Élections législatives guinéennes de 2026
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| Élections législatives guinéennes de 2026 | ||||||||||||||
| 147 sièges de l'Assemblée nationale | ||||||||||||||
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Les élections législatives guinéennes de 2026 auront lieu le 31 mai 2026 afin d'élire les 147 membres de l'Assemblée nationale de Guinée.
Coup d'État de 2021

L'élection doit mettre fin à la période de transition entamée par le coup d'État de 2021 à l'encontre du président de la République Alpha Condé[1],[2]. Au pouvoir depuis 2010, ce dernier se trouvait de plus en plus contesté depuis sa réélection en 2020 pour un troisième mandat, après avoir fait modifier par référendum la Constitution pour remettre à zéro le compteur de ses mandats passés et être de nouveau éligible[3]. Après sa réélection, réputé pour son « micro-management » et sa tendance à vouloir tout contrôler, Alpha Condé adopte une gouvernance de plus en plus solitaire, concentrant la gestion du pays sur sa personne[4],[5].
Le vers 8 h (heure locale), des soldats du groupement des forces spéciales menés par le colonel Mamadi Doumbouya organisent un coup d’État et revendiquent la capture d'Alpha Condé. Ils annoncent la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et des institutions, la fermeture des frontières et la création d'un « Comité national du rassemblement et du développement » (CNRD) pour diriger le pays. Le colonel Doumbouya prend la tête du pays en tant que président de la Transition. Une Constitution d'intérim est publiée par décret le sous le nom de Charte de la Transition. Le nouveau régime militaire met en place un Conseil national de la transition (CNT) présidé par Dansa Kourouma en lieu et place du parlement, et promet de rendre le pouvoir aux civils d'ici à 2024 après l'adoption d'une nouvelle Constitution. La Charte prévoit alors explicitement l'exclusion des membres du CNRD et du CNT de la future élection présidentielle post-transition. La prise de pouvoir par les militaires s'inscrit dans un contexte de multiplication des coups d'État au Sahel dans les années 2020, qui donne notamment lieu à l'expression de « ceinture de coups d'État »[6],[7].
Transition militaire

La Junte militaire prend rapidement le chemin de la répression de la population et de l'opposition, tandis que fleurissent les portraits de Mamadi Doumbouya à travers la capitale Conakry. Les manifestations politiques sont interdites le , et une douzaine de partis politiques mineurs dissous, tandis que les plus importants sont suspendus, dont notamment le Rassemblement du peuple de Guinée d'Alpha Condé et l'Union des forces démocratiques de Guinée de Cellou Dalein Diallo, sous prétexte de non-respect de la charte des partis politiques. La suspension des partis est renouvelée en , puis à nouveau en [8],[9]. Le , l'armée tire sur des manifestants appelant à un retour du pouvoir aux civils, faisant cinq morts. L'année suivante, plus de 70 personnes sont tués dans des violences politiques[8].
L'ensemble des préfets du pays sont remplacés par des militaires, tandis que les conseils municipaux, jugés « illégitimes », sont dissous en [8],[10]. L'ensemble des élus locaux sont alors remplacés par environ 3 000 personnes nommés par la junte. L'emprise des échelons locaux par cette dernière lui assure ainsi la mainmise sur les bureaux de vote et la distribution des cartes d'électeurs[8].
La Haute autorité de la communication (HAC) suspend le plusieurs stations de radios et chaînes de télévision pour des « impératifs de sécurité », avant d'en interdire d'autres le [8]. Quatre mois plus tard, le , la junte suspend toutes les autorisations accordées aux organisations non gouvernementales qu'elle accuse de menacer l'ordre public[8].
Les moyens de répression se multiplient. L'ancien cadre du ministère des mines Saadou Nimaga disparaît ainsi après avoir été enlevé en plein jour à Kaloum[11], de même que le journaliste Habib Marouane. Plusieurs dirigeants d'organisations de la société civile sont arrêtés et torturés avant d'être libérés, tels ceux du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), Oumar Sylla et Mamadou Billo Bah, le coordinateur du Forum des forces sociales de Guinée (FFS), Abdoul Sacko, ou l'ancien bâtonnier et membre du CNT maitre Mohamed Traoré. L'opposant Aliou Bah est quant à lui condamné à deux ans de prison ferme pour « offense au Chef de l’État » pour avoir accusé le gouvernement d'être responsable de la Tragédie du stade 3-Avril de Nzérékoré[8],[12],[13],[14]. Selon Amnesty International, les enlèvements se multiplient à l'encontre de militants de la société civile, provoquant l'instauration d'un « climat de terreur » destiné à couper court à toute dissidence. Au , plus de 220 personnes ont été tuées pour s'être opposées à la junte[8],[15].

