Yoann Lecourieux
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Yoann Lecourieux, né le à Nouméa, est un homme politique français de Nouvelle-Calédonie. Membre du parti non-indépendantiste Le Rassemblement-Les Républicains, il est maire de Dumbéa d'octobre 2023 à mars 2026[1] et siège au Congrès de la Nouvelle-Calédonie ainsi qu’à l’Assemblée de la Province Sud de 2014 à 2019 et depuis 2024. Il a été membre du gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie entre 2019 et 2024.
| Naissance | Nouméa, |
|---|---|
| Nationalité |
Française |
| Parti politique |
|---|
Jeunesse et formation
Yoann Lecourieux naît le à Nouméa[2] de Serge Lecourieux, responsable du personnel de la compagnie aérienne UTA puis d'Air France à Nouméa ainsi que président de l'Association sportive (AS) de ces deux sociétés[3],[4], et de Jocelyne Coulson, acheteuse industrielle pour la Société Le Nickel (SLN)[5],[6].
Il est issu de familles d'origine européenne installées en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs générations, dites « Caldoches ». Il est le cousin d'Eddie Lecourieux, lui-aussi maire Rassemblement-LR d'une commune du Grand Nouméa, Le Mont-Dore, de 2019 à 2025, et de Nicole et Sylvie Robineau, deux autres personnalités politiques néo-calédoniennes[7].
Carrière professionnelle et politique
Fonctionnaire territorial
Yoann Lecourieux commence sa carrière en 1998 dans la fonction publique territoriale, en tant que chef de projet du contrat d'agglomération pour la ville de Nouméa, où il contribue à la création des syndicats intercommunaux dans le Grand Nouméa[8].
En 2008, il devient secrétaire général de la commune de Dumbéa, dans la banlieue nord de Nouméa, sous le mandat du nouveau maire Georges Naturel, élu cette année-là pour la première fois sous l'étiquette du Rassemblement-UMP[8]. Il est également président de la Ligue régionale de Nouvelle-Calédonie de basketball (LRNCBB) de 2008 à 2016 et vice-président du Comité territorial olympique et sportif (CTOS)[2],[9].
Militant du Rassemblement-UMP, il fait partie des nouvelles figures intégrées à la direction du parti par son président Pierre Frogier le après la dissidence de nombreuses personnalités de la jeune garde (Gaël Yanno, Sonia Backès, Isabelle Champmoreau, Gil Brial) pour fonder le Mouvement populaire calédonien (MPC). Yoann Lecourieux devient alors secrétaire général adjoint chargé de la vie du mouvement, secondant Thierry Santa lui-même jusque là secrétaire général de mairie dans le Grand Nouméa, au Mont-Dore[10].
Élu Rassemblement du Congrès et de la province Sud
Il est élu en 2014 à l’Assemblée de la province Sud et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Il est le chef des groupes Front pour l'unité de 2014 à 2015 puis Les Républicains de 2015 à 2017 ainsi que le président de la commission du budget de la province Sud, et il devient premier vice-président du Congrès en 2017[9]. De plus, il est vice-président de l'intergroupe commun formé au Congrès entre le Rassemblement, le MPC et Calédonie ensemble de juillet 2017 à juin 2018[11] puis, après son éclatement, il est président du groupe Les Républicains Le Rassemblement-MPC de juin 2018 à mars 2019[12]. Il préside également le conseil d'administration de la Société d’équipement de la Nouvelle-Calédonie (SECAL), société anonyme d'économie mixte active qui accompagne les collectivités locales en matière d'aménagement du territoire et de construction d'équipements, de 2015 à 2019[13].
Il est réélu dans ces deux assemblées en 2019 avec la coalition non-indépendantiste de L'Avenir en confiance et devient alors, le , le 3e vice-président de l'Assemblée de la province Sud, aux côtés de sa nouvelle présidente Sonia Backès[14]. Au Congrès, il est porté à la tête de la commission des Sports et en tant que membre de la commission permanente[15]. Mais il ne remplit ces mandats que peu de temps, entrant rapidement dans le gouvernement néo-calédonien.
