La Roche-Derrien
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| La Roche-Derrien | |||||
La mairie. | |||||
Héraldique. |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Lannion | ||||
| Intercommunalité | Lannion-Trégor Communauté | ||||
| Statut | Commune déléguée | ||||
| Maire délégué Mandat |
Arnaud Pariscoat 2020-2026 |
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| Code postal | 22450 | ||||
| Code commune | 22264 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Rochois, Rochoise | ||||
| Population | 1 075 hab. (2016 |
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| Densité | 584 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 44′ 50″ nord, 3° 15′ 30″ ouest | ||||
| Altitude | Min. 2 m Max. 60 m |
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| Superficie | 1,84 km2 | ||||
| Élections | |||||
| Départementales | Tréguier | ||||
| Historique | |||||
| Fusion | |||||
| Intégrée à | La Roche-Jaudy | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
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Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
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La Roche-Derrien [la ʁɔʃ dɛʁjɛ̃] (en breton Ar Roc'h-Derrien ou ar Roc'h ou encore Kêr ar Roc'h) est une ancienne commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. Elle est aujourd'hui commune déléguée de la commune de La Roche-Jaudy.
Ses habitants sont appelés les Rochois, en français, et Roc'hiz en breton.
- Carte de la commune de La Roche-Derrien (désormais commune déléguée).
- Le Jaudy et la ville de La Roche-Derrien.
La Roche-Derrien se trouve située au fond de la ria du Jaudy, un fleuve côtier , à l'endroit de rencontre, deux fois par jour, de l'eau douce et de l'eau de mer. Elle se caractérise à l'origine par une éminence située au-dessus de ce lieu de contact, qui a justifié ensuite le passage à gué, le pont, puis le château médiéval.
- La ville de La Roche-Derrien, perchée sur son éminence.
- Le Jaudy à La Roche-Derrien.
- Le pont sur le Jaudy.
- La vallée du Jaudy en amont de La Roche-Derrien.
- La ria du Jaudy en aval de La Roche-Derrien.
- Le Jaudy au niveau du pont Saint-Jean.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes castrum de rupe vers 1165, La Roche Derian en 1405, La Rochederien en 1434, Rocha Deryani en 1444[1].
La Roche-Derrien doit son nom au comte Derrien, comte de Penthièvre, fils bâtard d'Éon de Penthièvre et neveu du duc régnant, Alain III de Bretagne, qui y fit bâtir un château fort vers 1080 à un endroit surplombant la vallée du Jaudy[2].
En breton, son nom est indiqué aussi bien en tant que Ar Roc'h Derrien que Ker Roc'h.
Histoire
Antiquité
À l'époque gallo-romaine, La Roche fait partie du territoire du Pommeratum du Jaudy (aujourd'hui Pommerit-Jaudy), à l'endroit de passage de la rivière Jaudy par la route gallo-romaine de Guingamp à Plougrescant vers le nord, Lannion vers l'ouest, et Carhaix (Vorgium) vers le sud.
La voie romaine de Condevincum (Nantes) à Coz-Yaudet passait par La Roche-Derrien[3].
Moyen Âge
La Roche-Derrien doit son nom à l'érection d'un château, entouré de murailles et de fossés, en faveur de Derrien, juveigneur de Goëllo (Goëlo), au début du XIe siècle. Un autre Derrien fonde le prieuré de Sainte-Croix en 1154 et le donne à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes (qui le céda en 1256 aux chanoines de Sainte-Croix de Guingamp). En 1218 Éon de La Rochederien partit pour la Terre sainte et confia l'administration de ses biens en son absence au vicomte Geoffroy de Rohan. En 1311 le château de la Rochederien, « alors une très forte place », est commandé par Bertrand de Saint-Pern II, pour le compte du duc Arthur II de Bretagne[4].
L'habitat s'est étendu au pied de ce château et l'agglomération était cernée d'une muraille attestée dès le XIIIe siècle. La création d'un bourg autour de l'église, prévue à la fin du XIIe siècle, n'a pas eu l'effet escompté et l'église est restée isolée, hors de l'agglomération[5].
La bataille de la Roche-Derrien () opposa les Bretons du parti de Jean de Montfort, frère du feu duc Jean III de Bretagne, soutenus par des troupes anglaises, aux troupes françaises et bretonnes menées par Charles de Blois le pendant la guerre de Succession de Bretagne. Bertrand Duguesclin fut seigneur de La Roche-Derrien par donation de Charles de Blois[6].