Le , Doumbouya s'élève lui même au grade de général de corps d'armée des forces armées de la Guinée[16],[17]. Il quitte la tête du Groupement des forces spéciales pour devenir Commandant en chef des forces armées le suivant, puis devient général d'armée en . Doumbouya récompense à cette occasion seize officiers ayant participé au coup d’État en les nommant à leur tour Général de corps d’armée, consolidant ainsi son cercle de soutiens[18],[19]. À la tête de la junte militaire, il est notamment à l'origine des disparitions de militants des droits de l'homme, tel Foniké Menguè, et de journalistes, tel Habib Marouane Camara[20],[21],[22].
Nouvelle constitution
Des consultations en vue de l'élaboration de la nouvelle Constitution sont organisées avec des représentants religieux et syndicaux ainsi que des membres de la société civile et des représentants des partis politiques. Ces consultations sont cependant largement boycottées par les citoyens à l'appel de l'opposition regroupée au sein de la coalition « Forces Vives de Guinée », qui juge le processus délibérément opaque et vide de sens, la junte conservant via le CNT une mainmise totale sur la rédaction du texte constitutionnel. L'opposition dénonce ainsi l'« instrumentalisation » des étudiants, contraints d'assister aux consultations dans ce qu'elle qualifie d'« opérations de communications »[23],[24],[25].
La Censure d'Internet, l'accident industriel de l'explosion du dépôt de carburant de Kaloum fin 2023 et la grève générale de conduisent le général Doumbouya à renvoyer le le gouvernement d'intérim dirigé par Bernard Goumou. Doumbouya se comporte dès lors comme un président de plein titre et forme un nouveau gouvernement avec l'opposant Bah Oury pour Premier ministre. La date du retour du pouvoir au civil initialement fixée pour 2024 est finalement reportée par décret[26], malgré les pressions de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)[27],[8].
Un avant-projet de Constitution est entretemps présenté le [28],[29]. Le référendum constitutionnel est fixé au par un décret du général Doumbouya publié le avant même le vote du projet de Constitution[30],[31],[32]. Ce dernier est voté le par les 80 membres du CNT, à l'unanimité[33]. Le vote intervient à huit clos, seuls quelques membres du CNT ayant eu accès à la version définitive du texte. Il est suivi de la création le 25 de l'Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum (ONASUR), de la Direction générale des élections, et de la publication du projet de Constitution le . Le corps électoral est à son tour convoqué le suivant[34],[35].
Les résultats provisoires sont rendus publics le . La nouvelle Constitution est approuvée par 89,38 % des voix pour un taux de participation de 86,42 %[36]. Ils sont validés le 26 septembre 2025 par la Cour suprême, qui rejette pour « manque de preuve » le recours en annulation déposé par le Bloc Libéral (BL) de Faya Millimono et le Bloc pour l'Alternance en Guinée (BAG) d'Abdoulaye Sadio Barry[37],[38],[39]. La nouvelle constitution est promulguée le même jour par le général Mamadi Doumbouya[40].
Élection présidentielle de 2025
Le lendemain , Mamadi Doumbouya annonce l'organisation de la nouvelle élection présidentielle le 28 décembre 2025[41]. L'élection du général Doumbouya dès le premier tour est largement attendue, celui-ci ayant écarté les principaux opposants après être revenu sur sa promesse de ne pas se porter candidat[42],[43]. Il prête serment lors d'une cérémonie d'investiture organisée le 17 janvier 2026[44].
Initialement prévue avant la présidentielle, les législatives sont fixées le 2 mars 2026 pour le 24 mai suivant, soit le même jour que les élections communales[45],[46]. Le 10 avril 2026, le président Mamadi Doumbouya annonce le report des élections au 31 mai 2026[47].
Système électoral

L'Assemblée nationale est l'unique chambre du parlement unicaméral de Guinée. Elle est composée de 147 sièges pourvus pour cinq ans selon un mode de scrutin parallèle. Des deux tiers — 98 députés — sont élus au scrutin majoritaire à un tour dans des circonscriptions de un à cinq sièges. Le tiers restant — soit 49 députés — est élu au scrutin proportionnel plurinominal[48],[49],[50].
