Keminoub
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Keminoub serait l'épouse d'un roi de la XIIIe dynastie égyptienne, toutefois, son époux est inconnu.
| Keminoub | |
Plan de la tombe de Keminoub et Amenhotep[1]. | |
| Transcription | kmj-nbw |
|---|---|
| Dynastie | XIIIe dynastie |
| Fonction principale | Reine de l'Égypte antique |
| Sépulture | |
| Emplacement | près de la pyramide d'Amenemhat II à Dahchour |
| Date de découverte | 1895 |
| Découvreur | Jacques de Morgan |
| Objets | fragments de cercueil et de vases canopes |
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Attestation
La seule attestation connue de la reine est une sépulture double située dans l'enceinte du complexe pyramidal d'Amenemhat II à Dahchour, plus précisément à l'ouest de la pyramide elle-même. L'autre défunt enterré dans cette tombe double est un « directeur des choses scellées » nommé Amenhotep, qui semble avoir été enterré après la reine[2],[3],[4]. Elle porte uniquement le titre d'« épouse du roi » (ḥm.t nsw.t)[5].
Interprétation
La reine a, par le passé, souvent été considérée comme une épouse du roi Amenemhat II avec comme argument qu'elle a été enterrée dans le complexe funéraire de ce dernier, ce que l'ouvrage d'Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton rapporte encore en 2004[6]. Cependant, depuis les années 1990, la reine est considérée comme une reine de la XIIIe dynastie[2],[3],[4],[7]. Plusieurs arguments ont été avancés :
- le fait qu'Amenhotep est attesté par cinq scarabées dont la typologie, du groupe « Sobekhotep », daterait d'une époque autour du règne de Khâneferrê Sobekhotep[3],[4],
- la disposition de la tombe et les inscriptions (notamment les hiéroglyphes mutilés) indiquent une date ne pouvant être antérieure à la fin du règne d'Amenemhat III[4],
- le nom de la reine, qui rappelle le nom de la mère et de la fille du roi Khâsekhemrê Neferhotep, toutes deux nommées Kemi, ainsi que les parents de rois qui ont le radical noub, comme les reines Noubhetepti et Noubkhaes et les princesses Noubheteptikherd et Noubemiounet, noms tous datés de la XIIIe dynastie[4],
- le parallèle avec l'enterrement du roi Aoutibrê Hor et de sa fille Noubheteptikherd à l'intérieur du complexe pyramidal d'Amenemhat III, également situé à Dahchour[4].
Le lien entre Amenhotep et la reine n'est pas connue, mais il est possible qu'il y ait un lien de parenté entre eux, l'absence de titre royal pour Amenhotep n'empêche pas un lien de parenté : le « directeur des scelleurs et escorte du roi » Ptahmès, fils de la reine Ounet de la XIIIe dynastie, ne porte pas le titre de « fils du roi » sur le vase globulaire, seule attestation de ces deux personnes, mais il est possible qu'il porte ce titre sur d'autres éléments, les titres pouvant s'alterner sur un ensemble d'objets[8].
Le fait que la reine ait été enterrée au sein de ce complexe est peut-être dû au fait que les règnes de cette période étaient courts et que la monarchie manquait aussi peut-être de moyens[3].
Sépulture
L'entrée de la tombe est évasée, à ciel ouvert et flanquée de deux murs de briques crues pour retenir le sable entourant la tombe, mènent, au travers d'une porte en briques crues, à un long couloir voûté construit dans le même matériau. À la suite se trouve une porte en calcaire fermée par des pierres de taille et qui mène à un second couloir long couloir de 10 mètres environ et incliné de 14 cm par mètre. Les deux inhumations se trouvent sur la droite du couloir, d'abord celle d'Amenhotep puis celle de la reine Keminoub ; le couloir était d'ailleurs interrompu par une herse entre les deux inhumations. Celles-ci sont organisées de la même manière : une ouverture à droite du couloir, bouchée par des pierres de taille après l'inhumation, donne sur un sarcophage en contrebas (le sommet du sarcophage se trouve plus bas que le sol du couloir) ; l'espace où se trouve le sarcophage communique par trois ouvertures à la chambre des offrandes situées sous le couloir ; un trou d'homme au sol du couloir, bouché lors l'inhumation par une dalle, permet de communiquer avec cette salle des offrandes (en effet, après la pose du sarcophage pendant la construction de la tombe, la salle des offrandes était inaccessible et le seul moyen de déposer le matériel funéraire était de passer par ce trou d'homme)[9].
La tombe qui a été entièrement pillée, ne laissant que quelques morceaux de cercueils et de coffre à canopes permettant d'identifier les défunts. Les pilleurs sont passés par le plafond du couloir vouté juste avant qu'il ne cesse. La manière dont la tombe a été pillée a mené le fouilleur, Jacques de Morgan, à penser qu'ils devaient parfaitement connaître les lieux. Le cercueil d'Amenhotep était fait de bois de couleur sombre et couvert de textes gravés en creux avec soin ; seuls quelques fragments ont été retrouvés lors de la découverte de la tombe par Jacques de Morgan. La salle d'offrande était quant à elle complètement vide. Concernant la reine Keminoub, son cercueil était fait d'un seul tronc d'arbre creusé et était également couvert de textes mais cette fois peints. La caisse à canopes, en grès, a été retrouvé renversé dans la salle d'offrandes et contenaient encore quelques planches du coffret qu'elle contenait[10].