Borgward IV
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| Sd.Kfz. 301 Borgward IV | |
| Caractéristiques de service | |
|---|---|
| Type | Blindé de destruction radioguidé |
| Service | 1942 - 1945 |
| Utilisateurs | |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Production | |
| Concepteur | Borgward & Co |
| Année de conception | 1942 |
| Constructeur | Borgward Goliath-Werke |
| Production | 1 193 |
| Variantes | v. texte |
| Caractéristiques générales | |
| Équipage | 1 (aucun lorsque radioguidage) |
| Longueur | 3,65 m (Ausf. A et B) 4,10 m (Ausf. C) |
| Largeur | 1,80 m (Ausf. A et B) 1,89 m (Ausf. C) |
| Hauteur | 1,18 m (Ausf. A et B) 1,25 m (Ausf. C) |
| Garde au sol | 33 cm |
| Masse au combat | 3,5 tonnes (Ausf. A) 3,75 tonnes (Ausf. B) 4,85 tonnes (Ausf. C) |
| Blindage (épaisseur/inclinaison) | |
| Blindage | acier |
| Frontal (caisse) | 10 mm (Ausf. A) 20 mm (Ausf. C) |
| Latéral (caisse) | 5 mm (Ausf. A) 5 + 8 mm (Ausf. A mod.) 10 + 8 mm (Ausf. B) 20 mm (Ausf. C) |
| Armement | |
| Armement principal | 500 kg d'explosif maximum |
| Mobilité | |
| Moteur | Borgward 6 M 2,3 RTBV - 6 cylindres (B II à B IV Ausf. B) Borgward 6 B 3,8 TV - cylindrée 3,8 l (Ausf. C) |
| Puissance | 49 ch (B II à B IV Ausf. B) 78 ch (Ausf. C) |
| Suspension | barres de torsion |
| Pression au sol | 0,66 kg/cm2 |
| Vitesse sur route | 5 km/h (B I à B III) 38 km/h (B IV A et B) 40 km/h (B IV C) |
| Pente franchissable | 24° |
| Puissance massique | 13 ch/tonne (Ausf. B) |
| Réservoir | 123 l |
| Consommation | 58 à 100 l/100 km |
| Autonomie | 212 km |
| Autonomie tout terrain | 125 km env. |
| modifier |
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Le Sd.Kfz. 301 Borgward B IV est un véhicule de destruction blindé et chenillé allemand de la Seconde Guerre mondiale, radiocommandé pour déposer des charges explosives dans les lignes ennemies. Ce « porteur de charge lourd » (Schwere Sprengladungsträger) se montrera d'une efficacité stratégique limitée.

Champs de mines, obstacles antichars, bunkers et blockhaus sont autant de contraintes qui fixent toutes offensives, en particulier si elles sont fondées sur la vitesse d’exécution telle la Blitzkrieg, où l'emploi d'infanterie (génie et pionniers), lente et vulnérable, apparaît inadéquat. Un véhicule mobile, d'autant plus blindé et sans conducteur vulnérable, semble plus propice. Dès 1937, le capitaine Pommelet propose aux Services techniques de l'Armée française une chenillette radiocommandée pourvue d'une charge explosive, en vue de faire détoner une portion de champ de mines, par destruction ou effet de souffle. 75 exemplaires du V.P.38 seront construits mais non déployés[1]. Au cours du second conflit mondial, les Anglo-américains et les Soviétiques développeront un système monté sur leurs chars de combat : ils poussent devant eux de lourds rouleaux (par exemple le PT-34), ou actionnent des fléaux de chaînes (le système « crab »), qui font détoner les mines antichars. Relativement rapide, ce système à l'inconvénient de bouleverser le terrain par l'explosion des charges enfouies. Faire exploser une charge accentuerait ce problème : trois cents kilos d'explosifs génèrent un cratère de 5 mètres de large, mais fait détoner les mines dans un rayon de 20 mètres. Les Allemands testeront diverses configurations avec rouleaux anti-mines, sans opter pour une construction en série. Les Américains déploient aussi des chars-bulldozers (Sherman-dozer), inadéquats toutefois pour renverser les obstacles antichars.
