Itamar Ben-Gvir

homme politique israélien From Wikipedia, the free encyclopedia

Itamar Ben-Gvir (hébreu : אִיתָמָר בֶּן גְּבִיר), né le à Mevasseret Tsion, est un homme politique israélien dirigeant du parti d'extrême droite ultranationaliste, suprémaciste et néosioniste Otzma Yehudit[1].

PrésidentIsaac Herzog
Premier ministreBenyamin Netanyahou
GouvernementNetanyahou VI
PrédécesseurHaim Katz (intérim)
Faits en bref Fonctions, Ministre israélien de la Sécurité nationale ...
Itamar Ben-Gvir
אִיתָמָר בֶּן גְּבִיר
Illustration.
Itamar Ben-Gvir en 2022.
Fonctions
Ministre israélien de la Sécurité nationale
En fonction depuis le
(1 an, 4 mois et 28 jours)
Président Isaac Herzog
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou VI
Prédécesseur Haim Katz (intérim)

(2 ans et 23 jours)
Président Isaac Herzog
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Gouvernement Netanyahou VI
Prédécesseur Omer Bar-Lev
Successeur Haim Katz (intérim)
Député à la Knesset
En fonction depuis le
(5 ans, 4 mois et 10 jours)
Élection 23 mars 2021
Réélection 1er novembre 2022
Législature 24e et 25e
Président de Otzma Yehudit
En fonction depuis
(6 ans et 11 mois)
Prédécesseur Michael Ben-Ari
Biographie
Nom de naissance אִיתָמָר בֶּן גְּבִיר
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Mevasseret Tsion (Israël)
Nationalité Israélienne
Parti politique Otzma Yehudit
Profession Avocat
Religion Judaïsme orthodoxe
Résidence Kiryat Arba, Cisjordanie

Signature de Itamar Ben-Gvirאִיתָמָר בֶּן גְּבִיר
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Dans les années 1990, il est membre du parti Kach et Kahane Chai, un groupe terroriste israélien, interdit de se présenter aux élections puis classé terroriste par les autorités israéliennes et américaines. Homophobe, antilibéral et antidémocrate, il croit en la suprématie de la loi divine et en celle du peuple juif[2],[3]. Il est poursuivi plus de 50 fois par la justice israélienne, notamment pour émeute, racisme et possession de propagande pour une organisation terroriste[4].

Son parti Force juive, réalise un score surprise aux élections législatives de 2021, puis à celles du . Le Likoud de Benyamin Netanyahou s'allie avec lui pour obtenir une majorité et former un gouvernement. Itamar Ben-Gvir l'intègre en comme ministre de la Sécurité nationale. Opposé à l'accord de cessez-le-feu avec le Hamas, il démissionne le , avant d'être réintégré à la reprise des hostilités. Depuis , il fait l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Turquie en pour les crimes de génocide, terrorisme et contre l’humanité[5].

Biographie

Premiers engagements et carrière d'avocat

Il naît dans une famille laïque et modérée de la petite bourgeoisie à Mevasseret Tsion, un faubourg de Jérusalem, d’un couple juif mizrahim irako-kurde[6] qui n'est pas religieux ; il se distingue des pratiques familiales en portant la kippa dès l'adolescence[7].

Dans la foulée de la Première intifada, il se radicalise en militant au sein de l'extrême droite israélienne à partir des années 1990, rejoignant d'abord le mouvement Moledet ( hébreu : מולדת, « Terre natale »), favorable à la déportation des Palestiniens de citoyenneté israélienne hors du territoire, avant de rallier la mouvance plus radicale encore kahaniste[8] - les partis Kach et Kahane Chai (hébreu : כ"ך) seront interdits en 1994 en tant qu'organisations terroristes par Israël et les États-Unis[9],[10],[11],[12]. Il participe durant son adolescence à des attaques contre les Palestiniens de Cisjordanie occupée, leur jetant des pierres[13]. Il devient coordinateur de Kahane for Kids (Jeunesse de Kach)[11],[14].

