Condition des femmes au Soudan du Sud
From Wikipedia, the free encyclopedia
au Soudan du Sud
Référendum sur l'indépendance, janvier 2011
| AnnéeR | # | |
|---|---|---|
| Population | 2018[1] | 12 323 419 |
| Femmes | 2018[1] | 6 011 801 |
| AnnéeR | % | |
|---|---|---|
| Éd. secondaire | 2023[2] | NA |
| Emploi | 2023[3] | 70,3 |
| DateR | % | |
|---|---|---|
| TNLA | [4] | 32,4 |
| Conseil des États | [4] | 32,1 |
| Indice | AnnéeR | Valeur | Rang |
|---|---|---|---|
| IIG | 2023[5] | NC | nc / 193 |
| IEG | 2024[6] | NC | nc / 146 |
La condition des femmes au Soudan du Sud est contrastée. Depuis l'indépendance du Soudan du Sud le , ces femmes acquièrent plus de pouvoir, mais sont toujours confrontées à des problèmes d'inégalité. De nombreuses femmes de cette région n'ont pas un accès adéquat aux ressources de santé et à l'éducation[7],[8]. Bien que ces femmes soient souvent confrontées à l'inégalité, des progrès sont réalisés depuis la déclaration officielle d'indépendance du Soudan du Sud. Ces dernières années, ces inégalités attirent l'attention du pays et la population s'intéressent davantage au problème du mariage des enfants auquel cette région est confrontée[7]. Parallèlement, le pays commence à s'intéresser au niveau très élevé de la mortalité maternelle. Avec un taux de mortalité maternelle de 789 décès pour 100 000 naissances vivantes, le Soudan du Sud affiche l'un des taux les plus élevés au monde[9].
En 2018, la population totale du Soudan du Sud est de 12 919 053 habitants[10]. Ces dernières années, la population masculine a dépassé la population féminine. En 2018, la population féminine est de 6 444 329 individus et la population masculine de 6 474 720 individus[10]. Les femmes du Soudan du Sud représentent environ 42 % de la population totale du pays. Elles sont donc moins nombreuses que les hommes à cette date[11].
| Année | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| 2000 | 3 337 668 | 3 362 998 |
| 2005 | 4 045 798 | 4 063 072 |
| 2010 | 5 032 251 | 5 034 945 |
| 2015 | 5 950 069 | 5 932 058 |
| 2020 | 6 824 253 | 6 785 749 |
Santé et éducation
Dans tout le Soudan du Sud, de nombreuses femmes n'ont pas la possibilité d'accéder à l'éducation et aux soins de santé. Selon la Banque mondiale, 51 % de la population du Soudan du Sud vit sous le seuil de pauvreté[12]. En conséquence, de nombreuses femmes du Soudan du Sud n'ont pas la possibilité d'aller à l'école, elles doivent rester à la maison et aider leur famille, et sont donc analphabètes[7]. Des mesures sont prises pour permettre à un plus grand nombre d'enfants d'aller à l'école, comme la création par le ministère sud-soudanais de l'Éducation, des Sciences et de la Technologie d'un système d'éducation pour les filles[13]. Si les mesures prises par le ministère de l'Éducation, des Sciences et de la Technologie permettent d'augmenter la fréquentation scolaire, il reste encore un certain nombre d'enfants, en particulier des filles, qui ne peuvent pas aller à l'école parce que leur famille n'a pas les moyens de les y envoyer[7]. Selon l'enquête de 2006 sur la santé des ménages, 46 % des femmes sans éducation sont mariées avant l'âge de 18 ans[8]. Beaucoup de ces femmes sont mariées plutôt que d'aller à l'école et de s'instruire.
