Claude Blad
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Claude-Antoine-Auguste Blad | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député du Finistère | |
| – (3 ans, 1 mois et 20 jours) |
|
| Gouvernement | Convention nationale |
| Député au Conseil des Cinq-Cents | |
| – (2 ans, 7 mois et 3 jours) |
|
| Gouvernement | Conseil des Cinq-Cents |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Brest, France |
| Date de décès | (à 42 ans) |
| Lieu de décès | Toulon, France |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Girondins |
| Profession | Employé d'administration |
| députés du Finistère | |
| modifier |
|
Claude-Antoine-Auguste Blad, né le à Brest (intendance de Bretagne, actuel département du Finistère)[1], mort le 19 frimaire an XI (le ) à Toulon[2], est un homme politique de la Révolution française.
Mandat à la Convention
Son père, Antoine Jacques Blad, est « marchand apothicaire » à Brest. Sous l'Ancien régime, Claude Blad est commis de marine au port de Brest et fréquente la loge maçonnique « Les amis de Sully ». Au début de la Révolution française, il est membre de la société des Amis de la constitution de Brest et administrateur du département à Quimper[3].
La monarchie constitutionnelle, mise en application de la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Claude Blad, alors procureur-syndic de Brest, est élu député du département du Finistère, le deuxième sur huit, à la Convention nationale[4].
Entre le mois d' et son arrestation au mois , Claude Blad rédige une importante correspondance à ses administrés du Finistère, qui montre, d'après l'historienne Anne de Mathan, comment sont diffusées les informations durant la Révolution et quelles sont les relations entre Paris et la province[3].
Claude Blad siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la mort avec jusqu'au moment de l'expulsion des Bourbons », vote en faveur de l'appel au peuple mais contre le sursis à l'exécution de la peine[5],[6] :
Je déclare me croire revêtu de pouvoirs suffisants, et même d'un mandat tacite pour juger Louis, je suis persuadé qu'il a mérité la mort [...]. Mais si, à l'exemple des Anglais, vous faites tomber la tête d'un roi conspirateur sur l'échafaud, vous devez, à l'exemple de Rome, chasser la famille des Tarquins. En conséquence, je vote pour qu'il soit sursis à l'exécution de Louis jusqu'à l'expulsion de toute sa famille.
Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[8]. Le , à l'issue du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Claude Blad est décrété d'arrestation pour avoir signé la protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin[9]. Le 29 nivôse an II (), alors incarcéré à la prison de La Force, Claude Blad, et plusieurs de ses codétenus, Antoine Delamarre (député de l'Oise), Jacques Queinec (député du Finistère), Hector de Soubeyran de Saint-Prix (député de l'Ardèche), Charles-Robert Hecquet, Alexandre-Jean Ruault et Pierre Vincent (députés de Seine-Inférieure), rédigent une lettre à Maximilien de Robespierre (député de la Seine) pour le remercier de s'être opposé à leur déferrement devant le tribunal révolutionnaire[10] :
Nous avons emporté du sein de la Convention et nourri dans notre captivité un sentiment profond de reconnaissance excité par l'opposition généreuse que tu formas, le 3 octobre, à l'accusation qui fut proposée contre nous. [...] Trompés par des événements dont nous ne pénétrâmes ni l'objet ni le motif, nous fumes égarés mais nous ne le fûmes qu'un moment...
Le 18 frimaire an III (le ), lui et les autres signataires sont libérés et réintégrés à la Convention.
Claude Blad prend part à la réaction thermidorienne. Le 16 ventôse (le ), il est élu secrétaire de la Convention aux côtés de Pierre Bodin (député d'Indre-et-Loire) et de Joseph Laignelot (député de la Seine) sous la présidence d'Antoine Thibaudeau (député de la Vienne)[11]. Le 9 prairial (), il appuie les arrestations de Robert Lindet (député de l'Eure)[12] et de Jean-Bon Saint-André (député du Lot)[13], anciens membres du Comité de Salut public. Le 15 prairial (le ), il est élu membre du Comité de Salut public aux côtés de François-Joseph Gamon (député de l'Ardèche), Pierre Henry-Larivière (député du Calvados) et de Pierre Marec (député du Finistère)[14].
Envoyé en mission à l'armée de l'Ouest avec Tallien lors de l'expédition de Quiberon, il demande qu'on épargne les émigrés de moins de 16 ans, après la victoire des troupes républicaines, mais la Convention prend un décret contraire.
Au Conseil des Cinq-Cents
Après son départ du comité de salut public le 13 vendémiaire an IV (), il est choisi par ses collègues, le 4 brumaire an IV (), conformément au décret des deux tiers, pour siéger au Conseil des Cinq-Cents, où il siège sur les bancs de la droite suspecte de royalisme. Le , il proteste contre la réorganisation de la marine par le Directoire. Le , il fait un rapport sur les déportés de Saint-Domingue détenus en France, dans lequel il s'oppose à un décret du Directoire qui les livre à une commission, proposant de les traduire devant le tribunal de Charente-Inférieure.
Lors du renouvellement de , il quitte la vie politique. Nommé sous-commissaire de la marine à Toulon au début de 1800[15], il meurt dans cette ville en .
Notes et références
- ↑ Archives municipales de Brest, « Registre paroissial de Brest, paroisse Saint-Louis, registre des baptêmes de 1760, vue 45 / 95, GG105 »
, sur https://archives.mairie-brest.fr (consulté le ) - ↑ Archives départementales du Var, « État civil de Toulon, registre des décès an XI (1802-1803), cote 7 E 146_28 »
, sur archives.var.fr (consulté le ) - 1 2 Anne de Mathan, « Des lettres de conventionnels à leurs concitoyens : une interface dans un processus de politisation réciproque », Annales historiques de la Révolution française, no 381, , p. 213–239 (ISSN 0003-4436, DOI 10.4000/ahrf.13641, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séances du 16 et du 17 janvier 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 75, séance du 3 octobre 1793 »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Robespierre, Maximilien de (1758-1794), « Œuvres complètes, tome 3. Correspondance de Maximilien et Augustin Robespierre »
, sur https://archive.org, (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°169, « Convention nationale, séance du soir du 16 ventôse (6 mars) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 19 ventôse an 3 (9 mars 1795) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°253, « Convention nationale, séance du 9 prairial (28 mai) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 13 prairial an 3 (1er juin 1795) (consulté le ) - ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°254, « Convention nationale, séance du 9 prairial (28 mai) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 14 prairial an 3 (2 juin 1795) (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 24 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du Comité de salut public: dictionnaire analytique biographique et comparé des 62 membres du Comité de salut public, Tallandier, 1990, 163 pages, p. 88.
Voir aussi
Sources et bibliographie
- Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, tome 1, p. 334
- Louis-Gabriel Michaud (dir.), Biographie des hommes vivants, Paris, 1816, tome 1, p. 356
- René Cardaliaguet, Le Régicide brestois: Claude Blad, proconsul de Quiberon, Presse Libérale du Finistère, 1937
- Fiche sur Assemblée nationale
- Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du comité de Salut Public : Dictionnaire analytique biographique et comparé des 62 membres du Comité de Salut Public, Paris, Tallandier, , 163 p. (ISBN 9782235018524), p. 87-88.