Franc-maçonnerie durant la Commune de Paris

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 : manifestation pacifiste de francs-maçons sur les fortifications à Porte Maillot pour demander l'arrêt des bombardements de Paris et l'ouverture de négociation[1]. Gravure de F. Moller.

La franc-maçonnerie durant la Commune de Paris, sans se diviser ouvertement, a des engagements et des attitudes diverses. Des francs-maçons font le choix de s'engager dans les rangs fédérés et prennent part au combat contre les forces gouvernementales, d'autres tentent de concilier les parties pour mettre un terme à l'affrontement. Les obédiences en tant qu'institution ne soutiennent pas l'insurrection et finissent par la condamner ouvertement à l'issue de la Semaine sanglante et de la défaite des Communards.

Une grande partie des francs-maçons qui prennent part à la Commune de Paris ou qui tentent d'éviter une guerre civile, ont rejoint les rangs des obédiences maçonniques françaises entre 1865 et 1870, période de profonde mutation[a 1]. Les sujets trop politiques sont interdits dans les loges qui concentrent leurs travaux sur les questions sociales ou religieuses : l'abolition de la peine de mort, l'union libre, le suicide ou encore le divorce et le rôle social de la femme[a 2]. Des francs-maçons travaillent au développement des mutuelles ou des coopératives ; quelques loges adhèrent à la jeune Ligue de l'enseignement créée par Jean Macé où s'organisent des débats autour de l'utilité première d'une école gratuite et obligatoire, puis laïque[a 3]. Les attaques du pape Pie IX dans l'encyclique Quanta Cura et Syllabus, ainsi que son allocution en consistoire qui regrette que la « secte maçonnique » ne soit pas anéantie, l'accusant de conspirer contre l'Église favorise dans les loges une réelle montée de l’anticléricalisme déjà présent depuis la Restauration[a 4]. Les convents du Grand Orient de France de 1870 dont la tendance à la politisation s'accentue, soumettent l’idée de la création d'un « anticoncile maçonnique » pour répondre à celui du Vatican et pour édicter les principes de droits universels. Ce convent porte à la tête de l'ordre le républicain Léonide Babaud-Laribière[a 3].

Seconde obédience française, le Suprême Conseil de France est dirigé par Guillaume Viennet à partir de 1860. Ce dernier bénéficie d'une grande popularité au sein de son ordre pour s'être opposé avec succès à la tentative d’absorption du Grand Orient de France. Toutes les discussions politiques ou religieuses sont statutairement interdites[a 5]. Tout en étant estimé, Guillaume Viennet est toutefois critiqué pour avoir voté contre l'admission d'Émile Littré à l'Académie française en 1863. Dans les années 1865-1870, le Suprême Conseil suit une évolution identique au Grand Orient[a 6]. La quarantaine de loges du Suprême Conseil sont principalement parisiennes et peu implantées en province. Elles sont très actives et parfois plus offensives que celles du Grand Orient. Les loges abritent aussi un fort courant radical avec Henri Brisson, Charles Floquet, Camille Raspail et Gustave Mesureur[a 7].

Historique 1871 - 1872

Notes et références

Annexes

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