Le Tonnant (Q172)

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A servi dans Marine nationale
Quille posée10 janvier 1931
Le Tonnant
illustration de Le Tonnant (Q172)
L'Ajax, identique au Tonnant.

Type Sous-marin
Classe Classe 1500 tonnesVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Quille posée 10 janvier 1931
Lancement 15 décembre 1934
Armé
Statut sabordé le
Équipage
Équipage 5 officiers
14 officiers mariniers
52 quartiers-maîtres et matelots
Caractéristiques techniques
Longueur 92,30 m
Maître-bau 8,10 m
Tirant d'eau 4,40 m
Déplacement 1 572 tonnes en surface
2 082 tonnes en plongée
Propulsion 2 moteurs diesel Schneider
2 moteurs électriques Alsthom
Puissance Diesel : 2 x 3 000 ch
Électrique : 2 x 1 200 ch
Vitesse Surface : 17,5 nœuds
Plongée : 10 nœuds
Profondeur 80 m en 50 secondes
Caractéristiques militaires
Blindage coque rivetée de 16 mm
Armement 4 tubes lance-torpilles de 550 mm à l'avant (2 torpilles de réserve)
3 tubes lance-torpilles de 550 mm orientables à l'arrière du kiosque
2 tubes lance-torpilles de 550 mm et 2 tubes lance-torpilles de 400 mm à l'arrière
1 canon de 100 mm SM 1925 CA (200 obus de réserve)
1 mitrailleuse-double de 13,2 mm/76 SM14
Rayon d'action 14 000 milles à 7 nœuds (surface)
100 milles à 7 nœuds (immersion)
Carrière
Port d'attache Toulon
Indicatif Q172Voir et modifier les données sur Wikidata

Le Tonnant est un sous-marin français de la classe 1 500 tonnes. Lancé en 1934, il appartient à la série M-6.

Développement

Le Tonnant fait partie d'une série Type M-6, assez homogène, de trente et un sous-marins océaniques de grande patrouille, aussi dénommés 1 500 tonnes en raison de leur déplacement. Tous sont entrés en service entre 1931 (Redoutable) et 1939 (Sidi-Ferruch).

Longs de 92,30 mètres et larges de 8,10 ils ont un tirant d'eau de 4,40 mètres et peuvent plonger jusqu'à 80 mètres. Ils déplacent en surface 1 572 tonnes et en plongée 2 082 tonnes. Propulsés en surface par deux moteurs diesel Schneider 8 cylindres 2 temps d'une puissance totale de 6 000 chevaux, leur vitesse maximum est de 18,6 nœuds avec les deux hélices de 2.6m de diamètre. En plongée, la propulsion électrique Alsthom de 2 250 chevaux leur permet d'atteindre dix nœuds. Appelés aussi « sous-marins de grandes croisières », leur rayon d'action en surface est de 10 000 milles nautiques à dix nœuds et en plongée de cent milles nautiques à cinq nœuds.

Il est mis en chantier le aux Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM) à La Seyne-sur-Mer. Mis sur cale le avec le numéro de coque Q172, le Tonnant est lancé le , armé pour essais le , essais officiels de présentation en recette le , armement définitif le , clôture de l'armement le et mis en service le [1].

En , pendant la guerre d'Espagne alors qu'il se trouvait provisoirement au bassin dans l'arsenal de Toulon, un incident se produit à son bord à la Seyne-sur-Mer. Lors d'essais de ses diesels, deux meneurs proposent à l'équipage de s'emparer du bateau et de le livrer à la Marine républicaine espagnole. Cette tentative les conduit en prison[2].

En 1937, un arrêté prévoit une croisière d'endurance pour entraîner les hommes et essayer le matériel. Le Tonnant et le Conquérant vont en Extrême-Orient pour une durée de huit mois.

D'avril à il fait un séjour en Indochine. Il rentre à Toulon le 15 Décembre 1938.