Au cours du conflit, seule l'Armée allemande déploiera des engins téléguidés pour placer des explosifs sur des objectifs tactiques : cette configuration apparait en effet polyvalente, dégageant une portion de terrains minés, balayant sur un petit périmètre les obstacles ou les fortifications de campagne, détruisant les ouvrages bétonnés tels les bunkers ou les immeubles soviétiques, voire des chars lourds. Théoriquement, les fortes charges téléguidées permettent de pulvériser des cibles de façon très ciblée. Aux 500 kg d'explosif déposés à quelques mètres par un B IV peuvent être comparés d'autres munitions imposantes : les bombes de 250 kg SC 250 des bombardiers (130 kg d'explosif), très imprécises à moins d'être larguées d'un Stuka, la roquette Sprgr. 4581 du Sturmtiger et ses 125 kg d'explosif[2] ou encore l'obus de 113 kg (poids total) de l'obusier lourd de 210 mm, tous manquant pareillement de précision ; même la charge projetée par un mortier Karl est plus faible. Finalement, ce système d'armes dévastateur peut paraître réactif, diversiforme et relativement économique (tout au moins si le véhicule n'est pas détruit avec l'explosion). Pourtant, les véhicules de démolition et de déminage à distance se montreront en deçà des attentes tactiques, concédées par une industrie de guerre peinant déjà à fournir un nombre suffisant de véhicules blindés. Peu agiles ; d'un emploi trop ponctuel, qui plus est en situation d'offensive contre des fortifications (configuration rare pour la Wehrmacht après 1942 puis la bataille de Koursk), ils se révèlent aussi très vulnérables aux tirs directs ou indirects ennemis : un tel engin ne manque pas d'attirer le feu de contre-mesures lorsqu'il s'approche des lignes.
Prédécesseurs
Sd.Kfz. 300 Minenräumwagen Borgward
Alors que les hostilités viennent de débuter, le Service de l'Armement de l'Armée demande le la création d'un engin de déminage radiocommandé, confiée à la firme Borgward de Brème (créée en 1929 et spécialisée dans les voitures de tourisme). Celle-ci s'engage à présenter un engin pour la mi- ; une commande de 50 exemplaires est passée dès le . La firme développe alors un petit véhicule mû par un moteur 4 cylindres de 29 chevaux et d'un poids de 1,5 tonne, baptisé Minenräumwagen B I, ou dans la nomenclature des véhicules de la Wehrmacht, Sd.Kfz. 300. L'engin possède un barbotin avant et trois roues (par côté), est dirigé à distance par radiocommande (conçue par Hagenuk, de Kiel) à une vitesse ne dépassant pas les 5 kilomètres à l'heure, et surtout ce « balayeur de mines » est constitué d'une caisse en béton et pourvu de trois lourds rouleaux susceptibles de faire détoner les mines lors de leur passage. Il est prévu que le pilote-opérateur le dirige depuis un blindé directeur leitpanzer, en l’occurrence la version commandement leichte befehlspanzerwagen I du Panzer I. Les démonstrateurs sont testés dans les champs de mines de la Ligne Maginot durant l'été 1940, avec des résultats peu concluants.
Dès le 3 avril 1940, Borgward crée un modèle Minenräumwagen B II plus imposant (2,3 t), toujours avec une structure en béton mais avec un moteur 6M RTBV de 49 chevaux et une roue supplémentaire. Les roues anti-mines sont abandonnées et il transporte dorénavant jusqu'à 515 kg d'explosif mis à feu avec l'ensemble du véhicule. L'opérateur radio du leitpanzer peut diriger conjointement deux engins jusqu'à 2 000 m de distance. Déployés au sein de la Minenräum-Abteilung 1 (Heeresgruppe Mitte) lors de l'attaque contre l'Union Soviétique, ils se révéleront médiocres et vulnérables sur le terrain. Trois exemplaires du B II seront modifiés en version amphibie, dite Ente (« canard »)[3],[1].
A l'été 1941, la firme envoie à l'unité son dernier démonstrateur, le Minenräumwagen B III, similaire semble-t-il au B II mais avec une structure en acier, et non plus en béton[1].
Gepanzerte munitionsschlepper Borgward
A côté de son véhicule anti-mines, Borgward avait développé avant-guerre (commande de septembre 1937) un prototype (VK 302) de chenillette blindé pour le transport de munitions (4 roues, roue tendeuse et barbotin de chaque côté). 20 exemplaires du gepanzerte Munitionsschlepper seront au total assemblés à la fin 1941. Dirigés par deux hommes en cabine, ils peuvent transporter 500 kg de munitions sur un plateau au-dessus du moteur, pour l'approvisionnement des unités d'artillerie ou de blindés. Le véhicule n'est toutefois pas retenu par l'armée.
À la suite de la demande, à la fin de l'été 1941, de disposer d'un véhicule de destruction déposant une charge mais n'étant plus détruit avec l'explosion, le constructeur envisage de reprendre et modifier son gepanzerte Munitionsschlepper, tout en stoppant la production des Minenräumwagen[1].

