Histoire urbaine de Kinshasa
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L’histoire urbaine de Kinshasa (république démocratique du Congo), retrace la formation des divers quartiers dans la plaine et sur les collines périphériques du Pool Malebo, qui est actuellement la ville de Kinshasa.
Le , les chefs de Lemba, Kinshasa et Kintambo, accordèrent une audience à l'explorateur Henry Morton Stanley, sous un baobab au bord du fleuve Congo, au niveau de l'actuelle baie de Ngaliema et signèrent avec lui un pacte de fraternité, Kinshasa était un archipel de villages déjà respectables et un centre de commerce florissant[1]. Léon de Saint Moulin (1971 et 2004) estime la population de Kinshasa en 1880 d'environ 30 000 habitants. Les premiers Européens dénombrent 5 000 habitants à Kintambo, à peu près autant à Kinshasa (village), 3 000 à Mikunga, 1 500 à Kibangu (Masina), 1 400 à Kimwenza et un nombre important à Lemba (Mbaza Lemba) et Kimpoko, outre les villages extrêmement nombreux des collines périphériques.
Henry Morton Stanley, après avoir obtenu le droit d'établissement, donna le le nom de Léopoldville à la station qu'il avait commencée, en hommage au roi des Belges.

Pour urbaniser les beaux sites situés le long du fleuve, l'administration coloniale repoussa vers le sud, à l'intérieur des terres, les villages de Kintambo, Kinshasa, Kingabwa, Ndolo, etc[2]. Plus tard, l'extension urbaine réunira d'autres villages dans ses limites pour ne faire qu'une seule entité administrative.

L'actuelle ville de Kinshasa a été construite à partir de deux sites topographiques qui ont des forces attractives différentes étant donné que l'urbanisation de la plaine est plus aisée que celle des collines. les deux villes, (Basse) et (Haute), se sont développées en des périodes différentes. Le site bas a été en grande partie urbanisé avant l'Indépendance en 1960, et le site Haut (ville haute) est né globalement après l'Indépendance. C'est le Site Bas (ville basse), bâtie dans la plaine, qui bénéficie de beaucoup d'équipements urbains, plus que la ville haute, perchée sur des collines.
Les cités des plaines : ville basse

Le plan local d'urbanisme de 1950, le plan régional de 1967, le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de 1975 et le projet] de développement urbain de 1985 se sont basés sur cette plaine pour proposer l’expansion de la ville. Cette partie de la ville concentre la plus grosse partie de la population, de l'habitat, des infrastructures, etc., grâce à son accessibilité et facilité d'être urbanisée. Elle est donc le site de la genèse de la ville de Kinshasa.
Les cités construites dans la ville basse (plaine) sont généralement accessibles entre elles. Parmi les cités bâties dans la plaine, on compte les communes de : Gombe, Limete, Lingwala, Kinshasa, Barumbu, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Lemba, Ndjili, Matete, Kalamu, Bandalungwa, Ngaba, Masina, Makala et Kinkole (Nsele). Treize ont été érigées en communes en 1957-1959, avant l'Indépendance. Lemba est devenue une commune en 1966, et les autres en 1968[3]. Les cités créées avant l'Indépendance sont les mieux loties car bénéficiant d'un urbanisme bien planifié par la puissance coloniale belge, ce sont les cités européennes. Par contre, les cités créées après 1960 se sont développées par morceaux, sans planification préalable, sauf dans quelques quartiers.
Cités européennes

Elles comprend les communes de la Gombe et de Limete, ainsi que plusieurs quartiers de la commune de Ngaliema.
La commune de la Gombe
Gombe a été créée sous le nom de Kalina selon les normes urbanistiques vers les années 1920 pour accueillir les infrastructures de Kinshasa, la nouvelle capitale du Congo. Le quartier administratif, les ambassades, les résidences de haut standing, le centre principal des affaires, le port, la gare centrale, les sièges des institutions politico-administratives et économique s'y trouvent tous concentrés dans cette commune. C'est la commune où la spéculation foncière et immobilière est la plus forte. Gombe a été à sa naissance, au début du XXe siècle, reliée aux cités indigènes de Kinshasa, Lingwala et Barumbu par quelques artères : l'avenue des Palmiers (actuellement avenue Kasa-Vubu) et l'avenue des Huileries. L'avenue de la Justice, jadis avenue Valcke, est la première à avoir été bétonnée dans la ville, en 1931.


La commune de Limete
Limete se situe quant à elle, à une dizaine de kilomètres à l'est de la Gombe. Ancienne cité européenne, elle a été créée à cause de cette volonté clairement exprimée par le plan d'urbanisme de 1950 qui prévoyait d'orienter le développement de la ville vers l'Est. Elle jouait un rôle très indispensable de pôle économique afin désengorger la Gombe. Elle a abrité un centre commercial et des affaires, un quartier industriel et un quartier résidentiel qui sont géographiquement séparés par le boulevard Lumumba. Le quartier résidentiel a été à l'origine conçu pour accueillir les cadres européens des sociétés.
