CAESAR (artillerie)

canon de 155 mm automoteur français From Wikipedia, the free encyclopedia

Le CAESAR (ou Caesar, ou parfois CAESAr, abréviation de « camion équipé d’un système d’artillerie ») est un canon automoteur français, en service depuis le début des années 2000 dans l'armée française et exporté dans plusieurs pays. Il s’agit d’un canon de 155 mm, long de 52 calibres (soit un peu plus de huit mètres[1]) monté sur la plate-forme arrière d’un camion, conçu et fabriqué par KNDS France (anciennement GIAT Industries puis Nexter).

Faits en bref Caractéristiques de service, Service ...
CAESAR
Image illustrative de l’article CAESAR (artillerie)
Engagement d'un CAESAR français en Irak en 2018.
Caractéristiques de service
Service 2004 - aujourd’hui
Utilisateurs Drapeau de la France France
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Drapeau de l'Arménie Arménie
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la Croatie Croatie
Drapeau de l'Estonie Estonie
Drapeau de la Lituanie Lituanie
Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau du Portugal Portugal
Drapeau de la Tchéquie République tchèque
Drapeau de la Slovénie Slovénie
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Conflits - Guerre d'Afghanistan (2001-2014)
- Conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande
- Guerre du Mali
- Seconde guerre civile irakienne
- Guerre civile syrienne
- Guerre civile yéménite
- Invasion de l'Ukraine par la Russie
Production
Concepteur GIAT Industries (actuel KNDS France)
Année de conception 1992-1999
Constructeur KNDS France
Unités produites 473
Variantes CAESAR 6 × 6
CAESAR 8 × 8
Caractéristiques générales
Équipage Cinq hommes (trois au minimum, en cas d'urgence)
Longueur 10,50 m (6 × 6)
12,30 m (8 × 8)
Largeur 2,55 m (6 × 6)
2,80 m (8 × 8)
Hauteur 3,70 m (6 × 6)
3,10 m (8 × 8)
Masse au combat 15,9 - 17,7 tonnes (6 × 6)
28,7 - 32 tonnes (8 × 8)
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage Cabine blindée en option : protection contre les tirs de 7,62 mm (niveau 2 STANAG 4569). Une nouvelle cabine est proposée assurant une protection contre les mines (niveaux 2a et 2b) et les IED
Armement
Armement principal Canon de 155 mm/52 cal. à chargement semi-automatique. Portée : 4,5 km à 42 km (obus ERFB), plus de 50 km (obus roquette), 80 km (charges propulsives à déclenchement différé), jusqu'à 2 000 m en tir direct
Mobilité
Moteur Diesel
Puissance 215 ch (6 × 6)
410 ch (8 × 8)
Vitesse sur route 100 km/h
Vitesse tout terrain 50 km/h
Pente franchissable 40 %
Autonomie 600 km
Prix unitaire 4 M€
Chronologie des modèles
Fermer

Il est exporté largement dans plusieurs pays, notamment des membres de l'OTAN, et constitue un élément majeur de l'aide militaire à l'Ukraine dans le conflit russo-ukrainien de 2022.

Historique

Conception

À la fin des années 1980, GIAT Industries développe sur fonds propres le système CAESAR d'après une idée proposée par le groupe Lohr Defense, ce qui permet à l'entreprise de se démarquer des concurrents avec un produit innovant et bon marché[2],[3],[4]. Le développement est coordonné par l'ingénieur de l'armement Pierre-André Moreau présenté comme le « père du CAESAR » qui insiste sur la « réussite collective » de cet armement[5].

Le premier prototype est fabriqué par Lohr Défense en moins d'un an en associant le canon du TRF1 à un châssis de camion Unimog et présenté au public au salon Eurosatory en 1994[3],[4]. Le coût du développement du CAESAR est estimé à 80 millions d'euros[6].

Cinq exemplaires de présérie sont commandés par l'armée de terre en 2000 et livrés par Lohr Defense en 2003 uniquement pour faciliter son succès à l'export. Cependant, les essais conduits par les armées furent si concluants qu'il fut décidé de l'adopter comme ossature des unités d'artillerie, après de légères modifications, notamment le choix d'un châssis Renault au lieu du châssis Unimog en raison de l'arrêt de sa production par Mercedes[3],[4],[6].

Production

La production du CAESAR implique un certain nombre de sous-traitants et de sites industriels. Ainsi, les ébauches des tubes longs de neuf mètres sont fabriqués dans la Loire par Aubert & Duval avant de subir trente opérations d'usinages dans la canonnerie de BourgesKNDS France taille les ébauches pour en faire des tubes[7],[8]. L'assemblage est assuré par KNDS France dans son usine de Roanne[9] à partir des canons de Bourges et des châssis d'Arquus produits à Limoges[10].

À la suite de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, le ministre des armées Sébastien Lecornu demande à Nexter d'augmenter la production de canons CAESAR dès [11]. Ainsi, s'il fallait 30 mois pour produire un CAESAR en 2022, ce délai passe à 15 mois en [12], grâce à la réorganisation de la production par la mise en place d'une ligne de montage remplaçant les anciens box de production mais aussi par la création de stocks de matières premières[13].

Cette augmentation de la rapidité de production permet de passer de deux CAESAR fabriqués par mois en 2022 à six en , soit un triplement de la capacité de production[12] alors que le ministre des Armées Sébastien Lecornu souhaite pouvoir produire douze canons par mois prochainement[13]. Ainsi, si seulement dix à quinze CAESAR étaient livrés par an avant l'augmentation des cadences de production, quarante-trois exemplaires sont livrés en 2024 avec un objectif de soixante-cinq livraisons en 2025[14].

L'augmentation de la production du CAESAR a aussi pour effet d'en faire diminuer le prix. Celui-ci était estimé à cinq millions d'euros en 2022[15] tandis qu'en 2024 il est estimé entre trois et quatre millions d'euros[16].

Évolutions

La version initiale du CAESAR possède six roues motrices et un blindage en option. Une version plus robuste du CAESAR est dévoilée au salon DEES en avec une cabine blindée, davantage d'obus emportés et huit roues motrices pour une masse de 30 tonnes[17].

En est lancé le développement du CAESAR MkII pour remplacer les AuF1 et les CAESAR MkI de l'armée française, la première livraison est attendue en 2026[18].

En , il est annoncé que le CAESAR sera amélioré par Helsing IA par l'ajout d'algorithmes d'intelligence artificielle permettant de diviser la consommation de munition par deux[19].

Caractéristiques

Canon

Le CAESAR est armé avec un canon de 155 mm d'une longueur 52 calibres  soit 8,06 mètres  disposant d'une chambre de détonation de 23 litres conformément au Joint Ballistics Memorandum of Understanding (JB MoU) de l'OTAN[20], développée à partir de celle du TRF1[21]. Cette chambre de détonation peut contenir 30 kg de propergol dont l'énergie est retenue par un alliage d'acier plus résistant que pour celle du TRF1, tout en ayant un volume supplémentaire de quatre litres[21]. La culasse à tronc conique[22] en alliage mécano-soudé peut ainsi absorber 90 tonnes de poussée[8] tandis que les classiques rayures du tube assurent la stabilité de l'obus en vol[23],[24].

Le chargement du canon est semi-automatique et lui permet de tirer six coups par minute[20]. Ce dispositif réduit aussi l'usure de l'entrée de la chambre du canon puisque l'obus y est poussé selon un angle précis et toujours identique, ce qui n'est pas possible avec un chargement manuel[25].

Exercice de tir d'un CAESAR du 93e régiment d'artillerie de montagne.

Munitions et portée

Le CAESAR peut tirer toutes les munitions de 155 mm au standard OTAN[20], dont :

  • obus Extended Range, Full Bore (ERFB) d'une portée de 4,5 km à plus de 40 km[20]
  • obus roquette d'une portée de 50 km[20]
  • obus à charges propulsives à déclenchement différé d'une portée de 80 km[26]
  • obus BONUS[20]
  • obus M982 Excalibur guidé par GPS d'une portée de plus de 50 kilomètres[27] et son équivalent français Katana[28]
  • obus à sous-munitions M864[29]

Il est possible de faire feu en tir direct à partir de 800 mètres[30] et jusqu'à 2 000 mètres[20].

