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Aire-sur-l'Adour

commune française du département des Landes From Wikipedia, the free encyclopedia

Aire-sur-l'Adour, est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département des Landes (région Nouvelle-Aquitaine). Remontant à l’époque romaine, puis résidence royale du royaume wisigoth, Aire est aujourd'hui une commune d'environ 6 200 habitants dans une région rurale, entre Bordeaux et Pau. Elle est reliée à l'autoroute A65.

Faits en bref Administration, Pays ...
Aire-sur-l'Adour
Aire-sur-l'Adour
Blason de Aire-sur-l'Adour
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Landes
Arrondissement Mont-de-Marsan
Intercommunalité Communauté de communes d'Aire-sur-l'Adour
(siège)
Maire
Mandat
Jérémy Marti
2026-2032
Code postal 40800
Code commune 40001
Démographie
Gentilé Aturins
Population
municipale
6 211 hab. (2023 en évolution de +1,34 % par rapport à 2017)
Densité 107 hab./km2
Population
unité urbaine
7 612 hab. (2023)
Géographie
Coordonnées 43° 42′ 14″ nord, 0° 15′ 42″ ouest
Altitude Min. 68 m
Max. 176 m
Superficie 57,78 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Aire-sur-l'Adour
(ville-centre)
Aire d'attraction Aire-sur-l'Adour
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton d'Adour Armagnac
(bureau centralisateur)
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Aire-sur-l'Adour
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Aire-sur-l'Adour
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Aire-sur-l'Adour
Liens
Site web aire-sur-adour.fr
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Géographie

Localisation

Nichée aux limites sud-est du département des Landes, l'agglomération d'Aire-sur-l'Adour est située à la jonction du Tursan, dont elle est la plus grande commune, du Bas-Armagnac et du Vic-Bilh, entre forêt, coteaux de Gascogne et plaines du bassin de l'Adour. Limitrophe du département du Gers, elle forme une agglomération unique avec Barcelonne-du-Gers[1].

Traversée par la route départementale 824 et l'autoroute A65, elle est située à 150 kilomètres au sud de Bordeaux, 50 kilomètres au nord de Pau et 30 kilomètres au sud-est de Mont-de-Marsan, à l'endroit où l'Adour entre dans le département des Landes. Elle fait partie de la région vinicole de l'AOC Tursan.

Communes limitrophes

Les communes limitrophes sont Bahus-Soubiran, Barcelonne-du-Gers, Bernède, Cazères-sur-l'Adour, Duhort-Bachen, Le Houga, Lannux, Latrille, Ségos, Sorbets et Vergoignan.

Hameaux et lieux-dits

Le cœur de la ville est situé de part et d'autre de l'Adour. La mairie, le centre commerçant et la cathédrale se trouvent sur la rive gauche. Les deux principaux lieudits à l'écart du centre-ville sont Subéhargues, sur la rive droite, et le quartier du Mas qui surplombe la rive gauche avec l'église Sainte-Quitterie. La principale commune limitrophe est Barcelonne-du-Gers, qui fait partie de la même agglomération.

Géologie et relief

Hydrographie

L'Adour traverse la commune de part en part. Le ruisseau de Buros, affluent droit de l'Adour, arrose également ses terres.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[5] et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (19,5 °C), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à 20 jours)[6]. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 024 mm, avec 11,1 jours de précipitations en janvier et 7,4 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Houga à 10 km à vol d'oiseau[9], est de 13,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 875,9 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,1 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12,4 °C, atteinte le [Note 1].

Urbanisme

Typologie

Au , Aire-sur-l'Adour est catégorisée « bourg rural » par l'Insee dans la grille communale de densité 2022[12], à sept niveaux, remplacée par la grille de densité 2025[13]. Définir les mots est important. Selon l'Insee, d'un point de vue statistique où les communes sont réparties en sept catégories selon leur densité, « Les communes classées comme rurales dans la grille de densité sont classées en 3 catégories. Les « bourgs ruraux » correspondent au 1er niveau de ce classement. ».

