[35],[36].

Cette enquête, révélée notamment par Mediapart, suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique. Plusieurs élus de gauche dénoncent une nomination jugée inappropriée au regard des soupçons visant Vincent Jeanbrun. L'adjoint au logement de la Ville de Paris, Jacques Baudrier, la qualifie de « provocation caricaturale », tandis que certains acteurs du logement social, dont l'Union sociale pour l'habitat, expriment leurs réserves et appellent à la vigilance quant à la politique qui sera menée[34],[35],[36].

En 2026, il met en place un dispositif visant à encourager l'investissement locatif, reposant sur un avantage fiscal accordé aux propriétaires louant leur bien à un loyer encadré, parfois désigné comme « dispositif Jeanbrun »[37].

Affaires politico-judiciaires

Affaire de la roseraie du Val-de-Marne

En tant que maire de L'Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun porte à partir de 2019 un projet de réaménagement du centre-ville dans le cadre du programme régional « Cœur de ville ». Le projet prévoit la construction d'un ensemble immobilier, d'une zone commerciale et de places de stationnement supplémentaires[38]. La municipalité indique avoir obtenu une subvention régionale de 4 millions d'euros au titre du programme « 100 quartiers innovants et écologiques »[39].

Le projet, à proximité immédiate de la Roseraie du Val-de-Marne (classée jardin remarquable), suscite l'opposition d'une partie des habitants et d'associations de défense du patrimoine, qui craignent une dénaturation du site. En , environ 200 riverains se rassemblent pour protester contre l'abattage d'une quarantaine d'arbres sur le site prévu pour la construction[39].

Plusieurs responsables locaux et associations ont critiqué la conduite du projet. Selon Sophian Moualhi, membre du groupe d'opposition L'Haÿ en commun, « il y a eu un véritable passage en force. C'est une action anti-démocratique » ; la conseillère municipale Valérie Luquet évoque une « manœuvre d'intimidation » et l'association ALUDHAY dénonce un abattage « en catimini », la mairie ayant selon elle présenté l'opération comme un simple élagage[39].

Plainte d'Anticor

En , l'association Anticor dépose plainte pour favoritisme et trafic d'influence au sujet des opérations d'aménagement liées notamment aux projets « Cœur de ville » et « Locarno », impliquant la municipalité et l'aménageur CITALLIOS (anciennement SEM 92), des attributions d'appels d'offres assorties d'informations privilégiées, la cession de terrains à des prix inférieurs au marché, et l'attribution d'une subvention régionale de 4 millions d'euros directement à l'aménageur[7],[39],[40].

Vincent Jeanbrun conteste toute irrégularité, affirmant que « toutes les procédures ont été respectées dans le cadre de ce projet de redynamisation du centre-ville »[41].

Enquête sur l'attribution de logements (2024)

Le , le parquet de Créteil ouvre une enquête préliminaire visant Vincent Jeanbrun pour prise illégale d'intérêts, recel de prise illégale d'intérêts et concussion[42],[4]. L'enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), fait suite à un signalement d'Anticor[43].

Selon Mediapart, lorsqu'il présidait le syndicat intercommunal du cimetière de Chevilly-Larue entre 2014 et 2020, deux pavillons appartenant au dit syndicat auraient été attribués à des collaborateurs municipaux (directeur de cabinet et chef de cabinet) à des loyers très inférieurs au marché[44],[45], ce que l'association Anticor qualifie d'« attribution irrégulière de logements de fonction » et susceptible de caractériser un détournement de fonds publics[39],[42]. Anticor signale par ailleurs que certaines factures d'électricité des deux pavillons ont été réglées par la commune pour un montant global de 45 000 euros[42].

Vincent Jeanbrun conteste ces accusations et déclare « pouvoir démontrer la légalité de [ses] actes et [sa] bonne foi »[42],[46].

Publications

Notes et références

Voir aussi

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