Attaque de Djibo (2023)
2023
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L'attaque de Djibo a lieu le lors de l'insurrection djihadiste au Burkina Faso. L'issue des affrontements est indécise : les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) parviennent à s'emparer de la ville de Djibo et de son camp militaire, mais ils en sont chassés quelques heures plus tard après l'intervention des forces aériennes burkinabées.
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Djibo |
| Issue | Indécise |
| Inconnues | 500 hommes[1] |
| 22 morts au moins[1] 40 blessés au moins[1] |
50 morts au moins[1] |
Insurrection djihadiste au Burkina Faso
Batailles
- Samorogouan
- Intangom
- Nassoumbou
- Ariel
- 1re Inata
- Loroni
- Gorom-Gorom
- Koutougou
- Arbinda
- Hallalé
- Markoye
- Dounkoun
- Boukouma
- 2e Inata
- Titao
- Opération Laabingol
- Namissiguima
- Madjoari
- Bourzanga
- Seytenga
- Gaskindé
- Tin-Ediar
- Tin-Akoff
- Aoréma
- Ougarou
- Namsiguia
- Noaka
- Koumbri
- 1re Djibo
- Tawori
- Mansila
- Nassougou
- Diapaga
- 2e Djibo
| Coordonnées | 14° 06′ 04″ nord, 1° 37′ 41″ ouest | |
|---|---|---|
Déroulement
Depuis le début de l'année 2022, les djihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) imposent un blocus à la ville de Djibo, dans la province de Soum[1],[3]. Celle-ci est ravitaillée ponctuellement par un pont aérien et des convois de l'armée[1],[3].
Le , vers 14 heures ou 15 heures, les djihadistes lancent une attaque d'ampleur contre le camp militaire de Djibo[1],[4],[2],[3]. Trois postes militaires des Forces armées du Burkina Faso et un poste des miliciens des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) se retrouvent sous le feu des assaillants[4].
L'Agence d’information du Burkina Faso (AIB) parle d'une « horde de terroristes drogués à mort » et d'une attaque menée par « près de 3 000 criminels »[1]. Pour Jeune Afrique, au moins 500 combattants prennent part à l'assaut, avec des pick-up, des motos et un véhicule blindé[1].
Les djihadistes mènent l'attaque sur plusieurs axes et parviennent à entrer dans l'enceinte du camp militaire[1],[4],[3]. Un MRAP PUMA M26-15 (en) est utilisé comme voiture bélier pour enfoncer le mur d'enceinte sur le côté sud[5]. Les djihadistes brûlent ensuite les baraquements, pillent du matériel et des munitions, puis emportent trois pick-up, un blindé, un dispositif d'artillerie à tubes et deux petits drones[1]. La ville de Djibo, située à 4 kilomètres à l'est du camp, est également investie par les djihadistes[3],[5].
Les forces aériennes burkinabées répliquent cependant assez rapidement[4],[5]. Un avion de reconnaissance DA62 MPP ou DA42 survole le camp et un ou plusieurs drones armés Bayraktar TB2 arrivent ensuite sur place[1],[4],[5]. Ces derniers effectuent plusieurs frappes et causent de nombreuses pertes aux djihadistes, qui battent en retraite[1],[4],[2]. Les combats s'achèvent au bout de deux ou trois heures[3],[2].
L'attaque est revendiquée le lendemain par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM)[1].
Pertes
Le bilan des pertes fait l'objet d'estimations divergentes, mais elles auraient été lourdes des deux côtés. Aucun bilan n'est communiqué par les autorités burkinabées[1]. Le , le journal Le Monde cite la déclaration d'une source sécuritaire ouest-africaine qui affirme que « Traoré sait que si le bilan, très lourd, et le détail de l’attaque de Djibo étaient révélés avec précision, cela pourrait donner des idées à un autre militaire. Voilà pourquoi on voit toute cette machine de propagande qui travaille activement à étouffer l’incident »[6]. Le lendemain, le gouvernement burkinabé ordonne la suspension de la diffusion du journal Le Monde dans tout le pays[7],[8].
Le lendemain de l'attaque, l'Agence d’information du Burkina Faso (AIB) affirme que « plus de 400 terroristes » ont été « décimés lors de la contre-offensive des Forces armées burkinabè »[1],[9],[2],[6]. Cependant une source sécuritaire anonyme du journal Le Monde affirme qu'« à chaque attaque d’envergure, la junte maximise les pertes infligées à l’adversaire et minimise ou cache celle de ses soldats pour protéger son pouvoir »[6].
Le , Jeune Afrique indique que selon des sources militaires concordantes, au moins 22 soldats ont été tués et une quarantaine blessés[1]. Du côté des djihadistes, une autre source sécuritaire fait état d'une cinquantaine de tués au moins[1].
Le même jour, l'AFP rapporte également que des sources sécuritaires burkinabées font état de la mort de « quelques » soldats et de « dizaines » de djihadistes[2].
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme annonce pour sa part un bilan d'au moins 40 civils tués et 42 blessés[2],[10]. Les djihadistes et les forces aériennes burkinabées sont tous deux accusés par des habitants d'avoir causé des pertes civiles[6].
Dans un communiqué publié le , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans revendique la mort de « dizaines » de militaires et la prise de six véhicules, d'un blindé et de onze motos[5]. Il dément les chiffres publiés par l'agence burkinabée, mais reconnait la mort de « quelques dizaines de moudjahidin »[5],[6].
Vidéographie
Lien externe
- Olivier Fourt et Grégory Genevrier, Burkina Faso: ce que disent les images de l’attaque de la base de Djibo, RFI, .