L'incapacité des femmes du Soudan du Sud à se protéger contre les infections sexuellement transmissibles est en partie lié à l'analphabétisme et au manque d'éducation. Seules 3 % des femmes sans éducation formelle et 2 % des femmes de la région la plus pauvre utilisent une forme de contraception, contre 22 % dans la région la plus riche[8]. Le manque d'éducation des femmes de cette région influence directement leur santé. Moins de la moitié des femmes du Soudan du Sud ont entendu parler du sida et plus de 50 % d'entre elles ne connaissent pas les moyens de prévenir la maladie[8]. En outre, de nombreuses femmes et jeunes filles doivent abandonner l'école pour se marier et n'ont donc pas la possibilité d'apprendre[7].
Selon l'enquête 2006 sur les ménages sud soudanais, le niveau d'éducation de la mère joue un rôle sur le poids de l'enfant. 35 % des enfants dont la mère n'a pas suivi d'enseignement formel présentent une insuffisance pondérale, contre 19 % seulement des enfants dont la mère a suivi un enseignement secondaire. L'enquête révèle également qu'en moyenne, 14 % des enfants du Soudan du Sud souffrent d'une grave insuffisance pondérale. Le pourcentage moyen d'enfants du Soudan du Sud souffrant d'un grave retard de croissance est de 18 %[8].
Mariage et accouchement
Les mariages forcés et les mariages d'enfants sont très courants pour les femmes du Soudan du Sud et touchent la plupart des femmes de la région[14]. Les mariages d'enfants sont souvent utilisés par les familles pour des raisons économiques[15]. Comme la famille d'une femme reçoit une dot de la part du mari de sa fille, les parents ont intérêt à ce que leurs filles soient mariées très tôt à celui qui offre le plus[15]. Ce prix de la mariée explique également pourquoi si peu de femmes divorcent au Soudan du Sud. En cas de divorce, la famille de la femme doit rembourser à la famille du mari la dot[15]. Une autre raison de marier les filles jeunes est la crainte d'une grossesse hors mariage. Cela déshonore la famille, le but est donc de marier une fille avant qu'elle ne tombe enceinte[15]. Bien qu'il existe des lois qui empêchent les mariages d'enfants, le gouvernement ne les fait guère respecter, de sorte que les gens ne s'y conforment souvent pas[15].
Au Soudan du Sud, les hommes contrôlent la famille et la politique et les femmes sont censées suivre leurs ordres. Le rôle d'une femme est de donner des enfants à son mari et ces femmes subissent des pressions de la part des membres de la famille de leur mari pour avoir autant d'enfants que possible[12]. Les grossesses issues de mariages d'enfants entraînent également plus de complications à la naissance que les mariages avec des femmes plus âgées[15]. De nombreuses femmes du Soudan du Sud ne disposent pas des ressources et des soins médicaux dont elles ont besoin pendant leur grossesse, de sorte qu'en cas de complications, les femmes risquent de ne pas être sauvées[7]. En conséquence, le Soudan du Sud a l'un des taux de mortalité maternelle les plus élevés, avec un ratio de 789 décès pour 100 000 naissances vivantes[9],[16]. En raison de l'absence de contraception et du fait que les femmes sont censées avoir autant d'enfants que possible, ce chiffre ne varie guère. La fistule obstétricale est une complication majeure à laquelle sont confrontées les femmes du Soudan du Sud. Chaque année, environ 5 000 femmes du Soudan du Sud souffrent de fistule obstétricale[15]. La fistule est plus fréquente dans les régions où il n'y a pas de ressources médicales. Elle entraîne souvent la perte de l'enfant et le rejet de la femme par son mari et son entourage[17].
Participation dans le gouvernement
Depuis la déclaration officielle d'indépendance du Soudan du Sud le , 5 des 29 postes ministériels du gouvernement du Soudan du Sud sont occupés par des femmes. 10 des 28 postes de vice-ministre sont occupés par des femmes. Les femmes du Soudan du Sud sont également actives dans la lutte pour l'indépendance, en « fournissant de la nourriture et des abris » aux soldats et en « s'occupant des enfants » et des « héros et héroïnes blessés ». La formation de la Katiba Banat (« bataillon de femmes ») en est un exemple[18].