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La Docherie

quartier de Charleroi From Wikipedia, the free encyclopedia

La Docherie ou Marchienne-Docherie (en wallon El Dochriye) est un quartier de Marchienne-au-Pont, une des quinze sections de la ville de Charleroi, située en Belgique.

Faits en bref Administration, Pays ...
La Docherie
La Docherie
Panorama de La Docherie vu du terril Saint-Charles.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Ville Charleroi
Démographie
Gentilé Dochard, -arde[1]
Population 5 896 hab. (2001)
Densité 2 808 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 25′ 31″ nord, 4° 24′ 20″ est
Superficie 210 ha = 2,1 km2
Transport
Bus Logo TEC CharleroiTEC : Lignes 85, 86, 172 et Midi-Docherie
Localisation
Localisation de La Docherie
Carte des 55 quartiers de Charleroi.
La Docherie porte le numéro 24.
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La Docherie
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La Docherie
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Située au nord de Marchienne-au-Pont, La Docherie est un quartier populaire qui s’est développé grâce aux charbonnages et à l’industrie métallurgique. À l’origine, c’était un bois que Pierre Parent défricha au milieu du XIXe siècle pour accueillir des paysans dans le bassin de Charleroi. Il y aménagea des rues et fit construire une église. Enclavé entre Roux, Jumet, Lodelinsart et Dampremy, le quartier reste isolé du reste de Marchienne-au-Pont, notamment à cause de la friche des anciennes usines de la Providence et du canal Charleroi-Bruxelles. Cet isolement a forgé une identité marquée dans ses différents secteurs.

Autrefois, La Docherie animait la vie culturelle et folklorique avec des ducasses dans plusieurs quartiers, comme celle de la Cité Hachez, portée par le groupe « Les Vis du Timps Passé del Docherie », dissous à la fin du XXe siècle. Aujourd’hui, le quartier accueille une population majoritairement immigrée et traîne une réputation souvent liée à la précarité économique et culturelle.

Toponymie

L'origine du nom Docherie reste floue mais plusieurs hypothèses ont été avancées. Selon Émile Van Aelst, une première est que le nom viendrait du latin « Docere » qui signifie instruire et qui serait lié au fait d'un ermite savant aurait habité dans le bois local. Une autre hypothèse serait que « Docherie » viendrait du vieux français « Dochard » qui voudrait dire « porteur de bois »[2].

Géographie

La Docherie se situe sur le flanc de la colline dit de Bayemont qui est séparée par le quartier de Gohyssart. Les communes limitrophes sont : Dampremy, Monceau-sur-Sambre, Roux, Jumet, Lodelinsart et Marchienne-Centre. Le quartier, en raison de sa position géographique isolée du reste de Marchienne-au-Pont par le canal Charleroi-Bruxelles, a pu développer une identité forte. Le bois de Bayemont, qui avant le défrichement s’étendait sur 210 hectares, couvrait alors toute la colline[3]. Le point culminant se situe dans la partie supérieure du cimetière, à 185 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait un des endroits les plus hauts de la province du Hainaut et qui, de là, offre un panorama inégalé dans la direction de Goutroux et de Mont-sur-Marchienne[4].

Quartiers

Quartiers et lieux-dits

  • Le Fond Beghin, également appelé Pont Beghin, il tire son nom de la propriété voisine appartenant à l'ancienne famille Beghin, qui fut ensuite occupée par la famille Rouard. Avant la construction du canal de Charleroi, le pont qui enjambe le canal et le Piéton portait ce nom[Note 1], le Pont aux Scouffes, il était construit en bois[5]. Ce quartier partait du bas de la rue Jules Jaumet et rejoignait la rue de Jumet qui longeait le Piéton. Il fermait le quadrilatère formé par la rue Émile Gantois[6]. Le pont qui se trouvait à cet endroit permettait le passage vers le centre de Marchienne par la route de Mons, cette route coupait en deux le complexe industriel de la Providence[7]. Ce quartier était sujet aux inondations lors des pluies et orages estivaux, avec une montée des eaux pouvant atteindre environ un mètre[8]. Des barques mises à disposition par les bateliers permettaient de rejoindre la route de Mons en attendant l’installation d’une passerelle[9]. Ce quartier accueillait une population pauvre et les immigrants dès leur arrivée, louait souvent de le secteur[8]. Dans les années 1950, le quartier a été exproprier pour l'agrandissement du canal[7].
  • Le Pêlon, lieu-dit qui se trouve aux rues de Jumet, Saint-Théodore et Houtart près de la petite église une rue porte son nom[8].
  • Bayemont, nom de la colline sur les territoires de Jumet et de Marchienne-au-Pont. Le nom viendrait de « noir mont », « bail » ou « baye » signifie en ancien français, un endroit clôturé d'une barrière[4] et autrefois la colline était clôturée de barrières[10].
  • Bierrau, lieu-dit qui se trouve près du canal Charleroi-Bruxelles en bas de la rue de Jumet, une gare se trouvai dans ce lieu-dit.
  • Les Bailles, anciennes parcelles agricoles situées entre les rues Jaumet, du Chemin de Fer et le Piéton[11].
  • Fond Bernard, les prairies se trouvent entre le sentier de La Docherie, la rue Léon Dubois, Jumet et le canal[11].
  • Naye-à-Bois, ce nom désignait l’endroit où les bateliers pouvaient trouver le bois et les planches nécessaires aux réparations[12],[13].
  • Saint-Charles, aux croisement des rues Émile Gantois, des Dochards et Léon Dubois. Ce nom vient d'un charbonnage qui se situait dans ce quartier[8].
  • Saint-Pierre, quartier qui comprend les rues Jean Ester, la place Astrid (anciennement place Saint-Pierre) la rue du Curé Robert[8].

Les cités

  • La cité ouvrière ou cité Hachez. Quartier récent, la cité dite Ouvrière a été construite à la première initiative de la société des Habitations Marchiennoises nouvellement créée[14]. Édifiée en 1925 dans un quartier populaire, son architecture[15], plus moderne que celle des autres maisons de La Docherie, offrait l’eau courante et restait accessible aux revenus modestes[14]. L’engouement pour cette « Docherie-Moderne » fut tel que les nouveaux habitants, fiers de leur ascension sociale, développèrent un esprit autonome et plutôt aisé[16]. La cité Hachez ou localement El Citè est ainsi devenue un quartier emblématique de La Docherie, bien entretenu et fleuri[14]. Même si les locataires sont devenus propriétaires, peu de changements ont été apportés, du moins à l’extérieur[17].
  • La cité des Cerisiers, construite en 1954 par les Habitations Marchiennoises[18]. Il vient du nom des cerisiers plantés dans cette cité[13].
  • La cité Peetermans, nom donné à Louis Peetermans, échevin des finances et président des Habitations Marchiennoises[19],[6].
  • La cité de Bayemont, des logements pour les familles d'ouvriers construits par la Société Bayemont-Docherie[11].
  • La cité de l'Égalité, appelée en hommage aux révolutionnaires français[20] la cité a été construite en 1980[21].
  • La cité des Acacias, située en hauteur entre la rue de Jumet et la route du Centre, englobe également les rues portant le même nom, elle fut bâtie dans les années 1950.

Voies de communications

Les rues principales de La Docherie sont Jules Jaumet, Léon Dubois et Pierre Bauwens, qui montent en ligne droite vers Jumet. Elles sont reliées par la rue Royale et la rue Saint-Gustave, cette dernière rejoignant la rue de Jumet et un autre axe important, parallèle à l’artère principale (Jaumet, Dubois et Bauwens)[22].

Les noms des rues dochardes

De nombreuses rues furent tracées dans le quartier lors du défrichage du bois de Bayemont par Pierre Parent. Comme à l’accoutumée, ces rues reçurent des noms de saints. La construction de l’église Saint-Pierre fut à l’origine de la création de plusieurs rues auxquelles il donna les noms de saints patrons, notamment ceux de membres de sa famille[12]. La rue Sébastien Castermont s’appelait à l’origine rue Saint-Pierre, la rue Émile Gantois où se trouve la petite église fut nommée rue Saint-Charles, d’où vient le nom du charbonnage (qui n'existe plus), la rue de Finlande s’appelait autrefois rue Sainte-Suzanne, la rue Vandermeulen portait le nom de Saint-Henri, et Jules Destrée était connue comme la rue Saint-Nicolas. Aujourd’hui, certaines rues portent encore des noms de saints, comme la rue Saint-Gustave qui relie le carrefour de la rue Royale à la rue de Jumet, la rue Saint-Émile qui relie la rue Jean Ester à la rue des Chèvres, et la rue Saint-Jean qui est devenue rue Sainte-Suzanne[23],[12].