Mais le statut de Limete comme pourvoyeur d'une importante main-d’œuvre industrielle kinoise décroît avec la crise socio-économique et politique qui a suivi les pillages de triste mémoire de 1991 et 1993. Avec ces pillages, Limete a perdu énormément des infrastructures industrielles. Avant les pillages, Kinshasa comptait officiellement 503 établissements dont 122 (24,25 %) à Limete dans lesquels, il y avait 55 petites et moyennes entreprises, 31 grandes et 5 très grandes entreprises. Après les pillages, Kinshasa en 2002, ne comptait dans son ensemble que 190 établissements dont 166 petites et moyennes entreprises tournant à 70 % de leurs capacités[4].
Limete n'est donc plus cet important centre commercial et industriel d'autres fois. Elle abrite à côté de son luxueux quartier résidentiel, des habitats spontanés, et même, trois misérables bidonvilles construits avec des matériaux de récupération, à proximité des industries, sur d'anciennes décharges publiques au bord du fleuve. ces bidonvilles se nomment : Grand-Monde, Paka-Djuma et Bribano, et ne sont pas connus de beaucoup des Kinois.
Les cités européennes de Limete et de la Gombe restent jusqu'aujourd'hui très prisées par la population pour y résider malgré l'âge. À Limete, la valeur immobilière varie en fonction de la proximité avec le boulevard Lumumba. Plus on se rapproche du boulevard, plus la valeur immobilière s'augmente. À la Gombe cependant, la valeur immobilière est élevée quand on se rapproche soit du boulevard du 30 juin, soit du fleuve Congo. Dans tous les cas, ce sont des villas réservées aux mieux nanties, la population à faibles revenus habitants les autres cités comme les anciennes cités indigènes.
Anciennes cités indigènes
Les cités de Barumbu, Kinshasa, Lingwala et Kintambo ont été loties à partir d'une décision de mars 1907 du commissaire de district, Georges Moulaert. Il fit tracer à 500 mètres au sud de la gare une avenue de trois kilomètres. C'est l'actuelle avenue du commerce qui est aujourd'hui coupée par l'hôpital général de Kinshasa (Mama Yemo). Un quartier analogue fut ensuite organisé à Kintambo[5].

L'habitat et l'environnement de ces anciennes cités indigènes diffèrent des autres cités de Kinshasa. Lingwala et le sud-est de Kintambo sont un peu moins anciens et n'ont été occupés que vers les années 1930. Pour la plupart des cas, ce sont des migrants ruraux qui peuplaient ces cités depuis leur naissance. Le premier afflux de ces ruraux se situe après l'arrivée du rail de 365 km, en juillet 1898, en provenance de la ville portuaire de Matadi. Cette gare transforme la ville particulièrement dans le domaine économique. il y a eu non seulement le développement du gros commerce et naissance des industries, mais aussi une main-d’œuvre abondante venue de l'intérieur du pays tout comme de l'étranger, des personnes qui cherchent à tenter une nouvelle vie à Kinshasa.
Ces migrants étrangers comme nationaux habitent des logements construits en briques adobes avec une architecture précaire. La première distribution d'eau sous forme de bornes fontaines ne fut pas installé avant 1933, et aucun raccordement individuel à l'eau ou à l’électricité n'a existé dans ces cités avant 1948.
La commune de Kintambo
Située à l'Ouest, elle a été implantée à l'arrière du site initial de Léopoldville. Son vieux port est le siège du premier chantier naval. La zone industrielle de Kintambo comprenant une usine textile inaugurée en 1928 a permis la construction de camps pour les travailleurs de la dite usine à moins de 500 m de l'usine selon la loi en vigueur de cette époque, qui exigeait de loger les ouvriers à moins de 500 m de l'entreprise[6].
La commune de Kinshasa
Située au centre nord, elle a donné son nom à la ville. Elle est l'une des plus petites commune de Kinshasa actuellement, mesurant seulement 2,9 km2 avec près de 165 000 habitants, et fortement densifiée avec plus de 50 000 habitants/km2[7]. La commune se caractérise par la vétusté de son habitat ainsi que par un désordre sur le plan urbanistique, avec absence de réseau d'assainissement, ce qui laisse à désirer l'hygiène du milieu.
La commune de Barumbu


Située au centre nord-est, elle a le privilège d'abriter le vieil aéroport de Ndolo protégé par le camp militaire Lieutenant Mbaki. C'est dans cette commune qu'a été créé le tout premier quartier artisanal (Citas) à proximité de nouvelles implantations portuaires et industrielles le long du fleuve.
La commune de Lingwala

Située au centre nord-ouest, elle s'étend sur 2,9 km2 et est accessible principalement à partir des avenues du et des huileries. Elle compte plusieurs établissements scolaires établis dans sa frontière, le long de l'avenue du .
Ces quatre communes sont donc des vieilles communes, jadis occupées majoritairement par la population venue du village, de l'intérieur du pays. Toutes les routes dans cette partie de la capitale étaient en terre jusqu'en 1948, lorsque l'avenue Prince Baudoin, actuellement Kasa-Vubu, fut asphaltée à partir de la commune de la Gombe jusqu'à Kalamu, au niveau du Pont Kasa-Vubu[8].