L'armée israélienne refuse qu'il fasse à 18 ans son service militaire à cause de son passé de militant politique d'extrême droite et parce qu'il est considéré alors comme trop radical[15],[16]. Des groupes comme (en)Brothers and Sisters in Arms (hébreu : אחים ואחיות לנשק) accusent cependant Ben-Gvir d’avoir « évité » le service militaire. Il nie l'avoir esquivé de son plein gré et affirme qu’il voulait s’enrôler mais que l’armée israélienne l’a refusé en raison de ses opinions politiques et de son passé militant.

Profondément hostile au processus de paix engagé par la gauche israélienne, il fait parler de lui en 1995 lorsqu'il vole puis brandit à la télévision israélienne l’emblème d’une Cadillac, le véhicule du Premier ministre Yitzhak Rabin : « Nous avons eu sa voiture, et nous l’aurons lui aussi »[2], lance-t-il ; Yitzhak Rabin sera assassiné quelques semaines plus tard par Ygal Amir, militant d'extrême droite[17]. Ben-Gvir déclare admirer l'assassin de Rabin, arrêté et condamné par la justice de son pays[7].

À la tête du groupe suprémaciste Front idéologique, il conduit en 1997 des « actions » aboutissant à l'annulation du concert de la chanteuse Sinéad O'Connor. Celle-ci devait se produire dans le cadre d’une série de manifestations culturelles de l’organisation pacifiste Jerusalem Link en faveur d'une résolution du conflit israélo-palestinien. L'organisatrice, Daphna Golan, dénonce « l’atmosphère de menaces qui prévaut à Jérusalem depuis l’assassinat de Yitzhak Rabin contre tous les artistes favorables à une coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens »[18].

Ben Gvir poursuit des études de droit à l'Ono Academic College[19] à Kiryat Ono près de Tel Aviv, qu'il termine avec uniquement un diplôme de premier cycle, avant de servir dans l'armée.

Hostile aux droits LGBT, il est en 2006 l’un des organisateurs de la « marche des animaux » : des opposants à la Gay Pride défilent avec des ânes[20].

Il devient avocat tardivement, en 2011[9]. En tant que tel, Itamar Ben-Gvir se spécialise dans la défense d'extrémistes accusés de violence contre des Palestiniens[21], tels que Ben-Zion Gopstein, ainsi que deux jeunes Israéliens accusés d'avoir brûlé vifs un couple palestinien et leur bébé dans le village de Douma (en), fin - dont le principal auteur est finalement condamné à la réclusion à perpétuité[22],[2]. Début , il assiste personnellement à un mariage où des colons juifs armés poignardent la photographie du nourrisson brûlé vif[23] ; ces Israéliens ne seront pas condamnés, le procureur ayant perdu la vidéo originale de l'évènement[24].

Carrière politique

Il a été l’assistant parlementaire de l'archéologue et député Michael Ben-Ari[17], fondateur de Force juive, qui est actuellement[Quand ?] député à la Knesset.

Son parti, Otzma Yehudit (Force juive ), créé en 2012, est le successeur idéologique du parti Kach (finalement interdit[9],[10]), une formation suprémaciste juive et raciste réclamant l’expulsion des citoyens arabes d'Israël et l’instauration d’une théocratie[25],[26]. Force juive revendique l’annexion de toute la Cisjordanie mais sans accorder aux Palestiniens la citoyenneté israélienne, souhaite expulser du pays les citoyens arabes « déloyaux » et encourage les citoyens arabes en général à émigrer afin de renforcer le caractère juif d’Israël. Le parti insiste également sur la refonte du système judiciaire israélien afin de mettre l’accent sur les valeurs juives plutôt que sur les valeurs démocratiques, en particulier en ce qui concerne les droits des minorités[17].

Pendant la guerre de Gaza de 2014, Itamar Ben-Gvir est filmé en train de danser avec ses partisans qui chantent les paroles suivantes : « Gaza, Gaza, Gaza est un cimetière ! Il n'y a pas d'école à Gaza, parce qu'il n'y a plus d'enfants à Gaza ! »[27],[28],[29].

À la tête de son parti, il organise des manifestations provocatrices dans des quartiers israéliens à forte proportion arabe, scandant avec ses partisans « mort aux terroristes »[17]. Il lui arrive de brandir une arme lors de ce type d'action[30] et appelle la police à ouvrir le feu à balles réelles en cas de heurts avec des manifestants arabes[30]. Ses actions ostentatoires lui assurent une forte médiatisation[31].