D'un point de vue récent de géographe, « De nos jours, il n'y a pas donc pas de différence objective entre un gros bourg et une petite ville »[14]. Deux sens courants coexistent : l'un à l'échelle communale, mais « à l'échelle plus vaste d'un territoire rural, un bourg est une agglomération regroupant la plupart des services de proximité et certains services intermédiaires tels que le collège ou la gendarmerie ».

L'unité urbaine[Note 2] d'Aire-sur-l'Adour, dont elle est la ville-centre[Note 3], comprend également la commune limitrophe Barcelonne-du-Gers, située dans le Gers en région Occitanie[15],[16].

Petites Villes de demain est un programme initié par le gouvernement français au début des années 2020, avec l'objectif d'aider 1 600 villes françaises (de moins de 20 000 habitants), dans le centre-ville et l'habitat. Les deux villes de l'unité urbaine, Aire-sur-l’Adour et Barcelonne-du-Gers, sont éligibles à ce programme mené aussi avec la Communauté de communes d'Aire-sur-l'Adour ; il est focalisé sur l'aménagement de zones situées dans leurs centres urbains[17]. Après un diagnostic partagé avec les habitants, les objectifs définis et les propositions, les actions prévues ont été présentées en 2023[18].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Aire-sur-l'Adour, qui comprend 23 communes et dont elle est la commune-centre[Note 4],[16],[19].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (68,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (52,1 %), forêts (21,6 %), zones agricoles hétérogènes (8,2 %), zones urbanisées (7,3 %), prairies (6,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,4 %), eaux continentales[Note 5] (0,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,4 %), mines, décharges et chantiers (0,1 %)[20]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Voies de communication et transports

Voies

Davantage d’informations 189 odonymes recensés à Aire-sur-l'Adour au 1er mars 2014, Allée ...
189 odonymes recensés à Aire-sur-l'Adour
au
Allée Avenue Bld Chemin Cité Côte Impasse Place Promenade Quai Route Rue Square Autres Total
5 [Nv 1] 10 [Nv 2] 2 17 5 1 8 11 [Nv 3] 2 1 17 100 [Nv 4] 0 10 [Nv 5] 189
Notes « Nv »
  1. Dont Allée Albert Camus.
  2. Dont Avenue du 4 septembre.
  3. Dont Place Atura.
  4. Dont Rue Gambetta et Rue Carnot.
  5. Autres voies non identifiées en relation avec des écarts, lieux-dits, hameaux, zones industrielles, lotissements, résidences, quartiers, etc.
Sources : rue-ville.info & OpenStreetMap
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Risques majeurs

Le territoire de la commune d'Aire-sur-l'Adour est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à deux risques technologiques, le transport de matières dangereuses et le risque industriel[21]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[22].[évasif]

Risques naturels

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Adour, le Broussau, le ruisseau de l'Escourre et le Lourden. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1999, 2006, 2009, 2014 et 2020[23],[21].

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels[24].

Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux d'Aire-sur-l'Adour.

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 26 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (19,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les 2 545 bâtiments dénombrés sur la commune en 2019, 465 sont en aléa moyen ou fort, soit 18 %, à comparer aux 17 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM[25],[Carte 2].

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989 et 2002 et par des mouvements de terrain en 1999[21].

Toponymie

Attestée sous la forme civitate Vicojuli ou Vicus Julii en , composé latin de vicus « village » et du gentilice de Iulius Caesar.

Le nom complet de la commune est un toponyme pléonastique, c'est-à-dire qu'il assemble deux éléments désignant la même chose : le nom Aire (Atura) est dérivé du nom Adour, comme l'indique le nom des habitants (Aturins)[26].

Ce nom est en quelque sorte la francisation d'un toponyme basque latinisé. En effet, le nom originel Atura est la traduction latine de Aturri, nom basque de l'Adour. Ce nom a évolué de la sorte : Atura > Atra > Aira > Aire, il est en effet lié au peuple aquitain des Aturenses.

Son nom gascon s'écrit soit Aira selon la Norme classique de l'occitan (ou graphie alibertine), soit Ayre[27] avec la graphie fébusienne (apparentée à la norme mistralienne).

