Commune de Paris en Espagne

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Démolition de la Colonne Vendôme, érigée en honneur de Napoléon, pendant la Commune de Paris. La presse espagnole rapporte cet évènement, en l'analysant comme preuve de l'antipatriotisme des Communards.

La Commune de Paris eut beaucoup d'influence en Espagne, comme dans le reste de l'Europe. Le gouvernement d'Amédée Ier et les classes dirigeantes envisagent la Commune de Paris (du à la semaine sanglante, 21- de 1871) comme une catastrophe. Ils jugent la Première Internationale responsable de l'évènement (en Espagne, l'AIT s'implante lors du Congrès Ouvrier de Barcelone de 1870) et prennent donc des mesures contre elle. En revanche, la réaction du mouvement ouvrier est de faire de la Commune un mythe révolutionnaire, afin de rompre avec le républicanisme fédéral.

Cour intérieure de la mairie de Paris après l'incendie.

Les journaux espagnols donnent de nombreuses informations sur la Commune de Paris. La majorité condamne les communards, bien que l'on observe des nuances entre eux. La presse catholique traditionaliste présente les faits comme apocalyptiques et ses journalistes parlent de «révolution». La presse libérale évoque les «horreurs déplorées par la nation voisine» et saisit cette occasion pour critiquer la «démagogie» du républicanisme fédéral.[1]Ainsi, dans l'écriture de l'Histoire de la Commune, les journaux insistent sur les destructions accomplies par les Communards, caractérisés par leur antipatriotisme, leur anticléricalisme et leur « socialisme ». Le périodique libéral la Iberia publie dès le début du soulèvement à Paris : « La capitale, en proie à la fureur du socialisme rouge, doit être le théâtre de vandalisme, de pillages et d'effusions de sang. » La revue traditionaliste Altar y Trono écrit : « La haine de la religion du ciel a atteint un point vraiment inconcevable. Tous les crucifix et images de la Vierge Marie sont détruits. »[1]Le , après la répression de la Commune, La Iberia publie un article justifiant les fusillades massives car « les notions de Bien et de Juste ne sont pas implantées, comme on le croit généralement, dans tous les cœurs humains », et qui commence ainsi : [2],[3] « Le jour du châtiment eut enfin lieu. Les brutes et les lâches assassins qui, pendant plusieurs semaines, ont prostitué la liberté, violant les précieux droits à la vie et à la propriété, et scandalisant le monde par leurs assassinats, leurs vols, leurs sacrilèges, leur tyrannie de bandits, qui terrorisèrent une région, et leur abjecte anarchie gouvernementale, vont, Dieu merci, subir toute la rigueur de la loi. »

Cadavres d'insurgés dans leurs cercueils, photographie attribuée à Eugène Disdéri, 1871.

Selon l'historien José Álvarez Junco, l'analyse des faits appelle souvent des explications psychologiques, provocatrices et conspiratrices. En termes d'explication psychologique, la Commune fut expliquée comme explosion des plus bas instincts, notamment chez les jeunes (dominés par «le dévorant feu des passions») et chez les femmes («elles ressemblaient à d'autres furies, au cheveu lâché, lançant de l'huile bouillante, du mobilier et des pierres aux soldats, et, se sachant perdues, elles se jetaient sur des baïonnettes, allant encore au combat ». L'explication apocalyptique assimile la Commune au Mal, l'expliquant en des termes bibliques : Paris, « la Babylone moderne », disparaît « par ses crimes », telle « Ninive, Sodome et Gomorrhe »; «la société moderne, dont l'emporium était Paris, a péché par l'intronisation de la raison humaine sur l'autorité divine». D'après la troisième explication, la conspirationniste, la Commune résulte des actes de groupes secrets étrangers, confondus avec l'Internationale, bien que les internationalistes ne soient qu'un autre groupe parmi ceux qui participaient au mouvement[4]

La presse républicaine fédérale tente de fournir une information plus nuancée. Elle remet en cause les nouvelles de Paris et essaie de distinguer les principes politiques du mouvement communard des possibles excès commis par des éléments incontrôlés, qui, dans tous les cas, sont imputables à la tyrannie dans laquelle ils ont vécu jusqu'alors[5].

Réaction des classes dirigeantes et du gouvernement du général Serrano

Effets de la Commune de Paris sur le mouvement ouvrier espagnol

Références

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