Il expose jusqu'en 2020 dans son salon une photographie du terroriste Baruch Goldstein, l'auteur du massacre d'Hébron, qui a causé la mort de près de 30 Palestiniens[14]. Il déclare l’avoir retirée en après s’être aperçu que cela pouvait lui nuire politiquement. Il continue toutefois de revendiquer son admiration pour ce terroriste[17],[14].

En , alors que des violences dans le quartier de Cheikh Jarrah de Jérusalem, où des familles palestiniennes sont menacées d'expulsion, sont le prélude à un embrasement, Ben Gvir y établit son bureau parlementaire en soutien aux colons[32]. En octobre, alors que des heurts y opposent à nouveau colons israéliens, forces israéliennes et Palestiniens, Ben Gvir y brandit une arme à feu, et demande à la police de tirer à balles réelles sur les Arabes qui jettent des pierres[30].

Il tente depuis de présenter une image un peu plus modérée et un discours plus lisse, plus apaisé[33]. Le général Dan Haloutz, ancien chef d'État-major de Tsahal, estime qu'« il n'a pas changé et ne changera pas » et avertit que ses idées pourraient bien entraîner une guerre civile dans le pays[34].

L'ancien Premier ministre Benyamin Netanyahou fait de lui son principal allié pour les élections législatives de 2022 et lui promet une place au gouvernement en cas de victoire - ce qui adviendra[31].

Ministre de la Sécurité nationale

FCK BNGVR est un slogan populaire parmi les manifestants israéliens contre Ben-Gvir et le gouvernement Netanyahou.

Par le jeu des alliances électorales pour unir les droites radicales et religieuses, Ben-Gvir entre au gouvernement en 2022, en étant nommé ministre de la Sécurité nationale dans le gouvernement de Benyamin Netanyahou investi le [14].

Le au matin, il se rend sur le Mont du Temple. Il déclare à propos de cette visite : « Le mont du Temple est l’endroit le plus important pour le peuple d’Israël. Nous maintenons la liberté de mouvement pour les musulmans et les chrétiens, mais les juifs aussi montent sur le site »[35]. Le grand-rabbin séfarade d'Israël, Yitzhak Yosef, critique cette visite sur le Mont du Temple, rappelant que le grand-rabbinat interdit depuis longtemps la visite du Mont du Temple car celui-ci est trop saint pour que les Juifs y mettent les pieds[36]. Yair Lapid, chef de l'opposition et précédent Premier ministre, déclare : « Voilà ce qui arrive lorsqu’un Premier ministre faible est forcé de donner des responsabilités à la personne la plus irresponsable du Moyen-Orient dans l’endroit le plus explosif du Moyen-Orient »[37]. Cette visite est également fortement critiquée par l'Autorité palestinienne, la Jordanie, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, les États-Unis, la France et l'Union européenne.

Ben-Gvir ordonne le durcissement des conditions de détention des prisonniers palestiniens, notamment en limitant la durée des douches des prisonniers à 4 minutes, en fermant les boulangeries des prisons et en restreignant le temps d’exercice physique et les visites des familles. Il annonce également qu'il ne fera preuve d’« aucune tolérance » face aux grèves de la faim de certains détenus, conduisant au décès de l'un d'entre eux, Khader Adnan, figure emblématique des luttes des prisonniers palestiniens[38].

Rassemblement de solidarité pour la Palestine, reprenant le symbole de la pastèque, à Bruxelles (2023).

Le , il prononce l'interdiction du drapeau palestinien dans l'espace public israélien[39]. Pour contourner cette interdiction, des représentations de pastèques, devenues un symbole de l’identité palestinienne, sont alors utilisées lors des manifestations de l'opposition israélienne[40].

Il poursuit la politique d'expulsion massive des dizaines de milliers de Bédouins du Néguev qui demeurent encore isolés dans leurs villages ancestraux, mais non reconnus par l’État israélien. Certaines de ces localités non reconnues sont notamment privées d’eau, d’électricité, de tout-à-l’égout municipaux et les incidents sont nombreux avec la police israélienne lors des démolitions de villages[41].