Guidage

Le CAESAR possède un calculateur balistique EADS CS 2002-G autonome qui fournit les solutions de tirs à partir des informations transmises par les observateurs avancés via la radio très haute fréquence PR4G ou via un système de commandement comme l'ATLAS français[20],[2]. Le calculateur balistique peut aussi afficher d'autres données comme la situation tactique ou l'identification des unités amies et ennemies[2].

L'observation avancée peut être assurée par un drone DT-46 de Delair[31] ou par un drone Spy'Ranger de Thales via le système ATLAS[32] tandis que l'intelligence artificielle doit permettre une vision par ordinateur du CAESAR pour lui permettre de comprendre les flux vidéo transmis par les drones[19], en particulier pour ceux de gamme civile qui transmettent des coordonnées GPS moins précises que celles fournies par les drones militaires[33].

Pointage

Le pointage du CAESAR est assuré de manière complètement automatique[20] et possède une haute précision grâce à une centrale inertielle Sigma 30 fournie par Safran Electronics & Defense conférant une localisation décamétrique sans utiliser de système GPS[34]. Cette centrale inertielle permet au CAESAR de se déployer individuellement sans assistance topographique[35]. La simplicité conférée par le pointage automatique permet de former l'équipage du CAESAR au tir en seulement 114 heures[36].

Cependant, la hausse et le champ de tir du canon dépend des versions du CAESAR. Le CAESAR 6 × 6 a un champ de tir de 17° (300 mil) de chaque côté du canon et une hausse maximale de 67° (1 200 mil)[20] tandis que le CAESAR 8 × 8 a un champ de tir de 30° (530 mil) de chaque côté du canon et une hausse maximale de 73° (1 300 mil)[37].

Précision

Le CAESAR est réputé pour sa grande précision[16], qui repose sur la qualité de son tube et de son calculateur de tir. Elle peut encore être améliorée, grâce à son radar Doppler Intertechnique RDB4[2], qui mesure la vitesse initiale et la trajectoire de l'obus durant les premières secondes de vol, la communique aux obus équipés d'une tête Spacido qui pourra déployer des freins aérodynamiques afin de corriger et d'ajuster la portée[20],[38], améliorant la précision des tirs d'un facteur 5 selon Nexter, et qui est qualifiée de « diabolique » par les artilleurs[39]. Ainsi, alors que le CAESAR est présenté à l'école d'artillerie américaine de Fort Sill, les chars réformés jouant le rôle de cible sont pulvérisés, suscitant l'admiration des Américains[6].

La précision pour un tir à 40 km est de moins de 50 mètres avec des obus classiques[3], bien que sa précision réelle soit classée secrète[40] et dépende de la qualité et du type de munition. Certains obus - très onéreux, mais on peut en tirer moins pour un effet équivalent - sont guidés par GPS (les obus Katana français et Excalibur américains), et dans ce cas la précision devient décamétrique (50 % de coups au but à moins de 10 m de la cible), métrique au futur pour le Katana[28],[41]. Le CAESAR a aussi la capacité de faire des tirs Multiple Round Simoutaneous Impact (MRSI) consistant à tirer plusieurs obus à la suite avec différentes trajectoires pour que tous frappent simultanément une cible désignée[42],[43].

Doctrine d'utilisation

La précision du CAESAR associée à son habileté à entrer et sortir de batterie rapidement lui permet d'utiliser la tactique dite de Tire et détale (en anglais : Shoot and scoot). Ainsi, cet automoteur mis en service par un équipage expérimenté n'a besoin que de trois minutes pour arriver sur une position de tir, tirer six obus et la quitter avant l'arrivée des tirs de contrebatterie ennemis[44], chose rendue possible par sa capacité à se mettre en batterie en moins de 60 seconde et à sortir de batterie en moins de 40 secondes[20].

De plus, si le canon CAESAR peut emporter des obus, les soldats ukrainiens ont pris pour habitude de ne pas en porter directement sur le véhicule, mais plutôt de les laisser à des endroits stratégique du champs de bataille pour faire venir le Canon CAESAr et tirer. Cela permet une plus grande survabilité en cas de frappe de drone, avec les charges explosives des obus en moins.

Coût de possession

Le coût opérationnel du CAESAR est annoncé par le constructeur comme particulièrement économique, notamment en regard du coût opérationnel des automoteurs blindés, avec un coût de possession quatre fois moindre qu’un automoteur blindé à chenilles et équivalent à celui d’un canon tracté avec son tracteur. Son coût de maintenance serait trois fois moindre que celui d’un automoteur blindé à chenilles grâce à la facilité d’entretien du châssis[45].

Versions

CAESAR 6 × 6

Un CAESAR (6 × 6) sur châssis Unimog U2450 en camouflage centre-Europe, utilisé par l'armée française jusqu'au début des années 2000.

Deux châssis sont disponibles pour cette version : le Renault Sherpa 5[46] et le Soframe-Mercedes-Benz Unimog U2450[47].

Mobilité

Le CAESAR 6 × 6 dispose d'une grande mobilité permise par son moteur de 215 ch[48], avec une vitesse de 80 km/h sur route et 20 km/h en tout chemin avec 600 km d'autonomie. En tout terrain, il peut franchir une pente de 40 %, un dévers de 30 % ou un gué de 1,20 mètre et dispose d'un système de gonflage de pneu centralisé.

Le CAESAR est également aérotransportable par C-130 Hercules, A400M Atlas, Il-76 ou C-17 Globemaster III en un seul fardeau grâce à ses faibles dimensions (10 × 3,7 × 2,55 m) et son faible poids (18 t)[20] tout en pouvant être transporté par le train sur un wagon-plateau standard sans modifications, y compris dans les tunnels[22]. Cela lui assure une projection simple et rapide.

Équipement et blindage

Le CAESAR 6 × 6 embarque 18 coups complets et dispose d'une protection balistique de la cabine au niveau 1 de la norme STANAG 4569. Une protection balistique au niveau 2 de la norme STANAG 4569 contre les tirs de calibre 7,62 × 39 mm est aussi disponible en option[20],[47].

CAESAR 8 × 8

Un CAESAR 8 × 8 utilisé par les Forces d'assaut aérien ukrainiennes en position de déplacement.

Seul un châssis de Tatra 817 (en) est disponible pour cette version.

Mobilité

Le CAESAR 8 × 8 dispose de la même mobilité que la version à six roues motrices, à quelques exceptions près. Sa vitesse sur route est légèrement plus élevée, avec 90 km/h au lieu de 80 km/h, et il gagne la capacité de franchir des tranchées large de deux mètres. En revanche, l'augmentation de son volume (12,3 × 3,1 × 2,80 m) et de son poids (32 t) ne lui permet plus d'être aérotransportable par C-130, même s'il peut encore l'être par A400M, Il-76 et C-17[37].

Équipement et blindage

Le CAESAR 8 × 8 embarque 36 coups complets et a la capacité de tirer automatiquement, contrairement à la version 6 × 6[37].

Il dispose aussi d'une protection balistique de la cabine au niveau 3 de la norme STANAG 4569 et au niveau 2 de la même norme contre les mines, tout en étant protégé contre les EEI. Il est possible de lui ajouter divers équipements en option, comme une arme secondaire, des lanceurs de fumigènes ou des brouilleurs[37].

CAESAR 6 × 6 MkII

Le CAESAR 6 × 6 MkII est une modernisation importante du CAESAR 6 × 6 dont le développement commence en et qui vise à améliorer la mobilité et la protection de l'automoteur[49], à la suite du retour d’expérience de l'emploi du CAESAR 6 × 6 en Afghanistan et au Sahel[50]. Son entrée en service est prévue en 2026[51].