Membre du gouvernement de Nouvelle-Calédonie
Le , il intègre le 16e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie comme membre chargé du budget, des finances, des assurances, du droit civil et commercial, des questions monétaires, du suivi des grands projets, de la Francophonie et des relations avec le Congrès, les provinces et les communes[16]. En 2021, il reste membre du 17e gouvernement en abandonnant la délégation du budget et des finances mais en étant chargé des politiques du développement, d'aménagement et de cohésion du territoire, de mise en œuvre des contrats de développement et du suivi des grands projets, des assurances et du droit civil et commercial, des questions monétaires, de la Francophonie (en lien avec le président, l'indépendantiste Louis Mapou), des questions de l'audiovisuel et des relations avec les communes[17]. Il représente notamment la Nouvelle-Calédonie aux sommets de l’OIF[18]. Il préside par ailleurs le conseil d'administration de l'Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie (OPT-NC) de 2019 à 2025[17].
Adjoint puis maire de Dumbéa
Il est élu premier adjoint au maire de Dumbéa Georges Naturel en 2020. Le , à la suite de l’élection de ce dernier au Sénat, ce qui l'oblige à démissionner de la mairie en raison de la loi sur le non cumul des mandats, Yoann Lecourieux est élu maire de Dumbéa. Son élection a été contestée par sept conseillers municipaux de sa majorité qui ont alors rejoint l'opposition pour dénoncer un accord conclu à l’avance entre Lecourieux et Naturel[19]. Ils reprochent également au nouveau premier magistrat et son prédécesseur l’alliance avec des élus indépendantistes lors des sénatoriales qui aurait permis l'élection de Naturel mais aussi du candidat du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) Robert Xowie[20].
De ce fait, il entre alors en dissidence vis-à-vis de son ancien parti, Le Rassemblement, tout en indiquant resté militant au niveau national de LR. Il se montre également critique à l'égard du président de l'Association française des maires de Nouvelle-Calédonie, Pascal Vittori, élu à la tête de cette organisation qui réunit les premiers magistrats non-indépendantistes grâce au soutien du Rassemblement et des Loyalistes, il indique ne plus payer sa cotisation et appelle à la fusion avec l'Association des maires de Nouvelle-Calédonie, majoritairement indépendantiste[21].
Durant son mandat à la mairie, Dumbéa est très lourdement marquée par les émeutes de 2024 en Nouvelle-Calédonie. Celles-ci provoquent, selon lui, la destruction de « 80 % de notre tissu économique » et la perte d'environ 5 000 à 8 000 emplois avec par exemple l'incendie et le pillage des deux principaux centres commerciaux de la commune (Kenu'in et Dumbéa Mall), en plus du blocage de l'accès au Médipôle de Koutio[22],[23].
Il est candidat à sa réélection aux élections municipales de 2026 mais sans l'investiture du Rassemblement qui s'est rangé officiellement derrière la liste d'union avec Les Loyalistes de la conseillère municipale d'opposition Cynthia Jan[24]. Il arrive deuxième du premier tour assez loin derrière cette dernière avec 18,98 % des suffrages, avant d'être battu au second avec 19,85 % des voix et 4 sièges sur les 39 à pourvoir du conseil municipal[25].
Élu non inscrit du Congrès et de la Province Sud
Lors de la formation du 18e gouvernement le , Yoann Lecourieux n'est pas reconduit au sein de l'exécutif et retrouve donc ses sièges au sein du Congrès et de l'assemblée de la province Sud. Signe de sa mésentente avec la direction de son parti depuis 2023, il ne rejoint pas le groupe du Rassemblement mais siège comme non-inscrit[26]. Il perd également le la présidence du conseil d'administration de l'OPT au profit de la conseillère de l'intergroupe Les Loyalistes Naia Wateou[27].
Le , il s’abstient lors du vote crucial du budget de la Nouvelle-Calédonie, finalement adopté de justesse, ce qui lui vaut de vives critiques de la part de son propre camp non-indépendantiste[28].
Vie privée
Marié et père d’un enfant, il se définit comme un Calédonien de la septième génération[22].
