Condition des femmes en Irak
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en Irak
| AnnéeR | # | |
|---|---|---|
| Population | 2020[1] | 39 854 432 |
| Femmes | 2020[1] | 19 719 025 |
| AnnéeR | % | |
|---|---|---|
| Éd. secondaire | 2021[2] | 17,4 |
| Emploi | 2023[3] | 11,4 |
| DateR | % | |
|---|---|---|
| Conseil des représentants | [4] | 28,9 |
| Indice | AnnéeR | Valeur | Rang |
|---|---|---|---|
| IIG | 2023[5] | 0,562 | 143e / 193 |
| IEG | 2021[6]. | 0 535 | 154e / 156 |
Tout au long de l'histoire, la condition des femmes en Irak a varié en fonction des valeurs et conditions politiques de chaque époque, avec une régression marquée depuis la fin de la première république en 1968 et l'arrivée au pouvoir du parti Baas. En 2021[note 1], le Global Gender Gap Index du Forum économique mondial, qui regroupe des données sur le comportement économique, le niveau d'instruction, la santé et la survie, et l'autonomisation politique, classe l'Irak 154e sur 156 pays. Parmi les pays couverts cette année, seuls le Yémen et l'Afghanistan font pire[6].
En 2024 les femmes représentent 49,8% de la population irakienne, tandis que les ménages dirigés par des femmes représentent 11,3 % des foyers[7].
Le royaume d'Irak de 1932 à 1958
Après la Première Guerre mondiale, la constitution de la nation irakienne en menant une politique de différenciation inégale en matière de droits juridiques fondée sur des divisions de classes, ethniques, communautaires et régionales[8].
La république d'Irak de 1958 à 1968
Dans la première République instaurée par la révolution de 1958, la défense des droits des femmes devient un élément central de la politique nationaliste moderniste du nouveau régime, inspiré par le nassérisme et le socialisme arabe, bien qu'à l'instar de la plupart des régimes arabes post-coloniaux, l’islam reste en Irak un symbole clé d’authenticité culturelle[8].
La république d'Irak de 1968 à 2003
En 1968, le coup d'État du parti Baas instaure une répression féroce et une violence politique ciblant particulièrement les communistes[9], annulant tout processus de changement social, et l’idée d’unité nationale sur laquelle s’appuyaient les militantes des droits des femmes[8]. Les femmes perdent des droits acquis durant la première République, et leurs conditions de vie se détériorent, à l'exception de celles qui sont membres ou proches du parti Baas[8].
Leurs conditions se désorientent davantage à partir de 1990, dans les années suivant la guerre du golfe déclenchée en réponse à l'invasion du Koweït[8]. L'accroissement de la pauvreté et la crise humanitaire engendrés par les sanctions économiques internationales mènent la société irakienne vers des mécanismes de survie, exacerbant les inégalités entre hommes et femmes[8]. En outre, Saddam Hussein impulse un tournant islamo-conservateur dans son pays, faisant même ajouter la formule Allahu akbar sur le drapeau irakien, espérant gagner le soutien d'autres pays musulmans de la région[10]. Alors qu'il affichait depuis son arrivée au pouvoir des positions plutôt modernes et progressistes sur la condition des femmes, ce dernier adopte un discours conservateur et encourage la ferveur religieuse[10]. Selon le chercheur à l'Université de Georgetown Joseph Sassoon, c'était aussi un moyen pour Saddam Hussein de faire baisser le chômage en cette période de crise économique, en excluant les femmes du marché du travail[10].
La république d'Irak depuis 2003
En 2003, l’invasion américaine de l'Irak renverse le gouvernement baas de Saddam Hussein, remplacé par un gouvernement à dominance chiite, et exacerbe les divisions ethniques et confessionnelles de la société[11]. Dans ce contexte de montée en puissance de forces sociales et religieuses conservatrices, ajoutée à une instabilité politique majeure[12], les militantes des droits des femmes ont affaire à un État faible, incapable de garantir les droits de ses citoyennes, tandis que la participation des femmes à la vie politique se fait uniquement dans le cadre du système communautaire[8]. Elles entrent néanmoins, par cette petite porte communautaire, dans le gouvernement, le Parlement et les conseils provinciaux[8].
Place des femmes dans la société irakienne
L'éducation des femmes en Irak
En Irak, en 2021, le taux d’illettrisme des filles est deux fois plus élevé que chez les garçons[13].
Les femmes irakiennes dans l'emploi
En Irak, en 2021, 14 % des femmes ont un emploi, contre 73 % des hommes[13].
Les femmes irakiennes dans le sport
Historiquement, l’Irak a une longue tradition de sports féminins, remontant aux années 1970 et 1980 : dans le basket-ball, le volley-ball ou le cyclisme, des équipes féminines irakiennes participaient régulièrement aux compétitions régionales dans le monde arabe[14]. Mais la crise économique et le tournant islamo-conservateur impulsé par Saddam Hussein dans les années 1990 a fortement affecté les infrastructures sportives et fait régresser les conditions de vie des femmes irakiennes[14]. Mais après la défaite de l’organisation État islamique en , cette tendance s'inverse lentement, et des salles de sport recommencent à accueillir des femmes, y compris dans des disciplines nouvelles pour l'Irak comme la boxe et le kick-boxing[14].
Situation juridique
En Irak, où origine et nom jouent un rôle important dans tous les domaines, de nombreuses affaires sont réglées entre clans, loin des tribunaux[15]. Jusqu'à la chute de Saddam Hussein en 2003, le droit l'emportait sur les tribus, mais depuis, la situation a changé, du fait de la corruption, de passe-droits ou par peur des représailles[15], À la place de la loi, et ce sont souvent des conseils locaux et des représentants de familles qui organisent médiation et compensation[15].
Lois défavorables au droit des femmes
L'article 398 du code pénal permet à un violeur d'échapper au châtiment s'il épouse la victime[16].
En novembre 2017, une réforme législative remettant radicalement en cause les droits des femmes a été présentée au Parlement irakien : elle consiste en une série d’amendements apportés au Code du statut personnel (loi no 188 de 1959) régissant les droits des femmes en matière de mariage, de divorce, et d’héritage[12]. Les amendements proposés introduisent la possibilité de codes confessionnels tels que la « loi Jaafari » dominante chez les chiites d’Irak, dans laquelle le mariage d’une fille est permis dès l'âge de 9 ans[12]. Ainsi, il s’agirait d’une remise en question de l’âge légal du mariage, fixé à 18 ans pour les deux sexes[12].