Malgré le sous développement sur le plan urbanistique, ces quatre communes ont le privilège et l'avantage de se trouver dans le premier chapeau urbain à proximité du centre-ville, de la commune de la Gombe qui est le centre des affaires à Kinshasa. Grâce à cela, plusieurs parcelles sont en train d'être rachetées et rénovées par des entrepreneurs et autres, surtout pour des fins commerciales. C'est ainsi que l'on compte aujourd'hui dans cette partie de la ville, le foisonnement d'immeubles à plusieurs étages, qui sont soit des hôtels, soit des appartements à louer.
Cette proximité du centre ville n'a pas non plus laissé de côté la spéculation foncière et immobilière qui s'est ensuivie tout naturellement dans ces communes.
- La commune de Kinshasa est la première à subir ces effets néfastes, et cela, non seulement à cause de la proximité du centre ville, mais aussi, de celle du stade des martyrs, et surtout du marché central de la ville. Le marché central qui au départ, se situait administrativement à la commune de la Gombe, s'est agrandi et touche maintenant la commune de Kinshasa et de Barumbu. Par conséquent, les commerçants rachètent des vieilles huttes, pour les détruire et y construire des grands magasins. L'extension du grand marché occupent près d'un dixième de la superficie de la commune de Kinshasa, et elle commence à perdre de plus en plus sa fonction résidentielle au profit de commerciale. les quartiers les plus touchés sont 4 sur les 7 comptent la commune. Il s'agit des quartiers Madimba (52,2 %), Aketi (22,3 %), Ngbaka (11,1 %) et Mongala (9,5 %)[7]. Cette situation, surtout l'empressement des commerçants à acheter des parcelles à un prix très élevé pour leurs commerces, fait grimper les prix de l'immobilier dans la commune.
- La commune de Lingwala connaît aussi une spéculation foncière en hausse à cause de la présence du Palais du Peuple (Parlement Congolais), de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), du Campus de l'Université Protestante au Congo et récemment, de l'implantation du prolongement du boulevard triomphal, appelé boulevard du cinquantenaire dans sa partie qui se trouve à Lingwala.
Certains Kinois qui travaillent dans ces établissements ainsi que certains étudiants qui étudient à la Gombe ou les autres institutions de la place préfèrent s'installer à la commune pour résoudre le problème de difficulté de transport. Et tout naturellement, les prix de l'immobilier vont de plus en plus en hausse. Le quartier Beau-Vent, qui se trouve juste derrière le parlement est l'un des quartiers le mieux construit et le plus cher, la plupart des parlementaires et autres préfèrent y construire là. C'est aussi à Lingwala qu'on trouve actuellement l'une des plus grandes boulangerie du pays, Pain Victoire.
- Pour la commune de Kintambo, sa spéculation foncière et immobilière est due en outre de la proximité au centre-ville, à cause du quartier Ma Campagne dans la commune de Ngaliema. Le quartier Ma Campagne étant saturé, ne peut plus accueillir tout le monde, certains partent construire à kintambo, à proximité de Ma Campagne. Plus on se rapproche de ce quartier, plus les prix des habitations augmentent, tout comme si l'on se rapproche du centre-ville.
Barumbu, Kinshasa, Lingwala et Kintambo ont aussi le privilège d'avoir de grandes parcelles.
Les Nouvelles cités indigènes
Les communes de Kasa-Vubu et de Ngiri-Ngiri

Les communes de Kasa-Vubu et de Ngiri-Ngiri ont été aussi peuplées par des indigènes comme celles citées ci-haut. Seulement, ces deux dernières ont été construites après la Deuxième Guerre mondiale, de 1945 à 1950, à l'exception du quartier Christ Roi dans la commune de Kasa-Vubu et de quelques petites extensions au moment de l'indépendance. Pendant la guerre, la population de la ville avait doublé, passant de 50 000 à plus de 100 000 habitants. L'extension des anciennes cités était bloquée par le camp militaire, les installations de la radio sur l'emplacement actuel de la RTNC, la zone mal drainée occupée aujourd'hui par l'Université Protestante au Congo, le Palais du Peuple (Parlement Congolais), le stade des Martyrs et l'aéroport de Ndolo.
Pour faire face aux critiques de la communauté internationale sur la gestion du Congo par la Belgique, et surtout à la demande de parcelles par les anciens combattants, l'administration va permettre l'occupation de ces espaces jadis interdits, et ouvrira par la même occasion des nouvelles cités.
Le plan de construction des rues est bien structuré, avec des rues principales sensiblement larges. La plupart des avenues reçurent des noms qui évoquent les hauts faits de l'armée congolaise pendant la Seconde Guerre mondiale dans les territoires où l'armée congolaise a combattu comme : Assossa, Gambela, Saïo, Khartoum, Éthiopie, Birmanie[9], etc. Ces lotissements permirent aussi de décongestionner les anciennes cités et d'accueillir des indigènes bateke obligés de déguerpir de leur village de Kingabwa, à la rive gauche de la rivière Ndjili, pour laisser place aux nouveaux établissements industriels. Pour le financement des constructions, certains habitants bénéficièrent d'un crédit du fonds d'avance dont la création à Kinshasa remonte à 1932[10]. Ce sont des maisons de type moderne, quoique moins équipées que les villas des cités européennes. Les cours d'eau exutoires pour ces deux communes sont : la rivière Kalamu pour la commune de Kasa-Vubu, et la rivière Basoko pour Ngiri-Ngiri. Malgré la présence de ces deux rivières, le système d'évacuation d'eau reste précaire car le terrain est marécageux et parce qu'il manque des canalisation d'eau dans les rues secondaires. Ce qui fait qu'après la pluie, c'est le mauvais temps dans certains coins de ces deux communes.