Charles de Blois met le siège devant le château de la Roche-Derrien. Croyant en la victoire, ses troupes relâchent leur surveillance. Richard Tousteham, capitaine de la place, fait demander des renforts à Thomas Dagworth, qui dans la nuit du surprend les Bretons de Charles de Blois. La garnison du château accourt et participe à l'encerclement entraînant la défaite de Charles. Blessé, il est fait prisonnier avec les Beaumanoir, Lohéac, etc. Parmi les morts on dénombre : Quintin, Rohan, Châteaubriand, etc.[7] Charles n'échappa à une exécution sommaire que grâce à l'intervention de Tanguy du Chastel dont il avait pourtant assassiné les fils sous les murs de Brest[8].
Les Anglais en garnison à la Rochederien « ravagèrent inhumainement les campagnes des environs » ; la ville fut reprise par Pierre de Craon ;« tous ceux qui s'y trouvaient furent passés au fil de l'épée à l'exception de 250 hommes qui se réfugièrent dans le château » où ils furent obligés de capituler, ayant en garantie leur vie sauve ; escortés en direction de Quintin par Silvestre de La Feuillée et un autre gentilhomme, les prisonniers furent attaqués et tués par des paysans en cours de chemin ou par des habitants de Quintin pour ceux qui y parvinrent[4].
En 1394 le duc Jean IV de Bretagne assiégea et prit la ville qui était défendue par le vicomte de Coëtmen pour le compte du comte de Penthièvre Jean Ier de Châtillon ; le duc fit démolir le château sur le champ[4].
Temps modernes
Le , lors des guerres de la Ligue la ville de La Roche-Derrien fut prise par les capitaines ligueurs de Carnet, de Querousy et Montagne (venus de Tréguier) qui, le lendemain, l'abandonnèrent[9].
En 1759 Une ordonnance du roi Louis XV fixe à 16 hommes et 105 livres la charge annuelle de la paroisse de La Roche-Derrien pour le service des garde-côtes chargés de la défense des côtes de Bretagne[10].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi La Roche-Derrien en 1778 :
« La Rochederien ; petite ville, sur la rivière et sur la route de Tréguier à Guingamp ; à 1 lieue un huitième de Tréguier, son évêché et sa subdélégation ; à 29 lieues un tiers de Rennes. Cette ville dépend du comté de Goëllo (Goëlo) et ressortit au siège royal de Lannion. On y compte 1 300 communiants[Note 1]. Il y a un marché le vendredi et deux foires par an. M. le duc de Penthièvre en est le seigneur ; la cure est à l'alternative. (..)[4]. »
Jean-Baptiste Ogée énumère comme maisons nobles disposant des droits de haute, moyenne et basse justice La Rochederien (appartenant au prince de Soubise) et Kersaliou (à M. de Kercaradec[Note 2]) ; Kersévéon, Rocumelez, Lisle-Loi, Kerengant, Trohadiou disposant des droits de moyenne et basse justice et plusieurs autres disposant de ceux de basse justice[4].
Révolution française
Selon une lettre datée du , le précédent le tocsin sonna dans toutes les paroisses du voisinage et plus de 5 000 hommes se rassemblèrent, et marchèrent d'abord sur la ville de La Roche-Derrien, forçant les habitants à leur remettre armes et munitions ; puis, après avoir massacré les administrateurs de cette ville et brûlé le lieu de leurs réunions, ils se dirigèrent vers Pontrieux, le chef-lieu du district, où une soixantaine habitants prirent leurs armes pour défendre la ville face aux factieux ; les femmes de Pontrieux s'armèrent de broches, de piques et de bâtons ; les révoltés furent mis en fuite, une vingtaine furent tués et environ 80 faits prisonniers[11].
Le XIXe siècle
Un décret du organise les conditions dans lesquelles les pilotes-lamaneurs de la rivière de Tréguier feront leur service depuis l'embouchure jusqu'à La Roche-Derrien[12].

Pour faire cesser les fraudes sur la ligne de l'octroi, une ordonnance royale en date du rattacha le faubourg de Chef-du-Pont, situé sur la rive gauche du Jaudy, appartenant à la commune de Langoat, à La Roche-Derrien, mais à la suite d'une erreur sur le plan des lieux, seule une partie de ce faubourg fut alors concernée[13]. Il fallut la loi du pour que l'ensemble de ce faubourg soit rattaché à La Roche-Derrien[14].
