Conway Stewart
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Société par actions (1935 - 2014)
Marque (Depuis 2014)
| Conway Stewart | |
| Création | |
|---|---|
| Fondateurs | Frank Jarvis et Thomas Garner |
| Forme juridique | Société à capitaux privés (1905 - 1935) Société par actions (1935 - 2014) Marque (Depuis 2014) |
| Siège social | Emsworth |
| Activité | Instruments d'écriture |
| Produits | Stylos-plumes et stylos à bille |
| Société mère | Bespoke British Pens |
| Site web | conwaystewart.com |
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Conway Stewart & Company Ltd est une entreprise britannique spécialisée dans la confection d’instruments d'écriture, établie en 1905 à Londres par Frank Jarvis et Thomas Garner. Cette firme acquit sa renommée principalement par la fabrication de stylos-plumes, bien qu’elle ait aussi produit des stylos à bille. En 2014, la société fut mise en liquidation judiciaire ; ses actions et son actif furent subséquemment rachetés par Bespoke British Pens Ltd, laquelle détient désormais les droits afférents à la marque.
De nos jours, la firme Bespoke British Pens assure la fabrication et la commercialisation d'une vaste collection de plumes de la marque « Conway Stewart ».
Antérieurement à leur association, Jarvis et Garner avaient exercé leurs fonctions au sein de la maison De La Rue, alors le principal fabricant britannique de stylographes. Forts du savoir-faire acquis auprès de cette firme, ils fondèrent leur propre manufacture. Leur entreprise débuta néanmoins par la revente de plumes originaires d'autres ateliers. La dénomination « Conway Stewart » procéderait, selon certaines sources, d'un numéro de variétés en vogue à cette époque.
A cette époque, le marché des stylos britanniques se trouvait sous l'hégémonie de la firme De La Rue. Jarvis et Garner discernèrent promptement que la simple revendition de plumes-fontaines anonymes ne leur conférerait qu'une particule congrue du débouché commercial. Concomitamment, De La Rue déployait une vaste campagne de prospection et de réclame, rebaptisant ses articles sous l'appellation « Onoto ». Jarvis et Garner identifièrent ainsi un interstice prometteur : celui des instruments scriptoraux esthétiques et doués d'une fiabilité certaine, tout en demeurant d'un coût abordable.

La décennie 1920 fut caractérisée par une expansion accélérée de la gamme de produits proposés par la firme Conway Stewart. La marque commercialisa une pluralité de plumes, se distinguant par leurs mécanismes de remplissage, leurs matériaux et leurs formats. Ce dispositif commercial s'avéra prospère, permettant à l'entreprise d'accroître ses parts de marché au détriment de manufacturiers déjà solidement implantés. Cette croissance contraignit la société à quitter ses locaux initiaux, devenus exigus. Ainsi, en 1927, elle transféra ses activités vers un édifice plus vaste, lequel devait abriter son siège social durant les deux décennies subséquentes.
Durant la Grande Dépression, cette entreprise a su maintenir son étiage de rentabilité, principalement grâce à la perception singulièrement favorable que nourrissait l'opinion publique à l'endroit de l'équité pécuniaire (le rapport qualité-prix) de ses artefacts. En 1935, Conway Stewart réalisa son introduction sur la place boursière, simultanément à une levée de capitaux additionnels par voie d'émission d'actions[1]. Les années crépusculaires de la Seconde Guerre mondiale se révélèrent particulièrement éprouvantes et délétères pour Conway Stewart ainsi que pour nombre de ses confrères manufacturiers ; en dépit des pénuries drastiques de matières premières, l'entreprise parvint à perpétuer son existence en continuant d'offrir des stylographes d'une qualité intrinsèque et d'une fiabilité avérée à des tarifs demeurés raisonnables.
À la suite de l'ère d'austérité consécutive au second conflit mondial en Grande-Bretagne, la décennie 1950 constitua une période prospère pour la manufacture Conway Stewart. Cette ère fut caractérisée par l'acmé de l'emploi créatif des matières plastiques colorées. L'entreprise procéda à une nouvelle translation de son siège social. Toutefois, cet âge d'or se révéla éphémère. Concomitamment, le stylo à bille fut perfectionné. Bien que celui-ci fût, à son origine, d'une fiabilité contestable et d'un coût supérieur à celui des plumes de qualité analogue, son prix s'effondra promptement. Conway Stewart, à l'instar de la plupart de ses concurrents dans la fabrication d'instruments scripteurs, ne parvint pas à pressentir l'incidence que ce produit novateur exercerait sur les ventes de stylos-plumes.
À partir des années 1960, les ventes de plumes réservoirs subirent un déclin accéléré, précipitant la maison Conway Stewart dans une situation pécuniaire précaire. Afin de parer à l’effritement de ses revenus, la manufacture s’évertua à maintenir sa compétitivité en commercialisant des modèles d’écriture à un tarif plus abordable et en adjoignant à son catalogue des stylographes à bille. En 1968, dans l’espoir d’alléger ses charges, elle transféra son siège à Crumlin, aux environs de Caerphilly, au Pays de Galles, bénéficiant à cette fin de subsides étatiques destinés au développement régional. Malgré ces mesures, sa condition financière ne cessa de se dégrader. La firme fut finalement mise en liquidation en 1975, ce qui mit un terme définitif à ses activités.
