Électeurs généraux
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Durant l'ère coloniale britannique, la représentation au corps législatif est organisée par appartenance ethnique. Ainsi pour les élections législatives de 1963, les premières au suffrage universel, les électeurs sont répartis entre trois listes électorales ethniques : autochtones (dits « Fidjiens »), Indo-Fidjiens (dits « Indiens »), et Euro-Fidjiens (dits « Européens »). Chacune de ces communautés élit quatre représentants[1].
Le pays accède à l'indépendance en 1970, avec une Constitution qui conserve le principe de représentation ethnique. La Chambre des représentants est alors composée de cinquante-deux députés, élus dans trente-sept circonscription superposées. Dans douze d'entre elles, les citoyens 'fidjiens' (c'est-à-dire autochtones) élisent un député de leur propre appartenance ethnique ; dans douze autres, les citoyens descendants d'immigrés indiens font de même ; dans trois autres, les citoyens de toutes autres appartenances ethniques confondues, dit « électeurs généraux », élisent des députés ni 'fidjiens', ni 'indiens' ; dans les dix autres, enfin, les citoyens, toutes appartenances ethniques confondues, choisissent un député 'fidjien' et un député 'indien' et un député ni 'fidjien', ni 'indien'. Sachant que pour l'élection de ce dernier, les circonscriptions sont unies en paires produisant un député chacun. Il y a donc au total cinq députés « électeurs généraux »[2].
Chaque citoyen est ainsi invité à déposer quatre bulletins dans l'urne :
- un pour élire un député 'fidjien' ;
- un pour élire un député 'indien' ;
- un pour élire un député d'une autre appartenance ethnique ;
- et un pour élire un député de sa propre appartenance ethnique[2].
Durant les années 1970 et 1980, une Association des Électeurs généraux se constitue au sein du parti de l'Alliance (parti conservateur)[3].
Après les coups d'État de 1987, les putschistes introduisent une nouvelle Constitution en 1990. Celle-ci dispose que les électeurs catégorisés comme autochtones élisent trente-sept députés, nécessairement autochtones, et les électeurs catégorisés comme 'Indiens' élisent vingt-sept députés issus de leur communauté, malgré la quasi-parité démographique entre ces deux principales communautés. Un siège revient aux autochtones polynésiens de Rotuma, et les cinq autres sièges sont réservés aux représentants des « électeurs généraux »[4].
En 1990, l'Association des Électeurs généraux se constitue en un parti politique, le Parti des électeurs généraux (General Voters' Party), dirigé initialement par David Pickering[3].
La troisième Constitution, en 1997, découpe le pays en 71 circonscriptions uninominales, dont la plupart sont attribuées à des communautés ethniques. 23 députés autochtones sont élus par les citoyens autochtones ; 19 élus par et parmi les citoyens d'appartenance ethnique indienne ; 1 député élu par et parmi les Rotumiens ; 3 élus par et parmi les « électeurs généraux » ; et 25 élus par l'ensemble des citoyens sans distinction ethnique. Chaque électeur a à choisir deux candidats : un dans sa circonscription ethnique, et un dans sa circonscription dite « ouverte », où peuvent se présenter des candidats de diverses origines[5],[6].
En 1998, le Parti des électeurs généraux devient le Parti général unifié (United General Party), en incorporant un courant minoritaire jusque-là distinct[7]. En 2003, il se renomme Parti des peuples unis[8].
Enfin, à l'issue du coup d'État de 2006, la représentation ethnique est abrogée.