D’autres rues furent baptisées en l’honneur de personnalités liées à La Docherie[24], ou selon des lieux géographiques comme des lieux-dits dont l’origine reste inconnue[23]. La Docherie compte aussi des noms de rues qui font écho au centre de Marchienne, notamment la rue Jules Destrée en pendant avec la rue Paul Pastur à Marchienne, la rue du Midi aujourd’hui disparue et le quartier Nord à Marchienne, ou encore la rue du Congo devenue rue Hyacinthe Henri en lien avec le quartier de Matadi à Marchienne[23].

Les rues en lien avec des personnalités issus de La Docherie ou d'ailleurs :

La rue Sébastien Castermont.
La rue des Dochards, anciennement rue Francisco Ferrer. Sur cette place, se déroulait chaque dernier dimanche d'août la ducasse Saint-Charles[25],[26].
  • la place Astrid du nom de la reine des Belges, cette place s'appelait autrefois place Saint-Pierre[27];
  • la rue Sébastien Castermont, Castermont était un animateur de nombreuses œuvres de bienfaisance[28];
  • la rue Émile Gantois, à l'époque la rue Saint-Charles qui fut appelait du nom d'un médecin-vétérinaire qui a consacré beaucoup de son temps et rendit de nombreuses services à la classe ouvrière[28]. Cette rue fut aussi appelée rue Sainte-Barbe en raison d'une chapelle qui se trouvait dans le mur du charbonnage Saint-Charles[29];
  • la rue Ferrer, devenue rue des Dochards, s’appelait à l’origine rue Francisco Ferrer, en hommage au pédagogue anarchiste, républicain et libre-penseur espagnol, né en 1859 et mort en 1909 à Barcelone[30]. C’est dans ce contexte que la commune de Marchienne lui attribua ce nom, pour la rue où se trouve la première école laïque de La Docherie[30];
  • la rue Jean Jaurès, devenu rue du Jeu de Balle, Jean Jaurès était un socialiste français[30];
  • la rue Jules Destrée du nom du député socialiste belge[30];
  • la rue Jules Jaumet, du nom d'un ancien secrétaire communal de la commune de Marchienne avant les fusions[30];
    La rue du Curé Robert anciennement appelée rue du Cimetière. Cette rue comme certaines dans le quartier est en pente.
  • la rue Léon Dubois qui fut appelée à l'origine rue de Bayemont, du nom du bois qui couvrait le quartier[31]. Léon Dubois était avant la guerre de 1940 directeur des travaux à la commune de Marchienne et il fut aussi président de la maison du peuple la Ruche ouvrière qui était situé dans la rue qui porte son nom[28];
  • la rue Émile Royer, autrefois appelée rue Saint-Auguste, a changé de nom en à la suite d’une décision du conseil communal[28]. Elle fut nommée en l’honneur d’un député et président de l’orphelinat rationaliste, afin de la distinguer de la rue Fauvette[6];
  • la rue du Curé Robert, elle fut rebaptisée[32] en l'honneur du prêtre qui était en fonction dans la paroisse Saint-Pierre de 1892 à 1951[33],[34]. Avant la rue était rue du Cimetière ;
  • la rue Louis Peetermans est une voie reliant la rue de Jumet à la rue Vandermeulen. Elle porte le nom de l’ancien échevin des finances de Marchienne avant les fusions, également président des Habitations Marchiennoises[6], et qui fut un promoteur à La Docherie grâce à l’extension de certains quartiers[19];
  • la rue Pierre Bauwens, du nom du seul bourgmestre originaire de La Docherie[29], qui fut en service à la suite du décès de Robert Fesler jusqu'à la nomination d'Edmond Jacquin[6]. Cette rue fut appelée autrefois rue Chapelle au Bois, du nom de la chapelle qui se trouve à la limite de Marchienne[35];
  • la rue Jean Ester, du nom de l'aviateur originaire de cette rue qui était autrefois rue Prolongée[6]. Jean Ester manifesta très tôt un intérêt marqué pour les aéroplanes, domaine dans lequel il devint un pilote expérimenté. Il rejoignit ensuite l’Angleterre pour s’engager dans la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale[36]. Après le conflit, il se tourna vers l’aviation civile et exerça comme pilote de ligne, poursuivant ainsi une carrière aéronautique professionnelle. En 1946, son appareil s’abîma dans l’Atlantique, entraînant la disparition de l’ensemble de l’équipage, événement qui mit tragiquement fin à son parcours[36];
  • la rue Vandermeulen, du nom d'un échevin en fonction avant 1940, à l'origine cette rue s'appelait rue Saint-Henri[35].
  • la rue Victor Hachez doit son nom à un médecin philanthrope[6]. Dans les familles où le père n’avait pas les moyens, n’avait pas de travail ou était malade, le docteur Hachez ne réclamait aucun paiement pour ses visites. C’est ainsi qu’on le surnommait autrefois le Docteur des pauvres[24];
  • la rue Hyacinthe Henri, anciennement rue du Congo, du nom d'une sage-femme née en 1884 à la rue Jules Jaumet et décédée en 1957. Au cours de sa carrière, elle a accouché de nombreux bébés à La Docherie[37], à Jumet et dans les environs[38];
  • la rue Sainte-Catherine, nommée en l’honneur d’un membre de la famille de Pierre-Joseph Parent, faisait partie des rues de La Docherie qui, à l’époque, portaient les noms de saints issus des membres de sa famille[39];
  • la rue Alfred Soupart, du nom d'un gérant d'un charbonnage et qui fut administrateur de l'école professionnelle des Aumôniers dont l'hôtellerie qui fut démolie logeait les élèves et les moniteurs en stage dans les puits locaux[28];
  • la rue Houtart, du nom des frères Houtart qui furent membres du conseil d'administration de la Société Houillère Bayemont-Docherie en 1805[29].

Les rues actuelles du quartier avec leurs origines en lien avec le paysage :

La rue du Chemin de fer et le rond-point des rues Émile Gantois, Léon Dubois et Jules Jaumet.
La rue Fauvette.
  • l’impasse de la Bascule tire son nom d’une grande bascule de charbonnage qui se trouvait autrefois à cet endroit[40]. C’était une plate-forme en madriers sur laquelle passaient, avant et après leur chargement, les lourds charrois qui livraient le charbon aux particuliers[13];
  • la rue des Cerisier, tire son nom des cerisiers qui ont été plantés, cette rue se situe dans la cité du même nom[13];
  • La rue Naye-à-Bois, qui désigne l'endroit où les bateliers pouvaient trouver des planches nécessaires à leurs petites réparations[13];
  • la rue des Savoyards doit son nom à une tradition où des bûcherons de Savoie venaient défricher le bois de Bayemont à l’appel de Pierre-Parent[13]. Une autre hypothèse suggère que le nom viendrait d’un surnom donné aux ramoneurs qui s’installèrent dans cette rue[41];
  • la rue du Chemin de fer, il vient du chemin de fer qui longeait cette rue[13]. Ce chemin de fer transportait le charbon du charbonnage Saint-Charles aux réseaux ferrés à Marchienne ;
  • la rue Royale, le nom provient du bois qui s'y trouvait, qui sous le régime hollandais se nommait bois royal[27]. Cette rue fut une rue commerçante de La Docherie[42];
  • la rue Fauvette, cette relie la rue des Savoyards à la rue de l'Égalité. Ce nom vient de l'ancien français « favette » signifiant « hêtre »[13],[43];
  • la rue du port[13];
  • la rue Saint-Gustave, portant le nom d'un puits qui fut enfoncé et qui fut abandonné par la suite[29];
  • la rue de la Colline reliant la rue de Jumet à la rue de l'Ascension ;
  • les rues du terril brûlé, des volutes et des châssis à molettes dans le quartier pavillonnaire sur l'emplacement du terril Saint-Henri, rue Vandermeuleun.
  • la rue de Jumet qui relie la route du Port à la rue de Marchienne à Jumet ;
  • la rue des Acacias, située dans la cité du même nom ;
  • la rue du Pêlon, du nom du quartier du même nom ;
  • les rues Veine Chauwe, du Pays Noir et de la Houillière dans la cité de l'Égalité.