Mobilité

Le CAESAR 6 × 6 MkII dispose d'un nouveau châssis, celui de l' Armis d'Arquus, équipé d'un moteur de 460 ch et d'une boîte de vitesse automatique[48] afin d'améliorer ses capacités tout-terrain. Le tout est produit à Limoges par Arquus[10].

Équipement et blindage

Le CAESAR 6 × 6 MkII dispose d'une protection balistique de la cabine au niveau 2 de la norme STANAG 4569 contre les tirs d'armes légères et du brouilleur BARAGE contre les EEI. Il recevra également une nouvelle radio CONTACT et des logiciels de tir améliorés[48].

Utilisateurs

Le CAESAR est depuis 2024 le système d'artillerie moderne européen le plus exporté dans le monde devant le Panzerhaubitze 2000 et est le troisième système d'artillerie moderne le plus exporté au monde derrière le K9 Thunder sud coréen et le M109 américain avec 548 exemplaires vendus à 12 pays différents[52], dont la moitié fait partie de l'OTAN. Cela conduits KNDS France à qualifier le CAESAR de « système d’artillerie de référence au sein de l’OTAN »[53].

L'Union européenne pourrait faciliter l'achat conjoint de 36 CAESAR par la France, l'Estonie et la Croatie, éligible au financement EDIRPA (EU Defence Industry Reinforcement through common Procurement Act) pouvant couvrir au maximum 20 % de l'investissement[54]. En , la Slovénie signe une lettre d’intention pour rejoindre ce groupement. En , le Portugal adhère à ce projet d'achat conjoint avec l'intention d'en commander 36 unités[55]. Finalement, en , ce projet ne fait pas partie des propositions retenues par l'Europe[56].

Davantage d’informations Utilisateurs, Commande ...
Utilisateurs Commande Livraison Donation
[ + / - ]
Détruits / H.S.
[-]
En service
Caesar (Mk1) Caesar NG (Mk2) Sherpa5
6 × 6
Unimog U2450L
6 × 6
Tatra817
8 × 8
Caesar NG (Mk2)
Armis
6 × 6
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 156 156 156
Drapeau de l'Arménie Arménie 36 (+ 36) 0
Drapeau de la Belgique Belgique 28 (+ 28) 0
Drapeau de la Croatie Croatie 18 (+ 18) 0
Drapeau du Danemark Danemark 15 + 4 19 - 19[57] 0
Drapeau de l'Estonie Estonie 12 + 12 12 (+ 12) 12
Drapeau de la France France 77 + 30 109[58] 105 (+ 2) (+ 109) - 30[59] -1 74[60]
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 37 + 18 55 55
Drapeau de la Lituanie Lituanie 48 (+ 48) 0
Drapeau du Maroc Maroc 36 36 36
Drapeau du Portugal Portugal 36 (+ 36) 0
Drapeau de la Tchéquie Tchéquie 52 + 10 (+ 62) 0
Drapeau de la Slovénie Slovénie 12 (+ 12) 0
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 6 6 6
Drapeau de l'Ukraine Ukraine Ukraine: 6 + 12
Coalition: 72
84 (+ 6) 6×6: + 30
8×8: + 19
6×6: -13
8×8: -3[61]
120[62]
TOTAL 591 233 298 156 19 0 0 - 17 456
824 473
Fermer
Pays utilisateurs du CAESAR.
  • Pays utilisateurs actuels
  • Pays utilisateurs prévus
  • Anciens pays utilisateurs
  • Restant à produire / livrer
  • Dons pour l'Ukraine
    • l'armée danoise n'avait pas reçu de Caesar 8x8 avant leur transfert vers l'Ukraine.
  • Drapeau de la France France

    Résumé des commandes et livraisons effectives

    CAESAR
    • France : 5 de pré-série commandés en 2000 et livré en 2003[3]
    • France : 77 commandés en 2004, début production en série 2008, fin livraisons 2010
    • Ukraine : 12 annoncés en [63], et aperçus sur le terrain dès le [64]
    • Ukraine : 6 en plus annoncés en [65] et livrés en [66]
    • France : 18 commandés en pour compenser les 18 livrés à l'Ukraine[67]
    • Ukraine : 12 canons en plus annoncés le [68]
    • France : 12 commandés en plus en 2023, le ministère annonce qu'il recevra les 30 remplaçants du Caesar livrés à l'Ukraine entre et [69],[70].
    CAESAR MkII
    • France : 33 Caesar Mk2 commandés en , basés sur la plateforme 6 × 6 Armis d'Arquus[71](avec modernisation ou remplacement des Caesar en service).
    • France : En , il est décidé de remplacer l'ensemble des Caesar Mk1 par des Caesar Mk2. 109 Caesar Mk2 sont commandés[58]. Les anciens systèmes seront selon les plans actuels retirés du service, mis sous cocon, ou éventuellement transférés à l'Ukraine.
    Un CAESAR du 40e régiment d'Artillerie sur la Place de la République de Metz en France le .

    Premières livraisons de CAESAR pour l'armée française

    Cinq CAESAR de pré-série sont commandés par l'armée de terre en 2000 et livrés en 2003 uniquement pour faciliter son succès à l'export. Cependant, les essais conduits par les armées furent si concluants qu'il fut décidé de l'adopter comme ossature des unités d'artillerie, après de légères modifications, notamment le remplacement du châssis Unimog par un châssis Renault[3],[6].

    En , 77 CAESAR sont commandés à Nexter par la DGA pour une livraison entre 2008 et 2011. Le premier exemplaire est livré en à l’École d'application de l'artillerie tandis que le 68e régiment d'artillerie d'Afrique est la première unité combattante dotée de ce matériel[72]. Ce régiment déclare le CAESAR « apte à la projection sans restriction »[73] au camp de Canjuers en [74].

    Commande de CAESAR MK II

    Pour remplacer ses 80 AMX AuF-1 vieillissants, une commande de 64 CAESAR est envisagée dans la loi de programmation militaire 2009-2014, mais elle est abandonnée en 2013 dans la loi de programmation militaire 2014-2019[75],[76],[77]. Le CEMAT Jean-Pierre Bosser annonce en que les derniers AUF-1 seront remplacés par des CAESAR lourds en version 8 × 8 à l'horizon 2030[78]. Les 21 AuF1 subsistant en 2025[79] sont finalement remplacés par des CAESAR MkII[18].

    Au cours d'une visite de l'usine Nexter de Roanne en , le premier ministre Jean Castex et la ministre des Armées Florence Parly annoncent la commande de 33 CAESAR de nouvelle génération et le remplacement ou la modernisation des 76 autres en service pour un montant de 600 millions d'euros. Cela vise à atteindre le nombre de 109 CAESAR en service dans l'armée fixé dans la loi de programmation militaire 2019-2025[80]. Finalement, 109 CAESAR Mark II sont commandés en par le ministère des armées pour environ 350 millions d'euros pour être livrés à l'horizon 2026[81].

    Livraisons de CAESAR à l'Ukraine

    Tir d'un CAESAR du 68e régiment d'Artillerie d'Afrique.

    Le , pour aider l'Ukraine à se défendre contre l'invasion russe, la France livre 12 canons CAESAR à l'Ukraine, plusieurs milliers d'obus et assure depuis le camp de Canjuers la formation d'une quarantaine d’artilleurs ukrainiens au maniement de ces canons[82],[83]. Ces pièces sont prélevées sur la dotation de l'Armée de terre selon une déclaration du Délégué général pour l’armement, Joël Barre[84]. À cette date, il ne reste plus que 64 canons CAESAR en dotation dans l'Armée de terre française.

    Le , six nouveaux canons CAESAR 6 × 6 sont livrés aux Forces armées ukrainiennes. Ces six nouveaux CAESAr, comme les 12 précédemment livrés en , sont prélevés sur le parc des unités en service dans l'Armée de terre française[85]. Ce qui porte le nombre de CAESAR en service dans l'Armée de terre française à 58 unités, et à 18 dans les Forces armées ukrainiennes.