Seconde Guerre mondiale

Il est affecté, au début de la Seconde Guerre mondiale, à la 1re division de sous-marins de la 3e Escadrille de la 1re Flottille de la 2e Escadre, basée à Toulon, qu'il forme avec Le Glorieux, Le Héros et Le Conquérant[3]. En carénage jusqu'en , il patrouille à partir du devant les Salins-d'Hyères pour protéger Toulon[4].

En , il est à Oran puis à Casablanca. Il surveille les abords des Canaries.

En , le Tonnant participe avec le Glorieux à la recherche d'un cargo britannique, le S.S. Hartismere, en avarie de machines.

Le , Le Tonnant, sous les ordres du lieutenant de Vaisseau De Montesquieu, appareille de Bizerte pour une patrouille de surveillance. Il se positionne au Cap Bon (Tunisie).

Le , il est envoyé, avec le Fresnel, le Pascal, patrouiller au sud de la Sardaigne. L'armistice interrompt la mission. Le , il est désarmé à Toulon.

Il est réarmé le . En juillet, il se trouve à Casablanca et en novembre, à Dakar.

En , Le Conquérant, Le Tonnant et le Sidi Ferruch sont transférés de Dakar à Casablanca[5]. Le , Le Tonnant fait partie de la 4e D.S.M. au Maroc, avec Le Conquérant, rejoints plus tard par le Sidi-Ferruch. Le , il est remis à flot après un petit carénage.

Le matin du , les forces françaises en Afrique du Nord sont surprises par l'attaque anglo-américaine (Opération Torch). À 07h10, les bombardiers TBF Avenger américains attaquent le port de Casablanca. Les premières bombes tuent le lieutenant de vaisseau Maurice Paumier, commandant du Tonnant et blessent le capitaine de corvette Laroze, commandant du Sidi-Ferruch[6] À 07h30 sous les mitraillages, le Tonnant appareille sous les ordres de son second, le lieutenant de vaisseau Antoine Corre, après avoir débarqué deux tués et dix-neuf blessés. Il y a alors à bord trois officiers et trente-deux hommes d'équipage dont sept blessés. Il a sept ballasts et une soute crevés. Il effectue des essais de plongée et rentre au port à 13 h 17 pour réparations et pour débarquer les sept blessés. Dix volontaires provenant d'autres bateaux (Pallas, Amphitrite, Conquérant, Méduse) embarquent pour compléter l'équipage[7].

À 18h35 le , les Tonnant, Conquérant et Sidi-Ferruch gagnent le large sous les bombes des avions américains.

À 8h50 le , le Tonnant détecte une force américaine dans le nord de Casablanca et lance quatre torpilles (les seules qu'il avait à bord) contre le porte-avions USS Ranger, sans succès. Le grenadage qui s'ensuit n'endommage pas le sous-marin. Le Tonnant fit surface à 18h15 et croisa le long de la côte. A 21h20 il reçut un message que le commandant fit authentifier, lui ordonnant de rallier Casablanca. Ayant observé l'activité des bâtiments américains dans le secteur, il n'exécuta pas l'ordre reçu malgré un deuxième message au même contenu le en fin d'après-midi.

Le à 12h25, le bâtiment était en surface lorsqu'il fut attaqué par un hydravion PBY Catalina qui lança quatre grenades alors qu'il plongeait rapidement. Revenu en surface à 18h30, les dégâts furent constatés : le sous-marin avait une forte gîte sur bâbord et le gazole fuyait. Après avoir envisagé de se rendre à Dakar, le lieutenant de vaisseau Corre fait alors route vers Cadix où il arriva le à 7h30. Ayant reçu à 16h30 l'ordre de regagner Toulon, son commandant se rend compte qu'il ne peut l'exécuter.

Il demande asile au port militaire de Cadix, qui refuse. Mouillé au large de Cadix, il évacue l'équipage de quarante-cinq marins et saborde le navire à 12h02, le , devant le port[8],[9]. Les marins français sont internés à l'arsenal de la Carraca, avec ceux de l'Iris, pendant dix mois.

Découverte de l'épave en 2025

Notes et références

Bibliographie

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