Répartition des sièges par circonscription
| N° | Région | Circonscription | Sièges à pourvoir |
|---|---|---|---|
| 1 | Région de Boké | Boffa | 2 |
| 2 | Boké | 4 | |
| 3 | Fria | 1 | |
| 4 | Gaoual | 1 | |
| 5 | Koundara | 1 | |
| 6 | Région de Conakry | Dixinn | 1 |
| 7 | Gbessia | 1 | |
| 8 | Kagbelen | 3 | |
| 9 | Kaloum | 1 | |
| 10 | Lambanyi | 2 | |
| 11 | Matam | 1 | |
| 12 | Matoto | 1 | |
| 13 | Ratoma | 1 | |
| 14 | Sanoyah | 2 | |
| 15 | Sonfonia | 2 | |
| 16 | Tombolia | 2 | |
| 17 | Manéah | 1 | |
| 18 | Kassa | 1 | |
| 19 | Région de Faranah | Dabola | 2 |
| 20 | Dinguiraye | 2 | |
| 21 | Faranah | 2 | |
| 22 | Kissidougou | 2 | |
| 23 | Région de Kankan | Kankan | 5 |
| 24 | Kérouané | 2 | |
| 25 | Kouroussa | 2 | |
| 26 | Mandiana | 4 | |
| 27 | Siguiri | 5 | |
| 28 | Région de Kindia | Coyah | 2 |
| 29 | Dubréka | 3 | |
| 30 | Forécariah | 2 | |
| 31 | Kindia | 4 | |
| 32 | Télimélé | 2 | |
| 33 | Région de Labé | Koubia | 1 |
| 34 | Labé | 3 | |
| 35 | Lélouma | 1 | |
| 36 | Mali | 2 | |
| 37 | Tougué | 1 | |
| 38 | Région de Mamou | Dalaba | 1 |
| 39 | Mamou | 2 | |
| 40 | Pita | 2 | |
| 41 | Région de Nzérékoré | Beyla | 3 |
| 42 | Guéckédou | 2 | |
| 43 | Lola | 1 | |
| 44 | Macenta | 2 | |
| 45 | Nzérékoré | 4 | |
| 46 | Yomou | 1 | |
| Représentation de la diaspora | |||
| 47 | Afrique | 1 | |
| 48 | Amérique | 1 | |
| 49 | Asie | 1 | |
| 50 | Europe | 1 | |
| Total | 94 | ||
Forces en présence
| N° | Nom du parti | Abréviation | Hommes | Femmes | Total | % de femmes |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Alliance pour le renouveau et le progrès | ARP | 34 | 15 | 49 | 30,6 |
| 2 | Alternance démocratique pour le changement | 30 | 15 | 45 | 33,3 | |
| 3 | Avenir Guinée nouvelle | 32 | 17 | 49 | 34,7 | |
| 4 | Bloc libéral | BL | 35 | 14 | 49 | 28,6 |
| 5 | Force des intègres Pour la démocratie et la liberté | 26 | 20 | 46 | 43,5 | |
| 6 | Front démocratique de Guinée | FRONDEG | 31 | 15 | 46 | 32,6 |
| 7 | Front pour l'alliance nationale | 25 | 24 | 49 | 49,0 | |
| 8 | Mouvement national pour le développement | 32 | 17 | 49 | 34,7 | |
| 9 | Nouveau départ | 32 | 17 | 49 | 34,7 | |
| 10 | Nouvelle génération pour la République | NGR | 26 | 23 | 49 | 46,9 |
| 11 | Parti de l'action citoyenne pour le travail | 23 | 22 | 45 | 48,9 | |
| 12 | Parti des démocrates pour l'espoir | PADES | 34 | 15 | 49 | 30,6 |
| 13 | Rassemblement des Guinéens pour l'alternance | 31 | 17 | 48 | 35,4 | |
| 14 | Rassemblement guinéen du travail | 27 | 22 | 49 | 44,9 | |
| 15 | Rassemblement pour la démocratie nationale | 33 | 16 | 49 | 32,7 | |
| 16 | Rassemblement pour la renaissance et le développement | 31 | 18 | 49 | 36,7 | |
| 17 | Rassemblement pour une Guinée prospère | 29 | 20 | 49 | 40,8 | |
| 18 | Union démocratique de Guinée | UDG | 30 | 19 | 49 | 38,8 |
| 19 | Union des forces du changement | UFC | 29 | 20 | 49 | 40,8 |
| 20 | Union pour la démocratie et le développement | 28 | 18 | 46 | 39,1 | |
| 21 | Union pour un mouvement populaire | UMP | 28 | 17 | 45 | 37,8 |