L'entreprise fit l'objet d'une résurgence au cours de la décennie 1990, établissant son siège statutaire à Plymouth, en Angleterre. La commercialisation de ses productions débuta effectivement en 1998, nonobstant le fait que certaines séries limitées eussent été antérieurement manufacturées à l'occasion d'événements particuliers. Il advint ainsi que des véhicules fussent spécialement conçus pour les dignitaires et chefs d'État conviés au sommet du G8, tenu en 1998 dans la ville de Birmingham.
Le , la société Conway Stewart fut placée sous le régime de l'administration judiciaire. Cette procédure entraîna la liquidation de l'actif résiduel, comprenant les stocks d'invendus, les machines et l'outillage, et s'acheva par la clôture définitive de ses bureaux. Par la suite, la dispersion du patrimoine matériel et immatériel de la manufacture s'opéra de la manière suivante[2] : la firme Bespoke British Pens acquit le reliquat des composants, de même que les droits afférents au nom de domaine « conwaystewart.com » et à la marque Conway Stewart pour les territoires du Royaume-Uni, des États-Unis et de l'Europe[3],[4]. Quant aux matières premières demeurant en inventaire — consistant notamment en des approvisionnements substantiels de caséine, d'ébonite, d'acétate de cellulose et de résines acryliques — elles furent adjugées à la société Turners Workshop Ltd, établie au Royaume-Uni.
Modèles
1905–1975

Les productions initiales de la maison Conway Stewart se composaient d'articles provenant de manufacturiers tiers. Ces premiers instruments, confectionnés en caoutchouc vulcanisé, ne se singularisaient guère de la multitude de modèles disponibles sur le marché en cette ère pionnière de l'écriture mécanique. Il advint qu'à l'orée des années 1920, la firme entamât l'élaboration d'une esthétique qui lui fût propre. Cette mue distinctive procéda principalement de l'adoption de matières novatrices, telles que le celluloïd et la galalithe, qui offraient une palette chromatique d'une grande richesse et permit l'avènement d'un style propre à la marque.
La désignation des modèles Conway Stewart associe noms et numéros. Parmi les modèles importants, on trouve, avec leurs tranches d'âge approximatives :
- Années 1920-1960 : Dinkie (540-550)
- Années 1930 – 1940 : Duro (numéros divers), Dandie (720, 728), Scribe (336), International (356), Universal (470, 479)
À l'orée des années 1940, l'usage des appellations modelées fut abrogé pour l'ensemble des gammes, si ce n'est pour le Dinkie, lequel constitua une exception notoire. La numérotation attribuée aux articles ne procède d'aucune logique chronologique ; il advient même qu'un même instrument s'étant vu octroyer une référence distincte selon qu'il fût destiné au marché britannique ou à l'exportation. Quelques exemples de ces artefacts sont ici consignés à titre d'illustration :
- Années 1920-1940 : 200, 217, 286, 380, 388
- Années 1950 – début des années 1960 : 12, 14, 15, 16, 22, 27, 28, 36, 58, 60, 73–77, 84, 85, 100,
- début des années 1960 – 1975 : 65–69, 94–98, 107
Les modèles en matière plastique confectionnés entre les années 1940 et 1960 se déclinaient en une multiplicité de styles et de coloris. Bien que la maison Conway Stewart ne les ait jamais officiellement désignés, les collectionneurs leur ont ultérieurement attribué des appellations vernaculaires telles que « glace craquelée », « chevrons », « œil de tigre » ou « grillage », sans omettre la finition marbrée, plus communément répandue. Le Modèle 22, fabriqué au cours des années 1950 et orné d'un motif floral, constitue un cas singulier. Sa production, extrêmement restreinte au regard des autres séries contemporaines, demeure sujette à caution ; les évaluations oscillent entre 200 et 2 000 unités.
À compter de l'orée des années 1960, l'industrie de l'écriture adopta progressivement l'emploi de matières plastiques, moulées par injection, conférant aux instruments une chromaticité uniforme. Corrélativement, la plume, traditionnellement fabriquée en or 14 ct (environ 585 millièmes), fut le plus souvent supplantée par une version en acier inoxydable.
Années 1990 à aujourd'hui
Les productions de cette période se destinent au segment le plus luxueux et se singularisent par l'emploi de métaux précieux, d'émaux, de corps en caséine ou en celluloïd, ainsi que de plumes constituées d'or 18 ct. Parmi les créations les plus notables, on peut citer les séries Churchill 58, Duro, Dinkie et 100, lesquelles s'inspirent toutes des modèles primitifs. Le Churchill, notamment, trouve son origine dans les versions de plus grande taille, fabriquées en ébonite rouge ondulée, des Conway Stewart d'époque. La propriété de la marque fut finalement cédée à Don Yendle entre 1994 et 1997.