    Le , lors d’une audition organisée par la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, annonce qu’une commande de 18 CAESAR a été notifiée à Nexter pour un montant de 85 millions d’euros. Cette commande vise à ramener le parc de CAESAR dans l'Armée de terre française à son nombre initial, soit 76 unités. Son financement provient de la loi de programmation militaire actuelle (2019-2025), sans conséquence sur un programme existant[86],[87].

    Le , Sébastien Lecornu annonce la livraison de 12 CAESAR supplémentaires financés par le fonds de soutien à l'Ukraine et potentiellement tirés des stocks de l'Armée de terre. L'ensemble des 30 CAESAR cédée par la France sont remplacés par de nouveaux exemplaires neuf livrés par KNDS France dès [88] avec une fin des remplacements attendue en [70], mais les 12 derniers exemplaires ne sont attendus que début 2026[89].

    Préparation à la guerre de haute intensité

    Afin de préparer l'Armée de terre à une guerre de haute intensité, chaque canon CAESAR et ses servants devraient tirer 110 obus par an en entrainement. En réalité, seuls entre 69 et 74 coups sont tirés selon un rapport de l'Assemblée nationale publié en [90]. À partir de , la préparation opérationnelle du CAESAR inclut son couplage avec des drones de reconnaissances, permettant une « accélération de la boucle renseignement-feux »[32].

    Exportations

    Arabie saoudite

    En , Libération révèle la commande de 76 CAESAR par l'Arabie saoudite à Nexter[102], avec une option pour quatre exemplaires supplémentaire levée dès 2007 pour équiper la Garde nationale saoudienne[103]. Les deux premiers exemplaires sont construits en France tandis que les 78 restant sont assemblés localement pour équiper trois régiments d'artillerie[103]. Disposant du système ATLAS[103], les CAESAR sont livrés en 2010 et 2011[104].

    En 2009, 20 exemplaires supplémentaires sont commandés et livrés en 2011. Cette année voit aussi une nouvelle commande de 32 CAESAR pour 169 millions d'euros assemblés sur place à partir de kits et livrés entre 2013 et 2015[104].

    En , Disclose révèle la livraison de dix CAESAR à l'Arabie saoudite en selon le contrat ARTIS, signé en alors que le pays participe à la guerre civile yéménite[105]. Le SIPRI indique que la France a livré 24 CAESAR à l'Arabie saoudite en 2018[104].

    Arménie

    Le Sénat français préconise en de livrer des CAESAR français à l'Arménie en raison de leur « efficacité » et de l'augmentation des cadences de production de Nexter pour 2024[106], et ce en dépit de la commande arménienne d'automoteur à roue indiens MArG 155[107].

    À l'occasion du salon Eurosatory de , le ministre des Armées français Sébastien Lecornu signe avec son homologue arménien Souren Papikian une commande arménienne pour 36 CAESAR MkI[108],[109].

    Belgique

    En , le gouvernement belge approuve l'achat de canons automoteurs, et bien que le CAESAR ne soit pas explicitement cité, il s'agirait du modèle retenu[110].

    L'accord intergouvernemental CaMo 2 signé en par la ministre de la Défense belge Ludivine Dedonder et son homologue française Florence Parly comprend l'acquisition de neuf CAESAR NG par la Belgique ainsi que du matériel de soutien et de la documentation associée pour un montant de 62 millions d'euros[111]. Les automoteurs sont attendus en 2027 et permettront à la Composante Terre et à l'Armée de Terre d'avoir les mêmes modèles de CAESAR[112].

    En , la Belgique annonce son intention de commander 19 CAESAR NG supplémentaires pour assurer l'appui feu de la Brigade Motorisée[113], une commande est notifiée à cet effet en [114]. Les 28 CAESAR commandés seront répartis en deux bataillons d'artillerie et remplaceront les Obusier LG1 au sein de la Composante Terre[115].

    Croatie

    En , le ministère croate de la Défense signe un accord non contraignant avec la Direction générale de l’Armement afin que celle-ci puisse notifier une éventuelle commande de CAESAR au fabricant KNDS France au nom de la Croatie, selon une procédure inspirée des Foreign Military Sales américains[116]. Le pays envisage d’acquérir 12 CAESAR par cette procédure[108] dont la commande pourrait être éligible à une aide financière de l’Union Européenne via l'European Defence Industry Reinforcement through common Procurement Act (EDIRPA)[54]. Mais le Caesar n'est finalement pas retenu pour ce programme européen[117].

    En , le ministre de la Défense croate Ivan Anušić prévoit de signer avant 2026 un contrat pour 30 CAESAR destinés à équiper deux bataillons d'artillerie[118]. En , la commission de défense du Parlement croate valide cette acquisition, assortie de divers systèmes et véhicules de soutien pour 320 millions d'euros[119].

    Le , Ivan Anušić confirme la commande de 18 CAESAR MkII[120] avec la signature d'un contrat le suivant à Paris en s'appuyant sur le mécanisme européen SAFE qui permet à la Croatie d'obtenir 1,7 milliard d'euros de crédit[121]. Le régiment d'artillerie croate devant mettre en oeuvre ces CESAR s'équipe de matériels de soutien français avec la signature d'un second contrat recouvrant des radars, des radios PR4G Fastnet et des jumelles optroniques de Thales et une centaine de véhicules dont 15 VBMR-L Serval en version Poste de commandement et Observateur avancé, 37 Masstech VLTT et 12 porteurs logistiques de Tatra. Les premières livraisons sont attendues mi-2029, le tout devant être livré en 2030 alors que la Croatie pourrait commander davantage de CAESAR par la suite[122].

    Estonie

    En , l'Estonie annonce vouloir constituer un troisième bataillon d'artillerie équipé d'automoteurs à roues pour une livraison prévue en 2028, le choix devant se faire entre le CAESAR français, l'Archer suédois, le Zuzana (en) slovaque, le Dita tchèque et le T-155 Yavuz turc[123]. Par ailleurs le CAESAR est déployé pour la première fois dans le pays en par l'armée française participant à la mission Lynx de l'OTAN en Estonie[124].

    En , le pays affirme vouloir commander 12 CAESAR[125], un contrat de plus de 250 millions d'euros étant signé en à l'occasion du salon Eurosatory avec une option pour six exemplaires supplémentaires[126]. Les premiers automoteurs sont attendus dès 2024 tandis qu'un contrat de 100 millions d'euro est signé en pour le maintient en condition opérationnelle des CAESAR pendant 20 ans[127]. Finalement, les six premiers exemplaires sont livrés en [128].

    Les CAESAR sont utilisés par des conscrits en remplacement des D-30 et des FH-70 cédés aux forces armés ukrainienne[129]. Le CAESAR représente un saut capacitaire pour l'Estonie, qui annonce en vouloir commander davantage de ces automoteurs dont elle est très satisfaite[130]. Le même mois, les six CAESAR restant sont livrés au pays[131].

    Le 12 février 2026, la ministre des armées françaises, Catherine Vautrin confirme que l'Estonie a passé une nouvelle commande pour 12 CAESAR Mk1 livrables dans l'année[132].

    Indonésie

    À l'été 2012, l'Indonésie annonce vouloir commander 37 CAESAR pour remplacer ses AMX Mk 61 et ses FH-88 (en), Nexter présentant un exemplaire aux couleurs de l'armée indonésienne au salon IndoDefense de [133]. C'est au cours de ce salon qu'est signé un contrat visant à équiper deux bataillons d'artillerie[134] d'une valeur de 115 millions d'euros[135], les CAESAR sont livrés en 2014 et 2015[104].

    En , 18 exemplaires supplémentaires sont commandés avec des équipements de soutien dont 50 véhicules d'accompagnement[135] grâce à un contrat de 60 millions d'euros qui permet d'équiper un troisième bataillon d'artillerie[136]. Ces exemplaires sont livrés en 2019 et 2020[104] et portent à 55 le nombre de CAESAR en service dans l'Armée de terre indonésienne.