Le , Itamar Ben-Gvir annonce qu'il quittera le gouvernement s’il échoue à faire entendre ses demandes notamment l’établissement « d’une Garde nationale » et la peine de mort pour les terroristes palestiniens[42].

Il est critiqué en pour la violente répression des manifestations contre la réforme du système judiciaire, au cours desquelles la foule israélienne est visée par des jets indiscriminés de grenades assourdissantes[43].

Il annonce le soutenir l’appel à une pause dans le projet de réforme judiciaire gouvernemental en échange de la promesse qu’il pourrait mettre sur pied sa « garde nationale » qu’il réclame depuis longtemps[44] - intention que dénonce le ministre de la Défense Yoav Galant dans une lettre à Ben-Gvir le [45].

Son directeur de cabinet, Chanamel Dorfman, fait scandale en en urinant sur les lieux du meurtre de cinq Palestiniens, près de Nazareth[46].

Durant la guerre à Gaza depuis 2023, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, appelle à une recolonisation israélienne de Gaza, une fois la guerre terminée, et propose d'« encourager » les Gazaouis à émigrer (le )[47]. De nombreux pays condamnent ses propos, qualifiés d'« incendiaires »[48]. Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, rappelle que les déplacements forcés de population sont interdits par le droit international humanitaire[49].

Il déclare dans une interview donnée en août 2023 : « Mon droit, celui de ma femme et de mes enfants à circuler en Cisjordanie, est plus important que le droit des Arabes à circuler »[14].

En tant que ministre chargé des prisons, Ben Gvir adopte des directives durcissant les conditions de détention des prisonniers palestiniens après le début de la guerre. En cinq mois, le nombre de Palestiniens emprisonnés en Israël, hors ceux de droits communs, double, passant à 9 500, dont 3 550 dits « administratifs » (des personnes incarcérées sans charges ni limite de temps). Les cellules sont surpeuplées, les radios ont été confisquées et l’électricité coupée, les couvertures et le matériel d’entretien manquent. La Croix-Rouge n’a plus accès aux prisonniers. La directrice de l'ONG israélienne Hamoked[50] indique : « Nous n’avons jamais vu un tel niveau d’abus. Les prisonniers ne reçoivent pas assez de nourriture. Parmi ceux que nous avons rencontrés, certains ont perdu 20 kg ». Une autre ONG, Physicians for Human Rights, qui a assisté à des autopsies, indique que des détenus ont succombé à un manque de soins. De nombreux témoignages font état de violences et de menaces, y compris de viols[51].

Le , son cabinet se félicite de la sanction (un blâme et trois jours d'emprisonnement) infligée au gardien de prison qui a servi au prisonnier palestinien Marwan Barghouti (cadre du Fatah, condamné à perpétuité pour le meurtre d'Israéliens) la même nourriture qu'aux détenus juifs (un ragoût avec de la viande), un soir de Shabath[52],[53]. En effet, selon la nouvelle mesure prise par Ben-Gvir, les terroristes détenus dans les prisons israéliennes sont soumis à un régime alimentaire végétarien[54].

Il se réjouit en 2025 de la dégradation des conditions de détention des prisonniers palestiniens sous sa surveillance et de la recrudescence des décès parmi ces détenus. Un audit du Bureau du défenseur public israélien atteste de la dégradation des conditions de détention, évoquant notamment la famine, les coups infligés par les gardiens et les épidémies de gale qui se propagent rapidement dans les cellules exiguës et surpeuplées[55].

Le , trouvant « scandaleux » l'accord de cessez-le-feu avec le Hamas, il démissionne du gouvernement avec les deux autres ministres appartenant à son mouvement Otzma Yehudit, ce parti ne faisant donc plus partie de coalition gouvernementale qui conserve toutefois une majorité de 63 sièges sur 120 à la Knesset[56]. Il quitte son poste le [57].

Le , alors que le gouvernement de Netanyahou, ayant à peine la majorité absolue à la Knesset pour faire passer le budget[58], est menacé de tomber, Ben Gvir est réintégré au gouvernement, dans le contexte de la rupture du cessez-le-feu à Gaza, après des tractations entre le Likoud et Force juive[59].