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi La Roche-Derrien en 1843 :
« La Roche-Derrien (sous l'invocation de sainte Catherine) : ville ; cure de 2e classe ; chef-lieu de perception. (..). Principaux villages : Convenant-Kerambellec, Rourette, Convenant-Saint-Jean, le Poulier, Kerverzot, Convenant-Plapous, les Grandes-Buttes, Butto-Bihan, Keramon-Bian, Keravel, Keramon, Kernevez; Cros-Guégan, Convenant-Domminar-Flem, la Villeneuve. Superficie totale 183 hectares 02 ares, dont (..) terres labourables 141 ha, prés et pâturages 2 ha, vergers et jardins 5 ha, landes et incultes 6 ha (..). Moulin de Kerverzot. (..) Le corps de l'église de La Roche-Derrien date, dit-on, du XIe siècle : l'aile sud, appelée la chapelle du château, est de 1329, et dans le style ogival. Outre cette église, il y a les chapelles Sainte-Eutrope, Notre-Dame de Pitié et Saint-Jean ; aucune d'elles n'est desservie (..). Il ne reste plus rien des anciennes fortifications de La Roche-Derrien. Au sud-ouest de la ville existe une élévation où était, dit-on, le donjon ou citadelle. Aujourd'hui il n'y a plus en ce lieu qu'une petite chapelle et un Christ entre les deux larrons. Vis-à-vis, et à 400 mètres, est un retranchement, entouré de fossés assez profonds, et dont l'enceinte peut avoir environ 55 ares de superficie. (..) Des barques assez fortes remontent le Jaudy jusqu'à La Roche, et il se fait par ce point une faible exportation de grains et d'autres productions du pays. Il y a quatre petites tanneries, et là se borne presque toute l'industrie de cette localité. La route départementale n°1 des Côtes-du-Nord, dite de Saint-Brieuc à Brest, traverse cette ville du sud-est au nord-ouest. La Roche-Derrien est depuis quelque temps déjà éclairée par des réverbères, avantage inconnu, en Bretagne, dans beaucoup de villes plus importantes. Il y a foire le cinquième vendredi de carême et le dernier vendredi de mai. Marché le vendredi. (..) Géologie : schiste talqueux ; ardoisières exploitées et renommées dans les environs. On parle le breton[15]. »
Ces mêmes auteurs décrient également une coutume qui est une survivance d'un ancien droit féodal : « le Lundi de la Pentecôte, quatre hommes, précédés d'un bouffon et d'un cortège armé, porternt, tambour battant, un veau tout écorché au village de la Villeneuve, situé à environ 500 mètres de la ville. Le bouffon prononce un discours à sa façon, puis on dépèce l'animal et on le répartit entre plusieurs familles des environs (..) ». Une autre fête se déroule le samedi après la Fête-Dieu, également décrite par ces auteurs[15].
En 1855 une retraite spirituelle encadrée par 14 prêtres et d'une durée de huit jours fut organisée à La Roche-Derrien et fut « couronnée de nombreux fruits de sanctification »[16].
Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que La Roche-Derrien possède une école de garçons ayant 138 élèves, une de filles en ayant 140 et une salle d'asile ayant 132 enfants ; il précise que la commune est chef-lieu de canton et de perception, qu'elle dispose d'une cure de 2e classe, d'un bureau de poste, d'une justice de paix, d'une brigade de gendarmerie à cheval, d'une station d'étalons impériaux et d'un bureau de bienfaisance. Il écrit aussi qu'on exploite près de La Roche-Derrien deux petites ardoisières dont les produits sont assez médiocres et que « c'est, avec le commerce des chiffons et quelques tanneries sans grande importance, la seule industrie de cette localité »[17].
Une épidémie de choléra provoqua 140 décès parmi les 2 300 habitants pendant l'hiver 1866-1867[18].
Dans la nuit du 13 au des portraits du duc d'Orléans[Note 3], entourés de liserés tricolores et portant l'inscription : « Vive le duc d'Orléans ! » furent apposés en grand nombre sur les murs de Tréguier, de La Roche-Derrien et des communes avoisinantes ; la population a fait un très bon accueil à cette manifestation de propagande royaliste, écrit le journal Le Courrier de l'Aude[19].
En 1889 Benjamin Girard écrit que la ville de La Roche-Derrien eut longtemps une importance stratégique (dernier pont avant la mer sur le Jaudy) et que ce fut un port maritime, le flot de l'eau de mer y remontant à marée haute, ayant une certaine importance, mais que si les ouvrages de débarquement y existent encore, « les navires n'y viennent plus depuis la construction à Tréguier du pont suspendu du Canada »[20].