Les rues actuelles du quartier avec divers noms :

  • la rue Traversière[40];
  • la rue des Chiffonniers[40];
  • la rue de l'Égalité ;
  • la rue de la Confiance[40];
  • le sentier des Capucins, relie les rues Fauvette et Saint-Émile. Le nom vient d'une congrégation qui s'est établie au Chênois à la limite de Monceau et de Marchienne, qui au XVIIIe siècle, cultivait des terres agricoles sur le territoire de La Docherie[36];
  • la rue de Finlande, autrefois connue sous le nom de rue Sainte-Suzanne, tirait son appellation d’une fosse de charbonnage située à cet endroit[44]. En 1939, elle fut renommée rue de Finlande pour honorer les soldats du maréchal Mannerheim qui combattaient contre l’Union soviétique[20].

Les rues disparues :

  • la rue de la Montagne appelée ainsi parce que elle descendait vers le canal et un petit quartier qui était composé de la rue du Midi et Chauw à Roc qui furent tous rayés de la carte lors de l'élargissement du canal en 1954[12];
  • la rue Lardinois[29].

Urbanisme

Les habitations du quartier se composent principalement de petites maisons ouvrières, organisées selon un modèle simple : deux pièces, l’une au rez‑de‑chaussée et l’autre à l’étage, avec des murs mitoyens et un petit jardin ou une cour arrière[45]. Les foyers disposant de revenus plus élevés occupaient des maisons plus vastes, comprenant trois pièces en bas et trois pièces en haut, ce qui reflétait une hiérarchie sociale visible dans l’architecture locale[45].

L’organisation générale du quartier s’en ressent : les ruelles étroites s’ouvrent sur de petites cours et des potagers, formant un tissu urbain dense typique des zones ouvrières de la fin du XIXe siècle[45]. La majorité des constructions remonte aux années 1880, période d’essor industriel dans la région[45]. Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle phase de développement entraîna l’édification de nombreuses habitations supplémentaires, modifiant progressivement la physionomie du quartier tout en conservant son caractère populaire[45].

Terrils

Le sous-sol du quartier, autrefois exploité, ne laisse plus comme témoins de cette activité que les terrils. La Docherie possède plusieurs terrils existant comme le Saint-Théodore est et le Bayemont-Saint-Charles, il s'étend de la route du Port et la rue du Chemin de fer[46]. Ce terril servait aussi de dépôt pour les terres de la Fosse-Parent, également appelée la Providence ou no 18 de la société de Monceau-Fontaine[46]. Les wagonnets traversaient le canal suspendus par des câbles, tandis qu’un filet de protection en mailles d’acier prévenait tout accident. En 1965, ce pont aérien a été démoli[47].

Deux terrils existait notamment le terril Saint-Henri, qui s'étendait de la rue de Jumet et le long de la rue Vandermeulen[48]. Ce terril plat vient du nom d'un puits fermé avant 1914, ce terril contenait du charbon qui consumaient après criblage un genre de gravier rougeâtre[49] qui fut exploité[50]. Il formait une frontière naturel avec le quartier voisin de Lodelinsart-Ouest[51]. Le terril du Broyeur s'étendit de la rue Saint-Gustave, il était un faux terril parce que les terres amenés servit à combler une dépression. En 1974, un stade de football fut inauguré et il est arboré de plusieurs variétés d'essences[52].

Hydrographie

Le Piéton

Le Piéton est un affluent de la Sambre, prenant sa source au fond de Marchienne-Docherie pour rejoindre Dampremy, longeant ainsi la partie ouest de l'abrupt[53]. Le Piéton a été dévié pour l'élargissement du canal Charleroi-Bruxelles en 1950.

Saiwe des Bailles

Ruisseau désormais asséché qui serpentait autrefois dans les prairies des Bailles, en contrebas de la rue de Jumet[11].

Le canal Charleroi-Bruxelles

Inauguré en 1832, ce canal a entraîné la construction du quartier du Pont Beghin, qui assurait la liaison entre les deux entités marchiennoises. Il était fréquenté par les ouvriers des Usines de la Providence et ceux travaillant sur la route de Mons[47]. À cet endroit, jusqu’en 1954, se trouvait l’impasse du canal au fond de la rue Jules Jaumet[54]. Mais en 1954, le canal a été agrandi pour permettre le passage de grandes péniches, avec l’écluse no 1 et celle de La Docherie. Le quartier en bas de la rue du Midi et le fond Beghin furent expropriés puis rasés[22].

Histoire

Origines

Panorama vers la cité de l'Égalité depuis le terril Bayemont-Saint-Charles à gauche la colline de Bayemont.

La colline et les bois de La Docherie, mentionnés par Gérard Amand, relevaient à l’époque carolingienne du vaste domaine royal de Marchienne-au-Pont, utilisé comme territoire de chasse. Du haut Moyen Âge jusqu’au XVIIIe siècle, cet espace forma une composante de la seigneurie de Marchienne[4]. Selon Pierre-Antoine Masset en 1893 et repris par Gérard Amand[55],[4], un document daté de 1595 rapporte que le bailli de Marchienne réclama une amende contre Jean le Chausteur, accusé d’avoir empiété sur le chemin menant à une maison appelée « Dopcherie »[55],[56]. Selon cet auteurs, cette habitation, probablement située dans les bois, portait un nom issu d’une famille dont l’appellation, au fil du temps, donna celui du hameau ; la disparition du « p » dans l’usage oral est attestée dès le siècle suivant[57],[2].

Le premier noyau d’habitat sur la colline de Bayemont se développa sur une zone défrichée entre le Piéton et le massif boisé. Deux cartes du XVIIIe siècle indiquent que ce terrain portait déjà le nom de « Docherie », à l’emplacement de ce qui deviendra plus tard le Fond Beghin[57]. Selon Van Aelst, le bois de Bayemont changea plusieurs fois d’appellation : connu comme « Bois du Prince » jusqu’en 1810, il prit ensuite le nom de « Bois Impérial », avant de devenir « Bois Royal » en 1814[58]. Sous l’administration hollandaise, l’appellation « bois Royal » fut maintenue, et la rue Royale conserve aujourd’hui la mémoire de cette dénomination[27]. Le pont permettant de franchir le Piéton face au hameau de Docherie, appelé « pont au Scouffe », se dégrada progressivement. En raison de son état jugé préoccupant, un accord fut conclu entre les bourgeois de Marchienne et les houilleurs du hameau pour assurer sa remise en état. Quelques années plus tard, l’ouvrage fut reconstruit en briques, avec un appareillage de pierres, et prit indifféremment le nom de pont au Scouffe ou « pont Ruau »[59].

L’exploitation du charbon dans le bois Dochard, décrite par Émile Van Aelst, remonte à une période ancienne où la houille était extraite de manière artisanale dans de petits puits sommaires appelés cayats. Ces excavations, creusées à faible profondeur, étaient accessibles grâce à un récipient métallique suspendu à un treuil, permettant aux ouvriers de descendre dans la fosse. Avec l’essor des verreries, dont les vastes bassins nécessitaient une chaleur constante, et celui de la métallurgie, qui utilisait la houille pour produire du coke, ces installations rudimentaires évoluèrent progressivement en puits plus profonds et mieux organisés[60]. Selon Gérard Amand, le développement de cette activité s’accompagna de la structuration de concessions minières. Le fut fondée la société dite « Bois de Bayemont », qui confirma ses droits de propriété à plusieurs reprises, notamment le , le et le . À cette dernière date, une seconde concession, située directement sous le hameau de La Docherie, fut intégrée à l’ensemble. Une autre concession, attestée dès 1756 sous le nom de « Chauw-à-Roc », regroupait plusieurs cayats, dont l’un était établi dans le parc correspondant aujourd’hui à la Résidence Saint‑Vincent[61].

