Le concept des quatre navires de cette classe est né dans les premiers mois de la guerre. Bethlehem Steel aux États-Unis, qui était le fournisseur contractuel de l’armement principal du cuirassé grec Salamis, alors en cours de construction en Allemagne, a été incapable de livrer les quatre tourelles jumelées de 14 pouces (356 mm) en raison du blocusbritannique. La société a plutôt offert de les vendre à la Royal Navy le [1]. La Royal Navy utilisait alors des cuirassés désuets pour le bombardement à terre, en appui de l’armée britannique en Belgique. Pour utiliser ces tourelles, un modèle de navires de guerre à faible tirant d'eau (appelés «monitors») adaptés au bombardement à terre a été rapidement conçu. Les navires ont été construits et mis à l’eau dans un délai de six mois[1].
Les navires transportaient un unique canon dans une tourelle située en avant d’un mâttripode, qui était lui-même en avant d’une unique cheminée. L’armement secondaire se composait de deux canons de 12 livres (76 mm), un seul canon antiaérien de 3 livres (47 mm), et un canon de marine de 2 livres QF («pom-pom»)[2].
Les monitors avaient une coque rectangulaire, avec une proue et une poupe très arrondies, et étaient équipés de bulbes anti-torpilles. Afin d’accélérer la construction, il était prévu d’utiliser des moteurs de navires marchands disponibles sur le marché, donnant environ 2000 chevaux (1500 kW), qui devaient propulser les navires à 10 nœuds (19 km/h). La conception précipitée, cependant, signifiait que les navires étaient beaucoup plus lents que prévu. Ainsi, les moteurs du HMSRaglan donnaient 2310 chevaux (1720 kW) mais le navire ne pouvait atteindre que 6,5 nœuds (12,0 km/h)[3].
Au cours de la planification et de la construction, il était prévu qu’ils seraient de la classe Styx et seraient nommés d’après quatre personnalités américaines de la Guerre de Sécession: le généralUlysses S. Grant, le général Robert E. Lee, l’amiralDavid Farragut et le général Thomas Jonathan Jackson («Stonewall» Jackson) et ils ont été lancés sous ces noms. Mais comme les États-Unis étaient encore un pays neutre à l’époque, l’utilisation de ces noms aurait été inappropriée du point de vue diplomatique. Ils ont donc été rebaptisés simplement M1 à M4 avant leur achèvement, puis ils ont reçu leurs noms définitifs.
Leur conception comprenait un hydravion pour repérer les cibles, mais il a été constaté que les avions basés à terre étaient plus efficaces. Comme les monitors n’opéreraient jamais en haute mer, l’hydravion était inutile. De plus, son stockage sur le toit de la tourelle signifiait qu’il devait être retiré avant que les canons puissent tirer pour éviter de l’endommager, même s’il n’était pas utilisé.
(en) Reginald Bacon, The Dover Patrol 1915-1917, vol.1, New York, George H. Doran Co., (lire en ligne).
(en) Reginald Bacon, The Dover Patrol 1915-1917, vol.2, New York, George H. Doran Co., (lire en ligne).
(en) Ian Buxton, Big Gun Monitors: Design, Construction and Operations 1914-1945, Barnsley, UK, Seaforth Publishing, (ISBN978-1-84415-719-8).
(en) Jim Crossley, Monitors of the Royal Navy; How the Fleet Brought the Great Guns to Bear, Barnsley, UK, Pen & Sword, (ISBN978-1-78383-004-6).
(en) F. J. Dittmar et J. J. Colledge, British Warships 1914-1919, London, Ian Allan, (ISBN0-7110-0380-7).
(en) Steve R. Dunn, Securing the Narrow Sea: The Dover Patrol 1914-1918, Barnsley, UK, Seaforth Publishing, (ISBN978-1-84832-251-6).
(en) Norman Friedman, Naval Weapons of World War One: Guns, Torpedoes, Mines and ASW Weapons of All Nations; An Illustrated Directory, Barnsley, Seaforth Publishing, (ISBN978-1-84832-100-7).