Par décret du 3 avril 1962 portant changement de noms de communes, la commune d'« Aire » prend officiellement le nom d'« Aire-sur-l'Adour »[28].

Histoire

Aire et Dax sont les seules villes landaises de l'époque préromaine[1].

Antiquité

Le pont sur l'Adour.
Le pont sur l'Adour vu de dessus.
Le pont de l'autoroute A65.

Avant l'époque romaine, un oppidum du nom de Atura existait sur le site d'Aire. De ce nom, emprunté au fleuve Adour, dérivent aussi bien le nom de la ville d'Aire que celui du Tursan (pagus aturensis). Il était occupé par le peuple aquitain des Tarusates (Proto-basques). Un nombre important de tumuli sera découvert en 1881 par le Dr Léo Testut au sud de la commune, au lieu-dit Nauthery. Leur fouille met à jour la présence de poteries, tessons, traces de foyers, cendres, ossements incinérés et plusieurs objets en bronze. Dans un tumulus sont mis au jour de gros blocs de pierre. Par la suite, d'autres tumuli sont repérés dans le même secteur[1].

Capitale des peuples soumis vers par Crassus, lieutenant de Jules César, le nom d'Aire, et notamment de son bourg, est romanisé en Vicus Julii[29]. Deux autels romains dont un dédié à Mars y sont découverts par Émile Taillebois en 1884[30],[31].

Au Bas-Empire romain, elle est la cité des Aturenses, un des neuf peuples de la Novempopulanie. De cette époque subsiste, aux abords de la ville, le Castéra ou Camp de César, éperon barré par un retranchement. Au lieu-dit Tuco, le Camp de Pompée est une enceinte protohistorique de forme ovale. À proximité, vingt-neuf autels votifs, dont plusieurs dédiés au dieu Mars, sont mis au jour en 1884-1885 ainsi que divers vestiges : fragments de céramique, débris de tuiles, de briques, carreaux de pavage, etc. En plusieurs points de la ville, de diverses découvertes archéologiques sont réalisées à l'occasion de travaux : vestiges de substructions antiques, restes de fortifications, colonnes de marbre, mosaïques, amphores, tronçons d'armes, pièces de monnaies romaines, etc. Il n'existe pas de certitude sur l'existence d'une enceinte faisant de la cité une ville close mais divers indices permettent de le supposer[1].

Wisigoths

Au Ve siècle, Aire fait partie du royaume wisigoth de Toulouse. Elle devient une résidence royale sous les rois Euric (466-484) et Alaric II (484-507). D'après la tradition, Alaric aurait établi son palais sur la colline du Mas, où un petit château moderne porte toujours le nom d'Alaric[1].

En 470, Euric, qui est arien, lance depuis Aire des ordres contre les églises nicéennes[32].

En 477, Quitterie, princesse catholique d'Espagne, fille du roi Kathilius et fuyant son prétendant, aurait été décapitée selon la tradition à Aire par les Wisigoths, attachés à l'arianisme, une hérésie. Sa tête y aurait fait jaillir une source miraculeuse. Les légendes concernant sainte Quitterie sont nombreuses et font état d'origines différentes (soit l'Espagne, la Galice, le Portugal, soit le royaume wisigoth de Toulouse). En tout état de cause on ne dispose d'aucune source historique. Son culte était très répandu en Vasconie (on prononce « Quitèr.i »), où on lui faisait guérir les maux de tête, la folie et la rage[1].

En 506, Aire devient siège épiscopal[1]. Alaric II réunit dans sa cité une assemblée d'évêques et de grands, ainsi que des jurisconsultes, qui établissent un recueil de lois destinées aux Gallo-Romains du royaume et inspirées en majorité du code de Théodose (438), c'est-à-dire du droit romain. Sur ce fondement, le roi promulgue le 2 février 5056 son bréviaire d'Alaric, qui inspirera le droit romain médiéval[33]. Un an plus tard, Alaric est vaincu par Clovis à la bataille de Vouillé.

