Côtes-de-provence Fréjus
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| Côtes-de-provence Fréjus | |
Vignoble de l'AOC côtes-de-provence Fréjus à Puget-sur-Argens. | |
| Désignation(s) | Côtes-de-provence Fréjus |
|---|---|
| Appellation(s) principale(s) | côtes-de-provence[1] |
| Type d'appellation(s) | dénomination au sein d'une AOP |
| Reconnue depuis | 2005 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Provence |
| Localisation | Var |
| Saison | deux sèches (en hiver et en été) et deux plus humides (en automne et printemps) |
| Climat | méditerranéen |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 616 heures (à Fréjus)[2] |
| Sol | argilo-calcaire, sablo-argileux, limono-argileux et sableux |
| Superficie totale | 235 hectares |
| Superficie plantée | 54 ha (en 2024)[3] |
| Nombre de domaines viticoles | 8 caves particulières et coopératives |
| Cépages dominants | syrah, grenache, cinsault et mourvèdre |
| Vins produits | 80 % rosés et 20 % rouges |
| Production | 2 486 hl (en 2024)[3] |
| Pieds à l'hectare | min. 4 000 ceps/ha, soit max. 2,5 m2 par pied[4] |
| Rendement moyen à l'hectare | 46 hl/ha en rosé et 43 en rouge (en 2024)[3] |
| modifier |
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Un côtes-de-provence Fréjus, ou plus simplement un fréjus[1], est un vin rouge ou rosé produit dans la basse-vallée du fleuve côtier l'Argens, de Callas au nord jusqu'à la mer Méditerranée à Saint-Raphaël, en passant par la ville de Fréjus.
Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'AOC côtes-de-provence, à l'extrémité orientale de l'aire d'appellation.
Le littoral provençal a été colonisé par les Grecs : vers -600, les Phocéens s'installent à Marseille (en grec, Massalia; en latin, Massilia). Ils essaiment à Nice (Nikaia), Antibes (Antipolis), Hyères (Olbia), Six-Fours (Tauroeis), Arles (Arelate), Agde (Agathé), et au sud de Nîmes. Antérieurement la région était peuplée de Celtes appelés aussi Ligures ou Celto-Ligures[5].
C'est lors de la création de Massalia que les Phocéens implantent la vigne dans la Gaule celtique, les vignobles étant circonscrit à d'étroits espaces proches du littoral[6].
Laurent Bouby explique[7] : « Au 1er millénaire avant notre ère, avec la colonisation phocéenne à Marseille et le dynamisme commercial des civilisations méditerranéennes (étrusques, grecques et phénico-puniques), la production et les échanges de vins explosent dans l’Ouest méditerranéen. On devine aisément la suite : des millions d’hectolitres de vins inondent le monde gaulois »[6].
Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV,1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[8].

Passées les grandes invasions, les abbayes provençales de Saint-Victor, à Marseille, de Saint-Honorat, dans l'île de Lérins, puis du Tholonet, vont reconstitué et développer le vignoble[9].
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, « les friands vins de clérets de la Provence » furent très appréciés à la Cour de France, où leur notoriété bénéficia de la plume de Madame de Sévigné qui effectuait de fréquents séjours en Provence.
Le vignoble, déjà connu en 1848 sous le nom de Côtes de Provence, a dû être reconstruit au début du XXe siècle après la crise phylloxérique. Grâce aux efforts de quelques pionniers, un nouveau pas est franchi en 1951 avec l’accession en VDQS côtes-de-provence. Elle est agrandie par deux arrêtés, puis passe en AOC par le décret du . La dénomination géographique côtes-de-provence Fréjus a été reconnue en 2005[10],[11]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en août 2025[4].
Vignoble
Aire de la dénomination
| Images externes | |
| Carte de l'aire d'appellation | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes parcellaires de la dénomination | |
| Orthophotos de la dénomination | |
Huit communes du département du Var sont comprises dans l'aire délimitée : Callas, Fréjus, La Motte, Le Muy, Puget-sur-Argens, Roquebrune-sur-Argens, Saint-Raphaël et Trans-en-Provence[10]. Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de 54 hectares, dont 43,4 ha en rosé et 11,1 ha en rouge[3].
Orographie
Situé à l'extrémité orientale de l'AOC côtes-de-provence, la dénomination territoriale Fréjus est constituée d'ouest en est par les collines bordant l'Argens et s'ouvre directement sur la mer Méditerranée[10].
Géologie
Le secteur de Fréjus comporte trois types de sols spécifiques. Les premiers, de couleur rouge, sont le substrat d'altération sablo-argileux des grès et pélites du permien ; les seconds, qui recouvrent ce socle permien, sont un mélange de sols rouges caillouteux, sablo-argileux, blanchâtres limono-argileux sur tufs, jaunes à blanchâtres limono-argileux sur dépôts de pliocène marin ; enfin, les derniers sont des sols sableux couvrant des roches métamorphiques altérées du massif des Maures[10]
Climat
L'influence maritime, qui domine sur ce terroir, induit un climat particulier où règne un régime de ventilation quasi permanent (la brise de mer) et d'amplitudes thermiques moyennes. « Les précipitations sont parmi les plus importantes de l'appellation (830 à 850 mm par an) et un nombre moyen d'heures d'insolation (2800 à 2900 heures par an)[10]. ».
La station météorologique de Fréjus – Saint-Raphaël (à 7 mètres d'altitude : 43° 25′ 24″ N, 6° 44′ 16″ E)[12] est représentative des côtes-de-provence du littoral.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température maximale moyenne (°C) | 13,3 | 14 | 16,3 | 18,6 | 22,4 | 26,3 | 29,1 | 29,3 | 25,6 | 21,5 | 16,9 | 13,7 | 20,6 |
| Température moyenne (°C) | 8,6 | 8,9 | 11,2 | 13,6 | 17,4 | 21,2 | 23,8 | 24 | 20,5 | 16,9 | 12,5 | 9,3 | 15,7 |
| Température minimale moyenne (°C) | 4 | 3,8 | 6,1 | 8,6 | 12,5 | 16,2 | 18,6 | 18,7 | 15,4 | 12,2 | 8 | 4,9 | 10,8 |
| Nombre de jours avec gel | 4,2 | 3,8 | 0,7 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,5 | 2,8 | 12 |
| Précipitations (mm) | 69,8 | 51,6 | 49,6 | 70,2 | 43,9 | 31,8 | 15,6 | 27,2 | 81 | 115,5 | 132,5 | 96,9 | 785,6 |
| Ensoleillement (h) | 151,6 | 167,6 | 213,7 | 220,7 | 262,4 | 296,5 | 337,6 | 297,4 | 233,7 | 172,2 | 141,6 | 121,2 | 2 616,2 |
Encépagement
Cépages principaux : deux cépages principaux obligatoires parmi :
Méthodes culturales et réglementaires
Les vignes sont conduites en taille courte, à coursons à deux yeux, soit en gobelet soit en cordon de royat (double ou simple). Sauf pour la syrah pour laquelle la taille longue (taille en guillot) est autorisée avec un maximum de 8 yeux francs par pied et 6 yeux francs maximum sur le long bois. Rendement maximal autorisé : 50 hl/ha, Rendement moyen : 37 hl/ha[10].
Vins
La superficie potentielle de ce vignoble est de 235 hectares, tandis que celle revendiquant l'appellation n'est que de 24 hectares. Il y est vinifié 900 hectolitres (rosé et rouge) soit 120 000 cols/an[10].