Temps modernes

Après le siège de Charleroi conduit par le général Jourdan en 1794, l’armée autrichienne repoussa une nouvelle fois les forces françaises le , provoquant des affrontements dans le bois de Bayemont, le hameau de La Docherie et les localités voisines, comme le rapporte Gérard Amand dans son étude sur l’histoire de La Docherie[62]. Le , les troupes françaises franchirent de nouveau la Sambre et occupèrent les bourgs situés entre Auvelais et Marchiennes, tandis que Charleroi, encerclée, subissait un bombardement continu[62]. La forteresse capitula le après un pilonnage intense. La veille, Jourdan avait fait acheminer l’aérostat militaire L’Entreprenant vers la zone de combat : le ballon traversa La Docherie avant de se diriger vers Gohyssart puis le moulin de Jumet[62]. Le , à l’aube, le général autrichien Cobourg lança une offensive générale, espérant rompre les lignes françaises. Les bataillons hollandais et belges se regroupèrent devant Marchienne pour protéger le parc d’artillerie et le pont, tandis que les troupes du comte de Latour s’installèrent dans le bois de Monceau pour canonner Marchienne. D’autres unités hollando‑belges prirent le contrôle du bois de Bayemont et du hameau de La Docherie[63]. Informé de la situation, le général Kléber ordonna au chef de brigade Bernadotte de reprendre le bois et le hameau ; une fois la position sécurisée, des canons furent installés sur le versant occidental de Bayemont afin de frapper les batteries de Latour. Le soir même, Cobourg, apprenant la reddition de Charleroi, ordonna le repli de ses troupes vers Bruxelles[63]. En 1815, les forces françaises des généraux Reille et Drouet d’Erlon empruntèrent le pont Ruau et le chemin de Jumet pour rejoindre Gosselies avant de marcher vers Waterloo ; après la défaite, les soldats en retraite regagnèrent la frontière française en suivant les mêmes itinéraires[63].

Époque contemporaine

L’indépendance belge de 1830 ouvre une phase d’industrialisation rapide en Wallonie, dont la région de Charleroi devient l’un des pôles majeurs. Selon Émile Van Aelst, La Docherie s’inscrit pleinement dans cette dynamique qui transforme le Pays noir en centre charbonnier de premier plan. Dès les années 1830, l’ouverture de puits sur son territoire intensifie l’extraction de houille et entraîne une réorganisation profonde de l’espace local. L’exploitation industrielle du sous‑sol exige en effet la création d’infrastructures adaptées : routes pour acheminer matériaux, machines et charbon, ainsi que habitations destinées à une main‑d’œuvre en expansion. À partir de 1840, le défrichement du bois, le tracé de nouveaux chemins et l’édification de maisons marquent le début d’une croissance géographique et démographique soutenue, faisant de La Docherie un quartier structuré par l’essor minier et les besoins de l’industrie charbonnière[60]. En 1840, La Docherie prend réellement vie en devenant un hameau animé et habité. À cette époque, le canal Charleroi-Bruxelles y passe déjà. Inauguré en 1832, ce canal coïncide avec la décision de construire le pont Beghin, ouvrant la route vers Gosselies. Ce pont finira par donner son nom à tout un quartier[Note 2],[60].

La route du Port, qui relie Charleroi à Monceau-sur-Sambre et les anciennes usines de la Providence.

En 1834, les frères Auguste et Henri Goffart arrivèrent dans le Pays de Charleroi, séduits par les opportunités offertes depuis l’ouverture du canal Charleroi-Bruxelles le . Ils fondèrent alors les établissements métallurgiques de Monceau et, pour les alimenter, achetèrent les concessions houillères du Bois de Bayemont[61]. En 1851, la société des Hauts-Fourneaux de Monceau et celle de Bayemont-Docherie ont fusionné pour ne former qu’une seule entreprise[64]. Durant toute la moitié du XIXe siècle, il y a eu quelques accidents dans les galeries et puits du quartier, le , une explosion de grisou se produisit au puits de Saint-Henri, causant la mort de 13 personnes[61],[65], le , vers 8 h du soir, un câble s’est rompu au puits Saint-Auguste, précipitant la cage au fond et causant la mort de cinq personnes[66]. Le , un incendie surprit neuf ouvriers dans un puits de Chauw-à-Roc, causant la mort de six personnes, dont une femme. Selon Pierre Masset en 1893 et Gérard Amand, le , un coup de grisou éclata dans la même galerie, renversant un wagonnet, arrachant les portes d’aérage et provoquant un éboulement qui fit trois ouvriers brûlés vifs et neuf blessés[67],[68]. Amand note qu'en 1845, un ouvrier tomba dans le puits de Saint-Auguste, et un autre mineur fut écrasé par une pierre tombée du toit d’une galerie de Sainte-Suzanne[67]. Quand à Émile Van Aelst, il note que le , vers 3 h du matin, un coup de grisou survient au puits Saint-Auguste, qui était situé au milieu de la rue de Jumet, et blesse dix personnes par brûlures[69]. Au puits Sainte-Suzanne, le grisou a causé 10 morts en 1846, 3 en 1849, et un coup d'eau en 1854. Le , une autre explosion de grisou empêche 25 mineurs de remonter du puits. Au puits Saint-Henri en 1858, 3 ouvriers perdent la vie suite à la rupture d'un câble[70].

Vue de nuit de la cité de l'Égalité.

La Docherie, telle que décrite par Émile Van Aelst, connaît au XIXe siècle une évolution démographique particulièrement rapide. En 1853, le hameau compte 721 habitants, tandis que l’ensemble de la commune de Marchienne-en-Pont en regroupe 3167. Cette année marque également une étape politique notable : pour la première fois, deux membres de la communauté docharde accèdent au conseil communal, signe d’une intégration croissante dans la vie administrative locale. Quarante ans plus tard, en 1893, la population franchit un seuil spectaculaire avec plus de 6000 habitants, témoignant d’une expansion liée aux transformations industrielles et sociales qui touchent alors l’ensemble du bassin charbonnier[60].

Les recherches menées par Gérard Amand sur l’histoire de La Docherie montrent que le hameau fut confronté à plusieurs épisodes de choléra au XIXe siècle. Une première apparition en 1859 ne suscita que peu d’inquiétude, mais la recrudescence de 1866 provoqua de lourdes pertes et un vif sentiment de peur au sein de la population[71]. En 1893, une nouvelle vague épidémique toucha principalement la zone comprise entre le canal et la rue Royale[72], les premiers cas étant liés au puits Saint‑Théodore, proche de la rue de Jumet[73]. Malgré les mesures sanitaires adoptées, la maladie se diffusa dans l’ensemble du hameau. Forte de l’expérience acquise lors des crises précédentes, l’administration communale organisa alors un transfert rapide des malades vers l’hôpital, fit nettoyer la source dite Fontaine qui bout et installa des conduites d’eau dans les rues. La religieuse Sœur Séraphine, de la Congrégation de la Charité, se distingua par l’aide quotidienne qu’elle apporta aux habitants[73].

La chapelle funéraire de la famille Parent-Legrand. Située dans le cimetière.

L’histoire de la paroisse Saint‑Pierre, telle que la rapporte Gérard Amand, débute avec le don de l’église nouvellement construite par P.-J. Parent à l’évêque de Tournai. Celui‑ci, peu favorable à la création immédiate d’une paroisse dans un hameau encore dépendant de Marchienne‑au‑Pont, confia d’abord l’édifice au Conseil de fabrique de Marchienne, qui l’administra comme succursale. La croissance démographique rapide entraîna toutefois l’érection canonique d’une paroisse autonome en , à la demande des 2 700 habitants. L’existence préalable d’une église, d’un presbytère et d’un cimetière facilita cette reconnaissance, tandis que le traitement du clergé resta provisoirement à la charge de la fabrique de Marchienne[74]. La reconnaissance civile intervint plus tard, en 1887, avec l’institution du Conseil de fabrique de Saint‑Pierre, qui accepta aussitôt le don d’une maison destinée au presbytère. L’augmentation de la population, passée de 6 000 habitants en 1887 à plus de 10 000 en 1909, entraîna plusieurs demandes de vicaires supplémentaires. Un conflit opposa les fabriques de Marchienne et de La Docherie au sujet du partage des revenus paroissiaux, et un compromis fut finalement trouvé en 1893 sous la forme d’une rente annuelle. Au fil du temps, le Conseil de fabrique assura l’entretien des bâtiments, notamment après la tempête de qui endommagea gravement le clocher, et poursuivit les restaurations jusqu’à l’époque contemporaine avec le soutien régulier des autorités communales[75].

L’éclairage public, installé en 1877, reposait sur cent vingt‑sept quinquets à pétrole allumés au crépuscule et éteints à 23 h, à l’exception de six lampes maintenues jusqu’à l’aube[76]. La région fut également marquée par les troubles sociaux du printemps 1886, liés à la stagnation des salaires ouvriers. Le mouvement de grève, parti de Fleurus, Châtelineau et Gilly, s’étendit rapidement à tout le bassin industriel. À Jumet‑Hamendes, plusieurs milliers de manifestants incendièrent les verreries Baudoux et la demeure du propriétaire. Une foule descendue de Jumet‑Gohyssart rejoignit les ouvriers de La Docherie et se dirigea vers les usines du canal, malgré l’intervention du bourgmestre de Marchienne. Les émeutiers gagnèrent ensuite Monceau et Roux, où les glaceries furent détruites. L’intervention du 3e Chasseurs fit plusieurs morts et blessés, et une nouvelle confrontation à Roux‑Bassée causa douze victimes supplémentaires parmi les grévistes venus de Bayemont. Le retour au travail début avril n’effaça pas l’impact politique de ces événements, qui conduisirent à la création d’une Commission du Travail chargée d’examiner la condition ouvrière, bien que ses conclusions restassent limitées par la prédominance des témoignages patronaux[77].