L'évêché

La présence d'un représentant de l'évêque d'Aire, Marcellus, au concile d'Agde de 506, fait remonter très loin l'assurance d'un siège épiscopal en ces lieux. Aire perdit son évêché à la Révolution française. Au début du XIXe siècle, une réorganisation des diocèses de France (Concordats de 1801 et de 1817) a réuni les diocèses d'Aire et de Dax. Le siège principal de l'évêché a été officiellement transféré en 1933 à Dax, ville plus grande et mieux desservie par le train. La cathédrale d'Aire porte le titre de Concathédrale.

Philibert de Jumièges (v.616-684) passe son enfance à Aire. Il est le fils unique de Filibaud, gouverneur de Vicus Julii[34] (nom romain d'Aire) puis évêque après la mort de sa femme[1].

Moyen Âge

Au XIIe siècle, le blé de Gascogne et les vins produits localement sont transportés par l'Adour, flottable d'Aire à Saint-Sever puis navigable en aval. Un pont franchissant le fleuve est érigé au XIIIe siècle[1].

Les évêques d'Aire restent les seuls seigneurs de la ville épiscopale jusqu'au XIIIe siècle. Par acte du 10 juin 1289, passé au lieu-dit Condat[Note 6] près de Libourne, Pierre de Bétous, évêque d'Aire, fait don au roi d'Angleterre Édouard Ier de la moitié de la haute et basse justice du Mas, de ses dépendances et de divers revenus attachés à la seigneurie, en échange de sa protection[1].

Les seigneurs gascons Jean Ier de Foix, Jean IV d'Armagnac, Charles II d'Albret et Jean III, comte d'Astarac se réunissent le 16 novembre 1418 à Aire pour conclure le traité dénommé « Ligue d'Aire » afin d'éviter que des guerres intestines ne ravagent leurs possessions[1].

Le pèlerinage de Compostelle

Aire-sur-l'Adour est une étape sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. L'étape suivante est Miramont-Sensacq. Historiquement l'étape précédente distante de 27 km est Nogaro.

Il y avait à Aire-sur-l'Adour deux hôpitaux pour les pèlerins dont l'hospital de Manso, dans le bas de la rue montant à l'église Sainte-Quitterie, aujourd'hui rue Félix-Despagnet. Ils y étaient accueillis, nourris, soignés, réconfortés.

Les hôpitaux pour pèlerins étaient tenus par des confréries jacquaires composées dans chaque ville de ceux et celles qui avaient fait le pèlerinage. Ainsi ils redonnaient ce qu'ils avaient reçu maintenant ainsi la tradition. Ils accueillaient les pèlerins qui passaient par leur ville et préparaient ceux qui voulaient partir. Ces hôpitaux étaient aussi tenus par des ordres hospitaliers de chevalerie.

Époque moderne

Vers 1640, un pont de pierre datant du siècle précédent franchissant l'Adour s'effondre[1].

La seigneurie d'Aire et du Mas est mise en vente par le roi Louis XIII le 27 janvier 1643. Elle est adjugée aux jurats, syndics et communautés desdits lieux. L'évêque Gilles Boutault fait appel contre cette cession en rappelant qu'en vertu de l'acte du 10 juin 1289 précité, la moitié de la seigneurie lui appartient. Les acquéreurs contestent ses revendications, affirmant que la ville relève du domaine de la Couronne comme faisant partie de la vicomté de Marsan et de Tursan[1].

Un nouveau pont à sept arches est construit de 1748 à 1763. Il est partiellement détruit lors de la crue de 1793 et le franchissement de l'Adour se fait par bac dans les années qui suivent[1].

Époque contemporaine

XVIIIe siècle

Entre 1790 et 1794, Aire absorbe la commune éphémère du Mas[35].

Vue d'Aire en 1838, par Camille Bonnard
XIXe siècle

Le , les troupes anglaises et portugaises de Wellington, remontant d'Espagne, remportent une bataille contre celles du maréchal Soult sur les hauteurs au sud-ouest de la ville, avec un bilan de plusieurs centaines de morts. Elle entre dans l'histoire sous le nom de bataille d'Aire-sur-l'Adour[36].