La commune de Kasa-Vubu a le privilège d'abriter l'un des marchés le plus célèbre de la ville, le marché Gambela, spécialisé en produits agricoles avec ses nombreuses boutiques de vente de pièces de rechange pour automobiles, tandis que Ngiri-Ngiri est célèbre pour son marché de Bayaka, spécialisé en matériaux de construction avec d’innombrables quincailleries, ainsi que l'une des boulangeries la plus célèbre de Kinshasa, la boulangerie Upak.
Les cités planifiées indigènes
Au début des années 1950 est créé à Kinshasa, l'Office des cités africaines (OCA), devenu Office National du logement en juin 1965 (ONL). L'OCA était chargé de réaliser des constructions en régie et de les valoriser par location, vente ou location-vente. Parmi les quartiers construits par l'OCA à cette époque, on compte : le quartier Renkin, devenu Matonge dans la commune de Kalamu, achevé en 1952, le quartier Christ-Roi dans la commune de Kasa-Vubu, achevé en 1953, le quartier Yolo-Nord en 1954 et Yolo-Sud en 1955 dans la commune de Kalamu. Selon le rapport du plan décennal 1950-1959, le , le bilan de l'OCA était de 33 353 maisons terminées et 360 en construction sur les 40 000 prévues lors de sa création. 20 117 avaient été réalisées à Léopoldville.
Ainsi, la commune de Kalamu, construite immédiatement après celles de Kasa-Vubu et de Ngiri-Ngiri, est déjà une commune d'un modèle beaucoup plus élaboré que ces deux dernières, bien qu'elle ne soit pas encore une cité planifiée au sens fort du terme. Le quartier Foncobel (Fonds Colonial Belge), actuellement quartier kimbangu était le quartier artisanal de la commune de Kalamu.
Les autres cités planifiées sont les communes de Ndjili, Matete, Bandalungwa et Lemba, ainsi que le quartier Babylon de Kintambo.
La commune de Ndjili
Le lotissement de Ndjili, situé sur la rive droite de la rivière Ndjili, résulte de l'application du plan urbain de 1950 qui prévoyait le déplacement de l'aéroport de Ndolo à Ndjili, l'implantation d'une zone industrielle à Limete et la création du boulevard Lumumba jusqu'au nouvel aérodrome. Le plan d'urbanisme orienta l'extension de la ville vers l'est, avec la construction d'une cité satellite, selon un modèle en vogue à l'époque dans le monde entier. Cette première cité satellite était destinée à accueillir 30 000 habitants sur 470 ha dans 6 000 parcelles, avec le souci de soulager les anciennes et les nouvelles cités africaines qui se densifiaient rapidement[11].
L'OCA construit du quartier 1 au quartier 7, le quartier 8 jusqu'au quartier 13 ont été créés par des auto-construction au moment de l'indépendance. Ces quartiers construits par des indigènes ont été en grande partie l'héritage des partis politiques, qui s'employaient à attirer des électeurs lors des élections de 1960 et n'avaient pas des normes urbanistiques. Actuellement, la commune dispose donc de 13 quartiers dont 7 planifiés et 6 auto construits, 301 rues, 11 avenues, 16 051 parcelles et près de 300 000 habitants[11]. Il revient aussi à l'OCA la construction de presque tous les bâtiments publics de la commune.
La commune de Matete

Matete a été construite en 1955 pour accueillir les ouvriers travaillant à Limete industriel. Son principal marché est un important centre commercial qui dessert aussi les communes voisines de Ndjili, Lemba et de Kisenso.
Sa vieille école de la police et de la gendarmerie est restée célèbre car elle a réussi à contenir la bouillante jeunesse désœuvrée de Matete]. Étant implantée au pied de la colline de Kisenso, Matete est inondée et ensablées par les coulées de boue qui viennent de ces versants de Kisenso, et de l'autre côté, elle est inondée par la rivière Matete qui la traverse et déborde sur les quartiers de Kunda construits dans l'ancien lit de ce cours d'eau à proximité du camp de la police "Mobutu".
Contrairement aux cités à proximité du centre ville, à Matete, la valeur foncière et immobilière augmente à pas de tortue, et même chute dans certains coins de la commune. À proximité de la gigantesque décharge Mulele par exemple, la valeur foncière a sensiblement chuté pendant plusieurs années, et des habitants ont connu des départs fréquents. Ce n'est qu'après l'évacuation de cette décharge par le Programme National d'Assainissement (PNA), que la valeur foncière a repris d'élan vers la hausse. Le tableau ci-dessous donne en détail la valeur foncière et immobilière à Matete avant et après l'évacuation de la décharge Mulele.
| maison OCA | Prix de vente avant l'évacuation | Prix de vente après l'évacuation |
|---|---|---|
| Maison à étage vers Kiyimbi | 7 000 $ | 15 000 $ |
| Maison pavillonnaire vers Mbamba Kilenda | 5 000 $ | 10 000 $ |
| Grande maison d'un officier militaire | 20 000 $ | 45 000 $ |
Les communes de Ndjili et de Matete sont des signes témoins de l'extension de la ville, de son site initial (ville basse) vers la ville haute (des collines). Elles faisaient partie du territoire de Kasangulu au moment de leur création, des cités indépendantes de Léopoldville.