Le , Ben Gvir et son homologue aux Finances, Bezalel Smotrich, sont sanctionnés par le Canada, le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège[60]. Ces sanctions sont toutefois dénoncées par les États-Unis[61].

En mai 2026, son ministère diffuse une vidéo de militants arrêtés de la « flottille pour Gaza », agenouillés et les mains liées, provoquent un tollé, y compris du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, et de son ministre des affaires étrangères, Gideon Saar[62],[14].

Condamnations par la justice et sanctions

Ben-Gvir a mené une série d'activités d'extrême droite qui ont donné lieu à des dizaines d'actes d'accusation. Dans une interview en , il a affirmé avoir été « inculpé 53 fois »[63] pour incitation à la violence ou pour des discours de haine[64],[14].

Dans les années 1990, il est actif dans des manifestations contre les accords d'Oslo. En 1995, Ben-Gvir attire l'attention du public pour la première fois, lorsqu'il apparaît à la télévision brandissant un ornement de capot de Cadillac qui avait été volé sur la voiture du Premier ministre Yitzhak Rabin, et déclare : « Nous sommes arrivés à sa voiture, et nous l'atteindrons aussi », quelques semaines seulement avant l'assassinat de Rabin par l'extrémiste de droite Yigal Amir[65].

En 2007, Ben Gvir est reconnu coupable d'incitation au racisme et de soutien à une organisation terroriste[66],[67].

Après l‘arraisonnement de la flottille de la liberté en mai 2026 et la vidéo le montrant se réjouissant des menaces et des humiliations infligées aux participants, la France décide d‘interdire Itamar Ben-Gvir d‘entrée sur son territoire[68].

Idéologie

Itamar Ben-Gvir est un suprémaciste juif[69],[70],[71]. Dans sa jeunesse, il est partisan du terrorisme israélien[72]. D'après Le Monde, il est « homophobe, antilibéral et antidémocrate, il croit en la suprématie de la loi divine et en celle du peuple juif. »[69]. Selon la sociologue Eva Illouz, il affiche un « mépris ouvert pour les normes et les institutions démocratiques »[73].

Sur le plan institutionnel, il souhaite limiter la possibilité pour la Cour suprême d'invalider les lois votées par la Knesset[72]. Il milite également pour intégrer davantage d'éléments de loi juive halakhique dans le système judiciaire[72].

Il œuvre en faveur de la judaïsation de Jérusalem[7]. Il affirme que les Israéliens juifs sont victimes de la part des Palestiniens de violences équivalentes à celles qui ont affecté les Juifs d'Europe orientale et centrale aux XIXe et XXe siècles[7]. Après que le Canada a sanctionné des colons israéliens le , Ben-Gvir déclare : « La décision prise aujourd’hui par le gouvernement canadien de harceler des colons est une décision clairement antisémite[74]. »

Itamar Ben Gvir est un disciple de Meir Kahane ; de ce fait, il est favorable au « transfert », c'est-à-dire à l'expulsion des Palestiniens qui ont la nationalité israélienne[72]. Ainsi, défend-il explicitement l'expulsion des Arabes d'Israël, la séparation ethnique et une citoyenneté israélienne hiérarchisée[14]. D'après Sylvain Cypel, « la particularité de Itamar Ben Gvir, au-delà de son activisme colonial, réside dans l’offensive qu’il mène contre les Palestiniens citoyens d’Israël », qu'il présente comme une cinquième colonne[7].

Radio France considère qu'il use d'une stratégie de la provocation au sein du gouvernement israélien, qui sème la haine et occasionne de vives polémiques[14].

Vie privée

Il est marié avec Ayala Ben-Gvir (née Nimrodi) depuis le . Ayala était, elle aussi, une militante kahaniste durant sa jeunesse. Elle et Ben Gvir se sont rencontrés vers 2002 alors qu'elle avait 15 ans et lui 26[75]. Lors de leur premier rendez-vous, ils auraient fait un pèlerinage sur la tombe de Baruch Goldstein, auteur du massacre de Palestiniens d'Hébron de 1994[76].

Ils ont six enfants[77] et sont domiciliés en Cisjordanie dans la colonie israélienne sioniste de Kiryat Arba en Cisjordanie, bastion de l'extrême droite israélienne[78].

Notes et références

Liens externes

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