HMS Renown (1916)

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ClasseRenown
A servi dans Royal Navy
CommanditaireRoyal Navy
HMS Renown
illustration de HMS Renown (1916)
Croiseur de bataille Renown.

Type Croiseur de bataille
Classe Renown
Histoire
A servi dans  Royal Navy
Commanditaire Royal Navy
Chantier naval Fairfield Shipbuilding and Engineering CompanyVoir et modifier les données sur Wikidata
Commandé
Lancement
Statut démoli le
Équipage
Équipage 1 181 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 242 mètres
Maître-bau 31,31 mètres
Tirant d'eau 9,68 mètres
Déplacement 32 000 t
Propulsion 42 chaudières
Puissance 120 000 ch
Vitesse 31 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture = 51-152 mm
pont = 47 mm
barbette = 178 mm
kiosque = 254 mm
Armement 3 × 2 de 381 mm
2 × 1 et 5 × 3 de 102 mm
2 de 76 mm
2 lance-torpilles (533mm)
Rayon d'action 3 650 milles marins à 10 nœuds (avec 4 245 tonnes de mazout)
Aéronefs 4 hydravions sur catapulte
Pavillon Royaume-Uni
Indicatif 72Voir et modifier les données sur Wikidata

Le HMS Renown est un croiseur de bataille de la Royal Navy lancé en 1916 et démoli en 1948. Avec le HMS Repulse ils forment la classe Renown.

Portant des canons du plus fort calibre existant à cette époque et capables d'une vitesse supérieure à celle de ses congénères, les navires de cette classe sont néanmoins handicapés par un blindage dont la bataille du Jutland a montré l'insuffisance. Le HMS Renown connait plusieurs refontes pendant l'entre-deux-guerres, bénéficie entre 1936 et 1939 d'une véritable reconstruction, ce qui n'est pas le cas de son sistership, ni du HMS Hood, avec lesquels il constitue de 1920 à 1940, l'escadre de croiseurs de bataille de la Royal Navy. Il a une carrière très active pendant la Seconde Guerre mondiale, dans l'Atlantique, en Méditerranée, et dans l'océan Indien.

Les pertes de la bataille du Jutland furent compensées, au sein de la flotte de croiseurs de bataille britannique, par la mise en service de deux nouveaux bâtiments, le HMS Renown en , et HMS Repulse en . Quand la guerre avait éclaté, la construction de quatre cuirassés qui faisaient partie du programme 1914, avait été arrêtée, dans la perspective d'une guerre courte, la priorité étant donnée aux unités dont la construction est censée être achevée avant la fin de la guerre. Revenu au poste de Premier Lord de la Mer (First Sea Lord), l'amiral Fisher proposa, après la bataille des Falklands, et obtint dans les derniers jours de 1914, de reprendre la construction de deux unités, sous forme non plus de cuirassé, mais de croiseur de bataille[1], ce qui, dans son idée, signifiait combiner un armement de cuirassé avec une vitesse et une protection de croiseur.

En , il fut finalement décidé de reprendre deux marchés qui avaient été suspendus, pour la construction des cuirassés Renown et Resistance de la classe Revenge, passés auprès des chantiers John Brown et Palmers. Cela permettait d'utiliser des matériels déjà rassemblés pour la construction d'unités qui avaient été prévues au programme de 1914, mais il apparut que les chantiers Palmers, où sera lancé en le Resolution, ne disposaient pas de cale de construction d'une taille suffisante pour un bâtiment de la taille maintenant prévue, et le second contrat fut transféré aux chantiers Fairfields. La mise sur cale du nouveau Renown eut lieu, aux chantiers Fairfields, en , avant que les plans définitifs ne fussent achevés en . L'objectif de Lord Fisher d'un achèvement en quinze mois, avant la mise en service de la classe Revenge, conduisit à limiter le nombre des tourelles à trois par navire, en fonction du nombre des canons disponibles. Si le délai de construction ne fut pas respecté, puisque les HMS Renown et Repulse ne purent participer à la bataille du Jutland, où furent présents les HMS Revenge et Royal Oak, la construction de tels navires en vingt mois, fut déjà une prouesse.