La commune de Bandalungwa
Bandalungwa a été construite à 90 % avec des maisons à étages qui sont encore présentes aujourd'hui. La grande partie de ces maisons n'ont reçue aucune modification jusqu'à ce jour.
Deux rivières traversent la commune et assurent en même temps son assainissement, facilitant l'évacuation des eaux. Il s'agit de :
- La rivière Makelele, à l'ouest qui lui sert de frontière avec la commune de Kintambo et de
- La rivière Basoko, qui la sépare du camp militaire Kokolo et de la commune de Ngiri-ngiri.
Les deux rivières permettent aussi d'entretenir le grand espace maraîcher que possède Bandalungwa, qui approvisionne la ville principalement en légumes.
La commune comprend beaucoup d'extensions qui sont construites sans normes urbanistiques, ce qui provoque des inondations en temps de pluie.
La commune de Lemba
Elle a été construite avec le même modèle ou type des maisons que la commune de Matete voisine. Avec des maisons à pavillon et à étage, la commune de Lemba aurait été la plus belle cité planifiée, mais elle était encore en chantier au moment de l'Indépendance et n'a alors jamais été achevée. Ses quelques avenues asphaltées ne l'ont été qu'en 1962-1963, grâce à une aide de la communauté économique européenne[13]. Ces extensions sont extrêmement variées. On y compte :
- Les bâtiments et les maisons de l'université de Kinshasa
- Le quartier de Righini (Gombele), construits de 1954 à l'indépendance
- Les quartiers spontanés de Livulu et de Mbanza-Lemba nés au moment de l'indépendance
- Les lotissements de la CNECI (Caisse nationale d’Épargne et de Crédit Immobilier), de 1972 et les quartiers périphériques qu'ils ont ensuite suscités[14].
En dehors de l'Université de Kinshasa qui est l'un des patrimoines les plus célèbres de Kinshasa qu'abrite la commune de Lemba, il y a aussi la Foire internationale de Kinshasa. Selon les études de monsieur Kitoko, la commune compte 12 324 parcelles réparties sur 11 quartiers, 62 avenues et 458 rues. 46,6 % des ménages habitent des logements avec une ou deux chambres à coucher[15].
Le Quartier Babylon
Le quartier Babylon dans la commune de Kintambo a été construite par l'OCA à la même période que les trois premières cités indigènes planifiées. Il est le seul quartier de la commune à bénéficier de logements clefs en mains au milieu des vastes quartiers d'auto construction. Grâce au fonds d'avance et fonds du roi, crée après le voyage du roi Baudoin en 1955, il y a eu la construction de quelques grandes maisons avec cour à l’intérieur, sur l'avenue Kasa-Vubu, en face du camp militaire de Loano afin de résoudre le problème des maisons sans cour, qui faisait l'une des caractéristiques du quartier.
D'une manière générale, les logements sociaux construits par l'OCA de 1952 à 1960, avec un budget de 3 millions de francs congolais à l'époque, sont des logements jointifs en bloc de 2 ou 4 maisons et en bandes, qui sont soit à un ou à deux niveaux. Ils sont de trois types[15].
- Une parcelle qui regroupe 4 logements en pavillon. Ils comptent chacun un séjour (3,5 × 3 m), une cuisine (3 × 2,2 m), deux chambres (3 × 2,60 m et 3,5 × 1,8 m), et les toilettes au coin de chaque maison.
- Le deuxième type est celui des parcelles construites en étages réunissant deux ou trois logements par bâtiments. Chaque logement compte alors trois chambres de 5,5 m2 à 11 m2 chacune. Le rez-de-chaussée abrite le salon (4,6 × 3,2 m) et la cuisine (2,5 × 3,4 m).
- Le troisième type est aussi construit en étage. Ce sont des parcelles de deux, trois ou quatre logements rassemblés à fonction commerciale. le rez-de-chaussée sert de boutique. le salon et les chambres sont à l'étage. les bâtiments sont longs de 32 m et larges de 7,60 m.
Les cités de l'extension sud
En 1960, après l'indépendance, l'administration coloniale perdit le contrôle des lotissements à Kinshasa. Ce sont des partis politiques, des chefs coutumiers et autres autorités qui prirent le pouvoir de distribution des terres. Ce qui amena à l'urbanisme sauvage, selon le terme utilisé à l'époque d'après l'indépendance. Seulement, ceux qui avaient reçus ces terres coutumières ou d'anciennes concessions privées, recoururent aux géomètres topographes des affaires foncières pour la délimitation de leurs parcelles. Les rues sont pour la plupart des cas parfaitement tracées, droites, avec des grands espaces vides, réservés pour d'éventuels équipements urbains communautaires.