    En , le ministre des Armées Sébastien Lecornu et l'Indonésie signent une lettre d'intention pour commander des CAESAR supplémentaires[137], une commande de 36 CAESAR supplémentaires pouvant être signée à l'occasion du alors que le président indonésien Prabowo Subianto en est l'invité d'honneur[138].

    Lituanie

    Le , le ministre de la Défense nationale lituanien Arvydas Anušauskas signe une lettre d'intention portant sur l'achat de 18 canons CAESAR Mark II et sur la participation de la Lituanie au développement de ce nouvel automoteur[139]. Ces CAESAR équiperont le bataillon d’artillerie de la brigade « Général Motiejus Pečiulionis » en remplaçant leurs obusiers M101[140].

    La commande est annoncée comme imminente par La Tribune en [141], mois qui voit effectivement la signature d'un contrat de 110 à 115 millions d'euros pour la livraison des CAESAR avant la fin de l'année 2027 dans le cadre d'un arrangement technique de coopération en matière d'artillerie entre la France et la Lituanie[142].

    En , la Lituanie commande 30 CAESAR MkII supplémentaires pour 252 millions d'euros grâce au programme européen SAFE qui permet à la Lituanie d'obtenir 6,3 milliards d'euros de crédit. Cela fait passer le nombre de CAESAR commandé à 48 exemplaires avec des livraisons attendues dès 2027, faisant du pays le deuxième plus grand utilisateur du CAESAR MkII après la France. KNDS France assurera le mantien en condition opérationnel des CESAR en Lituanie par l'investissement de 12 millions d'euros[143],[144].

    Maroc

    En , La Tribune révèle la signature d'un contrat de 170 millions d'euros pour des CAESAR et d'un autre de 30 millions d'euros pour les munitions associées[145]. Un total de 36 automoteurs est commandé avec une option pour 24 exemplaires supplémentaires[146]. Les CAESAR sont livrés en avec 36 Sherpa Light d'accompagnement et d'observation, le tout intégrés dans un système de conduite des feux[147],[148],[14].

    En , La Tribune révèle que le Maroc souhaiterait acheter 36 ATMOS 2000 au lieu de nouveaux CAESAR à cause d'un service après-vente défaillant[149]. Si KNDS France reconnait des malfonctions complexes sur des sous-ensembles hydrauliques et un contexte défavorable dû au soutien à l'Ukraine, l'entreprise estime que c'est la proposition de lance-roquettes associé à des automoteurs qui aurait permis à Elbit Système de remporter le marché[150].

    Portugal

    En , le Portugal signe un contrat portant sur l'acquisition de 36 CAESAR NG devant être livrés avant 2034 pour un montant non divulgué. Ils doivent permettre d'uniformiser le parc d'artillerie portugais pour simplifier sa logistique en remplaçant aussi bien les 18 M109A5, les 18 L119 ou les 12 M114A1 actuellement en service dans l'Exército Português[151].

    Tchéquie

    En , la République tchèque annonce retenir Nexter pour livrer 52 CAESAR 8 × 8 sur châssis Tatra T815 pour remplacer ses ShKH vz. 77 Dana en service au sein du 13e régiment d'artillerie des forces armées tchèques. Ce choix s'explique par une offre 50 % moins onéreuse que celle des concurrents avec un contrat au montant évalué à 224 millions d'euros[152].

    La commande pour 52 CAESAR est signée en pour un montant de 335 millions d'euros, les livraisons étant attendues entre 2024 et 2026 et impliquant l'industrie tchèque à hauteur de 40 %[153]. Ainsi, le châssis sera fourni par Tatra Trucks et les cabines blindés par Tatra Defence Vehicles tandis que l'assemblage sera assuré par Excalibur Army[154] et que le système de contrôle de tir Alder III de l'entreprise allemande ESG est fourni par RETIA[155].

    En , un avenant à la commande initiale est signé pour obtenir dix CAESAR supplémentaires pour un montant de 73 millions d'euros[156],[157]. Des modifications sont apportés aux CAESAR à la demande de l'armée tchèque à la suite des retours d'expérience de la guerre en Ukraine, sans conséquence sur les délais de livraison[43].

    Slovénie

    En , le ministère slovène de la défense et la Direction générale de l’armement signent une lettre d'intention afin que la Slovénie rejoigne d'autres pays de l'Union Européenne pour une future commande commune de CAESAR. Ils devraient remplacer les 18 canons Soltam M-71 en service dans Forces armées slovènes[158].

    En , la Slovénie annonce qu'elle devrait mettre 18 CAESAR Mk II en service en 2030 pour un montant de 170 millions d'euros, dont douze premiers seront livrés en 2028[159]. La commande est confirmée en [160].

    Thaïlande

    Six CAESAR montés sur des châssis Renault Sherpa 5 sont commandés par la Thaïlande en 2006 pour équiper la premiere batterie d'artillerie d'un régiment en constitution. Le pays décide de ne pas disposer d'un système de conduite des feux avec transfert automatique des coordonnées de tir[103]. Les CAESAR sont livrés en 2009[104].

    Intelligence Online révèle en que KNDS France espère vendre des CAESAR supplémentaires à la Thaïlande[161].

    Artilleurs ukrainiens utilisant un CAESAR pendant l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.

    Ukraine

    Premières livraisons

    Le , pour l'aider à se défendre contre l'invasion russe, la France livre douze canons CAESAR à l'Ukraine, plusieurs milliers d'obus et assure depuis le camp de Canjuers la formation d'une quarantaine d’artilleurs ukrainiens au maniement de ces canons[162]. Ces pièces sont prélevées sur la dotation de l'Armée de terre selon une déclaration du Délégué général pour l’armement, Joël Barre[84].

    Le , six nouveaux canons CAESAR 6 × 6 sont livrés aux Forces armées ukrainiennes, ils sont prélevés sur le parc des unités en service dans l'Armée de terre comme les douze autres précédemment livrés en . Cela porte le nombre total de CAESAR en dotation dans les Forces armées ukrainiennes à 18 unités[85].

    Le , le président français Emmanuel Macron annonce que six canons CAESAR supplémentaires seront prélevés sur une commande destinée au Danemark pour être livrés à l'Ukraine[163]. Le , le ministre danois de la Défense Jakob Ellemann-Jensen annonce que finalement la totalité de la commande de 19 canons CAESAR 8 × 8 sera donnée à l'Ukraine[164].

    Le , le ministre des Armées français Sébastien Lecornu annonce que 12 canons CAESAR supplémentaires seront fournis à l'Ukraine. Ils seront financés avec le fonds de soutien spécial de 200 millions d'euros mis en place pour soutenir les forces armées ukrainiennes et une partie sera potentiellement prélevée sur les stocks de l'armée française avant la livraison des nouveaux exemplaires[165].

    En , l'armée ukrainienne annonce avoir reçu les 19 CAESAR 8 × 8 danois[166], KNDS France annonce en que les CAESAR 8 × 8 ukrainiens ont tiré plus de 40 000 obus depuis leur livraison, ce qui signifie que chaque exemplaire a tiré 2 100 coups en moyenne[167].

    Coalition artillerie pour l'Ukraine

    En , la France prend la tête de la coalition artillerie pour l'Ukraine avec les États-Unis pour renforcer ce segment de l'armée ukrainienne. La livraison de canons CAESAR est au cœur de ce dispositif avec un plan de production de 78 CAESAR pour l’Ukraine en 2024. En , l'Ukraine et la France cherchent des soutiens pour financer 60 CAESAR 6 × 6 pour un montant total de 280 millions d'euros[168]. Cette coalition comprend les éléments suivants :

    • six CAESAR 6 × 6 commandés et financés directement par l'Ukraine. Ils sont livrés en [169] ;
    • douze CAESAR 6 × 6 financés par la France en avec le Fonds de soutien à l'Ukraine pour un total de 50 millions d'euros[168] ;
    • un nombre inconnu de CAESAR 6 × 6 financés par le Danemark en dans son 16 d'aide à l'Ukraine valorisé à 308 millions d'euros[170],[171]. En , le ministre de la défense danois Troels Lund Poulsen annonce avancer à 2025 la livraison d'« un certain nombre » de CAESAR auparavant prévue pour 2026[172].
    • un CAESAR 6 × 6 financé par le Luxembourg en pour un total de cinq millions d'euros[173],[174] ;
    • trois CAESAR 6 × 6 financés par la Belgique en pour un total de 12 millions d'euros[175].

