Haut fonctionnaire de la Banque d'Espagne, il devient en secrétaire de la commission de l'Éthique et des Garanties du PSOE, un poste qu'il conserve en . En puis , il est candidat, sans succès, à l'Assemblée de Madrid puis au Congrès des députés.
Élu député au Congrès en , il est confirmé au gouvernement quelques mois plus tard en tant que ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, un poste de «super-ministre» qui en fait l'un des poids lourds de l'exécutif. Il parvient à sceller, l'année suivante, une entente avec le PP pour mener à bien le renouvellement du Conseil général du pouvoir judiciaire, en souffrance depuis plus de cinq ans. Il est ensuite confirmé au sein de l'exécutif du PSOE.
Il est en couple avec Fátima Rodríguez, ancienne collaboratrice d'Isabel Celaá, qu'il a rencontrée à Villafranca de los Caballeros. Ils ont un fils[2].
Formation et vie professionnelle
Félix Bolaños étudie le droit à l'université complutense de Madrid. Afin de financer ses études, il travaille comme livreur de pizzas et comme arbitre de football[2]. À l'école de pratique juridique, il sort major de sa promotion tant pour le parcours général de l'avocature que dans la spécialité en droit du travail, obtenant son certificat d'aptitude à la profession d'avocat en [4].
Devenu avocat en , il passe avec succès le concours de juriste-conseil de la Banque d'Espagne en , obtenant la seule place à pourvoir dans la filière travail, syndicale et de la Sécurité sociale. Il est promu chef de la division consultative du travail et de la documentation juridique en et conserve cette fonction pendant dix ans[5].
Lors de la crise de qui débouche sur la démission de Pedro Sánchez du secrétariat général, il ne souscrit pas au rapport présenté par trois des cinq membres de la commission d'Éthique et de Garanties, qui considère dissoute la commission exécutive fédérale en raison de la démission de 17 de ses membres quelques jours plus tôt[10].
Il est confirmé par le XXXIXecongrès fédéral du PSOE comme secrétaire de la commission fédérale de l'Éthique et des Garanties en , toujours sous la présidence d'Isabel Celaá[11]. Lors de sa première réunion le , la commission exécutive fédérale le charge de rédiger le règlement fédéral d'application des statuts du parti[12]. Sa proposition est ratifiée le par la commission exécutive[13], puis approuvée à l'unanimité par le comité fédéral six jours plus tard[14].
Il est également secrétaire de la fondation Pablo-Iglesias sur cette même période, de à [15].
Après l'accession au pouvoir de Pedro Sánchez au pouvoir en , Félix Bolaños est désigné secrétaire général de la présidence du gouvernement, formant avec le directeur de cabinet Iván Redondo le tandem de conseillers le plus proche du chef de l'exécutif[16].
Ses fonctions font de lui le principal juriste de la Moncloa[16]. Il se charge ainsi d'organiser l'exhumation de la dépouille de Francisco Franco[16], puis assume les négociations entre le Parti socialiste et Unidas Podemos qui donnent naissance en au gouvernement Sánchez II[17]. Il en construit également l'architecture administrative[18]. Il se charge en de la coordination des mesures juridiques nécessaires à la gestion de la pandémie de Covid-19 dans le cadre de l'application puis de la sortie de l'état d'alerte[16], dont il a négocié la ratification au Congrès des députés[4].
Le , il conclut au nom du gouvernement un accord de principe avec le secrétaire général du Parti populaire Teodoro García Egea en vue de renouveler plusieurs organes constitutionnels dont le mandat est échu depuis plusieurs mois, voire années, comme le Défenseur du peuple, un tiers du Tribunal constitutionnel et les douze membres du Tribunal des comptes; ce pacte intervient seulement 24 heures après que le président du PP Pablo Casado en a fait la proposition à Pedro Sánchez dans l'hémicycle du Congrès, et à la suite de seulement deux réunions avec Teodoro García Egea. Tous deux ajoutent qu'ils continueront de discuter autour du Conseil général du pouvoir judiciaire, la seule institution non-concernée par l'entente entre exécutif et opposition pour des raisons de forme[24]. Cinq semaines auparavant, Pablo Casado avait pourtant exigé la démission de Félix Bolaños en raison d'une déclaration de ce dernier qui, pour souligner le refus du gouvernement de modifier la loi pour permettre que les magistrats élisent eux-mêmes leurs douze représentants au sein du CGPJ, avait affirmé que «les juges n'élisent pas les juges», ce que le président du PP considérait comme «une attaque contre la démocratie et l'État de droit»[25]. Après une semaine d'échanges directs et à distance, Félix Bolaños et Teodoro García Egea scellent définitivement le pacte bipartisan le à l'issue d'une ultime réunion de deux heures tenue au palais des Cortès, marquant le premier grand accord institutionnel entre les deux principaux partis depuis l'ouverture de la XIVelégislature[26].
En raison de la conclusion de cet accord, il est surnommé «Super Bolaños» par l'ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero au cours d'échanges tenus dans le cadre du 40econgrès fédéral du PSOE, le suivant[27]. Le lendemain, il est élu membre de la commission exécutive fédérale et se voit confier par Pedro Sánchez le poste de secrétaire à la Réforme constitutionnelle et aux Droits nouveaux; avec María Jesús Montero, Pilar Alegría, Isabel Rodríguez, Carolina Darias et Diana Morant, il fait partie des six ministres à intégrer la CEF, mais seules Darias et Morant obtiennent comme lui une responsabilité exécutive[28]. Pedro Sánchez indique le lendemain que cette révision constitutionnelle devrait permettre de reconnaître un certain nombre de nouveaux droits, liés à la santé et à l'environnement, mais aussi à remettre en question l'inviolabilité de la couronne[29].
« Super-ministre » de la Présidence et de la Justice
Félix Bolaños obtient le portefeuille de la Justice en .
Chargé de négocier avec le vice-secrétaire général du Parti populaireEsteban González Pons le renouvellement du Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ), il conclut avec celui-ci un accord, sous supervision de la Commission européenne, le . L'entente prévoit l'élection des nouveaux membres du CGPJ, l'adoption d'une loi organique renforçant l'indépendance de la justice et la désignation d'un magistrat au Tribunal constitutionnel pour combler une vacance[40]. Selon des sources gouvernementales citées par la Cadena SER, le pacte était quasi-finalisé depuis trois mois mais avait été ajourné sine die par le PP pour des raisons électorales, à tel point que Pedro Sánchez avait posé en un ultimatum au principal parti d'opposition, conduisant à six réunions entre les deux négociateurs afin d'affiner les derniers détails[41].
Il est reconduit le au sein de la commission exécutive du PSOE à l'occasion du XLIe congrès fédéral en tant que secrétaire à la Justice, puisque le secrétariat à la Réforme constitutionnelle et aux Nouveaux droits revient au député de Murcie Francisco Lucas Ayala(es)[42].
Il promeut en deux réformes du fonctionnement du système judiciaire. La première prévoit de renforcer l'indépendance du ministère public dans l'objectif de lui confier la direction des enquêtes pénales. La seconde modifie le système d'accès à la magistrature afin d'accroître le nombre de juges en simplifiant les nominations au titre de juriste au prestige reconnu et en facilitant le recrutement à titre définitif des juges remplaçants[43]. Ces réformes sont contestées par le monde judiciaire, qui organise d'abord un débrayage de 10 minutes le [44], puis une grève de trois jours, non-reconnue par le CGPJ, à partir du [45].
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