Le XXe siècle
La Belle Époque

L'école privée de La Roche-Derrien, qui existait depuis 1818, est fermée en 1902 sur décision ministérielle, ce qui suscite au Sénat une protestation d'Auguste Le Provost de Launay, alors sénateur[21]. Le les clefs de l'immeuble occupé par les Sœurs, dont l'école vient d'être laïcisée, sont remises au bureau de bienfaisance par Auguste Le Provost de Launay au docteur Le Rolland, maire de La Roche-Derrien. « En prévision des manifestations qui pouvaient se produire, M. Vaillant, sous-préfet de Lannion et l'inspecteur primaire s'étaient rendus sur les lieux »[22].

En trois religieuses du Saint-Esprit, qui étaient restées à La Roche-Derrien, s'occupant de lingerie et soignant les malades, furent condamnées à des peines d'amende par le tribunal de Lannion, qui, en vertu de la loi sur les congrégations, déclara dissous l'établissement et en ordonna la fermeture, malgré la pétition adressée au préfet et signée par de nombreux habitants demandant « qu'on ne leur enlevât pas leurs bienfaitrices »[23]. Le maire avait fait publier à son de tambour un arrêté annonçant que tout attroupement serait poursuivi et toute réunion dissoute, mais cela n'empêcha pas la foule, avec à sa tête Le Provost de Launay, de crier : « Vive la liberté ! Vive les Sœurs ! »[24].
Venant de Pontrieux et se rendant à Tréguier pour les Fêtes de Renan, le président du conseil Émile Combes passa par La Roche-Derrien le . Le maire, Joseph Le Rolland, républicain, le salua et lui souhaitant la bienvenue au nom de ses administrés. Mais à la sortie de la ville, un groupe d'hommes, monté sur un talus à gauche de la route, munis de sifflets à roulettes, manifestèrent leur hostilité au président du conseil (..) « Quelques-uns crient :« Vive la liberté ! À bas Combes ! ». Une contre-manifestation bruyante se produit aussitôt de l'autre côté de la route ; un groupe (..) fait une chaleureuse ovation au président du conseil : « Vive Combes ! La calotte ! Hou ! Hou! »[25].
La ligne ferroviaire à voie métrique des Chemins de fer des Côtes-du-Nord allant de Plouëc-du-Trieux[Note 4] à Tréguier et passant par La Roche-Derrien ouvre le . Elle a nécessité la construction d'un pont sur le Jaudy construit par Louis Harel de la Noë, détruit en 1950. Cette ligne a fermé en 1939 et a été déclassée en 1948[26].
- La Roche-Derrien : vue générale au début du XXe siècle (carte postale).
- La Grande-Place au début du XXe siècle (carte postale).
- Un coin de la Grande-Place au début du XXe siècle (carte postale).
- Le Jaudy et le pont de la fontaine au début du XXe siècle (carte postale).
- L'église paroissiale au début du XXe siècle (carte postale).
- La Roche-Derrien ː le moulin de Kermezen au début du XXe siècle (carte postale).
- Le parc Mézo au début du XXe siècle (carte postale).
L'élection le comme conseiller général du canton de La Roche-Derrien de Joseph Le Rolland, qui avait battu de 50 voix Auguste Le Provost de Launay, fut annulée par le Conseil d'État car Joseph Le Rolland « s'étant procuré un grand nombre de bulletins de M. Le Provost de Launay, avait rayé le nom de son concurrent et l'avait remplacé par le sien »[27]. Lors des nouvelle élections organisées le , le docteur Joseph Le Rolland, cette fois seul candidat, fut réélu conseiller général[28].
La Première Guerre mondiale
Le monument aux morts porte les noms de 49 soldats et marins morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 3 (Louis Collonge, Achille Hervé et Célestin Perrot) sont morts en Belgique dès 1914 ; 3 (Henri Le Cleuziat mort le lors du naufrage du contre-torpilleur Mousquet ; Jean Paranthoën le lors du naufrage du croiseur cuirassé Léon Gambetta et François Hamon, disparu en mer lors du naufrage du trois-mâts goélette Saint-Antoine le ) sont morts en mer ; Yves Le Rouzès est mort des suites de ses blessures le dans l'actuelle Macédoine du Nord ; Ferdinand Le Gall est mort le alors qu'il était prisonnier de guerre en Allemagne ; les autres sont morts sur le sol français[29].
L'entre-deux-guerres
- Vue des côtés de la Grande-Place. La vieille maison de 1647.
- L'église de La Roche-Derrien au début du XXe siècle : vue extérieure d'ensemble (carte postale)
- Le porche de l'église paroissiale vers 1920.