Les deux croiseurs de bataille de la classe Renown avaient un déplacement « normal » de 27 600 tonnes et 37 400 tonnes à pleine charge, soit 2 000 tonnes de moins que le HMS Tiger, mais ils étaient dotés de canons de 381 mm. Leurs machines étaient du même type que celles du HMS Tiger, mais un tiers plus puissantes, développant 120 000 ch (84 000 kW), ce qui leur permettait de filer 3 nœuds de plus, soit 32 nœuds. La contrepartie était un blindage de 152 mm en ceinture, et 229 mm sur les tourelles. Comme ces caractéristiques étaient celles de navires perdus au Jutland, il a été immédiatement entrepris d'en renforcer la protection, dès la fin 1916 et le début de 1917. Ils y ont gagné le surnom de « HMS Refit » et « HMS Repair »[2].

Description

Caractéristiques générales

Le HMS Renown avait une longueur hors tout de 242 m, une largeur au maître-bau de 27,5 m, et un tirant d'eau de 8,2 m à l'arrière. Cette longueur était due à la nécessité de loger un plus grand nombre de chaudières, ce qui aboutissait à un rapport longueur/largeur de l'ordre de 8, favorable à une très grande vitesse, et le faible tirant d'eau résultait de l'idée de Lord Fisher de pouvoir disposer de navires susceptibles d'opérer en mer Baltique[3].

Armement

Vue aérienne du HMS Repulse, sister-ship du HMS Renown, en 1918.
1: tourelles double de 15 pouces.
2: triples canons de 4 pouces.
3: canon tribord de 4 pouces.
4: canon AA tribord de 3 pouces.

L'artillerie principale du HMS Renown consistait en six pièces de 381 mm en trois tourelles identiques, deux superposées à l'avant et une à l'arrière. Les canons avaient une hausse maximale de 20°. Les canons pouvaient être chargés à l'angle maximal de 20°, bien que le chargement à des angles trop élevés eût tendance à ralentir le retour du canon en position de tir. Ils tiraient des projectiles de 866 kg à une vitesse initiale de 785 m/s, pour une portée maximale de 21 702 m[4]. Cependant ce nombre inhabituel de trois tourelles, qui résultait des contraintes imposées sur le plan des délais de construction[5], constituait pour certains officiers canonniers de la Royal Navy un handicap pour un réglage rapide du tir[6].

L'artillerie secondaire était constituée de dix-sept canons de 102 mm (en) en cinq affûts triples et deux affûts simples, en pseudo-tourelles ouvertes. Ils étaient actionnés manuellement et assez pénibles d'utilisation, nécessitant un équipage de trente-deux hommes pour charger et former les affûts triples, ce qui entrainait une cadence de tir de 10 à 12 coups par minute seulement[7]. Ils avaient une hausse maximale de 30°. Ils tiraient des obus explosifs de 14 kg avec une vitesse initiale de 800 m/s[8]. La portée maximale était de 12 350 m environ.

Chaque navire était également pourvu de deux pièces anti-aériennes de 76 mm. Le canon avait une hausse maximale de 90  °. Il tirait des obus de 5,7 kg à une vitesse initiale de 760 m/s à une cadence de 12 à 14 coups par minute[9]. Ils avaient une portée maximale de 7 200 m.

Les deux navires disposaient de deux tubes lance-torpilles immergés de 21 pouces(533 mm), en avant de la tourelle "A", avec un approvisionnement de 10 torpilles.

Protection

Blindage

Le blindage du HMS Renown était semblable à celui de la classe Indefatigable. Le blindage au niveau de la ceinture de la ligne de flottaison mesurait 152 mm d'épaisseur au milieu du navire. Il courait du niveau de la tourelle avant à celui de la tourelle arrière, sur une longueur de 140,8 m et une hauteur de 2,7 m. Pour une grande partie de la longueur de la ceinture principale, il y avait une ceinture supérieure en acier à haute résistance de 38 mm d'épaisseur, conçue comme protection contre les éclats[10].

