Denuvo
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| Créateur | Denuvo Software Solutions GmbH (d) |
|---|---|
| Première version | [1] |
| Système d'exploitation | Microsoft Windows |
| Environnement | Microsoft Windows |
| Type | Gestion des droits numériques |
| Licence | Logiciel propriétaire |
| Site web | http://denuvo.com/ |
Denuvo est une technologie de protection anti-piratage développée par la société autrichienne Denuvo Software Solutions. Initialement présentée comme inviolable et sans impact sur l'expérience de jeu, contrairement aux autres DRM, ces prétentions ont été infirmées par des hackeurs ayant contourné la protection, des tests révélant des baisses de performance, et des critiques de joueurs et développeurs, alimentant de vives controverses[2],[3].
Les rapports concernant la technologie Denuvo indiquent qu'elle chiffre et déchiffre constamment le contenu protégé, le rendant difficile à pirater[4]. Cependant, les développeurs de la solution ont démenti et assurent que Denuvo « [...] ne chiffre ou ne déchiffre aucune donnée de manière continue sur le disque de stockage. Cela ne serait pas bénéfique que cela soit au niveau de la sécurité ou des performances ».
La société n'a jamais expliqué comment fonctionne le logiciel par mesure de sécurité et pour conserver son inviolabilité. Cependant, le groupe chinois de warez 3DM assure avoir brisé la protection de Denuvo le . Selon eux, Denuvo utilise un algorithme de chiffrement en 64-bits qui requiert une clé de chiffrement spécifique au hardware de chaque machine[2].
En , le même groupe a sorti un crack pour le jeu Dragon Age Inquisition, qui utilise la technologie Denuvo pour protéger la propriété d'Electronic Arts. Il est important de noter que malgré la sortie de ce crack, il aura fallu attendre un mois après la sortie du jeu, ce qui est inhabituellement long pour un jeu PC[5]. Interrogé à propos de cette « faille » dans la protection, Denuvo a tenu à expliquer que « [...] tous les jeux finiront par être piratés, peu importe la protection appliquée »[6]. Ars Technica a tenu à préciser que la majorité des ventes d'un jeu se font dans les 30 premiers jours après sa sortie, ce qui fait de Denuvo un succès car son piratage demande beaucoup plus de temps et de moyens.
En , le groupe 3DM annonce avoir presque abandonné le crack de Just Cause 3, protégé par Denuvo, à cause des difficultés engendrées par sa protection (jeu qui sera cracké 250 jours plus tard, non pas par un groupe, mais par un utilisateur indépendant.), tout en expliquant que « Dans deux ans, cracker un jeu vidéo ne sera plus possible ». Le directeur de vente chez Denuvo, Thomas Goebl, pense que des sorties exclusives aux consoles seront bientôt disponibles sur PC grâce à cette technologie[7]. Il a été annoncé que 3DM arrêterait de cracker les jeux à partir de et arrêterait également toute recherche contre Denuvo pendant une année entière pour voir comment évoluent les ventes de jeu en Chine. Pour finir, le groupe a annoncé ne pas abandonner et explique avoir outrepassé la protection utilisé sur Just Cause 3, Rise of the Tomb Raider et FIFA 16, mais que les cracks ne seraient pas mis à disposition du public et qu'il faudra les obtenir différemment.
Failles et contournements du système Denuvo
En , un cracker bulgare de 19 ans, connu sous le pseudonyme Voksi, publie des patchs contournant temporairement la protection Denuvo de plusieurs jeux récents, dont en premier lieu DOOM (2016), en exploitant une faille dans Steam qui confondait la démo et le jeu complet[8]. Cette faille, corrigée trois jours plus tard, limite rapidement la portée de l’exploitation[9],[10]. Ce contournement inspire un crack complet de Rise of the Tomb Raider par le groupe CPY, publié 193 jours après sa sortie sur PC, qui parvient à émuler la protection Denuvo[11].
En 2017, le groupe STEAMPUNKS accélère les contournements, crackant des jeux comme Dishonored 2[12] et Prey[13] en moins d’une semaine après leur sortie, malgré les évolutions de Denuvo.
Entre 2019 et 2020, une crackeuse nommée EMPRESS, parfois associée au groupe de warez CODEX (ou CDX) par la communauté bien que son identité demeure incertaine, perce des protections jusque-là réputées inviolables. Elle cracke notamment Mortal Kombat 11 (542 jours après sa sortie)[14], Planet Zoo[15], et Tekken 7[14]. En 2022, EMPRESS cracke également Death Stranding Director’s Cut[16].
Parallèlement, CPY, après une période d’inactivité, revient brièvement en 2019 pour cracker Planet Zoo[15] et Death Stranding (version originale)[14], avant de redevenir inactif en 2020. Ces cracks exploitent des failles non publiques dans les versions récentes de Denuvo, jusqu’alors réputées robustes[14].
Ces contournements illustrent la course permanente entre les développeurs de gestionnaire de droits numériques (DRM) comme Denuvo et les groupes de crackers, dont les méthodes s’adaptent continuellement aux nouvelles protections.