    Une partie de ces CAESAR est livrée en 2024, notamment les exemplaires commandés par l'Ukraine et la France et treize exemplaires financés par le Danemark, la Belgique et le Luxembourg[104].

    Suite des livraisons

    En , il est annoncé que des pièces détachées nécessaires à la maintenance des CAESAR seront fabriquées en Ukraine par une filiale ukrainienne du groupe KNDS[176] appelée KNDS Ukraine LLC en partenariat avec le groupe ukrainien ENMEK[177]. En , la France annonce utiliser les intérêts des actifs financiers russes gelés par les sanctions contre la Russie pour financer la maintenance des CAESAR[178].

    En , Kiev commande 12 CAESAR supplémentaires, sans lien apparents avec la coalition pour l'Ukraine[179], tandis que la France annonce la livraison de 12 nouveaux CAESAR financés par les intérêts produits par les actifs financiers russes gelés par les sanctions contre la Russie[180].

    Un total de 67 CAESAR est livré entre et [181], 80 exemplaires sont livrés avant 2025[104], et 113 autres doivent l'être en 2025[182]. Selon KNDS France, 120 CAESAR sont en service en Ukraine en octobre 2025[62], ce qui signifie que 140 exemplaires ont été livrés en comptant les pertes.

    Davantage d’informations Régiment, Date ...
    Liste des unités ukrainiennes équipés du CAESAR
    Régiment Date Versions
    55e brigade d'artillerie[183] 2022-actuel CAESAR 6 × 6
    148e brigade d'artillerie[184] 2023-actuel CAESAR 6 × 6

    CAESAR 8 × 8

    155e brigade mécanisée[185] 2024-actuel CAESAR 6 × 6
    147e brigade d'artillerie (en)[186] 2025-actuel CAESAR 6 × 6
    Fermer

    Transfert de commande au profit de l'Ukraine

    Danemark

    Le , le Danemark sélectionne le canon CAESAR dans sa version « haute intensité » sur châssis Tatra T815 8 × 8 pour remplacer ses 32 M109A3 Paladin au détriment de l'ATMOS 2000 et du K9 Thunder[187]. Le contrat, d'un montant estimé à 47 millions d'euros, est signé le pour 15 CAESAR en version 8 × 8 livrable en 2020[188] ainsi que pour une option de six autres exemplaires[189]. Ces automoteurs sont équipés de centrales inertielles fournis par iXblue au lieu de la centrale Sagem sigma 30 habituelle[190]. L'option est levée en avec la commande de quatre unités supplémentaires[191]. En , un contrat prévoyant la location par Nexter d'un CAESAR 6 × 6 au Danemark à des fin d'essais est officialisé[27],[192].

    En , le Danemark reçoit ses premiers CAESAR 8 × 8 conformément au programme de livraison[193]. Cependant, le , Emmanuel Macron annonce unilatéralement que six canons CAESAR seront prélevés sur une commande destinée au Danemark pour être livrés à l'Ukraine[163]. L'allongement des délais de livraison et quelques problèmes techniques font qu'en , seuls quelques exemplaires ont été livrés, poussant le Danemark à céder tous ses CAESAR 8 × 8 à l'Ukraine[194], qui sont réceptionnés par les ukrainiens en [166].

    Les CAESAR 8 × 8 donnés à l'Ukraine sont remplacés par 19 ATMOS 2000 israéliens, acquis dans l'urgence[195] et dans des circonstances opaques avec une livraison en [196]. Un procès entre KNDS France et le Ministère de la Défense est évité par la négociation d'un accord confidentiel portant probablement sur le financement de CAESAR dans le cadre de la coalition artillerie pour l'Ukraine en compensation de l'achat d'automoteurs israéliens[197],[198].

    Ventes potentielles

    Argentine

    En , l'Argentine annonce choisir 36 automoteurs ATMOS au détriment du CAESAR pour remplacer ses canons CITER 155 mm L33 gun (en)[199]. Cependant, rien ne semble acté en  ; le Congrès de la nation argentine publie un plan déstiné à aquérir 72 automoteurs[200].

    Bulgarie

    En , le ministre bulgare de la Défense Atanas Zaprianov annonce vouloir rejoindre un programme d'acquisition conjointe de CAESAR. Il s'agirait de remplacer les automoteurs 2S1 Gvozdika actuellement en service[201].

    Emirats arabes unis

    En , Nexter révèle l'intérêt des Emirats Arabes Unis pour le CAESAR qui équipe son voisin saoudien[202].

    Espagne

    En , une délégation de l'Armée de terre espagnole visite le 40e régiment d'artillerie équipé de CAESAR, témoignant de l'intérêt du pays pour ce matériel alors que l'Espagne envisage de remplacer ses M109A5[203].

    États-Unis

    En , les États-Unis lancent un appel d'offres pour un lot de 18 canons automoteurs de 155 mm destinés à remplacer les canons tractés M777A2 de leurs troupes stationnées en Europe[204] et devant participer à des évaluations au Yuma Proving Ground (en) en 2021[205]. Le CAESAR 6 × 6 est sélectionné tandis que les autres candidats sont l'Archer de BAE Systems, l’ATMOS Iron Sabre d'Elbit Systems, le Nora B-52 de Yugoimport et de son partenaire local Global Military Products ainsi que le BRUTUS de AM General et Mandus Group[205].

    Le CAESAR est déjà connu des Américains qui l'ont testé en à Fort Sill[6] et qui assura des missions d'appui aux troupes américaine pendant la guerre d'Afghanistan et opéra aux cotés de l'artillerie américaine en Irak[204].

    Malgré le tir d'obus M982 Excalibur par le CAESAR aux États-Unis en [206], le pays décide de privilégier son programme Extended Range Cannon Artillery portant sur le M1299 (en), abandonné en 2024[207]. À la suite de cet abandon, l'US Army se renseigne sur le RCH-155 de Rheinmetall et KNDS Deutschland, le Nemesis de General Dynamics European Land Systems, l'ATMOS d'Elbit Systems, l'Archer de BAE Systems et le K9 Thunder d'Hanwha et prévoit des essais en 2026, avant de publier en une nouvelle demande d'informations[207].

    En octobre, Leonardo DRS (en) et KNDS France annoncent un partenariat stratégique pour développer une version du CAESAR français intégrée sur un camion tactique américain[208],[207].

    Finlande

    En , la marine finlandaise lance un appel d'offres afin de remplacer ses quinze batteries côtières K-53 TK par 12 à 20 canons plus mobile, ainsi que six autres en option. Le CAESAR MkII semble le favori de cet appel d'offres en raison d'un coût et d'un poids plus faible que celui de ses concurrents, notamment l'Archer suédois[209].

    Irak

    En , le général irakien Qassem al-Mohammedi (ar) laisse entendre que l'Irak envisage l'achat de CAESAR pour équiper les forces armées irakiennes[210]. Le directeur de l'artillerie du ministre irakien de la défense (en), Abd al-Ardawi, annonce en la signature de contrats avec la France et les États-Unis pour des « armes de pointe, notamment pour l’artillerie », ce qui sème le doute quant à la possible commande de CAESAR[211].

    Irlande

    Selon The Irish Times, l'Irish Army envisage d'acquérir des canon CAESAR dans le cadre du renouvellement de sa flotte de blindés prévue en lien avec la France[212].

    Malaisie

    La première présentation du CAESAR en Malaisie a lieu en 1999[213], alors que la Malaisie cherche une nouvelle artillerie propulsée pour remplacer ses canons tractés Denel G5[214]. En 2015, seul le M109 Paladin américain et le CAESAR français sont en lice. Le malaisien Advanced Defence Systems et le français Nexter signent en une lettre d'intention pour la production locale de 20 CAESAR[213].