Le blindage des tourelles était de 229 mm d'épaisseur sur le devant et les côtés, 178 mm d'épaisseur sur l'arrière et 108 mm d'épaisseur sur leurs toits. Les barbettes étaient protégées par 178 mm de blindage au-dessus du pont supérieur, et de 102 à 127 mm sous le pont. Le blindage du blockhaus était de 254 mm d'épaisseur sur les côtés et de 76 mm sur le toit[11].

Le blindage des ponts, en acier à haute résistance, variait de 19 à 38 mm d'épaisseur. Après la bataille du Jutland en 1916, alors que les navires n'étaient pas encore terminés, un blindage de 25 mm d'acier à haute résistance fut ajouté sur le pont principal au-dessus des soutes à munitions. Malgré ces ajouts, les navires furent encore jugés trop vulnérables sous le feu et chaque navire fut réaménagé à Rosyth en 1916-17 avec un blindage horizontal supplémentaire, pesant environ 512 tonnes, ajouté aux ponts au-dessus des soutes à munitions et des mécanismes de direction[12].

Protection sous-marine

Le HMS Renown était équipé d'un large bulge anti-torpille intégré à la coque. Il s’agissait d'un compartiment latéral situé au niveau de la ligne de flottaison et isolé du reste du navire. Il était composé d'une partie remplie d'air et d'une partie inondée. En théorie, une torpille qui explose va rompre et inonder la partie remplie d'air, tandis que la partie remplie d'eau dissipe le choc et absorbe les fragments, laissant la coque du navire structurellement intacte. Cependant, des essais démontrèrent par la suite qu'il n'était pas suffisamment profond et qu'il ne disposait pas d'assez de couches compartiments vides/compartiments pleins pour absorber la force de l'explosion[13].

La coque était dotée de doubles parois intégrales[12]

Propulsion

Les plans originaux prévoyaient d'utiliser des machines légères produisant un total de 120 000 ch (82 000 kW), mais cela aurait eu pour effet de retarder les dates d'achèvement des navires. En conséquence, il fut décidé de copier la machinerie du HMS Tiger complétée par trois chaudières supplémentaires afin de fournir la puissance requise pour une vitesse supérieure. On observera cependant que le Directeur de la Construction Navale de 1912 à 1924, Sir Eustace Tennyson d'Eyncourt, qui avait été le concepteur du HMS Tiger avait déjà déploré que ce croiseur de bataille ne pût pas être doté de chaudières à petits tubes[14]. Dans ces conditions, avec un poids de machines de 5 780 tonnes, le rapport poids/puissance de 48,16 kg/ch[15] était un peu meilleur que celui du HMS Tiger, 54,8 kg/ch[16], mais nettement moins bon que celui du SMS Hindenburg, 39,6 kg/ch[17], mis en service à la même époque, avec des machines pesant 2 916 tonnes, pour une puissance de 90 000 à 95 000 ch.

Quarante deux_chaudières à tubes d'eau Babcock & Wilcox placées dans six chaufferies, avec une pression de service de 16,5 kg/cm2 (1 620 kPa alimentaient deux turbines à vapeur Brown-Curtis à entraînement direct, logées dans des compartiments machines distincts[18], qui entrainaient quatre hélices à trois pales et d'un diamètre de 4,11 m. L'ensemble était conçu pour produire 120 000 ch (84 000 kW), mais le HMS Renown a atteint plus de 126 000 ch (88 200 kW) au cours de ses essais pour une vitesse de 32,68 nœuds[19]. Les bâtiments de la classe Renown ont été les plus rapides de leur époque jusqu'à l'arrivée du HMS Hood en 1920.

Ils étaient prévus pour transporter normalement 1 000 tonnes de mazout, mais avaient une capacité maximale de 4 358 tonnes. À pleine capacité, les navires de la classe Renown possédaient un rayon d'action de 4 000 nautiques à 18 nœuds[11]

Ils possédaient de très bonnes qualités nautiques. Lors de leur construction les coques et leurs superstructures durent cependant être renforcées pour améliorer leur résistance par mauvais temps.

Refontes et reconstruction

Service

Voir aussi

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