Ersilia Soudais

enseignante et femme politique française From Wikipedia, the free encyclopedia

Ersilia Soudais, née le à Aubervilliers, est une femme politique française, élue députée lors des élections législatives françaises de 2022 et réélue lors des élections législatives anticipées de 2024. Elle est connue pour son soutien à la cause palestinienne.

Élection19 juin 2022
Réélection7 juillet 2024
Circonscription7e de Seine-et-Marne
Faits en bref Fonctions, Députée française ...
Ersilia Soudais
Illustration.
Ersilia Soudais le , jour de son entrée à l'Assemblée nationale.
Fonctions
Députée française
En fonction depuis le
(4 ans et 5 jours)
Élection 19 juin 2022
Réélection 7 juillet 2024
Circonscription 7e de Seine-et-Marne
Législature XVIe et XVIIe (Cinquième République)
Groupe politique LFI-NUPES (2022-2024)
LFI-NFP (depuis 2024)
Prédécesseur Rodrigue Kokouendo
Biographie
Date de naissance (38 ans)
Lieu de naissance Aubervilliers
Nationalité française
Parti politique LFI
Profession Professeure certifiée de français en collège
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Biographie

Famille, formation et carrière professionnelle

Née à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis[1], le , Ersilia Soudais grandit dans une famille très politisée. Son père, Michel Soudais, journaliste, est l’un des rédacteurs en chef de Politis, hebdomadaire de la gauche antilibérale.

Après une classe préparatoire littéraire et une licence de lettres[2], elle est professeure de français à Sevran en Seine-Saint-Denis pendant un an, avant de rejoindre la Seine-et-Marne et de s'engager au sein du SNES-FSU[3],[1].

Parcours politique

Militante féministe[4], élue conseillère municipale d'opposition à Lagny-sur-Marne depuis 2020, elle se fait connaître lors de luttes locales contre le mal-logement dans sa ville[5].

Investie par La France insoumise, elle est élue députée le dans la septième circonscription de Seine-et-Marne. Elle est élue au second tour avec 51,3 % des voix, face au candidat du Rassemblement national Didier Bernard[6].

Lors des législatives de 2024, candidate de La France insoumise pour le Nouveau Front populaire dans la même circonscription de Seine-et-Marne, elle recueille 32,79 % des voix au premier tour derrière la candidate du Rassemblement national Agnès Laffite, qui obtient 35,72 % des voix[7]. Elle est réélue avec 53 % des voix.

Vie privée et affaires judiciaires

Le , Ersilia Soudais porte plainte pour viol conjugal à l'encontre de son compagnon Damien Cassé, également adhérent de LFI ; une enquête de flagrance est engagée par le parquet de Meaux[8]. Après la saisie par la députée du comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise, le militant est exclu de LFI « à titre conservatoire »[9]. Damien Cassé conteste ces accusations[10]. La plainte pour viol est classée sans suite. Damien Cassé sera jugé pour harcèlement moral[11]. Il est finalement relaxé « au bénéfice du doute »[12].

En , elle est condamnée aux prud’hommes pour inégalité de traitement. Ersilia Soudais aurait privilégié un de ses proches, son compagnon, un étudiant étranger avec lequel elle entretiendrait une relation intime depuis un voyage en Jordanie datant de 2024, au détriment d’une attachée parlementaire, dont le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) avait pris fin en pleine période d’essai[13].

Prises de positions

Lutte contre l'antitziganisme

Ersilia Soudais s'engage contre l'antitziganisme[14]. À cette fin, elle propose de renommer le groupe d'étude « des gens du voyage » de l'Assemblée nationale en groupe d'étude sur l'antitziganisme, d'inscrire la journée du comme journée nationale des victimes du génocide tzigane entre 1939 et 1946, et souhaite porter une proposition de résolution visant à faire reconnaître la responsabilité de l'État dans le génocide tzigane[15],[16],[17].

En , elle réalise une tournée nationale des camps de gens du voyage afin d'aller à leur rencontre, de les écouter. Pour la députée, « il n'y a pas assez d’aires d'accueil en France. Il en faudrait plus pour améliorer la vie des voyageurs et lutter contre l'errance »[18].