    Une nouvelle démonstration du CAESAR est faite en 2019 tandis qu'un protocole d'accord est signé entre les deux industriels en 2022 pour proposer le CAESAR aux forces armées malaisiennes[214] avec un assemblage final assuré par Advanced Defence Systems à Segamat en Malaisie[215].

    Échecs commerciaux

    Australie

    Nexter conclut un partenariat avec Thales Australia pour promouvoir le CAESAR auprès de l'Australian Army[2], qui lui préfère le M777 américain.

    Brésil

    En , le Brésil émet une demande d'information pour acquérir 36 automoteurs à roues de 155 mm dans le cadre du programme VBCOAP (Viatura Blindada de Combate Obus Autopropulsada)[216] pour remplacer ses M109 vieillissants[217]. Les concurents sont le CAESAR de Nexter, l'Archer de BAE Systems, le SH15 de Norinco et l'ATMOS 2000 d'Elbit Systems[216], mais les quatre finalistes de l'appel d'offres sont le CAESAR, l'Archer, le SH15 et le Zuzana 2 d'Excalibur[218]. Dans ce cadre, Nexter se rapproche de l'entreprise brésilienne AVIBRAS[217].

    En , l'ATMOS 2000 est sélectionné pour l'appel d'offres[219], cependant le président brésilien Lula da Silva bloque le contrat en à cause de divergeance avec Israël concernant la guerre à Gaza[220]. La validité de l'appel d'offres est aussi contesté au cours du même mois par KNDS France[220]. Au cours du sommet du G20 au Brésil de 2024, le président français Emmanuel Macron propose à son homologue brésilien une offre de coopération industrielle comprenant notamment la vente de 36 CAESAR pour remplacer les ATMOS 2000 israéliens[221].

    Colombie

    En 2011, une démonstration du CAESAR est effectuée en Colombie alors que le pays cherche à renforcer son artillerie[222],[223]. À l'issue de cette démonstration, la Colombie veut acheter 12 CAESAR, mais le contrat ne fut pas concrétisé à cause de difficultés financières et sociales[222].

    En , l'état-major colombien à l'intention de commander quatre CAESAR dans le cadre du programme Soberania[223] pour une valeur d'environ 35 millions de dollars[222]. L'automoteur français est alors préféré au Yavuz SPh 6 × 6 de MKE et à l'ATMOS 2000 d'Elbit Systems[223]. En , un contrat de 102 millions est envisagé pour la commande de 18 CAESAR, mais l'ATMOS 2000 lui est finalement préféré en raison d'une augmentation des prix de Nexter de 12 %[224].

    Cependant, la détérioration des relations diplomatiques entre la Colombie et Israël due à la guerre de Gaza conduit Israël à suspendre ses contrats de défense avec la Colombie, ce qui pourrait permettre un retour du CAESAR dans le pays[225].

    Japon

    En 2007, Nexter propose le CAESAR pour des évaluations visant à équiper la Force terrestre d'autodéfense japonaise d'automoteur léger[2], qui s'équipent finalement du Type 19 (en) japonais qui a une filiation évidente avec le CAESAR[226].

    Liban

    En , le président libanais Michel Sleiman annonce que l'Arabie Saoudite va financer 3 milliards de dollars de matériel militaire français pour moderniser ses forces armées[227], dont 24 CAESAR devant équiper deux batteries d'artillerie[228]. Cependant, en , cette aide militaire est interrompue en raison de l'absence de condamnation libanaise de l'attaques de l'ambassade saoudienne en Iran[229], avant que les CAESAR ne soient livrés[230].

    Norvège

    Pour remplacer ses 18 M109A3GN, l’Armée de terre norvégienne lance un appel d'offres pour 18 à 24 automoteurs opposant le CAESAR au Panzerhaubitze 2000 de Rheinmetall et Krauss-Maffei Wegmann, au K9 Thunder de Samsung Techwin et à une modernisation du M109 de RUAG. En , le CAESAR est testé avec satisfaction par des températures de −35 °C nécessitant le changement de certaines huiles hydrauliques[231].

    En , la Norvège choisit finalement de commander 24 K9 Thunder[232].

    Pologne

    En 2010, Nexter établit une collaboration avec deux entreprises polonaises pour proposer le CAESAR aux forces terrestres polonaises pour le programme d'artillerie expéditionnaire Kryl. Huta Stalowa Wola (en) doit intégrer l'automoteur dans le système de contrôle de tir polonais et doit intégrer le tube sur un châssis de camion 6 × 6 produit par Jelcz[2].

    Le programme Kryl doit remplacer les Dana en service dans la force terreste polonaise, mais le programme est gelé en [233].

    Royaume-Uni

    En , l'Armée de terre prête deux CAESAR à la British Army pour des évaluations en vue d'une potentielle acquisition, la formation des utilisateurs britanniques étant assurée par le 1e Régiment de Chasseurs d'Afrique[234].

    Le CAESAR 8 × 8 est proposé par Nexter pour répondre au programme Mobile Fires Platform[235] devant remplacer les AS-90 britanniques[236]. Il est opposé au RCH-155 de Rheinmetall et au K9A2 Thunder de Hanwha pour cet appel d'offres[237]. Finallement, le Royaume-Uni choisit le RCH-155 dérivé du Boxer en [238].

    Engagements

    Un CAESAR aux nouvelles couleurs de l'armée française pendant le défilé du .
    Tir d'exercice d'un CAESAR le en Afghanistan.

    Le CAESAR a été engagé sur de nombreux théâtres d'opération depuis 2009, avec plus de 100 000 coups tirés[239], sans le moindre incident de tir grâce à la maitrise par KNDS France du couple arme - munition[240].

    En est formé le club CAESAR composé des utilisateurs de l'automoteur pour partager les retours d'expérience, les évolutions de l'arme, les doctrines tout en favorisant l'interopérabilité[241],[53].

    Guerre d'Afghanistan

    Lors de la guerre d'Afghanistan, l'armée de terre déploie le CAESAR pour la première fois en opération extérieure au sein des Forces françaises en Afghanistan à partir du [94], les pièces étant considérées comme opérationnelles le [242]. Elles sont mises en service successivement par le 3e régiment d'artillerie de Marine, le 11e régiment d'artillerie de marine[242] et le 68e régiment d'artillerie d'Afrique[243].

    Le a lieu le premier tir opérationnel longue portée des CAESAR du 11e RAMa qui tirent douze obus LU211 modèle F8 avec des kits de réduction de traînée de culot à 30 km pour dégager une compagnie du 3e régiment d'Infanterie de Marine[244] prise à partie par les Talibans au cours de l'opération Camel Trophy[245].

    Les CAESAR sont déployés au sein de la brigade La Fayette sur les différentes bases françaises de Kapissa et de Surobi, permettant de tirer sur toute l'aire opérationnelle française grâce à leur longue portée[246].

    Force des Nations unies au Liban

    Dans le cadre de la FINUL, l'armée française déploie cinq CAESAR du 40e régiment d'artillerie le , afin de relever les canons automoteurs AuF1[96].

    Conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande

    Lors du conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande, l'armée thaïlandaise engage le CAESAR dans des échanges d'artillerie en 2011 contre des lance-roquettes multiples cambodgiens, affirmant en avoir détruit deux[247].

    Guerre du Mali

    Lors de la guerre du Mali, l'armée française déploie quatre CAESAR en au titre de l'opération Serval, durant laquelle ils démontrent leur efficacité[248].

    Les deux premiers CAESAR déployés pendant l'opération Serval sont issus du 11e régiment d'artillerie de Marine, ils atteignent Gao le après être partis de Niamey[249]. Après avoir été ramenés de Gao, les CAESAR sont engagés dans la bataille du Tigharghâr à partir du avec le tir de neuf obus[250]. Le , les automoteurs visent Abou Zeïd en coopération avec des Mirage 2000D et tirent douze obus explosifs[251]. Le 11e RAMa tire 141 obus au cours de son déploiement[252].