Un sentier en bas du terril Bayemont-Saint-Charles.

La fin du XIXe siècle fut marquée par divers développements sociaux et culturels. La fête foraine de Saint‑Auguste, future fête du « Pêlon », apparut en 1886. Un poste téléphonique fut installé au sous‑commissariat de La Docherie le . La même année, une grève éclata à Bayemont à la suite d’un meeting devant le charbonnage de Saint‑Charles, les mineurs réclamant la journée de huit heures. La fête du , instaurée en 1890, devint un moment privilégié de revendications sociales, notamment en 1891 pour la limitation du temps de travail et le suffrage universel. Des cortèges venus de Jumet et de La Docherie traversèrent Marchienne avant de rejoindre Charleroi, entraînant une nouvelle cessation du travail dans les charbonnages. En 1892, la fanfare « Les XV de La Docherie » fut fondée et remporta un premier prix d’exécution ainsi qu’une distinction internationale au concours de Reims[78].

Le début du XXe siècle vit la création, le , de la coopérative La Ruche Ouvrière, chargée de gérer la Maison du Peuple et de promouvoir l’instruction de ses membres[79]. Son premier conseil d’administration rassemblait des représentants de nombreux métiers, et l’acquisition de l’immeuble des époux Catrain pour 200 000 francs permit d’y installer syndicats, mutuelle, associations culturelles, cercle de gymnastique, cercle horticole et bibliothèque[72]. Au début de ce siècle, de nombreux immigrants flamands arrivent pour travailler dans les mines. Entre les deux guerres, la Belgique signe des accords de coopération avec des pays comme la Pologne, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie et l’Italie, entre 1920 et 1933[80]. En , de fortes pluies provoquèrent le débordement du Piéton, qui inondait régulièrement le fond Beghin depuis l’ouverture du canal. Les habitants traversaient les eaux sur des passerelles improvisées, une pratique devenue coutumière lors des crues. Une inondation exceptionnelle avait déjà transformé la plaine en lac en , l’eau atteignant près de deux mètres au seuil des maisons. La même année, un grave accident ferroviaire à Luttre causa la mort de l’épouse de M. Claes, dont l’indemnité permit l’achat de terrains et la fondation d’une brasserie dans la rue des Dochards. La bière Claes fut distribuée dans toute la région jusqu’à la fermeture de l’établissement en 1928, dont subsiste encore le bâtiment, avec sa cave aux murs de liège destinée à maintenir une température stable pour le stockage du stout[81].

Au début de la Première Guerre mondiale, selon Gérard Amand, La Docherie, comme le reste de Marchienne-au-Pont fut touchée dès le par l’arrivée de troupes allemandes qui affrontèrent des soldats français près de l’orphelinat[82]. Les forces françaises, contraintes de se replier, furent poursuivies au‑delà du canal en direction de Monceau. Quelques mois plus tard, le , des avions allemands survolèrent le quartier et larguèrent des bombes dans les environs de la rue du Curé Robert, causant d’importants dommages matériels sans faire de victimes parmi les sœurs et les habitants[83]. À la fin du conflit, la Maison du Peuple, laissée sans entretien, se trouvait dans un état de délabrement avancé[83]. La grande salle étant jugée dangereuse en 1918, l’ancien salon Catrain fut démoli pour permettre la construction d’une salle des fêtes plus vaste, adaptée aux nouvelles pratiques culturelles comme les projections cinématographiques[83]. L’achat de terrains voisins facilita l’obtention d’un permis en 1921, et le financement fut assuré grâce au soutien du syndicat minier des Chevaliers du Travail. Les travaux, menés rapidement, s’achevèrent en 1922. À la même époque, la ducasse du quartier Saint‑Charles s’installa chaque fin août sur la rue des Dochards[83].

L’ancien quartier du Fond Beghin, démoli lors de l’élargissement du canal 1954[22].

En 1921, à la suite de l’agrandissement de la maison du peuple située rue Léon Dubois, une salle polyvalente fut ouverte et servit également de salle de cinéma pouvant accueillir 700 personnes[84]. Un autre cinéma se trouvait dans la rue Pierre Bauwens, le Brogneaux aussi surnommé le Casino[85]. En 1923, des mineurs originaires de Bruges fondèrent le Racing Club de Marchienne‑Docherie, adoptant les couleurs bleu et noir du club brugeois. Leur terrain se trouvait sur l’ancienne briqueterie désaffectée, en face de la chapelle Notre‑Dame au Bois. Deux ans plus tard, en 1925, débuta la construction des habitations sociales autour de la place des Déportés, suscitant un vif intérêt en raison de leur confort moderne[83]. À partir de cette période, les tensions syndicales s’accentuèrent : les Chevaliers du Travail se radicalisèrent et se rapprochèrent des milieux communistes, tandis qu’une partie de leurs membres rejoignit la Centrale des Mineurs. Entre 1926 et 1932, les Chevaliers retirèrent leurs capitaux pour tenter d’affaiblir la direction socialiste de la Maison du Peuple, sans parvenir à s’imposer dans sa gestion. En 1928, fut créée l’équipe de basket « Les Vautours », future Union Sportive Docherie, et la population fut marquée par le décès du docteur Victor Hachez, personnalité locale très respectée[86].

La crise économique de 1931 frappa durement les familles ouvrières, et les Sœurs de la Charité organisèrent des distributions de vêtements et de vivres. Les années suivantes demeurèrent difficiles[87]. Le fut inauguré, sur la place des Déportés, un monument dédié aux victimes locales de la Grande Guerre[87]. La même année, la coopérative de la Maison du Peuple, affaiblie par les actions des Chevaliers du Travail, fut mise en liquidation, bien qu’une gestion minimale fût maintenue. Les membres de la Jeune Garde Socialiste prirent alors en charge l’entretien du bâtiment, permettant à l’institution de poursuivre ses activités[87]. En 1934, les transports en commun se sont développés dans le quartier, notamment grâce aux lignes de tramway 85 et 86. La première reliait Charleroi à Gohyssart et Heigne, tandis que la seconde faisait le trajet inverse. Les trams empruntaient alors les rues Jaumet, Dubois et Bauwens[22]. La voie était unique à l’arrêt de la rue Royale. Un second évitement, dit de secours, se situait à Saint-Charles, à la jonction avec le rond-point de la rue Émile Gantois[88]. En montant, le tram circulait donc sur le côté gauche de la route, et cette circulation à contresens provoquait parfois quelques accrochages[89]. Il y avais aussi la ligne 83, qui faisait la liaison avec à la Providence à la route de Gosselies jusqu'à Gohyssart, cette ligne disparut avec le Fond Beghin lors de l'agrandissement du canal en 1954[90]. En 1982, les trams ont été remplacés par les bus de la SNCV devenu par la suite les Tec[91]. Au milieu des années 1930, des timbres de solidarité sont distribués à la Ruche ouvrière pour soutenir la cause républicaine en Espagne. Des volontaires de La Docherie s’y rendent pour appuyer le combat républicain sur place, la Jeune Garde socialiste étant particulièrement active à ce moment-là. La Pasionaria, figure emblématique du mouvement républicain espagnol, viendra même à La Docherie pour animer un meeting en faveur de l’intervention en Espagne[92]. En cette période, le que fut consacrée l'église Notre-Dame-des-sept-Douleurs[93]. Cette église renfermait les reliques des Saints martyrs Maxime et Félicien[94]. Depuis, cette église fut reconvertie au culte orthodoxe.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, une batterie de défense antiaérienne française, servie par des soldats sénégalais, fut installée entre Gohyssart et La Docherie. Une nuit de mai, une erreur de tir provoqua la chute de projectiles sur la cité Hachez, endommageant des habitations et causant des victimes, ce qui suscita une vive émotion dans le quartier[95]. Le , lors de l’avancée allemande, des soldats venus de Jumet poursuivirent dans les rues de La Docherie des Spahis français, entraînant des combats violents. Un obus allemand explosa dans la rue Destrée, tuant une personne et en blessant plusieurs autres[96]. En 1943, une batterie allemande de défense antiaérienne fut installée sur le terril du « Broyeur », à l’emplacement correspondant aujourd’hui au terrain de football. Sa présence attira l’attention de l’aviation alliée, et deux chasseurs attaquèrent la position, blessant un servant projeté au bas du terril et provoquant un mouvement de panique parmi les habitants. L’installation fut ensuite déplacée au sommet du terril Saint‑Charles[97]. C'est dans ce contexte que Jean Ester entra dans la Royal Air Force, il participe à la Bataille d’Angleterre, rejoignant les aviateurs dont Churchill saluera le rôle décisif. Malgré l’intensité des combats, il revient toujours à sa base, combinant habileté et chance. Il est promu au grade de sous‑lieutenant en [98]. En , il participe au Débarquement de Normandie et est nommé Flight‑Lieutenant au sein de son unité[98]. L’année 1944 fut marquée par l’intensification des bombardements alliés en préparation du débarquement. Le , des bombardiers américains de type Marauder visèrent la gare de Monceau, alors un nœud ferroviaire majeur, mais le bombardement en tapis toucha également de nombreuses habitations de la rue de la Montagne[99]. Une mobilisation solidaire s’organisa aussitôt, notamment grâce aux membres de la JOC, qui collectèrent vivres, vêtements et mobilier pour les sinistrés[100]. La libération se rapprochait. Après le débarquement du , la progression alliée fut rapide. Le , l’avant‑garde américaine atteignit La Docherie par la route de Mons. L’arrivée des troupes provoqua un enthousiasme général, et de nombreux habitants franchirent le pont Beghin pour accueillir les soldats qu’ils attendaient depuis longtemps[101]. En 1954, le canal fut agrandit, le quartier du Fond Beghin fut exproprié ainsi le quartier de la rue du Midi et la rue de la Montagne[22]. Avec l'émergence de nouvelles sources d'énergie et les défis liés à l'extraction de la houille ont marqué le déclin, puis la fermeture des charbonnages : Saint-Charles dans les années 1950, Naye-à-Bois en 1959, Belle-Vue en 1960 et Saint-Théodore en 1972[101].

