Jobourg

From Wikipedia, the free encyclopedia

Localisation

Jobourg se situe à l'extrême nord-ouest de la péninsule du Cotentin. Le nez de Jobourg est un cap qui s'avance dans la mer de la Manche.

Les communes limitrophes sont Auderville, Herqueville, Omonville-la-Petite et Saint-Germain-des-Vaux.

Géologie et relief

Les gneiss icartiens y affleurent. Les grottes dans les falaises ont souvent donné naissance à des légendes, comme celui du Trou-aux-Sorciers.

Milieux naturels et biodiversité

Les chèvres sauvages.

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Jorborch au XIIe siècle, Jorborc en 1180, Jorbourg en 1218, Jorborc en 1221, Jorburch en 1239, Jobourt en 1323[1].

Les formes anciennes indiquent que le [r] s'est amuï vers le XIVe siècle devant la consonne suivante, phénomène récurrent dans la toponymie normande et ailleurs. En tout état de cause, il n'y a pas lieu de voir un Jovis burgum, forme latinisée que l'on rencontre parfois dans les textes médiévaux. Il s'agit d'une fantaisie de scribe, telle qu'on en trouve de manière récurrente en toponymie (cf. Louviers, Fécamp, etc.)

François de Beaurepaire rapproche le type toponymique Jorborc du composé toponymique vieil anglais eorðburg signifiant « mur ou rempart de terre étayé par une structure de pieux en bois » et la situation de Jobourg près du Hague-Dick renforcerait cette hypothèse linguistique[1]. Le toponyme normand de l'île voisine de Guernesey, Jerbourg (castrum de Gierebourc 1364) serait de même nature, ainsi que les noms de lieux anglais Yarborough Camp et Arbury[1].

René Lepelley privilégie l'hypothèse d'un composé issu de l'ancien scandinave basé sur les termes jǫrð « terre » et borg « forteresse »[2]. En réalité, borg pouvait avoir le sens primitif de « mur, rempart ». *Jǫrðborg devait avoir le sens global de « mur de terre, rempart de terre » tout comme le vieil anglais eorðburg. Phonétiquement une étymologie scandinave s'accorde mieux avec les formes anciennes.

Histoire

Protohistoire et antiquité

Entre l'église et le clos Callet, il fut trouvé plusieurs tumuli ainsi que des briques romaines[3]. On trouve également le camp romain du Vaux du Catel.

Moyen Âge

l'église, avec le titre de prieuré, placée sous le vocable de Notre-Dame, est donnée, en 1165, à l'abbaye du Vœu par Richard du Ham et Guillaume Carbonnel[3]. En 1172, Guillaume de kercagny, devant le roi d'Angleterre Henri II, confirme la donation. Au début du XIIIe siècle, Robert de Sydeville était vicaire de l'église[3].

En 1316, des contestations s'élèvent au sujet des dîmes de Jobourg, entre le prieur de Jobourg, nommé par l'abbé du Vœu, et le prieur de Saint-Germain-des-Vaux, dépendant de l'abbaye de Cormery[3].

Parmi les personnes notables habitants Jobourg, on peut citer la famille de Lefort qui avait pour armes : d'argent au croissant de gueules accompagné de trois merlettes de sable (par francs-fiefs en 1471)[3].

Temps modernes

En 1567, Robert de Mary, écuyer, sieur de Jobourg, est taxé pour ce fief de 10 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief de Jobourg, qui valait un sixième de fief de haubert, était tenu du fief de Vauville[4].

Dans la première moitié du XVIIe siècle, la paroisse a pour seigneur la famille Lucas de Bonval, et ensuite celle des Jallot. En 1692, l'église a pour curé Guillaume Leblond, religieux du Vœu de Cherbourg[3].

Le , les dîmes des paroisses de Jobourg, Beaumont et Urville-Hague sont affermées par bail, passé devant Me Roger, notaire à Paris, à Nicolas Simon au prix de 1 150 livres[5].

Au XVIIIe siècle, Dom François Fleury (1724-1781), est prieur-curé de Jobourg et guetteur des mouvements des navires anglais pour le gouverneur de Cherbourg[6].

Époque contemporaine

En 1907, fermeture de la brigade de douanes du village de Merquetot.

La commune est libérée le par le 60e régiment d'infanterie.

Politique et administration

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1791 Guillaume Lecostey    
1791 1794 Sébastien-Pierre Fleury    
? 1798 Thimotée Mauger    
1798 1798 Félix Mauger    
1798 1798 Pierre Sanson    
1798 1798 Jean-François Lecarpentier    
1798 1801 Thimotée Mauger    
1802 1831 Jean-Pierre Fleury    
1831 1832 Michel-Augustin Mauger    
1832 1835 Jean-Pierre Fleury    
1835 1848 Jean-Thomas Fleury-Lavalette[7]    
1848 1848 Pierre Sanson    
1848 1865 Jean Étienne Nicolas Fleury-Duhamel   Suppléant de juge de paix
1865 1870 Jean Fleury-Laroque    
1870 1876 Jacques François Digard   Cultivateur
1876 1878 Jean Fleury-Laroque    
1878 novembre 1879[Note 1] Albert Jean Fleury   Propriétaire
1879 1892 Jean-François-Sébastien Fleury    
mai 1892 mai 1929 Bon-Charles Lecostey    
mai 1929 mai 1945      
mai 1945 octobre 1947 René Lecostey    
octobre 1947 mai 1953 Zacharie Lecouvey    
mai 1953 août 1959[Note 2] Émile Audoire    
août 1959 mars 1983 Charles Gosselin   Ancien adjoint au maire
mars 1983 juin 1995 Louis Sanson   Ancien percepteur
Président du District de la Hague (1985 → 1995)
juin 1995 mars 2008 Jean-Charles Duval[8] SE Premier adjoint au maire (1989 → 1995)
mars 2008[9] décembre 2016 Jean-Paul Lecouvey[10] SE Ingénieur
Les données manquantes sont à compléter.

Liste des maires délégués

Liste des maires délégués successifs
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2017 juillet 2020 Jean-Paul Lecouvey SE Ingénieur
juillet 2020[11] en cours Simon Cervantès   Hôtelier

Population et société

Les habitants de la commune sont appelés les Jobourgeois.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[13],[Note 3].

En 2022, la commune comptait 467 habitants, en évolution de −3,71 % par rapport à 2016 (Manche : +0,44 %, France hors Mayotte : +2,49 %).

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
699711758824924863810735744
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
686621623593565532501505534
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
448431420324325310295267256
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2018
235341301336403377449482488
2019 - - - - - - - -
493--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Activité manifestations

Économie

Les gratte-dos de Jobourg.
Le CROSS-ma.

L'activité agricole demeure importante dans l'économie locale et dans la tradition, comme en témoigne la foire aux moutons, valorisant le roussin de la Hague à la mi-août.

Jobourg est une des quatre communes d'implantation de l'usine de retraitement des combustibles irradiés d'Areva NC.

Depuis 1977 (et 1984 dans ses locaux actuels), le CROSS-ma de Jobourg est chargé de surveiller le Rail des Casquets et de coordonner le sauvetage en mer entre le cap d'Antifer et le mont Saint-Michel.

Le tourisme est important sur la commune, notamment du fait du nez de Jobourg, site qui contribue à la notoriété de la localité et qui est l'un des lieux les plus visités de la Manche[réf. nécessaire]. Jobourg accueille trois restaurants et de nombreux gîtes.

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI