Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg
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67000 Strasbourg
| Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg | |
Salle monumentale à deux étages | |
| Présentation | |
|---|---|
| Coordonnées | 48° 34′ 58″ nord, 7° 45′ 07″ est |
| Pays | France |
| Ville | Strasbourg |
| Adresse | 2, rue des Frères 67000 Strasbourg |
| Informations | |
| Conservateur | Louis Schlaefli |
| Nombre de livres | 50 000 avant 1800 70 000 après 1800 |
| Collections | sciences religieuses, histoire, philosophie, droit, littérature |
| modifier |
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La bibliothèque du Grand Séminaire est une bibliothèque privée catholique située à Strasbourg, à proximité de la cathédrale, dans l'enceinte du séminaire Sainte-Marie-Majeure. Elle conserve d'importants fonds patrimoniaux, principalement dans le domaine des sciences religieuses, et abrite en particulier les derniers restes des bibliothèques ecclésiastiques d'Ancien Régime du Bas-Rhin[1].
La bibliothèque occupe le premier et le second étage du séminaire situé au no 2 de la rue des Frères, une voie de la Grande Île de Strasbourg qui doit son nom aux chanoines de la cathédrale qui occupèrent cet espace (Bruderhof) jusqu'au XIIIe siècle[2].
Abrité derrière de hauts murs en grès rose, cette imposante construction de quatre étages qui domine les rues avoisinantes fut érigée entre 1769 et 1775 sur les plans de l'architecte parisien François-Simon Houlié[2], à l'instigation du cardinal Louis-Constantin de Rohan, dont les armes ornent la balustrade de la galerie du second étage[3].
Outre la bibliothèque, l'édifice héberge une chapelle dédiée à Sainte-Marie-Majeure, ainsi qu'une salle de conférences, la salle Saint Léon IX[4]. L'aménagement de l'ensemble, en particulier les boiseries de la bibliothèque, est de style Louis XVI[2].
Dans le vestibule menant à la bibliothèque, deux dessus-de-portes du XVIIIe siècle, représentent, sur des toiles peintes en grisaille, l'une, des putti avec un livre et l'abbaye d'Ebersmunster au fond, et, l'autre, trois putti avec les attributs de l'abbé et une ruche évoquant la devise des bénédictins : ora et labora.
En 2003, l'ensemble a été inscrit aux Monuments historiques au titre objet[5].
- Dessus-de-porte : putti avec un livre et l'abbaye à l'arrière-plan à droite.
- Dessus-de-porte : putti avec les attributs de l'abbé et une ruche.
Histoire

La bibliothèque du grand séminaire trouve ses origines à Molsheim, petite ville épiscopale située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Strasbourg, qui connaît son apogée entre 1580 et 1681. En effet, le décret du concile de Trente, qui exigeait la création d'un séminaire dans chaque diocèse, ne pouvait s'appliquer à la ville de Strasbourg, presque totalement passée à la Réforme – d'où le choix de Molsheim[1]. L'évêque de Strasbourg, Jean de Manderscheid, cède à des Jésuites de la province du Rhin Supérieur l'hôpital local dans lequel ils ouvrent un collège en 1580[6]. Un internat-séminaire y est adjoint en 1584, enfin une académie impériale et pontificale est érigée[7], inaugurée avec faste en 1618[6]. Celle-ci perdure jusqu'en 1702, lorsqu'elle est transférée à Strasbourg et prend le nom d'« université épiscopale[8] ».
En parallèle un séminaire avait également été créé à Strasbourg, éclipsant bientôt celui de Molsheim.

Ces institutions bénéficiaient de dons, tel celui de l'abbesse d'Andlau qui offrit en 1607 un Nouveau testament grec (Novum Testamentum Graecae) de l'an mil en provenance de Constantinople, et de legs, comme celui de Lazare Rapp en 1621 avec l'importante collection constituée par son oncle Hieremias Rapp[9], qui avait été, comme lui, recteur d'Offenbourg[10].
Fondée par des Jésuites investis dans la Contre-Réforme, la bibliothèque d'origine, qui fait la part belle aux ouvrages de controverse (jansénisme, quesnellisme...[11]), a également été enrichie par des fonds protestants ayant appartenu à des convertis, tels que Jean Pistorius dit le Jeune (1546-1608), devenu vicaire général de Constance, ou Ulrich Obrecht (1646-1701[12]).
En 1681 Louis XIV entre à Strasbourg, qui est alors rattachée à la France. Il restaure le culte catholique et fonde un nouveau séminaire en 1683[1], qui recevra en dotation la bibliothèque de Molsheim[13]. La nouvelle université épiscopale est destinée à faire contrepoids à l'université protestante de la ville[1].
Les collections des deux institutions sont donc réunies à Strasbourg, implantées dans un premier temps au chevet de la cathédrale, dans l'attente de locaux appropriés[1]. Un vaste local – l’actuelle grande bibliothèque – est intégré dans les plans de Houlié au moment de la reconstruction du séminaire (1769-1775[8]).
Lors de la Révolution, la bibliothèque est confisquée et transférée dans l'ancienne église des Dominicains. Quand le bâtiment du séminaire est rendu à l’évêché de Strasbourg en 1823, le retour de l'ancienne bibliothèque peut être envisagé. Cette restitution devient effective en 1827, mais seuls 20 ou 30 000 titres sur 50 000 en font partie, parfois en provenance d'autres établissements, tels que les couvents. Grâce à cette initiative[8], ces ouvrages sont les seuls à échapper au bombardement allemand du qui détruit la bibliothèque municipale[14]. En revanche la bibliothèque du séminaire est peu affectée au cours du siège de Strasbourg, et d'aucune façon lors de la Première Guerre mondiale[12].
Lorsque le second conflit mondial éclate en 1939, vingt caisses contenant les pièces les plus précieuses, telles que les manuscrits et les incunables, sont évacuées à temps en Dordogne[15]. Cependant nombre d'ouvrages qui avaient été dissimulés dans le presbytère d'Orcival (Puy-de-Dôme) sont gravement altérés par l'humidité des lieux et ne peuvent plus être consultés. D'autres livres enfin furent entreposés à la Robertsau, un faubourg de Strasbourg, ou dans la salle du Cercle catholique de Rosheim[8], [15]. Cependant l’occupant nazi remplace par une bibliothèque administrative à son usage, les vieux codices et d'autres ouvrages[15].
Après la Seconde Guerre mondiale, la bibliothèque fait l'objet d'une réorganisation, les ouvrages antérieurs à 1800 étant installés dans la « grande bibliothèque », les plus récents stockés dans la « bibliothèque de la cave »[8].