- Vue intérieure de l'église paroissiale vers 1920.
- Église paroissiale, le maître-autel vers 1920 (carte postale).
La Seconde Guerre mondiale
En , Jean-Baptiste Legeay aida deux soldats britanniques, Harry Pool et Donald Campbell, cachés depuis la débâcle dans la région de La Roche-Derrien à rejoindre à Nantes une filière d'évasion[30].
Le monument aux morts de La Roche-Derrien porte les noms de 9 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi ces victimes, 4 sont des marins (Guy Galifot et Louis Riou sur le cuirassé Bretagne le lors de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir ; Georges Jézéquel le lors du naufrage du cargo Béryl (utilisé comme dragueur de mines) au large de l'Indochine et Yves Goasdoué le lors du naufrage du torpilleur des Forces navales françaises libres La Combattante) ; 3 résistants morts en déportation : Émile Tanguy[31], Jean L'Hénoret[32], membre du réseau Shelburn, et Yves Le Bitoux, vétérinaire et maire de La Roche-Derrien, membre du réseau Alliance, déporté au camp de concentration de Buchenwald et mort le au camp de concentration de Dora-Mittelbau : les dates et circonstances de décès de Joseph Hamon et François Huonnic ne sont pas précisées[29].
L'après Seconde Guerre mondiale
Un soldat (Claude Le Glasse) originaire de La Roche-Derrien est mort pour la France durant la guerre d'Algérie[29].
Le XXIe siècle
La recherche d'un druide pour pallier le manque de médecins
Six communes du Pays rochois (La Roche-Derrien, Pommerit-Jaudy, Langoat, Hengoat, Pouldouran et Troguéry) annoncent en avoir recruté un druide pour pallier le manque de médecins. C'était évidemment un canular, une fausse information destinée à obtenir un battage médiatique ; ce fut efficace, la commune nouvelle de La Roche-Jaudy accueillant à oartir de 2020 quatre médecins dans son cabinet médical[33].
Les réformes administratives et la création de la commune nouvelle de La Roche-Jaudy
Le canton de La Roche-Derrien a été supprimé lors de la réforme administrative de 2015 ; il fait désormais partie du nouveau canton de Tréguier.
Le , la commune fusionne avec Hengoat, Pommerit-Jaudy et Pouldouran pour former la commune nouvelle de La Roche-Jaudy dont la création est actée par un arrêté préfectoral du [34].
Politique et administration
Liste des maires
Liste des maires délégués
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[42]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[43].
En 2016, la commune comptait 1 075 habitants[Note 19], en évolution de +6,44 % par rapport à 2010 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Langue bretonne
L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le .
Lieux et monuments
- L'église paroissiale Sainte-Catherine.
- Vitrail représentant la bataille de La Roche-Derrien.
- la chapelle Notre-Dame de Pitié ;
- La chapelle Notre-Dame de Pitié : vue extérieure d'ensemble.
- La chapelle Notre-Dame de Pitié ; carte postale ancienne.
- La chapelle et, en arrière-plan, la ville de La Roche-Derrien (carte postale ancienne).
- la chapelle Notre-Dame du Calvaire ;
- Le site de la chapelle du Calvaire.
- La chapelle du Calvaire, sur la base de la tour de l'ancien château.
- La façade.
- La chapelle vue de l'arrière.
- Vue intérieure.
- la chapelle Saint-Jean ;
- Chapelle Saint-Jean : vue extérieure d'ensemble.
- des maisons à pans de bois, dont la maison, 2 place du Martray, inscrite partiellement (façade) au titre des monuments historiques par arrêté du [46].
- La maison, 2 place du Martray en 2013.
- Maisons anciennes sises Grande Place commune de La Roche-Derrien.
- Maison de La Roche-Derrien.
- La Roche-Derrien : maisons anciennes à pans de bois.
Personnalités liées à la commune
- Antoine Vistorte (1758 à La Roche-Derrien - 1842 à Guingamp) homme politique, député des Côtes-du-Nord au Conseil des Cinq-Cents.
- Jean-Louis Le Vot, poète aveugle, né à La Roche-Derrien[47].
- Ernest Le Barzic, professeur, linguiste bretonnant, historien.
- Narcisse Quellien (1848 à La Roche-Derrien - 1902), poète et ethnographe de langue bretonne. Un monument à sa mémoire est inauguré à La Roche-Derrien en [48].
Le tunodo
On désigne sous ce nom un argot local de breton, éteint au début des années 1960.
