Le Patriote (nouvelle)
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Nouvelle |
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| Publié dans |
Le Chien errant (en) |
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Éditions L'Harmattan |
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Le Patriote (en persan : میهنپرست (داستان کوتاه) est une nouvelle écrite par l'écrivain iranien Sadegh Hedayat dans la série Le Chien errant, parue en 1942 à Téhéran .
Un jour, le ministre de l'éducation convoque Seyyed Nasrollah Vali, l'un des écrivains influent d'Iran pour l'envoyer en mission culturelle en Inde. Il estime, en effet, que l'Inde, le berceau de la race aryenne, où vivent des millions de musulmans persanophones doit profiter de l'éclatant développement de la culture iranienne. Mais Seyyed Nasrollah Vali n'a jamais voyagé qu'à proximité de Téhéran et ce voyage lui donne le vertige et l'angoisse. Mille pensées funestes fusent dans sa tête. Il connait bien l'arabe et se vante de ses connaissances devant les autres passagers. Par contre, ne connaissant pas un mot d'anglais il est vite confronté à des problèmes du fait que les domestiques indiens du bateau parlent tous l'anglais. Pour Seyed Nasrollah Vali, le français est la langue latine moderne, la lingua franca. Il ne parvient pas non plus à déchiffrer les instructions affichées dans sa cabine qui concernent l'usage des bouées de sauvetage en cas d'accident et qui sont écrites en anglais : Emergency Instructions for Passengers. Il veut préparer son discours pour Bombay mais son inspiration s'est tarie du fait de sa fatigue et de son mal de tête. Il pense aux risques que présentent les voyages en mer et se décide à se passer le gilet de sauvetage autour du cou. Il s'endort et fait un cauchemar d'un navire qui prend feu. Le matin le serviteur indien le trouve mort dans son lit, étouffé par le gilet entourant sa gorge. Deux mois plus tard, le ministre de l'éducation prononce son éloge funèbre et donne la vie de Seyyed Nasrollah Vali en exemple, « Ce patriote de génie qui, ayant fait la preuve de son courage sans égal et de son sacrifice pour la patrie, finit par boire le nectar du martyre. »[1]. Le ministre inaugure sa statue et renomme Rue du Patriote, la rue que Seyyed Nasrollah Vali a emprunté quatre fois par jour pendant 74 ans pour se rendre à son bureau.