Le Trône d'Abou Nasr
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Nouvelle |
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Le Chien errant (en) |
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Le Trône d'Abou Nasr (en persan persan : تخت ابنونصر est une nouvelle de l'écrivain iranien Sadegh Hedayat, publiée pour la première fois en avec sept autres histoires de la série Le Chien errant et regroupés, notamment, en français dans le recueil Trois gouttes de sang aux éditions Zulma[1].
Un groupe d'archéologues américains, dirigé par le Dr Warner découvre sur le site du palais d'Abou Nasr (en) une momie dans le sarcophage de Simouyeh. Ce dernier a été momifié après avoir été endormi en lui faisant boire un philtre. C'est par jalousie que sa femme principale Gourândokht a agi. (Elle est aussi sa sœur, les mariages consanguins n'étaient pas rares à son époque dans les classes aisées). Simouyeh la trompait et passait son temps avec la prostituée Khorshid qu'il voulait épouser. Gourândokht, le soir ou devait avoir lieu les noces, lui fait boire un philtre magique qui le fait tomber dans un état de mort apparente, de léthargie. Elle souhaite qu'il soit placé dans une sépulture en même temps qu'elle-même qui sera enterrée vivante avec lui, ainsi que Khorshid. . Simouyeh est réveillé de son sommeil millénaire grâce au déchiffrage d'une énigme écrite sur un parchemin découvert dans sa tombe par le Dr Warner. Une fois réveillé et sorti de sa léthargie, il part à la recherche d'une courtisane qui porte le même nom (Khorshid) que la prostituée avec laquelle il voulait se marier en son temps. En la rencontrant, il se rend compte que son amour pour Khorshid n'était qu'une chimère, un amour imaginaire. À ce moment son corps se désagrège et se transforme en une poignée de cendres.
Critique
Selon Mohammad Ali Homaion Katouzian (en), Le Trône d'Abou Nasr est l'une des nouvelles de Sadegh Hedayat qui témoigne de sont intérêt pour la culture et les rituels de l'Iran antique[2] [3].
Selon Sharifi Voldani et Chahromahali, Sadegh Hedayat fait écho à l'ancienne coutume du « rituel d'observation du chien ». Lors de la scène du désenvoutement de la momie de Simouyeh un chien du groupe des archéologues, nommé Inga, se met à trembler, à hurler et à vouloir s'enfuir[4].L'expression « rituel d'observation du chien » (souvent appelée Sag-did en persan, signifiant « coup d'œil du chien ») fait référence à une coutume funéraire fondamentale du zoroastrisme, l'une des plus anciennes religions du monde encore présente en Iran. Ce rituel repose sur la croyance que le chien possède une vision spirituelle capable de percevoir le mal et de chasser les démons. De plus, le chien, par son instinct, est censé reconnaître si une personne est réellement décédée ou simplement dans un état d'inconscience profonde.
Pour Mohammad Baharlu[5], Le Trône d'Abou Nasr est une œuvre majeure de Hedayat qui établit une unité entre le rêve et la réalité, l'éveil et le sommeil, le cours de la vie et l'avènement de la mort. Selon Baharlu, ce récit contient une interprétation freudienne du symbole de l'échelle. Dans le contexte des rêves, l'échelle fait partie des symboles sexuels constants que Freud identifie comme des "signifiants" dans l'inconscient [6].
Lorsque les membres de l'équipe d'archéologues s'opposent au Pr Warner, qui veut, quant à lui, exécuter la volonté de Simouyeh et le faire revivre en le sortant de sa léthargie séculaire en utilisant un rituel décrit dans le parchemin trouvé dans la tombe, ce professeur dit : « Je ne suis pas superstitieux, mais dans mon scepticisme, je ne suis pas non plus fanatique. Je suis seulement curieux des croyances de ce temps là ».[7]. Cette déclaration fait écho à celle de Freud à la fin de son ouvrage L'avenir d'une illusion : « Non, notre science n'est pas une illusion. Mais la croyance selon laquelle nous pouvons obtenir ailleurs ce que la science ne peut nous donner est une illusion. » [8].