    Deux autres CAESAR du 68e régiment d'artillerie d'Afrique sont engagés au cours de la bataille d'In Zekouan et tirent sur les djihadistes le [253].

    Dans le cadre de l'opération Barkhane, le CAESAR fait partie de la chaîne d'appui feu française contre les groupes armés terroristes[254].

    Opération Chammal

    Participation à la seconde guerre civile irakienne

    Dans le cadre de l'opération Chammal, le président français François Hollande annonce en le déploiement de moyens d'artillerie français en Irak[255], il s'agit de CAESAR déployés en pour participer à la reprise de Mossoul[256],[257]. Quatre automoteurs et environ 150 hommes du 11e régiment d'artillerie de marine sont basés à Qayyarah au sein de la Task Force Wagram qui réalise ses premiers tirs fin [258],[259].

    Tir de CAESAR de la TF Wagram en Irak dans le cadre de l'opération Chammal.

    Le premier engagement majeur des CAESAR est la bataille de Mossoul, au cours de laquelle la TF Wagram assure plus de 1 000 missions de tir[260] entre et . Les tirs visent aussi bien la ville de Mossoul[261] que les environs des villes adjacentes de Sharqat[262] et de Badouch[263] au profit de diverses unités irakiennes dont l’Iraqi Counter Terrorism Service[261], la 60e brigade d'infanterie[262], la 16e division mécanisée[264], la 9e division blindée (en)[265] et la 15e division mécanisée (en)[266]. Initialement, les tirs sont faits depuis la base de Qayyarah[261] avant que deux CAESAR ne soient redéployés au nord de Mossoul en [264] où ils sont rejoints en mars par les deux autres automoteurs[263].

    Les CAESAR participent dans la foulée à la bataille de Tall Afar au cours de laquelle ils effectuent plus de 100 missions de tir[267] avant même la fin de la bataille de Mossoul[260], les automoteurs étant alors scindés en groupe de deux pour soutenir les 9e, 15e et 16e divisions irakiennes[268]. Deux CAESAR sont ensuite déplacés à Erbil pour prendre part à la bataille de Hawija[269] avec la réalisation d'au moins 33 missions de tir[270]. En un an, l'artillerie française assure 1 485 missions de tir en tirant plus de 10 000 obus[271]. Après un redéploiement vers le sud, les CAESAR participent à la bataille d'Al-Qaïm avec plus de 30 missions de tir[272].

    Participation à la guerre civile syrienne

    Soldats français de la Task Force Wagram ouvrant le feu avec un CAESAR à Al-Qaïm contre des positions tenues par l'État islamique en soutien aux Forces Démocratiques Syriennes lors de l'offensive de Deir ez-Zor, à la frontière irako-syrienne, le .

    Une fois Daesh battu en Irak, la Task Force Wagram soutient les Forces Démocratiques Syriennes participant à l'offensive de Deir ez-Zor à partir de [273] tout en restant sur le territoire irakien près d'Al-Qaïm[274]. Elle contribue ainsi à la reprise de la bande de Baghouz[275] et de la ville de Hajine[276] avec le tir d'environ 3 500 obus[277] dont des obus BONUS[278], sachant qu'un CAESAR est retiré à la TF Wagram en [279].

    En , la mission de la TF Wagram est considérée comme terminée à la suite de la disparition du califat territorial de Daech avec la prise de Baghouz, grâce à la réalisation de plus de 2 500 missions de tirs (aussi bien de destruction que d'interdiction ou d'éclairement) en tirant environ 18 000 obus, réussite qui conduit la ministre des Armées Florence Parly a féliciter les artilleurs français[280]. La TF Wagram est dissoute en , après avoir mobilisé 1 100 artilleurs au cours de huit mandats[281].

    Utilisation et conséquences

    L'action des CAESAR de l'opération Chammal se limite aux terrains ouverts et semi ouverts en raison de l'absence de munitions guidées qui sont requises par les Américains pour tirer en ville et notamment à Mossoul[282]. Les automoteurs ont tiré 60 % d'obus explosifs, 27 % d'obus éclairants, 13 % d'obus fumigènes et 2 % d'obus de semonce, les tirs visant aussi bien de l'infanterie que des pick-up, des embarcations fluviales ou des obusiers D-30[283].

    L'engagement intense des CAESAR en Irak pose des questions capacitaires à l'artillerie française[284] avec la consommation de 27 tubes[285]. Ainsi, en quatre mois, un tube a tiré 1 128 coups soit la moitié de sa durée de vie[286].

    Guerre civile yéménite

    Lors de la guerre civile yéménite, le site web Disclose révèle en que 48 CAESAR appartenant aux forces armées saoudiennes sont déployés à la frontière entre l'Arabie Saoudite et le Yémen pour appuyer la progression des troupes saoudiennes et de leurs alliés. Leur utilisation contre les civils yéménites est suspectée[287], bien que la Direction du Renseignement Militaire estime que ces automoteurs soient placés en défensive[288].

    Guerre en Ukraine

    Engagements des CAESAR

    Un CAESAR de la 55e brigade d'artillerie ukrainienne sous un filet de camouflage dans le Donbass en 2024.

    Les CAESAR livrés par la France à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie sont utilisés au combat dès par la 55e brigade d'artillerie ukrainienne, probablement au cours de la bataille de Sievierodonetsk[289]. En , un CAESAR est utilisé pour la reprise de l'île des Serpents en bombardant les forces armés russes présentes sur l'île depuis la côte éloignée de 40 km, forçant les Russes à abandonner l'île[290].

    Fin juin, Régis de Castelnau prétend sur Twitter que deux CAESAR ukrainiens ont été capturés par les forces armées russes, mais même si l'infox est reprise par la presse russe, elle ne figure pas dans les comptes rendus de l'armée russe et est démentie rapidement par l'armée française[291],[292].

    Au cours du début de la bataille de Vouhledar, les CAESAR de la 55e brigade d'artillerie contribuent à empêcher l'encerclement de la ville[23] et leurs raids d'artillerie sont centraux dans la bataille d'Avdiïvka[29],[293] tandis que ceux de la 155e Brigade Mécanisée participent à l'offensive de Pokrovsk[294]. Leur rôle central dans la défense du Donbass explique pourquoi le CAESAR est l'arme la plus redouté des artilleurs russes, l'un d’eux ayant affirmé que « ces obusiers français ont pris un nombre énorme de vies d'artilleurs russes »[295].

    Pertes de CAESAR et doctrine d'utilisation ukrainienne

    La première perte du CAESAR est enregistrée début , un canon ayant été endommagé au niveau de la cabine de pilotage par une munition rôdeuse de type Lancet[296], les munitions rôdeuses étant responsables de la majorité des pertes de CAESAR[297]. Selon le site Oryx qui documente les pertes ukrainiennes, treize CAESAR 6 × 6 et trois CAESAR 8 × 8 ont été détruits par l'armée russe, tandis que trois autres CAESAR 6 × 6 et un CAESAR 8 × 8 auraient été endommagés à des degrés divers[61].

    En , KNDS France affirme que moins de 10 % des CAESAR qui ont été livrés à l'Ukraine ont été mis hors de combat, ce qui est bien en dessous des 30 % des autres modèles de pièces d'artillerie automotrices[297]. Cela s'explique par leur utilisation selon la technique shoot and scoot qui consiste à tirer quelques obus précisément puis à quitter la zone d'engagement avant les tirs de contrebatterie russes[293]. Les CAESAR sont utilisés avec des drones, dont le WB Electronics FlyEye (en) polonais[298].

    La rusticité du CAESAR facilite le maintien en condition opérationnelle et permet aux artilleurs ukrainiens de réparer eux-mêmes de nombreux problèmes. Cela assure à l'obusier un excellent taux de disponibilité dépassant les 60 % après cinq mois d'engagement, ce qui est supérieur de moitié au Panzerhaubitze 2000 allemand[89].

    Notes et références

    Voir aussi

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