Patrimoine et culture

Patrimoine

Églises

L'église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre (1868, 1893 pour le clocher)[102],[103],[104].

La première pierre fut posée le , la construction débuta de 1868 jusqu'en 1871[103],[14]. L'église dédiée à Saint-Pierre en l'honneur de Pierre Parent qui finança la construction[105],[14]. Des fissures apparaissent dans les murs de l'édifice une dizaine après sa construction, à la suite de ce problème, le clocher n'a pas été construit[105]. Un procès s'engage contre la société d'Amercœur et de Monceau-Bayemont de 1881 à 1892, date de la fin du procès[106], le vicaire Marcquebreucq qui prononce la sentence qui condamne les sociétés des charbonnages d'Amercœur et de Monceau-Bayemont au frais de rénovation en 1892[105].

En 1889, la paroisse est érigée en statut de vicariat[105]. En , les enfants de Pierre Parent écrit une lettre au ministre de la Justice pour lui demandé l'autorisation de finir le la tour et le clocher puis à la fin du mois de mai, et le clocher est terminé en novembre de la même année[106]. La tour de l'église Saint-Pierre est de 38,5 m de hauteur et de 7,2 m de largeur[106]. L'église possède trois cloches qui sont nommées : Charlotte pesant 1 384 kg, Marie-Barbe pesant 935 kg et Augustine pesant 686 kg. Ces cloches furent bénies le et suspendues une semaine après[106],[107]. Ces cloches furent enlevés pendant la Seconde Guerre mondiale et remplacées et en 1952, l'église reçois plusieurs transformations[108].

La « petite église »
Chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (1936)[109]. Aujourd'hui église orthodoxe.

La chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs[110],[94]. La chapelle Notre‑Dame‑des‑Sept‑Douleurs est édifiée au Fond Beghin afin de répondre au besoin d’un lieu de culte de proximité, exprimé dès 1930[111]. Le projet est porté par le vicaire Marc Leclercq, qui acquiert en 1935 un terrain vendu par le charbonnage de Sacré Madame, sous réserve de toute responsabilité liée aux dégâts miniers[111].

Nommé chapelain la même année, l’abbé Leclercq célèbre la première messe dans la chapelle des Sœurs de Charité avant le début des travaux. La première pierre est posée en et la construction progresse rapidement. Le sanctuaire, de style typique de l’entre‑deux‑guerres et proche des églises de corons miniers, est béni le . Une cloche est installée peu après, suivie de la statue de Notre‑Dame‑des-Sept-Douleurs et d’un chemin de croix en cuivre[112]. Durant la Seconde Guerre mondiale, les offices sont parfois transférés chez les Sœurs de Charité en raison du rationnement de charbon[113].

En 1951, la chapelle devient église conventuelle des Rédemptoristes jusqu’en 1955. À partir de 1955, elle accueillait également les célébrations dominicales en italien destinées à la communauté belgo‑italienne[113]. Un service d’entraide, Les Dévoués, fut créé en 1956 dans les caves de la chapelle, tandis que des célébrations destinées aux malades sont instaurées en 1959[113]. Aujourd'hui c'est devenu une église orthodoxe.

L'hôtellerie Saint-Antoine (démoli)

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, plusieurs prêtres de la région mirent en place des hôtelleries destinées à offrir un hébergement décent aux ouvriers et agriculteurs flamands employés dans le bassin de Charleroi, où ils travaillaient six jours par semaine[114]. Ces travailleurs étaient souvent logés dans des baraquements insalubres, ce qui motiva la création de structures d’accueil plus adaptées. C’est dans ce contexte que fut fondée, en 1897, l’hôtellerie Saint‑Antoine à La Docherie, établie par le patronage Saint‑Joseph et située rue Dubois[115]. Elle était administrée par les Aumôniers du travail de Charleroi, qui y organisaient également diverses activités paroissiales, notamment des réunions pour les enfants de six à douze ans, mêlant chants, prières et jeux. En 1906, l’hôtellerie prit une nouvelle orientation en devenant la première école professionnelle des mines de Belgique[114]. Le cursus, d’une durée de trois ans, alternait enseignements théoriques et stages dans les charbonnages, permettant aux élèves d’accéder au grade de porion, un poste de maîtrise essentiel dans l’organisation minière[115].

L’établissement connut ensuite plusieurs évolutions. En 1928, les pères fermèrent l’école et la coopérative Saint‑Antoine loua les chambres pendant quelques années[116]. Par la suite, l’hôtellerie fut gérée par le charbonnage de Mambourg, qui continua d’y accueillir des immigrés jusqu’à la fin des années 1960[115]. Dès l’après‑guerre, des familles ou des personnes seules s’installèrent dans les « appartements » aménagés dans les petites cellules de l’hôtellerie, témoignant de l’adaptation progressive du bâtiment aux besoins sociaux de l’époque[115].

Ancien couvent des Ursulines

Situé rue du Curé Robert, ce couvent fut construit de 1897 à 1898[117] pour accueillir les Ursulines de Monfort qui restèrent jusqu'en 1937[118]. Une École du dimanche qui est réservée aux adultes sans instruction fut emménagée dans ce couvent en 1898[119]. Depuis lors, il a été reconverti en home pour enfants.

Orphelinat

L'orphelinat Saint-Joseph, rue Favette, était géré, depuis sa fondation, par une communauté religieuse. L'établissement se laïcisa en 1965 et devint la « Maison Saint-Joseph »[120]. Son rôle social a quelque peu évolué, toutefois, ce sont toujours des jeunes mineurs d'âge déshérités qui y sont logés. L'orphelinat est une des plus anciennes constructions publiques de La Docherie[121].

Monuments

  • Le monument des déportes érigé en 1934[87] en mémoire des déportés de 1916[122], rue du Jeu de balle.
  • Le monument aux « Mamans ». Qui se trouve près de l'école de La Docherie.
  • Monument aux morts « À nos Héros des deux guerres » dans le cimetière.
  • Plaque dédiée à l'aviateur Jean Ester, imposée sur sa maison au numéro 184 dans la rue qui porte son nom[123].

Culture

Ducasses

Aujourd'hui disparues, à La Docherie, il y avais cinq ducasses parmi lesquelles ont note notamment : la ducasse Saint-Pierre qui était organisée le dernier dimanche de juin, la ducasse du Pélon qui était organisée le deuxième dimanche de juillet, la ducasse de la Cité (rue du Jeu de Balle) qui était organisée la semaine du , la ducasse du Fond Beguin qui était organisée le et la ducasse Saint-Charles qui était organisée le dernier dimanche d'août[26].