Un pont de bois est réalisé en 1828. Il est emporté en 1832 et le bac reprend du service. Le pont actuel à cinq arches est construit en 1833-1834 (il sera élargi en 1961)[1].

De 1831 à 1841, Camille Bonnard occupe le poste de contrôleur des Contributions directes à Aire-sur-l'Adour. En 1833-1834, il publie La Novempopulanie, recueil historique anonyme contenant 20 planches illustrées en couleur de sa main puis, en 1838, un petit journal illustré de 36 numéros intitulé Le Pèlerin[1].

Après le rattachement de Labastide-d'Armagnac au département des Landes en 1850 et celui de Saint-Esprit à la ville de Bayonne en 1857, certaines communes du Gers demandent à quitter leur département pour celui des Landes. Dès 1853, la commune de Ségos, s'estimant dans un « isolement regrettable » et dont le territoire est partiellement enclavé dans les Landes, fait une démarche en ce sens. Entre 1857 et 1858, dix communes du Gers envoient une pétition au ministère de l'Intérieur et tout le canton de Riscle semble disposé à changer de département (hormis Barcelonne-du-Gers), Aire ambitionnant la création d'un nouvel arrondissement dont elle serait le chef-lieu. Finalement, ces demandes restent sans suite[1].

Le Grand Séminaire, plus tard centre Jean-Sarrailh, avant l'incendie de 1982.
XXe siècle

Le 13 février 1901, Victor Lourties, maire, sénateur et ancien ministre, fonde à Aire la Caisse régionale de Crédit agricole mutuel du Sud-Ouest. L'établissement se développe et ouvre des agences dans le département tout en conservant son siège à Aire-sur-l'Adour. La structure se maintient durant un siècle avant d'être rattachée en mai 2001 à la Caisse régionale du Crédit agricole mutuel d'Aquitaine[1].

Les bâtiments de l'ancien grand séminaire sont successivement reconvertis en caserne, préventorium, sanatorium puis, en 1972, en clinique médico-psycho-pédagogique accueillant des jeunes présentant des troubles psychiatriques, sous le nom de « centre Jean-Sarrail », dépendant de la Fondation santé des étudiants de France[1]. Le , l'incendie criminel[37] dudit centre Jean-Sarrailh fait 24 morts, dont 21 enfants. La veille au soir, un documentaire intitulé « Faut-il brûler les hôpitaux psychiatriques ? » avait été diffusé à la télévision[38].

XXIe siècle

Dans les années 2000, une déviation a permis au trafic de longue distance d'éviter le centre-ville. Cette déviation a été intégrée dans le tracé de l'autoroute A65.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945 juin 1946 Auguste Delhoste SFIO Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1945 → 1954)
juin 1946 octobre 1947 Jean Sarraute    
octobre 1947 1952 Auguste Delhoste SFIO Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1945 → 1954)
avril 1952 mai 1953 Georges Fraisse    
mai 1953 mars 1964[39]
(démission)
Julien Labat DVD puis RI Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1954 → 1964)
mai 1964[40] 1967
(décès)
Louis Lieux DVD Médecin général
Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1964 → 1967)
novembre 1967[41],[42] mars 1977 Olivier Darblade[43] DVG-PS Instituteur puis professeur de mathématiques en lycée
Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1967 → 1976)
mars 1977 mars 1989 Jean Clèdes DVG puis UDF Chef d'entreprise
Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1976 → 1988)
mars 1989 mars 2014 Robert Cabé PS Cadre de banque
Député des Landes (3e circ.) (1981 → 1986)
Conseiller général d'Aire-sur-l'Adour (1988 → 2015)
Président du conseil général des Landes (1997 → 2000)
Président de la CC d'Aire-sur-l'Adour (1993 → 2020)
mars 2014 mars 2026 Xavier Lagrave UDI Agriculteur[44]
Conseiller départemental d'Adour Armagnac (2015 → 2021)
mars 2026 en cours Jérémy Marti DVG Fonctionnaire territorial au SDIS des Landes, suppléant du conseiller départemental des Landes Boris Vallaud
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Jumelages

Politique environnementale

Dans son palmarès 2024, le Conseil national de villes et villages fleuris de France a attribué trois fleurs à la commune[45].