L’historique de la marque Conway Stewart au Royaume-Uni s’avère complexe. En 1975, la firme Helix se porta acquéreur des actifs nominaux auprès des liquidateurs. Par la suite, une autre société se rendit adjudicataire de la marque dans l’intention de la ressusciter au moyen d’une gamme de stylos à pointe fibre destinés au commun des mortels. La production demeurant limitée, c’est en 1994 que Don Yendle racheta la marque britannique à cette même société. Cette même année, il acquit également les droits afférents à la marque américaine auprès de Stuart Edwards, établi à Palo Alto. L’année suivante, en 1995, Don Yendle entra en pourparlers avec les dirigeants de Shaeffer Australia. Ces derniers avaient, préalablement, déposé la marque en vue d’écouler sur le marché australien une ligne de stylos d’origine chinoise, de facture modique. Une conciliabule se tint à Hong Kong au commencement de l’année 1995, à l’issue de laquelle Don Yendle se vit octroyer les droits d’usage de la marque Conway Stewart pour le territoire australien.
À la suite de la constitution de Conway Stewart en société à responsabilité limitée au Royaume-Uni, l’enregistrement de la marque fut étendu à l’Europe et à l’Asie, afin d’en assurer la protection à l’échelle mondiale. Don Yendle, s’étant préalablement livré à une investigation approfondie sur l’histoire et les procédés manufacturiers de la firme, ambitionnait de conserver la fidélité aux valeurs cardinales qui prévalaient depuis sa fondation en 1905. S’ensuivirent trois années consacrées à l’étude des matières plastiques et de la caséine, notamment de l’ébonite — ou vulcanite — employée pour la confection des corps de stylographes et des conduits d’alimentation des plumes. L’entreprise recourut même aux services d’un atelier birminghamien qui utilisait encore un pantographe d’un mètre de longueur pour réaliser les moules miniatures des agrafes, afin que fussent préservée la finesse des motifs originels. Ainsi, les nouvelles agrafes se trouvèrent être identiques aux pièces anciennes, offrant aux collectionneurs la possibilité de se procurer des éléments de remplacement pour les stylos antiques qu’ils souhaitaient restaurer.
À la suite de maintes expérimentations sur des plaques de caséine provenant du Royaume-Uni et d’anciens stocks nippons, la manufacture Conway Stewart fut ressuscitée en l’an 1997. Dès sa première exposition, elle s’attira les faveurs du ministère des Affaires étrangères, qui l’érigea en fournisseur attitré de présents pour le 10 Downing Street, ainsi que pour les dons offerts par le gouvernement aux dignitaires étrangers. Les premières collections — séries 58 et Dinkies — furent intégralement confectionnées en caséine, chaque capuchon étant agrémenté d’un anneau d’or massif sertí. Il fallait que chaque plaque de ce matériau séchât au moins trois mois dans une chambre d’étuvage maintenue à un degré hygrométrique optimal. Après chaque phase d’usinage, les fûts des instruments scripturaires étaient réintégrés dans cette même enceinte, afin que leur circularité fût parfaite. Chaque collection se voyait bornée à cinq cents unités, en raison des contingences liées à la matière et à la teinte. Un code identifiant et un numéro sérial étaient apposés au laser sur le corps de chaque instrument.
L'entreprise commercialisa subséquemment des modèles (série Churchill, 58, Dinkie) confectionnés en acrylique, en argent massif et en or massif. Les premiers porte-plumes en or massif furent spécialement exécutés pour la reine Élisabeth II et le prince Philip, à l'occasion de leurs noces d'or célébrées le . Deux exemplaires uniques furent réalisés en or massif de 18 carats. La Souveraine fit parvenir une missive de remerciements, y soulignant la grande utilité de ces objets. Initialement, la fabrication des instruments scripteurs s'effectuait à Horrabridge. Toutefois, des locaux devenus trop exigents contraignirent la société à transférer son siège à Plymouth en 2001. L'entreprise poursuivit sa collaboration avec le cabinet du Premier ministre britannique, fournissant notamment des stylos à l'effigie de Conway Stewart Churchill. Ces artefacts furent offerts en guise de cadeaux d'anniversaire à des personnalités telles que Bill Clinton, George Bush, Jacques Chirac et Vladimir Poutine.
La manufacture Conway Stewart obtint également la faveur du ministère des Affaires étrangères, lequel sélectionna ses instruments pour en faire des présents offerts à l'ensemble des dignitaires lors des sommets du G8 et du G20, de même qu'au prince Charles, à la princesse Diana et à l'écrivaine Barbara Cartland. Par ailleurs, la firme soumit plusieurs prototypes de stylographes en celluloïd, agissant le plus souvent comme placages sur des corps de modèles « Duro » en argent massif. Elle fournit également une série distincte de plumes en or, spécialement conçue pour commémorer le jubilé d'or de Sa Majesté, incluant une édition « Churchill » en ébonite recouverte d'une garniture en or 18 carats, dont la commercialisation resta confidentielle. Enfin, après avoir constitué un réseau de distribution à l'échelle planétaire, Don Yendle céda l'entreprise à un investisseur en .