Soutien de la cause palestinienne

Elle commence à s'intéresser à la cause palestinienne pendant la campagne législative de 2022, après un ciné-débat consacré à Salah Hamouri : « J'ai été extrêmement touchée et je me suis jetée à corps perdu dans ce sujet »[1].

Connue pour ses prises de positions pro-palestiniennes[1],[19], Soudais est à l'origine de l'invitation à l'Assemblée nationale, en , d'une militante palestinienne, Maryam Abu Daqqa, une des dirigeantes du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) - organisation reconnue terroriste notamment par l'Union européenne[20]. Cette invitation est rejetée par la présidente, Yaël Braun-Pivet[21]. Par la suite, un document vidéo dans lequel Ersilia Soudais commente cette invitation suscite des critiques[22]. Elle s'affirme « harcelée » alors que la photo du petit Kfir Bibas, nourrisson israélien enlevé le , est placardée sur la porte de son bureau à l'Assemblée nationale[23].

Controverses et polémiques

Ersilia Soudais est présentée par plusieurs médias comme une personnalité polémique. La journaliste Charlotte Belaïch titre ainsi le portrait qu'elle consacre à la députée dans Libération, « La voix de la discorde »[24]. Elle est également décrite par le Figaro comme « une députée habituée des polémiques »[25]. Le quotidien La Marne rapporte que la députée est victime de moqueries parfois violentes sur ses propos, ses propositions de loi, ou encore son physique[26]. La haine et la violence dont elle est la cible atteignent un nouveau degré quand, dans les dernières semaines de , la députée est l’objet de plusieurs menaces de mort[26]. Celle-ci porte plainte en à la suite de celles-ci. Elle dépose une autre plainte contre le romancier franco-israélien Marco Koskas qui avait appelé à « foutre une balle dans la tête de Madame Soudais, Monsieur Coquerel et toute la mélenchonie »[26].

Allégations d'antisémitisme

Selon Le Figaro, ses déclarations controversées lui ont souvent valu d’être qualifiée d’antisémite par ses détracteurs[27].

Ersilia Soudais fait partie des députés LFI accusés par la presse d'antisémitisme et de ne pas avoir condamné l'attaque du Hamas contre Israël de 2023, refusant de la qualifier d'« attentat terroriste à caractère antisémite »[24]. Elle se défend toujours de tout antisémitisme dans ses propos en maintenant ses critiques du sionisme et à l'encontre de l'État d'Israël[24].

Début , le député RN Frédéric Falcon la qualifie d'« antisémite notoire » durant une séance à l'Assemblée nationale. Ersilia Soudais demande une sanction pour ces propos, que Falcon assume[28]. Ces propos font l'objet d'un rappel au règlement par le président de séance, qui saisit le bureau de l'Assemblée[28].

Soutien à Elias d’Imzalène

Le , le militant politique Elias d'Imzalène visé par une fiche S des renseignements généraux est placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête initiée par un signalement de l'ex-ministre de l'intérieur Gérald Darmanin accusant celui-ci d'incitation à la haine, après qu'il a demandé à son public d'une manifestation s'il était « prêt à mener l'Intifada dans Paris » afin de « libérer Jérusalem »[29],[30],[31]. Le , Ersilia Soudais affirme vouloir visiter, comme parlementaire, le commissariat de police où il est placé en garde-à-vue pour lui apporter son soutien, déplorant que ce ne soit pas plutôt les soutiens du « génocide perpétré par Israël » qui soient gardés à vue[32],[33].

En première instance, Elias d'Imzalène, qui se défend également[pertinence contestée] de tout antisémitisme, est cependant condamné en pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion  », à un sursis de peine assorti du versement de dommages-intérêts[34],[35],[36].

Affaire Ritchy Thibault

En , le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau saisit la justice contre Ritchy Thibault, collaborateur d’Ersilia Soudais, en raison de ce qu'il considère être des appels « à l’insurrection » lors d’un rassemblement à Paris contre l’« islamophobie ». Ce dernier avait appelé à « constituer partout dans le pays des brigades d’autodéfense populaire » pour se défendre contre « l’islamophobie »[37]. Ritchy Thibault est déjà convoqué dans le cadre d’une autre affaire après que celui-ci a appelé à « déborder le dispositif » des forces de l'ordre lors du rassemblement du dans la capitale[38]. Il est interdit d’accès à l’Assemblée nationale[39].

Notes et références

Liens externes

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