Groupe folklorique

En 1946, fut créé un groupe folklorique « Les Vis du Timps Passé del Docherie ». Les participants portaient des costumes inspirés de la Belle Époque[124]. Les femmes étaient vêtues d’un large chapeau tuyauté, d’un chemisier gris fermé par un ruban noir, d’une jupe sombre et d’un parapluie. Les hommes arboraient une casquette grise, un sarrau bleu, un nœud papillon noir, un pantalon gris et une canne[125]. Ainsi costumés, ils défilaient dans les rues au son d’une fanfare. L’année suivante, leur sortie principale eut lieu lors de la première fête de quartier de la Cité Hachez, organisée par un comité fondé par Flamant et Pierlot[125]. Cette ducasse se distingua notamment par un orchestre comique utilisant des ustensiles domestiques et par l’« enterrement de la tarte ». Vers 1950 apparurent les géants Adonis et Mélanie, inspirés des concierges de l’école Victor Hachez et proclamés mayeur et mayoresse de la fête. Les festivités se poursuivirent jusqu’en 1966, année où les têtes des géants furent déposées dans un musée de Charleroi[125].

Lieux publics

Cimetière de Marchienne-Docherie, l'entrée principale.

Cimetière

Le cimetière fut créé entre 1872 et 1873 et fut agrandi au début XXe siècle et en 1997[11].

Parc

Il y a un parc à la rue de Jumet.

Enseignement

En , un décret de la Convention instaure l'école primaire dans les municipalités, mais n'est pas plus appliqué à La Docherie que dans la plupart des hameaux ruraux. Ce n’est qu’en 1850 que la « Société houillère de Bayemont » ouvre une école primaire mixte, avec un seul instituteur. Située près du charbonnage Saint-Charles, elle devient plus tard l’école Saint-Louis, rue Dubois. L'année suivante, le conseil communal de Marchienne prend en charge cette classe en la subventionnant[126]. Dans les années 1870-1875, des écoles communales sont fondées ; laïques, elles illustrent la concurrence entre les deux réseau, l'un financé par l'Église catholique et l'autre par l'État belge[127].

Lorsque le curé Robert arrive à La Docherie, en 1893, il relance l’enseignement catholique afin de « soustraire les enfants à l’instruction officielle des socialistes ». Ses classes des écoles catholiques ferment, faute de moyens[127]. Peu après, le Curé Robert achète des bâtiments qu’il transforme. Le nom de chacune des deux écoles de La Docherie montre alors à quel réseau elle appartient : école Sainte-Marie (qui n'existe plus au 21e siècle), école Ferrer (rue des Dochards)[127].

  • École fondamentale Saint-Pierre[128], rue du Curé Robert. Construite en 1903[128].
  • École fondamentale Saint-Louis[129], rue Léon Dubois. Construite en 1925[130].
  • École communale Victor Hachez[Note 3], rue Victor Hachez.
  • École communale La Docherie[Note 3], rue des Dochards. Construite en 1973[131], et remplacent les bâtiments de 1875[104].

Galerie

Économie

Exploitations minières

Les charbonnages de Monceau-Bayemont

La Société Bois de Bayemont, établie à La Docherie, ainsi que l’exploitation dite « Chauw à Roc », sont présentées par Joseph Boudart et Jo Bertrand comme des acteurs précoces de l’activité charbonnière dans le bassin de Charleroi. Fondées en 1750, elles figurent encore au XIXe siècle parmi les 63 sociétés charbonnières recensées dans la région, témoignant de la continuité de l’extraction locale et de l’importance économique de ces exploitations[64]. Au milieu du XIXe siècle, l’évolution industrielle du bassin entraîne une restructuration des entreprises : en 1851, les Hauts Fourneaux de Monceau fusionnent avec l’entité Bayemont–Docherie, ne formant plus qu’une seule société intégrée. Cette consolidation reflète les transformations du secteur métallurgique et charbonnier, marqué par la concentration progressive des exploitations et par la montée en puissance des complexes sidérurgiques[64].

Vue panoramique depuis le terril Bayemont-Saint-Charles.

Le charbonnage de Monceau‑Bayemont, décrit par Pierre‑Antoine Masset dans son étude de 1893 consacrée à Marchienne‑au‑Pont, formait un ensemble de trois concessions couvrant une partie importante du territoire de La Docherie et de ses environs. La première, dite du Bois de Marchiennes ou « Bayemont », était complétée au sud‑est par la concession du hameau de La Docherie, qui s’étendait jusqu’au cours du Piéton, tandis que la troisième, connue sous le nom de Bois de Monceau ou « Chauw‑à‑Roc », occupait la zone nord‑est. La société exploitante, appelée « Du Bois de Bayemont », consolida ses droits par des actes datés de 1762 et 1820, puis obtint en 1827 du roi Guillaume des Pays‑Bas le maintien de sa concession ainsi qu’une extension couvrant près de cinquante hectares autour de La Docherie, délimitée par le Bois de Bayemont et la vallée du Piéton[132]. La partie dite de Chauw‑à‑Roc portait les traces d’exploitations anciennes. En 1758, l’abbé de Lobbes autorisa les frères Albert et Alexandre Daubresse, propriétaires à Roux, à extraire la veine Chauw‑à‑Roc et deux autres couches situées sous Jumet[133]. Ces droits furent transmis en 1838 à Henri Houtart, maître verrier à Jumet, qui agissait également pour la société charbonnière de Chauw‑à‑Roc[134]. Durant une longue période, les veines supérieures furent exploitées par des cayats et puits peu profonds confiés à divers forfaiteurs, parmi lesquels Baudoux, Gobbe, Foulette, Daubresse, Wautelet et les Gantois. Ces derniers détenaient des droits sur la partie nord de Bayemont, ultérieurement cédés à Wautelet et Wilmart, avant d’être rachetés par la société de Monceau[134].

Vue vers Marchienne-au-Pont.

Les installations minières se concentraient le long des voies reliant Marchienne à Jumet et des chemins de vidange du Bois de Bayemont. Le puits Saint‑Auguste, équipé d’une machine à chevaux, atteignait 168 mètres selon un plan de 1813 établi par l’arpenteur Jacques Joseph Motte. Une seconde machine fonctionnait au puits Saint‑Charles, situé à l’extrémité sud du bois. Dans la concession de Chauw‑à‑Roc, plusieurs puits présentaient des profondeurs variant entre 14 et 40 mètres, dont le puits « Daubresse »[135]. En 1836, des circonstances économiques amenèrent M. Goffart, avec le soutien de la Banque de Belgique, à fonder la société anonyme des Hauts‑Fourneaux de Monceau. Celle‑ci regroupa les installations métallurgiques existantes, les terrains attenants, le charbonnage de Bayemont‑Docherie et les concessions de minerai de fer et de castine[136]. Dès la première réunion du conseil d’administration, la société décida de ne plus confier d’extractions à des cayats sans approbation préalable. La machine du puits Saint‑Henri fut validée, et les droits de Wautelet et Wilmarth sur le gisement Gantois furent acquis[137]. En 1837, des logements ouvriers, des commerces et la résidence du directeur furent construits à la Houillère, tandis que le puits Sainte‑Suzanne fut abandonné. Vers 1839‑1840, quatre fosses étaient en activité : Saint‑Henri, Saint‑Auguste, Saint‑Charles et Sainte‑Suzanne[137].

L'escalier qui mène au terril Saint-Théodore ouest.