Mombele Pierre, chef coutumier et chef du parti politique de l'Union des Bateke (Unibat), a affirmé avoir eu l'aval du ministre des colonies, au retour de la Table Ronde en Belgique, pour le lotissement du quartier Mombele, situé dans la commune de Limete. La mission française d'urbanisme a estimé que le nombre de maisons construites à l'initiative privée de 1960 à 1966 est de 60 000 sur 5 000 ha, alors que les 20 000 constructions de l'OCA de 1952 à 1960 ne s'étalaient que sur 765 hectares[15]. Le nombre d'entreprises de construction immobilière qui était en 1959 à 700, tomba à 67 en 1972, et la contribution au PIB chuta de 3,5 % en 1970 à 2,5 % en 1973[16].
Les cités nées de cette extension sud, ont été donc considéré comme des cités spontanées, qui donnèrent l'impression d'une réplique de l'habitat rural, née de l'anarchie foncière des divers autorités et chefs coutumiers. Parmi ces cités, on compte :
La commune de Bumbu
À l’origine, les communes de Bumbu, Makala et Ngala constituaient le camp du Parti LUKA, appelé "camp LUKA." Ce parti distribua des terres aux populations en réponse à la crise humanitaire provoquée par les élections locales anticipées de 1958.
La commune de Makala,
La commune de Ngaba, ces trois communes émanent de l'ancien camp LUKA où on distribua aux citoyens des parcelles gratuitement après leurs expulsions dans les maisons de gens de l'ABAKO
Bien que situées dans la plaine, les trois communes sont mal drainées par les rivières de Bumbu, de Funa et de Yolo, provoquant parfois des marécages pendant la saison des pluies.
Les cités de l'extension est
Ce sont les communes de Kimbanseke et de Masina, créées par les chefs coutumiers en complicité avec les géomètres de l'administration publique depuis 1960.
Kimbanseke
Dans cette commune, ce sont principalement les chefs traditionnels Mfumu Nketo et Pierre Ngandu qui ont systématiquement vendu des parcelles coutumières. Avec ses trente quartiers et plus d'un million d'habitants sur 238 km2, Kimbanseke est l'une des plus vastes et peuplées des communes de la ville de Kinshasa, abritant des quartiers des collines et de la plaine. C'est là que se trouve le célèbre quartier Kingasani, connu de tous les Kinois par le nom de "Chine". Dans la plaine, on trouve les quartiers de Mulie, Nsanga, Malonda, Mokali, Sakombi, etc. qui sont régulièrement inondés par les ruisseaux de Mango, Biselele et Nsuenge[17]. À cause de sa superficie, la commune est quelque peu enclavée, car ne possédant que trois routes principales : les routes IIe République (4,5 km), Mokali (3 km) et Ndjoku (5 km). L'asphaltage partiel des avenues Mokali et Ndjoku a désenclavé certains quartiers de la commune.
Masina
Beaucoup moins étendue que la commune de Kimbanseke, Masina compte 24 quartiers sur 70 km2 de superficie. Son lotissement a été initié depuis 1960 par des chefs des partis politiques, en occupant anarchiquement une part des terrains prévus pour la création d'une nouvelle zone industrielle, ou ceux réservés pour les entreprises de l'aéroport de Ndjili qui se trouve à l’extrémité de la commune.
On y trouve des quartiers tels que : Abako (Alliance des Bakongo, parti politique de Joseph Kasa-Vubu), PSA (Parti Solidaire Africain d'Antoine Gizenga à l'époque). Ses espaces maraîchers et rizicoles au bord du fleuve abritaient 4 118 maraîchers en 1999 et sont parmi les plus importants de la ville depuis plus d'une trentaine d'années[18].
Les deux communes occupent les bassins versants des rivières de Tshangu, Mangu et Tshwenge, mais les problèmes d'écoulement des eaux de pluie se posent actuellement avec la surpopulation et l'ensablement des rivières par les érosions ou leur encombrement par les ordures.
Les cités de l'extension extrême-est
Elles comprennent deux communes, la commune de Maluku et celle de la Nsele. Les deux communes urbano-rurales faisaient jadis partie du territoire de Kasangulu et couvrent près de 85 % de la superficie de Kinshasa, soit 76 % pour la commune de Maluku et 9 % pour la Nsele[19].
La Nsele a été intégrée à la ville de Kinshasa grâce à la création du territoire sur urbain de Léopoldville le et Maluku, par les ordonnances loi du , pour sa partie appelée "groupement Nguma-Maluku" et du pour le reste du secteur des Bateke et la chefferie de Mbakana.
La commune de la Nsele


Elle a le privilège d'abriter géographiquement l'aéroport international de Ndjili. C'est aussi là que le président Mobutu érigea la cité du MPR (Mouvement populaire de la Révolution), parti politique présidentiel ainsi que le domaine agro-industriel présidentiel, devenu parc de la vallée de la N'sele en 2013. Située à plus de soixante kilomètres du centre ville, Nsele est aujourd'hui considérée comme l'une des banlieues de la ville de Kinshasa. Pendant les années 1970 et 1980, elle joua de multiples fonctions : banlieue agro-industrielle et politico-administrative (cité de la Nsele), banlieue touristique (cité des pêcheurs de Kinkole et cité de la Nsele), banlieue maraîchère (Tadi), banlieue dortoir (quartiers Mpasa, Mikondo et Mikonga). La seule banlieue qui attire jusqu'aujourd'hui les Kinois est celle de Kinkole pour la qualité de ses poissons, et est devenu même le lieu de prédilection de tous les Kinois pour aller passer les week-ends.
