Gratien Adema
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| Pseudonyme |
Zaldubi |
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| Parentèle |
Jean-Blaise Adema (neveu) |
| Mouvement |
Euskal Pizkundea (d) |
|---|
Agur Euskal Herriari (d) |
Gratien Adema (Zaldubi ou Zalduby), né le à Saint-Pée-sur-Nivelle et mort le à Bayonne, est un écrivain de langue basque[1],[2]. Il considéré comme un promoteur de la langue et de la culture basques au XIXᵉ siècle. Il est surnommé le « La Fontaine basque » pour ses contes inspirés de Jean de La Fontaine.
Gratien Adema naît dans une famille dont le père est originaire de la Haute-Garonne. Il étudie au séminaire de Larresoro puis à celui de Bayonne. Il est ordonné prêtre en 1853 et devient professeur au Séminaire de Larressore. Il exerce ensuite comme coadjuteur à Hasparren en 1854, curé à Bidarray en 1860, et archiprêtre à Tardets en 1872. En 1875, il est nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Bayonne, puis chanoine titulaire en 1890, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort[3].
Œuvre littéraire
Gratien Adema écrit principalement en basque, et publie également des ouvrages en français, notamment sur le jeu de rebot et le village des Aldudes. Il compose 18 contes à la manière de La Fontaine, dont deux sont primés aux Jeux Floraux de 1873 à Sare. Il écrit aussi des poèmes satiriques comme Biba Errepublika et Bettiri Sants, critiquant la République et défendant la patrie basque[4].
Il maîtrise la composition de bertsus traditionnels basques, mettant en valeur le développement du sujet, la symbolique et l'imagerie. Ses bertsus primés montrent sa capacité à mêler poésie, satire et engagement culturel[4].
Il participe aux jeux floraux d'Urrugne et publie ou traduit des textes religieux, profanes et patriotiques. Une partie importante de son œuvre poétique est publiée après sa mort dans la Revue internationale des études basques (1908-1909).
Engagement pour la culture basque
Gratien Adema est profondément attaché au pays, à la langue et à la culture basques. Il préside en 1902 à Hondarribia une réunion sur l'unité de la langue basque. Il critique la diffusion croissante du français dans la vie sociale, religieuse et festive du Pays basque et déplore la disparition des anciennes traditions locales, notamment dans le jeu de pelote basque et les fêtes populaires[5].
Dans ses poèmes, il oppose « le premier et maintenant » (Lehen eta orai), dénonçant les changements liés à la IIIᵉ République française, à la laïcisation et à l'urbanisation, tout en célébrant la persistance de la foi catholique des Basques. Il satirise les républicains à travers des personnages fictifs tels qu'Alferromes, Koskarin, Krakesku et Triparno[5].
Adema soutient l'essor de la langue basque comme vecteur d'unité et de mémoire collective. Il célèbre la devise Zazpiak Bat, symbolisant l'unité des sept provinces basques, et milite pour la reconnaissance et la transmission de l'héritage culturel basque, tant en Iparralde qu'en Hegoalde[5].
Pilotari et traditions populaires
Amateur passionné de pelote basque, il décrit l'évolution des techniques de jeu et la hiérarchie entre les différentes pratiques (pleka, laxoa, errabotea). Il regrette la disparition des coutumes traditionnelles et critique l'influence croissante des étrangers et du français dans la culture locale[5].
Héritage
Gratien Adema laisse une œuvre riche mêlant littérature, satire, engagement culturel et religieux. Son action en faveur de la langue basque et de la culture traditionnelle fait de lui une figure emblématique du XIXᵉ siècle basque[5].
Bertuak célèbres
- Agur eta ohore Euskal Herriari (Salut et honneur au Pays Basque[6])
- Mehetegiko xakurra (avec Otxalde) (Le chien de la mine[7])
- Bildotxa eta otsoa (L’agneau et le loup, premier prix aux Jeux Floraux de 1873[8])
- Betiri Sants (Mention honorable en 1874[9])
- Biba Republika ! (Vive la République ![10])
- Beharra eta ahala (Le nécessaire et le possible, mention honorable en 1887[11])