Claude Blad
personnalité politique française
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Claude-Antoine-Auguste Blad, né le à Brest (intendance de Bretagne, actuel département du Finistère)[1], mort le 19 frimaire an XI (le ) à Toulon[2], est un homme politique de la Révolution française.
| Claude-Antoine-Auguste Blad | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député du Finistère | |
| – (3 ans, 1 mois et 20 jours) |
|
| Gouvernement | Convention nationale |
| Député au Conseil des Cinq-Cents | |
| – (2 ans, 7 mois et 3 jours) |
|
| Gouvernement | Conseil des Cinq-Cents |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Brest, France |
| Date de décès | (à 42 ans) |
| Lieu de décès | Toulon, France |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | Girondins |
| Profession | Employé d'administration |
| députés du Finistère | |
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Biographie
Son père, Antoine Jacques Blad, est « marchand apothicaire » à Brest. Sous l'Ancien régime, Claude Blad est commis de marine au port de Brest et fréquente la loge maçonnique « Les amis de Sully ». Au début de la Révolution française, il est membre de la société des Amis de la constitution de Brest et administrateur du département à Quimper[3].
Mandat à la Convention
La monarchie constitutionnelle, mise en application de la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Claude Blad, alors procureur-syndic de Brest, est élu député du département du Finistère, le deuxième sur huit, à la Convention nationale[4].
Entre le mois d' et son arrestation au mois , Claude Blad rédige une importante correspondance à ses administrés du Finistère, qui montre, d'après l'historienne Anne de Mathan, comment sont diffusées les informations durant la Révolution et quelles sont les relations entre Paris et la province[3].
Claude Blad siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la mort avec jusqu'au moment de l'expulsion des Bourbons », vote en faveur de l'appel au peuple mais contre le sursis à l'exécution de la peine[5],[6] :
Je déclare me croire revêtu de pouvoirs suffisants, et même d'un mandat tacite pour juger Louis, je suis persuadé qu'il a mérité la mort [...]. Mais si, à l'exemple des Anglais, vous faites tomber la tête d'un roi conspirateur sur l'échafaud, vous devez, à l'exemple de Rome, chasser la famille des Tarquins. En conséquence, je vote pour qu'il soit sursis à l'exécution de Louis jusqu'à l'expulsion de toute sa famille.
Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[8]. Le , à l'issue du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Claude Blad est décrété d'arrestation pour avoir signé la protestation contre les journées du 31 mai et du 2 juin[9]. Le 29 nivôse an II (), alors incarcéré à la prison de La Force, Claude Blad, et plusieurs de ses codétenus, Antoine Delamarre (député de l'Oise), Jacques Queinec (député du Finistère), Hector de Soubeyran de Saint-Prix (député de l'Ardèche), Charles-Robert Hecquet, Alexandre-Jean Ruault et Pierre Vincent (députés de Seine-Inférieure), rédigent une lettre à Maximilien de Robespierre (député de la Seine) pour le remercier de s'être opposé à leur déferrement devant le tribunal révolutionnaire[10] :
Nous avons emporté du sein de la Convention et nourri dans notre captivité un sentiment profond de reconnaissance excité par l'opposition généreuse que tu formas, le 3 octobre, à l'accusation qui fut proposée contre nous. [...] Trompés par des événements dont nous ne pénétrâmes ni l'objet ni le motif, nous fumes égarés mais nous ne le fûmes qu'un moment...
Le 18 frimaire an III (le ), lui et les autres signataires sont libérés et réintégrés à la Convention.
Claude Blad prend part à la réaction thermidorienne. Le 16 ventôse (le ), il est élu secrétaire de la Convention aux côtés de Pierre Bodin (député d'Indre-et-Loire) et de Joseph Laignelot (député de la Seine) sous la présidence d'Antoine Thibaudeau (député de la Vienne)[11]. Le 9 prairial (), il appuie les arrestations de Robert Lindet (député de l'Eure)[12] et de Jean-Bon Saint-André (député du Lot)[13], anciens membres du Comité de Salut public. Le 15 prairial (le ), il est élu membre du Comité de Salut public aux côtés de François-Joseph Gamon (député de l'Ardèche), Pierre Henry-Larivière (député du Calvados) et de Pierre Marec (député du Finistère)[14].
Envoyé en mission à l'armée de l'Ouest avec Tallien lors de l'expédition de Quiberon, il demande qu'on épargne les émigrés de moins de 16 ans, après la victoire des troupes républicaines, mais la Convention prend un décret contraire.
Au Conseil des Cinq-Cents
Après son départ du comité de salut public le 13 vendémiaire an IV (), il est choisi par ses collègues, le 4 brumaire an IV (), conformément au décret des deux tiers, pour siéger au Conseil des Cinq-Cents, où il siège sur les bancs de la droite suspecte de royalisme. Le , il proteste contre la réorganisation de la marine par le Directoire. Le , il fait un rapport sur les déportés de Saint-Domingue détenus en France, dans lequel il s'oppose à un décret du Directoire qui les livre à une commission, proposant de les traduire devant le tribunal de Charente-Inférieure.
Lors du renouvellement de , il quitte la vie politique. Nommé sous-commissaire de la marine à Toulon au début de 1800[15], il meurt dans cette ville en .