La commune de Maluku
Située à plus de 80 km du centre-ville, elle est la plus vaste commune de Kinshasa en superficie, bien qu'elle reste faiblement occupée. Elle a abrité la sidérurgie nationale qui est à l'arrêt. L'usine de bois Siforzal est encore en activité ainsi que les agglomérations de Kimpoko et Menkao.
La construction de l'usine de sidérurgie ainsi que les maisons devant accueillir les cadres de l'usine avait énormément contribué sur la construction de Maluku comme cité planifiée.
Les cités des collines : ville haute

Les sites de la ville haute ont longtemps été considérées comme zones non appropriées pour construire, à cause de la sensibilité aux ravinements et aux érosions. Le plan d'urbanisme de 1950 avait prévu que dans ces sites soient construits : les universités, la station météorologique, la prison, les couvents ou monastères, etc. qui sont des infrastructures destinées à être construites en dehors du centre ville, à l'écart de la population et qui peuvent bénéficier d'un aménagement bien structuré.
Le même plan d'urbanisme avait prévu la construction sur ces sites de quelques quartiers biens assainis, destinés aux Européens. Il s'agit des quartiers Joli Parc et Djelo Mbinza. À la suite de la réussite qui a suivi la construction de ces deux quartiers, d'autres quartiers des riches ont vu le jour, avec des somptueuses villas. Il s'agit des quartiers Ma Campagne, Mbinza UPN, Mbinza Météo, Mont-Fleury, Mbinza Télécom, Mont Ngafula[20]. Avant et après 1970, il se créa des cités collinaires de haut standing, notamment dans le communes de Ngaliema, Mont Ngafula et au sud de Lemba, et des cités collinaires populaires dans la commune de Kisenso et au sud des communes de Bumbu et de Selembao.
Les cités de collines de haut standing
Ces cités sont quelques quartiers qui se trouvent dans les vastes communes de Ngaliema, Mont Ngafula et de Lemba.
Commune de Ngaliema
Située à l'Ouest de la ville de Kinshasa avec une superficie de 224 km2 et plus de 460 000 habitants répartis dans 21 quartiers, la commune de Ngaliema est célèbre pour ses riches quartiers et ses gigantesques érosions. D'après le plan triennal l’Hôtel de ville de Kinshasa en 1997, le nombre des ménages par parcelle était évalué à 1,87. Il était difficile de trouver deux familles différentes dans une même parcelle. le site offre une vie panoramique sur les cités de plaine (Ville basse) ainsi que sur le fleuve Congo. C'est à Ngaliema que se trouve le palais présidentiel du feu président Mobutu et la cité de l'Union africaine. Derrière toute la richesse et la beauté de ses quartiers, se cachent cependant quelques quartiers populeux très pauvres, sans voiries, sans équipements communautaires. 57 % des ménages n'étaient pas raccordés à l'électricité et branchés directement au réseau de distribution d'eau potable de la Régideso[21].
Commune de Mont-Ngafula
Avec son espace territorial à la forme d'arc-en-ciel et sa superficie de 358,90 km2, la commune de Mont Ngafula compte 14 quartiers dont certains sont très bien urbanisés, avec des grandes parcelles bien aérées, et d'autres, pauvres au Sud et à l'Ouest, sans eau, ni électricité, enclavés et sans infrastructures de base. Dans les quartiers pauvres, la population vit dans un habitat semi-rural et cultive différents produits agricoles. Le quartier de Righini (Gombele), en allant vers l'Université de Kinshasa dans le dense tissu urbain de la commune de Lemba, qui est proche de Mont-Ngafula regorge des villas de haut standing. Beaucoup de quartiers riches de Mont Ngafula sont situés dans les bassins versants des rivières de Lukunga, Mbinza, Mampenza et autres.
Les cités de collines planifiées après 1970
À l'exception de la cité Mangengenge dans la commune de Maluku, les cités de collines planifiées après 1970 se situent au sud de la ville de Kinshasa, le long de la route Matadi et la route By-Pass. Il s'agit des quartiers :

- Le quartier Salongo
situé dans la commune de Lemba, il a été le premier parmi les cités de collines planifiées à être construit en 1971. C'est la défunte agence immobilière de La Caisse nationale d'épargne et de crédit immobilier (CNECI) qui s'était chargé de la construction, avec 800 logements construits à l'époque.
- La cité de Mangengenge
Construite en 1975, elle est la deuxième cité dans cette catégorie à être construite avec 350 logements. Ces logements étaient destinés à accueillir les cadres de la nouvelle usine de sidérurgie de Maluku.
- La cité Verte
Construite en 1986 avec 442 logements dans la commune de Selembao.