En 1844, la société entreprit la construction d’une ligne ferroviaire reliant les fosses au quai d’embarquement et à la station de Marchiennes, assurant également des connexions avec les établissements voisins[137]. Ce raccordement fut cédé en 1864 à la compagnie du Centre, puis passa sous le contrôle des Bassins‑Houillers et de la Société de Construction, avant d’être repris par l’État belge. Plusieurs puits supplémentaires furent creusés dans la concession de Bayemont‑Docherie, mais à faible profondeur, pour exploiter les veines supérieures[137]. À partir de 1847, la société de Monceau chercha à obtenir des parts dans le charbonnage de Chauw‑à‑Roc. Après l’acquisition de ces parts en 1850, elle demanda la fusion des deux exploitations, accordée par arrêté royal en 1851. En 1861, un nouvel arrêté fixa définitivement les limites du charbonnage de Monceau‑Bayemont, après concertation avec les sociétés voisines de Monceau‑Fontaine, des Propriétés Réunies et de Sacré‑Madame[138]. En 1873, la société céda ses installations métallurgiques à une nouvelle entité et se consacra exclusivement à l’extraction du charbon, adoptant le nom de Société Anonyme des Charbonnages de Monceau‑Bayemont et Chauw‑à‑Roc[138]

Charbonnages disparus

  • Puits Saint-Charles[64] rue Léon Dubois[139][Note 4], il sera encore en activité jusqu'en 1966[140].
  • Puits Saint-Théodore[64][Note 5], celui-ci était situé sur Dampremy et restera encore en activité jusqu'au début des années 1970[141]il était mentionné en 1750[142]. En 1988, les bâtiments furent démolis[143].
  • Puits Saint-Auguste[64][Note 6], rue de Jumet[139], il sera laissé à l'abandon pour être utilisé dans la descente des bois d'étançonnage du charbonnage de « La Blanchisserie », situé à Dampremy[142].
  • Puits Saint-Henri[64][Note 7], rue Vandermeulen[139],[Note 8].
  • Puits Sainte-Suzanne[64][Note 9], au bas de la rue de Finlande, il sera abandonné en 1867 en raison d’un manque d’aération et servira ensuite d’exhaure, recueillant les eaux des autres puits[139].
  • Puits Sainte-Marie[142],[Note 8].
  • Puits Sainte-Cécile[64],[142],[Note 8].
  • Puits Saint-Gustave[64],[142],[Note 8].
  • Puits Saint-Louis[142],[Note 8].

Transports en commun

Bus

Le quartier est desservi par les lignes TEC : 85, 86, 172 et Midi-Docherie[Note 10].

Loisirs et tourisme vert

Terrils

Panneau d'indication près du terril Saint-Théodore ouest.

Le paysage carolorégien post-industriel est ponctué par de nombreux terrils qui sont désormais colonisés par une flore parfois abondante et deviennent des refuges de biodiversité. L'on trouve ainsi des pelouses pionnières, friches fleuries, mares temporaires, roselières, zones boisées, etc. Un réseau de sentiers entretenus relie un certain nombre de terrils et constitue un corridor écologique. Ces terrils sont traversés par le Réseau RAVeL qui permet des promenades à pied, à cheval ou équipé d'un vélo. La Maison du Tourisme du Pays de Charleroi organise régulièrement des promenades guidées (dont une promenade photo le long du chemin de halage)[144]. Parmi les terrils les plus représentatifs, l'on trouve la chaîne des terrils de la porte ouest (Saint-Théodore ouest et Bayemont). À leur sommet, l'on découvre différents panoramas de la métropole carolorégienne, des anciennes industries et charbonnages qui soit ont été préservés soit sont en cours de réaffectation[145].

Le terril de Bayemont-Saint-Charles.

Un grand itinéraire de randonnée balisé GR 412, la Boucle noire, a été tracé dans les années 2000. Il chemine sur 22 km en passant par les terrils, où la nature a repris ses droits[146],[147] et par le chemin de halage en bord de Sambre le long des anciens sites industriels de Marchienne-au-Pont. Le long du chemin de halage, l'on chemine ainsi à côté de l'ancienne aciérie de Carsid[148] et du haut fourneau numéro 4 qui a été préservé ainsi que trois cheminées, symboles de la sidérurgie à Charleroi[149],[150],[151].

La Docherie possède les terrils de :

Sports et vie associative

Sports

Clubs et disciplines

Football : Jeunesse Docherie 61[153]; Basketball : Fémina Docherie[154] et Tennis de table La Docherie PPC (situé à Mont-sur-Marchienne)[155].

Anciens clubs (disparus)

Basketball : L'Union Sportive Docherie a été fondée sous le nom de « Les Vautours » en 1928[87],[156], Football : Racing Club de Marchienne-Docherie[83], AS Docherie fondé en 2008 et disparu en 2009[157].

Infrastructures sportives

Le hall sportif de La Docherie inauguré en 1972[101],[131],[158], rue de Jumet, stade de La Docherie, rue de Jumet.

Vie associative

Au cœur de cette vie associative se trouve La Maison Ouverte, une halte‑accueil sociale créée en 1990 pour les enfants de 0 à 3 ans et leurs parents. L’association, implantée précisément dans le quartier de la Docherie, constitue un espace de socialisation précoce, de soutien à la parentalité et de développement en collectivité. Elle accueille les familles en journée et joue un rôle essentiel dans un environnement marqué par des fragilités socio‑économiques, en offrant un lieu sécurisant, accessible et structurant pour les jeunes enfants[159]. La vie associative de Marchienne‑Docherie s’exprime aussi à travers des initiatives environnementales et citoyennes liées aux terrils, espaces emblématiques du paysage carolorégien. Des organisations comme l’ASBL Les Terril‑bles y organisent des activités de découverte naturaliste, telles que Le jardin des vagabondes, qui mettent en valeur la biodiversité des friches industrielles et sensibilisent les habitants à la richesse écologique de ces milieux. Ces événements, souvent guidés par des spécialistes, participent à la réappropriation du territoire et à la construction d’une identité collective autour du patrimoine post‑industriel[160].

La présence et l’évolution des mouvements de jeunesse à Marchienne‑Docherie s’inscrivent dans l’histoire sociale d’un quartier ouvrier marqué par la désindustrialisation progressive du bassin carolorégien. Dès les années 1970, l’animation de jeunesse y prend une dimension éminemment communautaire : des étudiant(e)s en médecine influencés par les idéaux post‑1968 s’installent dans le quartier et développent des animations pour jeunes au sein de la Boutique populaire La Glaise, un espace polyvalent mêlant consultations, soutien social et activités éducatives. Ces initiatives, inspirées par le Mouvement d’animation de base et la pédagogie de Paulo Freire, visent à renforcer l’autonomie des jeunes et à créer des lieux d’expression dans un environnement fragilisé par la crise industrielle[161]. Au fil des décennies, l’action jeunesse se structure davantage autour d’acteurs locaux réunis dans ce que la recherche sociohistorique nomme le Groupe Porteur de Marchienne‑Docherie, un ensemble d’organisations psycho‑médico‑sociales engagées dans la co‑construction d’une politique locale de la jeunesse. Ce travail collectif aboutit à la création de l’Espace Jeunes, dispositif pensé pour répondre aux besoins d’un public confronté à la précarité, à l’isolement du quartier et à la transformation de son tissu social. L’approche, nourrie d’observations ethnographiques, met en évidence la manière dont les recompositions urbaines et économiques façonnent les problématiques vécues par les jeunes et les réponses institutionnelles qui leur sont apportées[162]. On note aussi la présence d'un mouvement de jeunesse, le Patronage Saint-Jean, situé rue Fauvette[163].

Personnalités

Léon Robert en 1936.
  • Pierre Parent (1805-18??), fut bourgmestre de Marchienne-au-Pont[27],[164] (1847-1848).
  • L'abbé Léon Robert (1858-1951), prêtre catholique. En 1892, à l'âge de 34 ans, l'abbé Léon Robert prend en charge la paroisse de La Docherie, connue pour être une paroisse difficile. Il décède le [33],[34]. La rue du cimetière porte aujourd'hui son nom[32].
  • Victor Hachez (18??-1928), docteur connu du quartier pour consulter gratuitement les enfants et les femmes d'hommes malades[24].
  • Pierre Bauwens (1869-1942), bourgmestre faisant fonction de Marchienne-au-Pont[35],[29] de 1931 à 1933. Une rue porte son nom.
  • Jean Ester (1920-1946)[165], pilote d'avion, il décède le à Gander, au Canada. Né à Roux, il s'installe en 1921 au numéro 184 de la rue qui porte aujourd'hui son nom, où une plaque est apposée sur sa maison[166]. Il s’est particulièrement distingué au sein de l’un des Squadrons de la RAF, terminant la guerre avec le grade de Flight-Lieutenant au 349e Squadron, et reçut la croix de guerre pour sa bravoure et sa maîtrise sur le Spitfire[167].
  • Émile Van Aelst (1927-2010), écrivain de la langue wallonne[168].
  • Maxime Felon (né en 1986), ancien président de la société de logements sociaux « La Sambrienne »[169], et depuis 2024 échevin des fêtes, du folklore, des associations patriotiques, du protocole et du patrimoine[170],[171] et nouveau président de l'ASBL Charleroi Centre-Ville[172], il réside.

Notes et références

Voir aussi

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