Population et société

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[46]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[47].

En 2023, la commune comptait 6 211 habitants[Note 7], en évolution de +1,34 % par rapport à 2017 (Landes : +6,41 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 1642 9993 3003 6293 9374 0284 4324 6674 817
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 8885 1444 8854 3614 7544 5624 6844 5514 510
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 2664 3034 0233 7213 9263 8644 1604 2984 841
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
5 1685 6655 8966 2426 2056 0036 0896 0706 136
Davantage d’informations - ...
2017 2022 2023 - - - - - -
6 1296 2156 211------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[48] puis Insee à partir de 2006[49].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

Écoles maternelles et élémentaires

  • Groupes scolaires publics[50]
    • École maternelle Claude-Nougaro (M)
    • Groupe scolaire Françoise-Giroud (P)
    • Groupe scolaire Victor-Lourties (P)
    • Groupe scolaire du Mas (P)
  • Groupes scolaires privés
    • École Jeanne-d'Arc (M)
    • École Saint-Joseph (P)

Légende : M. : école maternelle / P. : école élémentaire

Enseignement secondaire

  • Collège public
    • Collège Gaston-Crampe (S)
  • Collège privé
    • Maison Familiale Rurale (S)

Légende : S. : collège d'enseignement secondaire

  • Lycées publics
    • Lycée Gaston-Crampe (G / P)
    • Lycée Jean-d'Arcet (P)
  • Lycée privé
    • Maison Familiale Rurale (P)

Légende : G. : lycée d'enseignement général / P. : lycée d'enseignement professionnel

Enseignement supérieur

Pour ce qui concerne l'enseignement supérieur, Aire-sur-l'Adour regroupait 181 étudiants (formation de technicien supérieur)[51] pendant l'année scolaire 2008-2009.

Anciens élèves

Parmi ceux qui firent leurs études à l'ancien collège d'Aire, on peut citer notamment: les scientifiques Jean d'Arcet et Jérôme Dizé, le professeur Depaul, les généraux Antoine Simon Durrieu (oncle) et François Louis Alfred Durrieu (neveu), le conventionnel Pierre-Arnaud Dartigoeyte, les hommes politiques Bernard-Adolphe Granier de Cassagnac, Pascal Duprat et Victor Lefranc et le préfet poète Isidore Salles[1].

Sports

Club de rugby à XV, l'Avenir aturin a évolué au plus haut niveau en 1re division, groupe A, lors des saisons 1953-54, 1972-73, 1982-83, 1983-84 et 1984-85. Pour la saison 2024-2025, il évolue dans le Championnat de France de rugby à XV de 3e division fédérale ; Football (Violette Aturine), Tennis (Avenir Aturin Tennis), Gymnastique (Violette Aturine Gym), Athlétisme (Avenir Aturin Athlétisme), Volley-ball, Tennis de table, Pétanque, Canoë-kayak, Pelote basque, Cyclisme sur route.

Santé

Professionnels et services de santé :

  • Maison de santé de l'Adour[52].
  • Médecins.
  • Pharmacies.
  • Hôpitaux[53].
  • Pôle de Santé GCS ClinicAdour[54].

Cultes

Ont été notamment élèves des séminaires d'Aire les prélats Jean Dours, Prosper-Michel-Arnaud Hiraboure, Bertrand-Sévère Laurence, Antoine de Salinis, Michel Garicoïts, etc[1].

Budget et fiscalité 2024

L'hôtel de ville en août 2005.

En 2024, le budget de la commune était constitué ainsi[57] :

  • total des produits de fonctionnement : 6 829 000 , soit 1 017  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 5 467 000 , soit 814  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 3 047 000 , soit 454  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 3 150 000 , soit 469  par habitant ;
  • endettement : 4 314 000 , soit 643  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 16,35 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 34,34 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 48,00 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation : 21 530 [58].