- La cité Mama Mobutu
Construite en 1988 avec 674 logements dans la commune de Mont Ngafula. La cité Mama Mobutu et la cité Verte ont été construites par une agence immobilière internationale : la société Logement économique (LOGEC). C'est ainsi que l'une des avenues de la cité Mama Mobutu a pris le nom de "LOGEC", en référence de cette société.
- La cité de l'Habitat pour l'Humanité
Elle se situe comme la cité Verte, dans la commune de Selembao. Elle a été construite entre 1974 et 1994, avec 142 logements dans le cadre d'un programme de l’Église Protestante[22].
- Le Camp Badiadingi
Situé dans la commune de Ngaliema, il a été construit par le gouvernement, avec 350 logements octroyés principalement aux officiers militaires. Toutes ces cités ont été construites au départ pour la population de classe moyenne. Les populations à faibles revenus ont été contraintes de s'installer, malgré elles, sur des sites à pentes fortes et non assainis, autour des quartiers des riches de Ngaliema, Mont Ngafula et du sud de Lemba, ou dans des quartiers plus pauvres de la commune de Kisenso et du sud des communes de Selembao et Bumbu.
Cités populaires des collines du sud
Ces cités se trouvent dans les communes de Kisenso, Bumbu et Selembao, sur des fortes pentes exposées pour la plupart aux érosions. Les habitations se trouvant sur ces trois communes, perchées sur les collines, sont les premières à avoir été construites sur les flancs des collines du sud sans précaution préalable. Ces cités se caractérisent par un paysage rural, avec des rues sinueuses.
La commune de Kisenso
Elle se situe au sud-est de la ville de Kinshasa sur une colline ne dépassant pas 420 m d'altitude, aux pentes variants de 4 à 22 %. Pour stabiliser et affermir son sol face aux éventuelles menaces d'érosions, des nombreux arbres fruitiers y ont été plantés. La commune compte plus de 500 avenues et rues, non dotées d'un système d'évacuation d'eau, provocant parfois des graves inondations et érosions en temps de pluie. En 1999, la commune fut ravagée par 37 têtes d'érosions[23]. Ses versants sont des véritables ravins qui entraînent des éboulements et des glissements en détruisant au passage la végétation. Cette situation cause beaucoup des conséquences néfastes pour les cités situées au pied de la colline. La commune de Matete par exemple, voit certains de ses quartiers ensablés après la pluie (quartiers Ngufu, Batende, Kinsimbu, etc.), ainsi que parfois, le tracé de chemin de fer qui mène à Matadi, situé en aval dans la vallée de la Ndjili. Les érosions rendent certains quartiers de la commune de Kisenso très enclavées, et fait baisser par ce fait même la valeur foncière et immobilière des maisons.
La commune de Selembao
La commune de Selembao ressemble en de nombreux quartiers à celle de Kisenso. Depuis la destruction de l'avenue du par les eaux de pluie et des érosions, la commune est presque totalement enclavée. L'avenue du constituait l'axe principal qui la traverse de bout en bout. Comme conséquences, les importantes infrastructures de base comme le marché de Selembao et autres sont devenus inaccessibles aux véhicules.
La commune de Bumbu
Elle a été construite dans l'ancienne concession de la limonaderie Sinalco, et ne dépasse pas 360 m d'altitude sur les collines du sud. Elle comptait 67 rues, 7 avenues et 9 589 parcelles en 2003[24]. Le marché de Selembao est le centre même de l'économie de la commune, avec un parking recevant des camions en provenance du Bas-Congo, avec principalement des produits agricoles. Depuis longtemps, le marché est devenu presque inaccessible aux grands camions à cause de la dégradation de l'avenue du qui la traverse aussi par le nord, depuis la commune de Bandalungwa. Depuis les pillages de 1991 et 1993, de grands magasins ont fermé et les activités commerciales tournent au ralenti.
| Année | Communes les plus peuplées | Population | Communes les moins peuplées | Population |
|---|---|---|---|---|
| 1967 | Ndjili | 80 000 hab. | Mont-Ngafula (partiel) | 2 040 hab. |
| 1970 | Ndjili | 102 881 hab. | Maluku | 14 678 hab. |
| 1984 | Kimbanseke | 353 209 hab. | Gombe | 17 360 hab. |
| 2003 | Kimbanseke | 915 217 hab. | Gombe | 31 307 hab. |
| 2004 | Kimbanseke | 946 372 hab. | Gombe | 32 373 hab. |
La ville de Kinshasa compte actuellement 24 communes avec diverses extensions, mais cette subdivision administrative ne date que de 1968, lorsque la ville annexa le secteur des Batékés et de Mbakana, qui faisaient jusque là partie du territoire de Kasangulu. en 1929, lorsque Kinshasa devint la capitale du pays, elle ne comprenait pas encore les communes de Kintambo, Gombe, Kinshasa, Barumbu et Lingwala[1]. Après la Seconde Guerre mondiale, les nouvelles cités construites ont été à l'origine de la création des communes de Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri. de 1951 à 1960, les cités planifiées constituèrent les noyaux des communes de Kalamu, Ndjili, Matete, Bandalungwa et Lemba. La ville comptait 11 communes pour les consultations électorales de 1957, puis 13 communes en 1959. C'est après 1960 que la ville explosa.