Économie

Entreprises et commerces

Agriculture

  • Culture de céréales, de légumineuses et de graines oléagineuses
  • Culture de légumes, de melons, de racines et de tubercules.
  • Culture et élevage associés.
  • Élevage d'autres bovins et de buffles.
  • Élevage de porcins.
  • Élevage de volailles.
  • Sylviculture et autres activités forestières.
  • Viticulture : Saint-mont (AOC)

Tourisme

Commerces et services

  • Centre ville avec des boutiques.
  • Centre commercial.
  • Biscuiterie Poult (fermeture en 2022 pour cause économique)
  • Ressourcerie (Landes Ressourcerie[62])
  • Gascogne Energies Services (anciennes Régies Municipales d'Aire-sur-l'Adour fondées en 1926). Entreprise locale de distribution producteur, fournisseur et gestionnaire des réseaux de distribution gaz et électricité dans les Landes, le Gers et les Pyrénées Atlantiques.

Aéronautique

L'histoire locale de l'aéronautique et aérospatiale débute en 1958 avec l'achat de l'usine d'aviation Fouga par Henry Potez. Divers types d'avions biplaces, monoplace et de planeurs sont produits à Aire-sur-l'Adour, où sont également construits les avions d'entraînement militaire Magister qui sont utilisés pendant seize ans par la patrouille de France. L'entreprise Potez Aéronautique produit des éléments et des ensembles de structures pour la maintenance d'appareils une base de lancement du Centre national d'études spatiales créée en 1963. Sa fonction est de proposer aux scientifiques le lancement de ballons stratosphériques pour l'étude de l'atmosphère entre 30 et 40 km d'altitude. Les activités du centre concernent également les essais de modèles réduits d'engins spatiaux, tels que celui de la navette spatiale américaine en 1990[1].

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Édifices civils

L'hôtel de ville (depuis 1927) occupe une partie de l'ancien palais épiscopal. C'est un bâtiment du début du XVIIe siècle, avec un escalier de pierre et des plafonds à caissons, une tour ronde avec un escalier du XVIe siècle, coiffé en poivrière. La salle du conseil est ornée de boiseries et de peintures. Le petit musée archéologique de l'hôtel de ville rassemble des pierres sculptées de coquilles Saint-Jacques, un chapiteau mérovingien et des fragments de mosaïque, semblant dater du IVe siècle, découverts à plusieurs reprises lors de travaux au XIXe siècle et au début XXe siècle[1].

La maison de l'officialité, du XIVe siècle, inscrite aux monuments historiques le [63], 6 rue Labeyrie, avec des fenêtres à meneaux, était la juridiction où siégeaient les jurats[1].

Le pont de pierre à cinq arches sur l'Adour date de 1834, plusieurs ponts antérieurs ayant été emportés par l'Adour ; il est élargi en 1961[64]. Le quai sud et les bords de l'Adour ont été aménagés en une promenade qui mène jusqu'aux arènes.

La halle aux grains d'Aire-sur-l'Adour, octogonale, avec de grandes arches de pierre, date de 1860 ; elle a été inscrite aux monuments historiques le [65].

Monument en hommage à deux personnes innocentes tuées en 1944 près du monument aux morts.

Arènes Maurice-Lauche, construites en 1971 et inaugurées en 1972.

Édifices religieux

Équipements culturels

Le réseau des médiathèques communautaires d'Aire sur l'Adour est bâti autour de trois structures : la médiathèque communautaire d'Aire sur l'Adour, la médiathèque communautaire de Barcelonne du Gers et la médiathèque communautaire d'Eugénie les Bains. Il a été couronné du Grand Prix Livres hebdo des bibliothèques francophones en 2014.

Personnalités liées à la commune

Héraldique

Davantage d’informations Blason, Détails ...
Blason de Aire-sur-l'Adour Blason
Écartelé: aux 1 et 4 d'or au lion à la queue fourchée d'azur, aux 2 et 3 de gueules au lion de pourpre ; le tout au chef d'azur chargé d'une fleur de lis d'or[72]
Détails
Officiel 2003 .
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Événements

  • Fêtes patronales (Féria Aire[73], 2e week-end de juin) : féria, corrida, course landaise, bals, fête foraine.
  • Fêtes des Arsouillos[74] (1er week-end de mai).
  • etc.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

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